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Une majorité (57 à 67%) des moins de 35 ans ne sait pas ce qu’est la rafle du Vel d’Hiv, qui conduisit il y a 70 ans à la déportation de plus de 13.000 Juifs arrêtés à Paris par la police française, selon un sondage publié lundi.

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                                           Photographe :  :: Photo prise en 1942 de juifs internés dans le camp de Drancy après avoir transité par le stade du Vélodrome d'Hiver à Paris
                                                                 photo : AFP

La commémoration des 70 ans de la rafle du Vel d’Hiv débute lundi devant l’ancien camp d’internement de Drancy (Seine-Saint-Denis) et se poursuivra dimanche 22 juillet à Paris, sur les lieux de l’ancien Vélodrome d’Hiver, détruit en 1959, en présence du président de la République François Hollande.

Selon ce sondage CSA, 67% des 15-17 ans, 60% des 18-24 ans, et 57% des 25-34 ans répondent « non » à la question: « Avez-vous déjà entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv? ». Mais 25% des plus de 65 ans n’en ont pas non plus entendu parler, pour une moyenne tous âges confondus de 42%.

Cette rafle tire son nom du Vélodrome d’hiver, un stade près de la Seine (XVème arrondissement), où 8.160 des Juifs étrangers raflés les 16 et 17 juillet 1942 furent enfermés par les autorités françaises.

 

La quasi totalité des 13.152 Juifs étrangers arrêtés lors de cette rafle par la police française sur la demande de l’occupant allemand, qui en réclamait 24.000, furent déportés. Moins d’une centaine – aucun enfant – survécurent.

« Moins d’un tiers des étudiants français savent que c’est la police française qui a procédé à la rafle du Vel d’Hiv (32%), et moins de la moitié des Français dans leur ensemble (46%) », souligne l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), qui a commandé ce sondage, dans un communiqué.

Pour ceux qui en ont entendu parler, c’est en premier lieu par des films et documentaires (87%), loin devant leur entourage (53%), l’école (49%) et Internet (21%), selon le sondage.

En revanche, 85% des Français et 88% des jeunes de 18 à 24 ans « considèrent que la transmission de la mémoire de la Shoah est importante ».

« Ce sondage révèle que les Français ont à coeur que soit transmise la mémoire de la Shoah. Cependant, il dévoile aussi la faible connaissance de l’histoire de la rafle du Vel d’Hiv, et de la participation des autorités françaises, alors que cet événement est crucial dans la conscience nationale et que sa transmission comporte un acte pédagogique dans la lutte contre toutes les formes de haine », fait valoir le président de l’UEJF Jonathan Hayoun.

« Face à ceux qui veulent jouer la concurrence des mémoires, il est important de rappeler que les leçons de l’histoire de la Shoah sont universelles, et prennent tout leur sens dans le climat de recrudescence de l’antisémitisme », a-t-il dit, réclamant que « la lutte contre le racisme et l’antisémitisme » devienne « une grande cause nationale ».

Lundi, une cérémonie aura lieu à partir de 11H00 à la cité de la Muette, devant l’ancien camp d’internement d’où furent déportés vers les camps d’extermination des milliers de Juifs, victimes notamment de la grande rafle de juillet 1942, a indiqué à l’AFP le rabbin Moché Lewin, porte-parole du Grand Rabbin de France.

Deux expositions consacrées aux enfants de la Shoah se tiennent à Paris, au Mémorial de la Shoah et à l’Hôtel de Ville. Une troisième, intitulée « La rafle du Vel d’Hiv, les archives de la police » s’ouvre lundi à la mairie du IIIe arrondissement de Paris.

Le sondage a été réalisé par CSA les 4 et 5 juillet 2012 auprès de 1.056 Français selon la méthode des quotas

 
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Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a remis lundi matin la démission de son gouvernement au président François Hollande, au lendemain du second tour des législatives à l’issue duquel la gauche dispose de tous les pouvoirs pour s’attaquer au redressement du pays.

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                                     Photographe : Bob Edme :: François Hollande le 18 juin au Mont-Valérien à Suresnes
 
                                             photo : Bob Edme, AFP

Aussitôt renommé Premier ministre par le chef de l’Etat, M. Ayrault devrait ajuster son équipe à la marge, les 25 ministres qui étaient candidats aux législatives ayant tous été élus.

L’hypothèse d’une participation communiste à la nouvelle équipe s’est en revanche éloignée. Devant le Conseil national du PCF, le secrétaire national Pierre Laurent, a estimé lundi que les conditions n’étaient « pas réunies » pour que des communistes entrent au gouvernement.

« Quarante jours après avoir confié pour cinq ans les clefs de l’Elysée à François Hollande, les Français lui ont donné tous les moyens d’exercer son pouvoir », constate le quotidien Les Echos. Une cohérence soulignée par Libération, qui évoque « une vague impressionnante : le PS et ses alliés raflent l’hypermajorité au Parlement ».

 

Le rythme s’est s’accéléré au lendemain du scrutin. Sans avoir commenté les résultats qui lui laissent les coudées franches pour diriger le pays, M. Hollande s’est envolé pour le Mexique et le sommet des pays du G20, dont les dirigeants, Européens en tête, espèrent ramener un peu de confiance dans l’économie mondiale.

Avec 314 députés sur 577, le Parti socialiste détient la majorité absolue à lui seul à l’Assemblée.

Une Assemblée où les deux députés « Rassemblement bleu Marine » élus dimanche, la petite fille du fondateur du parti, Marion Maréchal-Le Pen, et l’avocat Gilbert Collard, devraient également se faire entendre.

Marine Le Pen a d’ailleurs assuré lundi que « la recomposition politique est bel et bien là », mais que les dirigeants de l’UMP refusent de la voir. La présidente du Front national a par ailleurs confirmé qu’elle allait introduire un recours sur le scrutin à Hénin-Beaumont, où elle a été battue de 118 voix.

« Rien ne sera facile »

Elysée, Assemblée, Sénat, régions, majorité des départements… La gauche dispose désormais de tous les leviers.

« L’oeuvre qui est devant nous est immense. Rien ne sera facile. Rien ne nous sera donné », a mis en garde dimanche soir le chef du gouvernement, en appelant à la mobilisation de tous les Français.

« Rétablir nos comptes publics, retrouver la croissance, faire reculer le chômage, rendre à notre industrie son dynamisme » : il a égrené les chantiers auxquels le gouvernement doit s’attaquer et appelé à « la contribution de tous ».

Le chef du gouvernement doit à présent préparer le projet de budget 2013, dont dépend toute la politique du gouvernement. Entre respect des engagements pris auprès des électeurs et dure réalité des comptes.

Dès lundi, le PS réunit son Conseil national pour fixer la date de son congrès, qui désignera celui ou celle devant succèder à Martine Aubry à la tête du parti.

Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, a annoncé qu’il allait « proposer un ticket » avec Harlem Désir. Mais le numéro deux du PS réaffirme de son côté son intention de briguer la direction du parti.

A droite, la course à la présidence de l’UMP – qui perd une centaine de députés par rapport à l’Assemblée sortante – est ouverte, entre notamment François Fillon et le secrétaire général du parti, Jean-François Copé. Mais François Baroin sera « certainement » candidat si ses « idées ne sont pas reprises ».

La « dérive droitière » de l’UMP « a échoué », a constaté pour sa part l’ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin.

Défilé des nouveaux à l’Assemblée

Dès lundi matin, le défilé des nouveaux députés a débuté à l’Assemblée nationale, où ils se verront remettre les insignes de leurs fonctions. Avec 234 nouveaux élus, soit 40% du total, l’affluence s’annonce forte dans les couloirs.

Objectif : se mettre en marche pour la « bataille du perchoir » qui désignera le 26 juin le président de la nouvelle Assemblée. Claude Bartolone est candidat côté PS, mais le nom de Jean Glavany circule et Elisabeth Guigou est « disponible ».

Entre-temps, les groupes politiques auront élu dès cette semaine leurs présidents. Christian Jacob, président du groupe UMP sortant, et Bruno Leroux pour les socialistes, font figure de favoris.

Avec 17 députés, Europe Ecologie-Les Verts obtient son premier groupe à l’Assemblée. Denis Baupin, nouveau député EELV, est lui aussi « disponible pour prendre des responsabilités dans le groupe ».

Jean-Marc Ayrault a assuré que la « démocratie parlementaire sera restaurée », confirmant la promesse du président Hollande de renforcer le rôle du Parlement. Il pourra compter avec une Assemblée renouvelée, qui comprend 155 femmes, un record.

Seule ombre au tableau démocratique : l’abstention record confirme la désaffection des Français pour des législatives organisées dans la foulée de l’élection présidentielle. Avec 56,29% seulement de participation dimanche, jamais les électeurs n’avaient à ce point boudé ce type de scrutin depuis le début de la Ve République.

Bravant le mauvais temps, le Royaume-Uni s’est lancé samedi dans un week-end de festivités sans précédent pour les 60 ans de règne d’Elizabeth II, qui a décidé de commencer la fête sur le champ de courses d’Epsom, sacrifiant à une passion pour les chevaux toujours intacte à 86 ans.

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                                           Photographe : Leon Neal :: Un fan de la famille royale britannique attend le début des festivités pour le jubilé de la reine Elizabeth II, le 1er juin 2012 à Londres
                                                    photo : Leon Neal, AFP

Pour ce jubilé de diamant, le deuxième seulement de son histoire millénaire, la monarchie britannique au faîte de sa popularité a sorti le grand jeu: quatre jours de célébrations non stop dans tout le pays, contre une seule journée de liesse lors de celui de la reine Victoria, en 1897.

La pluie qui avait épargné le mariage de Kate et William l’an dernier s’est cette fois invitée dès samedi matin, menaçant d’occuper le terrain une partie du week-end.

Clin d’oeil de l’histoire? le couronnement d’Elizabeth, le 2 juin 1953, seize mois après son accession au trône, s’était aussi déroulé sous une pluie battante.

A 13H00 précises (12H00 GMT), dans le centre de la capitale et près de la Tour de Londres, ainsi qu’en plusieurs points du pays, une salve de 41 coups de canon doit être tirée en l’honneur de la souveraine, donnant le coup d’envoi officiel des festivités.

 

« Que la fête commence », titrait le Times, saluant le « dévouement désintéressé » de la reine pour son pays pendant son règne, à l’instar de beaucoup de ses confrères, tout à la fièvre monarchique.

« Ce n’est pas tous les matins que vous vous réveillez, à l’aube d’un jour qui va être inscrit dans les livres d’histoire », s’enthousiasmait aussi le Sun.

La BBC a, elle, entamé dès le début de la matinée un programme spécial.

La reine, qui ne manquerait pour rien au monde cet évènement, a réservé sa première sortie du week-end à la traditionnelle course hippique d’Epsom, dans le sud de Londres, rendez-vous des riches élégantes et occasion d’un incroyable défilé de chapeaux.

Les turfistes pourront agiter avec enthousiasme les 35.000 petits Union Jack prévus pour les spectateurs, qui ont raflé cette année toutes les places disponibles.

Les chevaux d’Elizabeth, qui monte sans discontinuer depuis l’âge de 3 ans et possède sa propre écurie, n’ont jamais réussi à remporter cette course, se contentant au mieux d’une seconde place l’année de son couronnement.

Cette fois, la reine pourra profiter sans stress du spectacle, aucun de ses chevaux n’étant engagés.

Pendant ce temps, la capitale, placée sous la surveillance de milliers de policiers, finissait de se préparer pour la grande parade nautique en musique prévue dimanche sur la Tamise: du jamais vu depuis le 17e siècle.

Les rives, les ponts, le fleuve et les embarcations doivent être fouillés avant le départ par les forces de sécurité. Et un millier d’embarcations – rassemblement hétéroclite de bateaux du monde entier à rames, à vapeur, à moteur et à voile – doivent converger vers Londres.

Un million de curieux étaient attendus dimanche le long du parcours de 11 kilomètres qu’empruntera cette armada, un des temps forts de ce jubilé. Les premiers campeurs ont pris position samedi sur les rives, afin de s’assurer une vue imprenable, tandis que des centaines de personnes arpentaient l’avenue royale du Mall, pavoisé comme aux plus beaux jours.

La star du spectacle nautique sera la somptueuse barge royale rouge et or, véritable jardin flottant orné de 10.000 fleurs, qui transportera la reine et sa famille.

Quelque 6 millions de personnes fêteront aussi le jubilé dans les rues, autour de banquets improvisés et de pique-niques, malgré les onze petits degrés que devrait afficher le thermomètre.

Un pique-nique dînatoire est prévu dans les jardins du palais de Buckingham suivi d’un grand concert lundi. Une messe en la cathédrale Saint-Paul, avant une procession en carrosses et une apparition de la reine sous les vivats, au balcon du palais, clôtureront la fête en apothéose, mardi.

Une mission humanitaire est partie mercredi dans le sud de la Colombie pour aller rechercher dans la jungle le journaliste français Roméo Langlois, enlevé il y a un mois par la guérilla des Farc.

 
                                  Photographe : Guillermo Legaria :: Les délégués du CICR de Caqueta, Daniel Muñoz (d), et du CICR de Colombie, Jordi Raich (c), se préparent le 30 mai à Florencia
                                  photo : Guillermo Legaria, AFP

Trois voitures portant le sigle du Comité international de la Croix-Rouge ont quitté à l’aube la localité de Florencia, capitale du département de Caqueta, où les rebelles marxistes ont capturé le 28 avril le correspondant de France 24 lors d’un reportage sur une opération anti-drogue de l’armée.

« Oui, nous avons commencé. Nous sommes en route », a déclaré Jordi Raich, délégué du CICR en Colombie, après avoir reçu de la guérilla les coordonnées géographiques du lieu de la libération.

La guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), principale guérilla du pays, s’est engagée à remettre mercredi à une mission humanitaire le journaliste, qu’elle avait initialement qualifié de « prisonnier de guerre ».

Outre les membres du CICR, la délégation comprend un médecin, un émissaire spécial de la France, Jean-Baptiste Chavin, chargé de l’Amérique latine au quai d’Orsay, ainsi que l’ex-sénatrice colombienne Piedad Cordoba, médiatrice de longue date auprès des Farc.

 

L’expédition pourrait durer plusieurs heures dans cette région située à la lisière de la forêt amazonienne, où les pistes sont difficilement praticables, notamment en cas de pluie.

« La mission devrait arriver avant la mi-journée au point de rencontre et on espère qu’elle sera de retour dans l’après-midi avec M. Roméo Langlois », a indiqué à l’AFP Maria Cristina Rivera, une porte-parole du CICR, soulignant que l' »opération se déroule comme prévu ».

Opération comme prévu

« Avec l’espoir que tout se passe parfaitement comme prévu et que nous ayons Langlois avec la mission humanitaire entre 14h et 15h » (entre 19h et 20h GMT), signale Mme Cordoba dans un message publié sur son compte Twitter.

Avant de monter à bord de son véhicule, l’ancienne sénatrice, directrice de l’ONG « Colombiens et Colombiennes pour la paix », a demandé aux journalistes présents de ne pas la suivre. « Vous ne savez pas à quoi vous vous exposez (…), vous mettez en danger l’opération », leur a-t-elle lancé.

L’armée colombienne a de son côté temporairement suspendu totalement ses opérations dans la région, une condition posée par les rebelles afin de garantir leur propre sécurité.

Après sa libération, le journaliste devrait être conduit par la délégation du CICR à l’aéroport de Florencia, avant d’être rapidement transféré dans la capitale colombienne.

« Il sera remis officiellement aux fonctionnaires de l’ambassade de France ici (à l’aéroport de Florencia). Ensuite il partira à Bogota », a précisé Mme Rivera. « C’est Langlois qui décidera ou non de faire une déclaration à la presse », a-t-elle ajouté.

Correspondant depuis une dizaine d’années en Colombie, le journaliste français avait été enlevé lors de l’attaque d’une brigade militaire qu’il accompagnait dans le fief de cette guérilla, encore forte de 9.200 combattants repliés dans les régions rurales, après un demi-siècle d’existence.

Blessé par un tir au bras durant l’embuscade, qui a provoqué la mort de quatre militaires et blessé huit autres, le reporter semble toutefois en bonne santé.

Une « preuve de vie », sous la forme d’une vidéo tournée par ses geôliers dans un camp de la guérilla, avait été diffusée lundi sur l’antenne de la chaîne latino-américaine Telesur.

Depuis quatre ans, la guérilla a déjà relâché, grâce à la médiation du CICR et de Mme Cordoba, une trentaine d’otages. En avril, elle avait libéré les derniers policiers et militaires colombiens encore en captivité, après avoir officiellement renoncé à la pratique des enlèvement contre rançon.

 
          
             La plateforme d'Elgin, le 2 avril 2012.

                                     
                          La plateforme d’Elgin, le 2 avril 2012.
                           (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)
 
 
La fuite de la plateforme d’Elgin est colmatée. Total a annoncé, mercredi 16 mai, la fin de la fuite de gaz, grâce à l’intervention lancée la veille sur le puits défaillant. Cet accident l’avait obligé, fin mars, à évacuer la plateforme située à 240 km d’Aberdeen (Ecosse), en mer du Nord.

« Total est aujourd’hui en mesure d’annoncer que l’intervention conduite sur le complexe d’Elgin a permis de stopper la fuite », a déclaré le groupe dans un communiqué. « L’opération, qui a consisté à injecter de la boue dans le puits, a commencé le 15 mai et la fuite a été stoppée 12 heures plus tard », précise Total. Cet accident avait été vivement critiqué par l’organisation écologiste Greenpeace

François Hollande est officiellement devenu mardi le 7e président de la Ve République lors d’une cérémonie de passation de pouvoirs avec le président sortant, Nicolas Sarkozy, scellant le retour de la gauche au plus haut sommet de l’Etat après 17 années d’absence.

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                                Photographe : Lionel Bonaventure :: François Hollande sur les Champs Elysées le 15 mai 2012
 
                             photo : Lionel Bonaventure, AFP

La journée du nouveau président sera ensuite marquée par des cérémonies symboliques dans Paris, la nomination de son Premier ministre, sans doute Jean-Marc Ayrault, et un déplacement en fin de journée à Berlin pour une première rencontre avec la chancelière allemande, Angela Merkel.

Après sa première allocution, le nouveau chef de l’Etat a entamé sous la pluie vers 11H45 une remontée des Champs-Elysées dans une Citroën DS5 décapotable, encadré de motards de la Garde républicaine. Devant un public clairsemé, lui-même trempé par l’averse, il a ensuite rendu hommage au Soldat inconnu à l’Arc de Triomphe, à midi.

Pour son premier discours à l’Elysée, M. Hollande a auparavant voulu adresser un « message de confiance » aux Français, en dépit du « poids des contraintes » de sa charge, à commencer par une « dette massive ».

  • 15 mai 07:41Il s’est aussi d’emblée démarqué de la pratique du pouvoir de son prédécesseur, souvent décrit en « hyper-président »: « Je fixerai les priorités, mais je ne déciderai pas » de tout, « pour tout et partout », a-t-il dit, après avoir répété au long de sa campagne électorale qu’il ne serait ni chef de gouvernement ni chef de majorité. « Le pouvoir sera exercé au sommet de l’Etat avec dignité et simplicité », a promis le nouveau président, soulignant que la France avait besoin « d’apaisement, de réconciliation » et d’un Etat « impartial ».

Quelques heures avant une première rencontre à Berlin avec la Chancelière Angela Merkel, M. Hollande a aussi dit vouloir ouvrir « une voie nouvelle en Europe » et pointé la « nécessité » d’une « réciprocité » dans les échanges commerciaux de l’Union européenne avec l’extérieur.

Après avoir reçu les honneurs militaires sous la pluie dans le jardin de l’Elysée, le nouveau président s’est rendu dans la salle des fêtes saluer les invités: corps constitués (dont les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale), le doyen du corps diplomatique, des représentants des partenaires sociaux et une « trentaine » d’invités personnels, d’après son entourage.

D’anciens Premiers ministres socialistes et des parlementaires corréziens étaient aussi présents. Devant l’Hôtel des Invalides, vingt-et-un coups de canon (à blanc) ont été tirés.

Le président élu le 6 mai était arrivé, sous le soleil, à 10H00 au palais de l’Elysée pour la passation de pouvoirs et son investiture qu’il a souhaitée « sobre ». Costume sombre et cravate bleu foncé, M. Hollande a été accueilli par M. Sarkozy en bas des marches du perron, sur le tapis rouge, où les deux hommes ont échangé une poignée de mains avant d’entrer dans le palais de l’Elysée.

Lors d’un entretien d’environ 40 minutes, MM. Sarkozy et Hollande ont procédé à la passation de pouvoirs dans le bureau du président sortant qui, cinq ans après son entrée à l’Elysée, a notamment transmis les codes nucléaires à son successeur, qui l’a battu le 6 mai avec 51,6% des voix.

Fait inédit: le nouvelle première dame, Valérie Trierweiler, s’est dans le même temps entretenue en tête-à-tête avec Carla Bruni-Sarkozy. M. Hollande et sa compagne ont ensuite raccompagné M. Sarkozy et son épouse jusque sur le perron.

Devant le Palais, des militants UMP s’époumonaient pour rendre hommage au président sortant, qui a quitté l’Elysée en voiture pour rejoindre un quart d’heure plus tard avec son épouse leur domicile dans le XVIe arrondissement.

M. Hollande devait lui avoir déjeuner privé à l’Elysée, avant des hommages à Jules Ferry et Marie Curie en début d’après-midi.

François Hollande est attendu vers 15H00 à l’Hôtel de Ville, où il doit prendre la parole après le maire de Paris, le socialiste Bertrand Delanoë.

A l’issue de cette cérémonie, le nouveau secrétaire général de l’Elysée, qui aura été nommé dans la matinée, annoncera le nom du Premier ministre.

Jean-Pierre Jouyet, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et très proche de François Hollande, a vendu la mèche mardi matin, avant de le regretter, en révélant que M. Ayrault, député-maire PS de Nantes, allait être nommé à Matignon.

A 16H00, le président partira pour Berlin où il aura un dîner de travail avec Angela Merkel.

Fleurs jetées à la mer qui avait englouti le Titanic, fusées de détresse sur le port canadien d’Halifax où reposent de nombreuses victimes: 100 ans après le naufrage, la légende de l’orgueilleux paquebot reprend vie.

 
                                      Photographe : Peter Muhly :: Un touriste prend une photo d'un panneau représentant le Titanic, à Belfast, le 14 avril 2012
 
                                             photo : Peter Muhly, AFP

Le naufrage et ses quelque 1.500 morts avait été symbolique à plus d’un titre: arrogance de l’homme moderne punie par la nature, ségrégation entre les millionnaires en première classe et les immigrants et matelots logés près de la cale, sauvetage des femmes et sacrifice des hommes, voire, pour certains, annonce prémonitoire du déclin de l’empire britannique.

Aussi, sa commémoration a-t-elle pris l’allure d’un événement international, des côtes irlandaises et britanniques à celles de l’Amérique du Nord, pour atteindre son point culminant dans la nuit de samedi à dimanche sur les lieux mêmes de la catastrophe dans l’Atlantique nord, à environ 800 km au sud-est d’Halifax.

 

Un siècle, heure pour heure, après la rencontre fatale avec un iceberg, plus de 1.700 passagers de deux bateaux de croisière, le Balmoral, venant de Southampton, comme le Titanic, et le Journey, parti de New York, allaient assister à la reconstitution de certains moments de la nuit fatale, comme l’annonce de la collision par le capitaine et l’appel de détresse.

Il n’y avait pas d’icebergs dans cette zone et la mer était calme, avec pratiquement pas de vagues, selon des images transmises par les télévisions canadiennes.

Hormis ces passionnés privilégiés, dont certains sont experts de l’histoire du naufrage et d’autres descendants de passagers du Titanic, des milliers de personnes se sont senties personnellement concernées par la commémoration.

Warren Ervine, ingénieur géologue septuagénaire originaire de Belfast, fondateur de la société GeoTech d’Halifax, était parmi les centaines de marcheurs qui ont parcouru samedi soir en procession les rues d’Halifax, un flambeau électrique ou un cierge à la main, derrière une charrette transportant un ancien cercueil vide.

Son oncle Albert, le plus jeune membre d’équipage du Titanic – il avait 18 ans et neuf mois -, avait péri dans le naufrage de 1912.

« Mon père était toujours très triste » quand on évoquait le Titanic, se rappelle-t-il, et il gardait le silence. « Comme les gens qui reviennent de la guerre et ne veulent pas en parler ».

« Jusqu’il y a dix ans, je ne savais même pas que mon oncle était membre d’équipage, j’ai cherché son nom sur la liste de passagers », confie-t-il.

Les habitants du port canadien d’Halifax se sentent tout aussi impliqués que ceux de Belfast, où le Titanic avait été construit, ou de Southampton, d’où il a pris la mer pour son voyage inaugural avec plus de 700 habitants de la région comme membres d’équipage.

C’est d’Halifax que sont partis les vaisseaux chargés de retrouver les corps des victimes et c’est là que sont enterrées 150 d’entre elles.

Samedi soir, à l’issue de la marche aux flambeaux, environ deux mille personnes étaient rassemblées, recueillies, devant l’hôtel de ville où une scène en forme de proue du Titanic avait été érigée.

Une « Veillée du Titanic », animée par une vingtaine d’artistes, acteurs et musiciens, a suivi pour évoquer différents aspects du drame, et notamment le courage de l’orchestre du paquebot qui avait continué à jouer malgré le danger, réduisant la panique à bord.

A 00H27 locales, Halifax devait observer un moment de silence, symbolisant l’arrivée du dernier message du Titanic transmis par la télégraphie sans fil. Puis des fusées éclairantes doivent monter vers le ciel, reproduisant l’appel de détresse du navire.

 

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