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Archives de la catégorie ‘Santé et bien-être’

S U V I M A X 1 & 2

Suvimax a été une opération de recherche scientifique, mais aussi et surtout, une grande aventure humaine… 13000 volontaires ont participé, pendant 8 ans, à cette étude épidémiologique pilotée par l’Institut scientifique et technique de la nutrition et de l’alimentation (Istna) du Cnam, avec l’Inserm et de nombreux partenaires. L’exposition relate les étapes marquantes de cette aventure et sera présentée sur le village des sciences de Nantes.

 

 

SUVIMAX : une aventure scientifique… et humaine
Quand les scientifiques français étudient le rôle des vitamines et minéraux sur l’organisme, ils ne font pas les choses à moitié ! 13 000 volontaires suivis pendant 8 ans, des millions de capsules de compléments alimentaires, 50 personnes à temps plein, 2 unités mobiles parcourant plus de 113 000 kilomètres… Retour sur la première enquête de cette envergure dans l’hexagone.
Si le projet SUVIMAX est né au début des années 90, il a réellement pris forme en mars 1994. A cette date, aucun Français ne pouvait ouvrir un journal, allumer sa télévision, écouter sa radio sans entendre parler de l’un des plus grands recrutements de volontaires jamais réalisé dans l’hexagone. On recherchait des hommes et des femmes pour un protocole de recherche unique en son genre. Plus de 80 000 personnes ont ainsi répondu à cette "mobilisation" pour la science. Mais pour constituer un échantillon représentatif de la population française, il a fallu effectuer une sélection. Au final, ce sont 13 017 volontaires qui ont accepté de donner 8 ans de leur vie pour faire progresser la recherche : 7886 femmes de 35 à 60 ans et 5141 hommes de 45 à 60 ans. L’aventure pouvait commencer…
Un objectif ambitieux
Mais il ne s’agissait pas avec SUVIMAX de faire progresser la science pour le plaisir ! Les scientifiques poursuivaient deux objectifs :
Connaître l’efficacité d’une démarche active sur  la santé. Il s’agissait ici d’évaluer l’effet d’une supplémentation en vitamines et minéraux antioxydants sur la santé, notamment sur la prévention des maladies cardiovasculaires et des cancers.
Constituer une gigantesque base de données sur la consommation alimentaire. L’état nutritionnel et l’état de santé des Français. Cette gigantesque banque d’informations permettra de mieux connaître les relations existant entre l’alimentation et la santé.
Quand public et privé collaborent…
Qui se cache derrière cette impressionnante étude ? A l’origine du projet, on trouve le Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), dont l’équipe est dirigée par le Dr Serge Hercberg. D’autres acteurs institutionnels ont participé à l’aventure : l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM), les ministères de la Santé, de l’Agriculture et de la Recherche et la Mairie de Paris. Mais le projet SUVIMAX n’aurait pu voir le jour sans la participation de grandes marques qui se sont engagées aux côtés des scientifiques : Candia, L’Oréal, Kellogg’s, Danone, Sodexho, Unilever Bestfoods, Lu, Auchan…
Faire avaler la pilule…
Cette étude a nécessité des moyens hors du commun. Car une fois les 13 000 volontaires recrutés, l’immense tâche ne faisait que commencer ! Ainsi, il a d’abord fallu trouver la méthode adéquate pour évaluer l’impact d’une alimentation riche en vitamine et minéraux antioxydants. Impossible de faire manger plus de fruits et légumes à un groupe et d’interdire aux autres de changer leurs apports en végétaux ! Une seule solution s’imposait : créer une gélule contenant du beta-carotène, des vitamines C et E, du zinc et du sélénium.
Mais attention, il s’agissait d’en mettre à des doses nutritionnelles, c’est-à-dire ce que l’alimentation seule peut apporter, et non de donner des doses médicamenteuses. Ensuite, il a fallu partager les volontaires en deux groupes semblables : l’un recevant la fameuse pilule, l’autre une capsule ne contenant pas les substances (un placebo) tous les jours pendant huit ans. Au total, 30 millions de pilules ont été avalées en huit ans !

Une surveillance poussée
Bien sûr, il fallait durant ces huit ans connaître les habitudes des volontaires et surveiller leur état de santé. Une organisation très poussée a été mise en place, comprenant différents volets :
Des questionnaires santé
Un boîtier raccordé au minitel a permis aux "Suvimaxiens" de transmettre leurs différents examens de santé et les soins qu’ils ont subis chaque mois ;
Des questionnaires alimentaires
Un enregistrement, là encore grâce au minitel, était proposé tous les deux mois. Chaque Suvimaxien précisait ainsi les aliments consommés, les lieux des repas, les quantités, les modes de préparation, etc.
Une surveillance clinique
Tous les deux ans, une unité mobile (camion équipé d’un matériel médical) réalisait un bilan médical complet de chaque Suvimaxien : examen clinique, électroencéphalogramme, mesure de la tension artérielle, frottis cervico-vaginal, recherche de sang dans les selles et enfin mammographie pour les femmes de plus de 50 ans.
Une surveillance biologique
Des prélèvements sanguins ont également été effectués tous les deux ans, en alternance avec le bilan clinique. On a ainsi mesuré de nombreux paramètres : vitamines et minéraux antioxydants dans le sang, glycémie, bilan lipidique, fer, iode…
Une "mémoire" biologique
La première année, des prélèvements de cellules et de plasma ont été réalisés. Ces échantillons pourront permettre d’évaluer les susceptibilités à certaines maladies notamment.
A noter : les deux unités mobiles ont sillonné pendant ces huit ans plus de 113 000 kilomètres, soit pratiquement trois fois le tour de la Terre ! Plus de 180 000 tubes de sang ont été prélevés, soit 1 140 litres ! Enfin, les données recueillies en 8 ans correspondent à l’équivalent de 40 000 livres de poche !
Si l’étude a pour objectif principal d’évaluer l’impact de la supplémentation en antioxydants, la masse de données recueillies fournira de nombreuses autres informations sur les liens entre alimentation et santé pendant encore de nombreuses années. Et l’aventure va certainement reprendre son cours : les scientifiques souhaitent continuer à suivre la santé des bénévoles sur un plus long terme, dans une étude déjà baptisée SUVIMAX 2.
Alain Sousa

NUTRITION, MÉTABOLISME ET CANCER. LIPIDES ANTI-OXYDANTS ET CANCER –

Résultats de l’étude SU.VI.MAX : effets de la supplémentation en vitamines et minéraux anti-oxydants sur l’incidence des cancers, des maladies cardiovasculaires et la mortalité
S. HERCBERG1,2, P. GALAN1, P. PREZIOSI1, S. BERTRAIS1, L. MENNEN1,2, D. MALVY3, A.-M. ROUSSEL4, A. FAVIER5, S. BRIANÇON6 1. U557 INSERM (UMR INSERM/INRA/CNAM), Institut Scientifique et Technique de la Nutrition et de l’Alimentation/CNAM, Paris, France.
2. Unité de Surveillance et d’Épidémiologie Nutritionnelle (USEN), InVS/CNAM, Paris, France.
3. Centre René-Labusquière, Université Victor-Segalen, Bordeaux, France.
4. Laboratoire Nutrition Vieillissement Maladies Cardiovasculaires, Université Joseph Fourier, Grenoble, France.
5. Laboratoire Lésions des Acides Nucléiques, UMR CNRS-CEA-UJF 5046, Grenoble, France.
6. École de Santé Publique, Épidémiologie Clinique, Faculté de Médecine, CHU Nancy, France.

L’étude SU.VI.MAX (SUpplémentation en VItamines et Minéraux Anti-oXydants) est un essai contrôlé individuel portant sur des sujets présumés sains et étudiant l’impact d’un apport quotidien supplémentaire en bêta-carotène (6 mg), vitamines C (120 mg), vitamine E (30 mg), sélénium (100 mug) et zinc (20 mg), correspondant à des doses nutritionnelles, sur l’incidence des cardiopathies ischémiques et des cancers (tous sites confondus). Les objectifs secondaires visent à mesurer les effets de l’intervention sur certaines localisations spécifiques de cancer, la mortalité globale et par causes spécifiques.
L’étude SU.VI.MAX est un essai randomisé en double aveugle qui a duré huit années. La cohorte est composée d’hommes de 45 à 60 ans et de femmes de 35 à 60 ans. Au total, une population de 13 017 sujets (7 876 femmes et 5 141 hommes) a été incluse à partir d’un panel de 79 976 sujets volontaires sélectionnés au niveau national par une campagne multimédia (télévision, radio, presse écrite nationale et régionale) menée de mars à juillet 1994. Les sujets sélectionnés ont été randomisés en deux groupes : l’un recevant l’association de minéraux et vitamines anti-oxydants donnés à doses nutritionnelles (principe actif), l’autre recevant un placebo. L’attribution du type de supplément (principe actif ou placebo) a été faite, en double insu, par tirage au sort individuel, stratifié sur le sexe, la classe d’âge, le tabagisme et le lieu de résidence. L’inclusion des sujets de la cohorte a débuté en octobre 1994.
Depuis le début de l’étude, 561 cancers, 271 maladies cardiovasculaires et 174 décès sont survenus et ont été validés.

Revue des données de la littérature sur le statut en micronutriments des Franciliens.

Actualités et points forts. – Au cours des dernières décennies en France, des modifications considérables du régime alimentaire ont eu un retentissement sur l’apport en micronutriments. Une série de travaux conduits en Île-de-France depuis les années 1980 montre que des franges importantes de cette population sont exposées à un risque de carence modérée ou sévère en un ou plusieurs micronutriments. Les adolescents et les sujets de plus de 70 ans constituent des groupes à risque de carence pour la vitamine D. Au cours des années 1980, les apports en fer étaient insuffisants chez la majorité des femmes en âge de procréer, et la carence martiale était habituelle au cours de la grossesse. La carence en vitamine C est constante chez les sujets sans domicile fixe qui ont en outre des apports insuffisants en un grand nombre de micronutriments.
Perspectives et projets. – Une meilleure connaissance des groupes à risque pour chacun des micronutriments permet une meilleure adéquation de la prise en charge préventive des carences dans cette population. L’efficacité des actions préventives sur la prévalence des états carentiels reste à évaluer. Les essais contrôlés de supplémentation en micronutriments, devraient permettre de mieux comprendre leur rôle dans la prévention des maladies cardiovasculaires et des cancers.

secretariat.suvimax@cnam.fr

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