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Archives de la catégorie ‘SPIRITUALITE’

MAISONS ASTROLOGIQUES ( PATRICK GIANI )

 

 

PRINCIPE DES MAISONS

 

UNE DIVISION GÉO-CENTRÉE

«Alors que la position des Planètes dans les signes zodiacaux exerce un effet assez collectif, leur position dans les Maisons a avant tout une portée individuelle et rend chaque horoscope pratiquement unique.» [MSP]

En effet, tout repose ici sur le lieu de naissance. Localement, on peut considérer le lieu de naissance comme une surface plane, dont l’horizon circulaire est repéré par les 4 points cardinaux habituels.

Vu de ce lieu, la course du Soleil décrit une courbe qui coupe approximativement l’horizon en Est et Ouest : l’intersection de cette courbe (écliptique, en jaune ci-dessous) avec l’Est indique la maison I, ou secteur I, ou encore Ascendant.

La verticale de ce lieu s’appelle le Zénith. L’intersection de l’écliptique avec une courbe imaginaire qui va du Nord au Sud en passant par le zénith donne le début du secteur X (dix) ou Milieu de Ciel (M.C.)

 

                            
Dans l’exemple ci-dessus, la naissance a eu lieu de jour, l’après-midi, puisque le Soleil est après le M.C mais avant le Descendant (coucher)

Sur le schéma circulaire de l’horoscope, on prolongera les lignes rouges pour trouver le Descendant (opposé de l’Ascendant) et le Fond de Ciel (opposé du Milieu de Ciel, et invisible ici).

L’EMBARRAS DU CHOIX

D’après le livre [MSP], le plus explicatif sur ce sujet, et auquel je vous renvoie pour les compléments, il existe 26 systèmes de domification différents (sic).

Trois des plus répandus sont anciens : ceux de Campanus (1296), Regiomontanus (1436-1476) et Placidus (1603- 1668), ce qui n’empêche pas ce dernier d’être le plus répandu en France !!!

Il a pourtant un gros inconvénient (comme les précédents) : ce système est inapplicable dans les régions polaires…

[FBPZ] Au delà des cercles polaires Nord ou Sud :
La partie du thème indépendante du lieu reste valable : de n’importe quel point de la Terre, à n’importe quel moment, on voit la moitié de l’écliptique.
L’horizon et l’écliptique étant des grands cercles, ils se coupent en 2 points opposés : il y a donc toujours un ascendant (et un descendant), sauf pour un cas pathologique : sur le cercle polaire, une fois par jour, lorsque le pôle de l’écliptique passe au zénith.
Il y a toujours un milieu du ciel, sauf au pôle où on ne peut pas définir le méridien.
Finalement, seule la définition des maisons ne marche plus au delà des cercles polaires, lorsque le Soleil n’a ni lever ni coucher, c’est-à-dire au voisinage des deux solstices : en été, on a un "jour" de près de 2 mois, et en hiver une "nuit" de près de 2 mois aussi.

Aussi, récemment, Walter Koch (1936-1977) a créé un nouveau système de domification, qui règle le problème. Ce système est en faveur en Allemagne (et les logiciels d’Astrologie proposent au moins les 4 méthodes indiquées).

Remarquons que quel que soit le système, tout n’est pas réglé : comme le fait remarquer [CNRL] «certains astres et constellations ne sont jamais visibles dans les régions polaires» : le lecteur le vérifiera aisément en utilisant un petit logiciel d’astronomie.

 

                                           

Le schéma ci-dessus montre que les 4 systèmes classiques sont d’accord sur la définition d’Ascendant et de Milieu de Ciel, mais pas sur les découpages intermédiaires, ce qui peut notablement influer sur la taille des maisons. Observez notamment la Maison II !!!

«Même aujourd’hui, aucune méthode n’a emporté l’adhésion unanime des astrologues qui se sont profondément penchés sur la question» reconnaît [MSP] : d’autres sites laissent l’astrologue libre de choisir selon ses "préférences".

Imagine-t-on un seul instant un physicien libre de choisir une formule parce qu’elle lui plairait ?

Maisons astrologiques: quel système choisir ?

Lorsqu’il se met à étudier la Domification, devant les mutiples systèmes présentés, l’étudiant en Astrologie se pose très tôt la question : lequel choisir ?
Bien entendu, il peut s’en tenir au système le plus répandu dans les pays francophones : le système Placidus, ou bien à celui que les anglophones utilisent le plus : le système Koch.
Mais, pour ces deux systèmes un gros problème persiste : lorsqu’on entre les données natales pour une naissance située dans l’extrême Nord, ces systèmes montrent des pointes de maisons collées les unes aux autres, et selon l’heure donnée avec le MC juste après l’AS ! Que se passe-t-il ?
Pour ces pays, où l’ensoleillement est très réduit, ces systèmes ne fonctionnent pas car ils se basent sur un découpage arbitraire par rapport aux latitudes et aux heures d’une journée. Ainsi, il y a une quinzaine d’années, j’ai dressé deux thèmes d’amis norvégiens avec le système Placidus pour Tromso (69N40 et 018E05) et je n’ai pas pu les interpréter ! Un peu plus tard, j’ai participé à un dossier « Spécial Domifications » dans le journal Astral, à la demande de Geneviève Lefebvre, dans lequel j’avais soumis le thème de Jacques Brel à l’expérience. Voici ce qu’avait donné, à l’époque, mon analyse des quatre systèmes (Placidus, Koch, Régiomontanus et Campanus) :
« Puisque parmi les systèmes les plus utilisés figurent les quatre suivants, je les ai personnellement appliqués à la Carte du ciel d’un chanteur célèbre: Jacques Brel, né le 8.4 1929 à 3:00 H.L. à BRUXELLES (décès le 9 octobre 1978 à Bobigny d’une embolie pulmonaire).


Système Placidus


Système Koch


Système Régiomontanus


Système Campanus

  Nous pouvons constater, dans les quatre systèmes, que les positions sur le zodiaque de l’Ascendant et du Milieu du ciel ne changent pas, ainsi que leurs prolongements respectifs: descendant et fond du ciel.
Puisque Vénus est en analogie avec les arts, et plus particulièrement le chant dans le signe du Taureau, sa présence en Maison II (les dons) qui correspond à ce signe dans les figures 1, 3 et 4 confirme ce don du célèbre chanteur belge. Le système Koch (fig. 2) place Vénus en III, ce qui accorde généralement des facilités pour communiquer et se lier dans la sphère artistique. Lorsque l’on connaît les difficultés de Brel pour s’imposer dans le milieu artistique à ses débuts, on reste dubitatif. Cependant cette position est favorable aux écrits. Par contre, la Lune est en Maison II, ce qui laisse supposer une imagination prolifique, alors que la Lune en I des autres systèmes traduit une humeur assez vive et emportée. Là, il est difficile de choisir…
Dans le système Régiomontanus et Campanus (fig. 3 et 4), c’est Jupiter qui se place en Maison II. Peut-on dire que J. Brel était matérialiste ou avide de biens? Ou encore qu’il avait de la chance dans les affaires? Rien n’est moins sûr.
Les deux dernières figures ne sont guère convaincantes, surtout la quatrième dont les Maison I et VII semblent disproportionnées par rapport aux autres.
Il semblerait donc que les systèmes Placidus et Koch soient les plus fiables, ce qui n’est pas étonnant vu que le premier est le plus usité en Europe et le second aux Etats-Unis.
En ce qui me concerne, j’accorde moins d’importance aux maisons intermédiaires qu’aux quatre angles principaux du thème. Là dessus au moins tout le monde semble accorder ses violons, même les plus scientifiques comme Gauquelin, qui arriva à des résultats étonnants grâce à ses statistiques portant sur des milliers de thèmes de sportifs ou d’écrivains (la majorité avaient, faut-il le rappeler, Mars pour les premiers et Saturne pour les seconds à l’un des angles du thème, principalement à l’AS ou au MC). Ces quatre angles constituant une base sûre de travail, je leur accorde une importance primordiale. Quant aux cuspides des maisons intermédiaires, je reste convaincu que dans certains cas nous ne sommes pas proches – sans en être trop loin – de…. l’exactitude. »
   J’ai pensé qu’il était intéressant, avec du recul, de continuer cette étude avec les autres systèmes que nous proposent les logiciels d’Astrologie modernes :
Ainsi, avec les Maisons égales, cela ne change pas grand chose du système Placidus. En revanche, ce système des Maisons égales permet de dresser des cartes du ciel pour les pays de l’extrême Nord, car la maison X ne prétend pas alors être un Milieu du Ciel, c’est-à-dire indiquer la position du Soleil à midi. .


Jacques Brel

Si nous prenons la méthode préconisée par Nogam dans le livre « Méthode M.E.D. des Maisons Egales et Décalées » (voir à la rubrique Parutions & lectures), c’est cette carte du ciel qu’il faudrait retenir, mais en mettant la I à la place de la XII, la XII à la place de la XI, etc. Donc, la vénus de Jacques Brel serait dans la maison IV. Quand on sait qu’une Vénus en maison IV a généralement besoin de sécurité et d’intimité sur le plan sentimental, qu’elle aime son foyer, donner de la tendresse aux membres de sa famille, on ne reconnaît pas tout à fait le chanteur belge, dont les péripéties amoureuses sont bien connues. Aux dires de sa fille, France : « Il y a eu beaucoup de femmes dans la vie de Jacques, souvent en même temps; Michelle était au courant mais elle ne divorça jamais et resta près de lui jusqu’à la fin » Ce qui ressemble fort à une Vénus Taureau en III (la maison des amants et des maîtresses).
   Alors, que penser de tous ces systèmes ? Personnellement, excepté lorsque je dois dresser des thèmes pour des latitudes extrêmes, je m’en tiens à Placidus parce que… c’est un système auquel je suis habitué, tout simplement ! Comme je le précise dans un débat avec un astronome sur mon site :
« Le Zodiaque des saisons, que nous utilisons pour nos éphémérides, est un référentiel comme un autre. En fait, chacun utilise un référentiel de base, avec un postulat approprié, qui lui convient parfaitement. Lorsque les astronomes disent aux astrologues occidentaux qu’ils se trompent puisqu’ils se basent sur un "faux zodiaque" c’est comme si un français disait à un anglais qu’il ne conduit pas de la bonne manière en roulant à gauche. Ou bien que sa mesure des distances est erronée puisqu’il utilise les miles au lieu des kilomètres !»
Il en va de même pour les systèmes de domification. Maintenant, rien ne nous empêche de chercher la bonne méthode, celle qui permet d’expliquer certains illogismes, que l’on peut repérer, par exemple, sur la carte du ciel de Charles Aznavour ou sur celle de Jean-Jacques Goldman. Celui qui chante toujours (à près de 85 ans !) « Je me voyais déjà en haut de l’affiche » n’est-il pas plus en phase avec un Saturne au MC et un Soleil en V (le spectacle) comme le montre le système des maisons égales, plutôt qu’un Saturne en IX et un Soleil en IV?


AZNAVOUR CHARLES né le 22.5.1924 à 0:15 H.L. Paris-France.
Système Placidus

Système Maisons égales

  Quant à Jean-Jacques Goldman, sa Lune en VII en maisons égales ne symbolise-t-elle pas mieux ses duos avec des chanteuses comme Celine Dion (deux albums) ou Carole Fredericks qui partagea pendant des années la scène avec lui et Michael Jones. Et dans sa vie privée, sa femme Nicole qui, depuis 1972, le soutient et l’encourage à persévérer dans cette voie ? Alors que, avec le système Placidus, cette Lune en Verseau tombe à la cuspide de la VIII, secteur des crises et des cachoteries…


GOLDMAN JEAN JACQUES né le 11.10.1951 à Paris-France.
Système Placidus

Système Maisons égales

    En guise de conclusion – car le débat et l’expérimentation méritent d’être poursuivis – je dirais aux étudiants : ne vous fermez à aucun système mais ne vous dispersez pas non plus. C’est à la pratique que l’on adopte un système qui « marche ». Donc expérimentez les différents systèmes sur une bonne centaine de thèmes, et ensuite adoptez la méthode que vous sentez être la plus proche de la vérité… votre vérité, il va de soi !

Patrick Giani

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SUR LES PAS DE BERNADETTE

                       

 

Le chemin de Bernadette

La réouverture du chemin pédestre de Bartrès à Lourdes a été faite spécialement à l’occasion de l’année jubilaire 2000. Jusqu’alors, les groupes de marcheurs empruntaient la route, avec tous ses dangers. Il existe désormais un chemin uniquement dévolu à la démarche de pèlerinage.

A 4 kilomètres de Lourdes, le village de Bartrès offre la possibilité de réfléchir et de prier dans le calme et dans le silence, à l’écart des foules. Bernadette y vécut à deux reprises, à l’âge de 1 an en 1845 et à l’âge de 13 ans en 1857. Ce village et son environnement sont l’un des souvenirs les plus prenants que nous ayons de Bernadette. Peu de choses ont changé et nous pouvons y retrouver les lieux où elle a vécu : la maison Burg, ferme de la nourrice Marie Laguës, l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste, la bergerie.

Après une halte à la bergerie où Bernadette a gardé les moutons, on peut emprunter, en face, le chemin qui mène 150 mètres plus loin jusqu’au calvaire du Coudet.
Peu après il est conseillé de suivre le chemin creux du Bédout (rue du Bédout) qui descend vers les faubourgs de Lourdes. Sur le mamelon, emprunter un passage privé ouvert aux pèlerins. Les anciens prétendent que le frère de Bernadette passait par ces prés pour rendre visite à sa soeur. Le chemin de Saint-Pauly, le chemin de Lannedarré, puis la rue de Bretagne et la route de Pau vous conduisent à l’escalier de la rue Docteur-Boissarie.

Quelques centaines de mètres séparent maintenant les marcheurs de la Grotte des Apparitions.

Le Message de Lourdes

On appelle « Message de Lourdes » les gestes et les paroles qu’ont échangés la Vierge et Bernadette, à la Grotte de Massabielle, au cours des 18 apparitions, du 11 février 1858 au 16 juillet 1858. Pour bien comprendre les événements qui se sont déroulés et mieux appréhender le "Message de Lourdes", il convient de connaître le contexte des apparitions dont Bernadette a bénéficié.

Lourdes, au XIXème siècle, est un chef lieu de canton de quelques 4000 habitants, parmi lesquels on compte des notables, notaires, avocats, médecins, officiers, mais aussi des manœuvres, carriers, ardoisiers, et des petits artisans, tels les meuniers. Les moulins sont nombreux, plusieurs s’égrènent hors de la ville, le long d’un des ruisseaux se jetant dans le Gave : le Lapaca. Bernadette Soubirous va naître dans l’un d’eux, le Moulin de Boly, le 7 janvier 1844.

En 1858, la famille ruinée demeure au cachot.

Le 11 février 1858, Bernadette, sa sœur Toinette et leur amie Jeanne Abadie, vont chercher du bois. Elles se dirigent vers "l’endroit où le canal rejoint le Gave". Elles arrivent devant la Grotte de Massabielle. Toinette et Jeanne traversent l’eau glaciale du canal. Bernadette, en raison de son asthme chronique, hésite à faire autant. C’est alors qu’elle "entend un bruit comme un coup de vent", mais "aucun arbre ne bouge". "Levant la tête, elle voit, dans le creux du rocher, une petite demoiselle, enveloppée de lumière, qui la regarde et lui sourit". C’est la première apparition de Notre-Dame.

Au temps de Bernadette, la Grotte était un lieu sale, obscur, humide et froid. On appelait cette Grotte la "Tute aux cochons", parce que c’était le lieu où l’on conduisait les porcs. C’est là que Marie, toute blancheur, toute pureté, signe de l’Amour de Dieu, c’est-à-dire signe de ce que Dieu veut faire en chacun de nous, a voulu apparaître. Il y a un immense contraste entre cette Grotte obscure, humide, et la présence de la Vierge Marie, "l’Immaculée Conception". Cela nous rappelle l’Évangile : la rencontre entre la richesse de Dieu et la pauvreté de l’homme. Le Christ est venu chercher ce qui était perdu.

A Lourdes, le fait que Marie soit apparue dans une grotte sale et obscure, dans ce lieu qui s’appelle Massabielle, le vieux rocher, c’est pour nous dire que Dieu vient nous rejoindre là où nous sommes, en plein cœur de nos misères, de toutes nos causes perdues.
La Grotte n’est pas seulement le lieu de l’événement, un lieu géographique, c’est aussi un lieu où Dieu nous fait signe pour nous dévoiler son cœur et notre propre cœur. C’est un endroit où Dieu nous laisse un message qui n’est autre que celui de l’Évangile. Dieu vient pour nous dire qu’il nous aime – voilà tout le contenu du "Message de Lourdes" -, et qu’il nous aime tels que nous sommes, avec toutes nos réussites, mais aussi avec toutes nos blessures, nos fragilités, nos limites.


  Vierge couronnée


Lors de la troisième apparition, le 18 février, la Vierge parle pour la première fois. A Bernadette qui lui tend une feuille de papier et un crayon pour qu’elle inscrive son nom, "la Dame" réplique : "Ce que j’ai à vous dire, ce n’est pas nécessaire de le mettre par écrit". C’est une parole extraordinaire. Cela veut dire que Marie veut entrer avec Bernadette dans une relation qui est de l’ordre de l’amour, qui se situe au niveau du cœur. Le cœur, dans la Bible, signifie le centre même de la personnalité, de ce qu’il y a de plus profond en l’homme. Bernadette est d’emblée invitée à ouvrir les profondeurs de son cœur à ce Message d’Amour.

A la deuxième parole de la Vierge : "Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ?", Bernadette est bouleversée. C’est la première fois qu’on lui dit "vous". Elle illustrera cette parole en disant : "Elle me regarde comme une personne regarde une autre personne". L’homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu, est une personne. Bernadette, se sentant ainsi respectée et aimée, fait l’expérience d’être elle- même une personne. Nous sommes tous dignes aux yeux de Dieu. Parce que chacun est aimé par Dieu.

Troisième parole de la Vierge : "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde, mais dans l’autre". Nous connaissons le monde de la violence, du mensonge, de la sensualité, du profit, de la guerre. Mais nous connaissons aussi le monde de la charité, de la solidarité, de la justice. Quand Jésus, dans l’Évangile, nous invite à découvrir le Royaume des cieux, il nous invite à découvrir, dans le monde tel qu’il est, un "autre monde". Là où il y a l’Amour, Dieu est présent. Cette réalité n’occulte pas l’horizon du message qui est le Ciel. La Vierge Marie transmet à Bernadette la certitude d’une terre promise qui ne pourra être atteinte que par delà la mort. Sur terre, ce sont les fiançailles ; les noces sont pour après, pour le Ciel.

Faire l’expérience de Dieu, ce n’est pas autre chose que de faire l’expérience de l’amour sur cette terre. A celui qui a su découvrir cela, Jésus déclare : "Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu". Malgré sa misère, sa maladie, son inculture, Bernadette a toujours été profondément heureuse. C’est cela le Royaume de Dieu, le monde du vrai Amour.

Pendant les sept premières apparitions de Marie, Bernadette a montré un visage rayonnant de joie, de bonheur, de lumière. Mais, entre la huitième et la douzième apparition, tout change : le visage de Bernadette devient dur, triste, douloureux et surtout elle accomplit des gestes incompréhensibles.
Marcher à genoux jusqu’au fond de la Grotte. Embrasser le sol, pourtant sale et dégoûtant, de cette Grotte. Manger quelques herbes amères. Gratter le sol et, par trois fois, essayer de boire de l’eau boueuse, en aspirer un peu, puis la rejeter. Prendre de la boue entre ses mains et se barbouiller la figure.
Puis, Bernadette regarde la foule en écartant ses bras. Alors, tous disent : "Elle est folle". Pendant quatre apparitions, Bernadette reproduira les mêmes gestes. Qu’est-ce que cela signifie ? Personne n’a rien compris ! Nous sommes pourtant au cœur du "Message de Lourdes".

Ces gestes sont, en effet, des gestes bibliques. Parce que "la Dame" le lui a demandé, Bernadette exprimera l’Incarnation, la Passion et la Mort du Christ.
Marcher à genoux jusqu’au fond de la Grotte : c’est le geste de l’Incarnation, de l’abaissement de Dieu fait homme. Et Bernadette embrasse la terre pour signifier que cet abaissement est bien le geste de l’Amour de Dieu pour les hommes.
Manger les herbes amères rappelle la tradition juive que l’on trouve dans les textes anciens. Lorsque les juifs voulaient signifier que Dieu avait pris sur lui toutes les amertumes, tous les péchés du monde, ils tuaient un agneau, le vidaient, le remplissaient d’herbes amères et prononçaient sur lui la prière : "Voici l’Agneau de Dieu qui prend sur lui, qui enlève toutes les amertumes, tous les péchés du monde". Cette prière est évoquée à la messe.
Se barbouiller la figure : le prophète Isaïe, lorsqu’il parle du Messie, du Christ, il le montre sous les traits du Serviteur souffrant. "Parce qu’il portait sur lui tous les péchés des hommes, son visage n’avait plus figure humaine. "Il était", précise Isaïe, "comme un mouton que l’on conduit à l’abattoir et, sur son passage, les gens se moquaient de lui". Voilà, à la Grotte, Bernadette défigurée par la boue, et la foule qui crie : "Elle est devenue folle".


                                   
Apparition de la Vierge à Bernadette


Les gestes que Bernadette accomplit sont des gestes de libération. La Grotte est désencombrée de ses herbes, de sa boue. Mais pourquoi faut-il ainsi libérer cette Grotte ? Parce qu’elle cache un trésor immense, qu’il faut absolument mettre à jour. Ainsi, à la neuvième apparition, "la Dame" demandera à Bernadette d’aller gratter le sol, au fond de cette "Tute aux cochons", en lui disant : "Allez à la source, boire et vous y laver". Et voici qu’un peu d’eau boueuse commence à couler, suffisamment pour que Bernadette puisse en boire. Et voilà que cette eau devient, petit à petit, transparente, pure, limpide.
Par ces gestes, nous est dévoilé le mystère même du cœur du Christ : "Un soldat, de sa lance, lui transperça le cœur et, aussitôt, jaillit du sang et de l’eau". Mais aussi les profondeurs du mystère du cœur de l’homme, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu : "L’eau que je te donnerai, deviendra en toi source jaillissant en vie éternelle". Le cœur de l’homme, blessé par le péché, est signifié par les herbes et la boue. Mais au fond de ce cœur, il y a la vie même de Dieu, signifiée par la source.
On demande à Bernadette : "Est-ce que "la Dame" te disait quelque chose ?" Elle répondra : "Oui, de temps à autre elle disait : "Pénitence, pénitence, pénitence. Priez pour les pécheurs". Par "pénitence", il faut comprendre conversion. Pour l’Église, la conversion consiste, comme le Christ l’a enseigné, à tourner son cœur vers Dieu, vers ses frères. "Priez pour les pécheurs". Prier fait entrer dans l’Esprit de Dieu. Ainsi nous pouvons réaliser que le péché ne fait pas le bonheur de l’homme, le péché c’est-à-dire tout ce qui s’oppose à Dieu.

Lors de la treizième apparition, Marie s’adresse ainsi à Bernadette : "Allez dire aux prêtres qu’on bâtisse ici une chapelle et qu’on y vienne en procession". "Qu’on vienne en procession", signifie marcher, dans cette vie, toujours auprès de nos frères. "Qu’on bâtisse une chapelle". A Lourdes, des chapelles ont été construites, pour accueillir la foule des pèlerins. Mais ces chapelles ne sont que les signes de cette communion basée sur la charité, à laquelle tous sont appelés. La chapelle, c’est " l’Église" que nous devons construire, là où nous sommes, dans notre famille, sur notre lieu de travail, dans notre paroisse, dans notre diocèse. Tout chrétien passe sa vie à construire l’Église, en vivant la communion avec Dieu et ses frères.

Le 25 mars 1858, jour de la seizième apparition, Bernadette se rend à la Grotte où, à l’initiative de l’abbé Peyramale, curé de Lourdes, elle demande à "la Dame" de dire son nom. Par trois fois, Bernadette pose la question. A la quatrième demande, "la Dame" lui répond en patois : "Que soy era Immaculada Counceptiou", "Je suis l’Immaculée Conception". Bernadette n’a pas compris immédiatement le sens de cette parole. L’Immaculée Conception, tel que l’enseigne l’Église, c’est "Marie conçue sans péché, grâce aux mérites de la Croix du Christ" (définition du dogme promulgué en 1854). Bernadette se rend aussitôt chez Monsieur le Curé, pour lui transmettre le nom de "la Dame". Lui, comprendra que c’est la Mère de Dieu qui apparaît à la Grotte de Massabielle. Plus tard, l’évêque de Tarbes, Monseigneur Laurence, l’authentifiera.
La signature du message intervient après 3 semaines d’apparitions et 3 semaines de silence (du 4 au 25 mars). Le 25 mars est le jour de l’Annonciation, de la « conception » de Jésus dans le sein de Marie. La Dame de la Grotte dit sa vocation : elle est la mère de Jésus, tout son être est de concevoir le Fils de Dieu, elle est toute pour lui. Pour cela, elle est immaculée, habitée par Dieu. Ainsi, l’Église et tout chrétien ont à se laisser habiter par Dieu pour devenir immaculés, radicalement pardonnés et graciés de façon à être, eux aussi, témoins de Dieu. Ce sera la vocation de Bernadette. Le 7 avril, pour l’apparition suivante, la flamme du cierge passera entre ses doigts sans la brûler. Elle devient transparente de la lumière, elle peut, elle aussi, communiquer la lumière de Dieu. Marie nous dit Qu’elle est ce que nous devons devenir. Le jour de sa 1ère communion (3 juin 1858), Bernadette prolonge cette expérience en s’unissant au don de Dieu.

 

  

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