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Archives de la catégorie ‘POLITIQUE’

Législatives: la gauche dispose de tous les pouvoirs, le calendrier s’accélère

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a remis lundi matin la démission de son gouvernement au président François Hollande, au lendemain du second tour des législatives à l’issue duquel la gauche dispose de tous les pouvoirs pour s’attaquer au redressement du pays.

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                                     Photographe : Bob Edme :: François Hollande le 18 juin au Mont-Valérien à Suresnes
 
                                             photo : Bob Edme, AFP

Aussitôt renommé Premier ministre par le chef de l’Etat, M. Ayrault devrait ajuster son équipe à la marge, les 25 ministres qui étaient candidats aux législatives ayant tous été élus.

L’hypothèse d’une participation communiste à la nouvelle équipe s’est en revanche éloignée. Devant le Conseil national du PCF, le secrétaire national Pierre Laurent, a estimé lundi que les conditions n’étaient « pas réunies » pour que des communistes entrent au gouvernement.

« Quarante jours après avoir confié pour cinq ans les clefs de l’Elysée à François Hollande, les Français lui ont donné tous les moyens d’exercer son pouvoir », constate le quotidien Les Echos. Une cohérence soulignée par Libération, qui évoque « une vague impressionnante : le PS et ses alliés raflent l’hypermajorité au Parlement ».

 

Le rythme s’est s’accéléré au lendemain du scrutin. Sans avoir commenté les résultats qui lui laissent les coudées franches pour diriger le pays, M. Hollande s’est envolé pour le Mexique et le sommet des pays du G20, dont les dirigeants, Européens en tête, espèrent ramener un peu de confiance dans l’économie mondiale.

Avec 314 députés sur 577, le Parti socialiste détient la majorité absolue à lui seul à l’Assemblée.

Une Assemblée où les deux députés « Rassemblement bleu Marine » élus dimanche, la petite fille du fondateur du parti, Marion Maréchal-Le Pen, et l’avocat Gilbert Collard, devraient également se faire entendre.

Marine Le Pen a d’ailleurs assuré lundi que « la recomposition politique est bel et bien là », mais que les dirigeants de l’UMP refusent de la voir. La présidente du Front national a par ailleurs confirmé qu’elle allait introduire un recours sur le scrutin à Hénin-Beaumont, où elle a été battue de 118 voix.

« Rien ne sera facile »

Elysée, Assemblée, Sénat, régions, majorité des départements… La gauche dispose désormais de tous les leviers.

« L’oeuvre qui est devant nous est immense. Rien ne sera facile. Rien ne nous sera donné », a mis en garde dimanche soir le chef du gouvernement, en appelant à la mobilisation de tous les Français.

« Rétablir nos comptes publics, retrouver la croissance, faire reculer le chômage, rendre à notre industrie son dynamisme » : il a égrené les chantiers auxquels le gouvernement doit s’attaquer et appelé à « la contribution de tous ».

Le chef du gouvernement doit à présent préparer le projet de budget 2013, dont dépend toute la politique du gouvernement. Entre respect des engagements pris auprès des électeurs et dure réalité des comptes.

Dès lundi, le PS réunit son Conseil national pour fixer la date de son congrès, qui désignera celui ou celle devant succèder à Martine Aubry à la tête du parti.

Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, a annoncé qu’il allait « proposer un ticket » avec Harlem Désir. Mais le numéro deux du PS réaffirme de son côté son intention de briguer la direction du parti.

A droite, la course à la présidence de l’UMP – qui perd une centaine de députés par rapport à l’Assemblée sortante – est ouverte, entre notamment François Fillon et le secrétaire général du parti, Jean-François Copé. Mais François Baroin sera « certainement » candidat si ses « idées ne sont pas reprises ».

La « dérive droitière » de l’UMP « a échoué », a constaté pour sa part l’ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin.

Défilé des nouveaux à l’Assemblée

Dès lundi matin, le défilé des nouveaux députés a débuté à l’Assemblée nationale, où ils se verront remettre les insignes de leurs fonctions. Avec 234 nouveaux élus, soit 40% du total, l’affluence s’annonce forte dans les couloirs.

Objectif : se mettre en marche pour la « bataille du perchoir » qui désignera le 26 juin le président de la nouvelle Assemblée. Claude Bartolone est candidat côté PS, mais le nom de Jean Glavany circule et Elisabeth Guigou est « disponible ».

Entre-temps, les groupes politiques auront élu dès cette semaine leurs présidents. Christian Jacob, président du groupe UMP sortant, et Bruno Leroux pour les socialistes, font figure de favoris.

Avec 17 députés, Europe Ecologie-Les Verts obtient son premier groupe à l’Assemblée. Denis Baupin, nouveau député EELV, est lui aussi « disponible pour prendre des responsabilités dans le groupe ».

Jean-Marc Ayrault a assuré que la « démocratie parlementaire sera restaurée », confirmant la promesse du président Hollande de renforcer le rôle du Parlement. Il pourra compter avec une Assemblée renouvelée, qui comprend 155 femmes, un record.

Seule ombre au tableau démocratique : l’abstention record confirme la désaffection des Français pour des législatives organisées dans la foulée de l’élection présidentielle. Avec 56,29% seulement de participation dimanche, jamais les électeurs n’avaient à ce point boudé ce type de scrutin depuis le début de la Ve République.

Qui est Kim Jong-un, le nouveau leader nord-coréen?

Par , publié le 19/12/2011 à 16:22, mis à jour à 18:06

 
       Qui est Kim Jong-un, le nouveau leader nord-coréen?                                         Kim Jong-un, ici lors d’une visite d’entreprise, à une date indéterminée.

                                                                                   REUTERS/KCNA/Files

Il a moins de trente ans, a étudié en Suisse… et c’est une « copie conforme » de son père, Kim Jong-il, décédé ce samedi. Portrait de Kim Jong-un, le nouveau dirigeant de la Corée du Nord. 

« Etendre sa dynastie sur une troisième génération, ce serait une première dans le monde communiste! », commentait à l’automne 2010 le New York Times, alors que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il préparait l’entrée en scène de son fils, Kim Jong-un. Kim Jong-il lui-même avait déjà succédé à son père Kim Il-sung à la tête de la Corée du Nord en 1994, à la mort de ce dernier.  

C’est donc chose faite. Cet homme de moins de 30 ans -son âge précis est inconnu- dont le monde entier ignorait jusqu’au visage il y a un peu plus d’un an a été désigné pour prendre la succession de Kim Il-sung, décédé ce samedi, a annoncé l’Agence centrale de presse coréenne (KCNA) ce lundi: « Tous les membres du Parti, les militaires et le public devraient suivre fidèlement l’autorité du camarade Kim Jong-un et protéger et renforcer le front uni du parti, de l’armée et du public ».  

« Copie conforme de son père »

Le nom de Kim Jong-un, le troisième fils de Kim Jong-il avait commencé à circuler à l’été 2009. Mais c’est en 2010 que des chansons et des slogans de propagande comportant le nom du jeune homme se sont propagées dans le pays. Ces démonstrations annonçaient, selon les analystes, l’accélération du processus de succession dynastique, quelques jours après que Kim Jong-un avait accédé à de hautes fonctions au sein du Parti des travailleurs. Un peu plus tôt en effet, malgré son très jeune âge, il avait été nommé général quatre étoiles. 

Le nouveau leader de la Corée du Nord serait né de la troisième épouse -ou maîtresse, autre information imprécise- de Kim Jong-Il, une danseuse d’origine japonaise décédée d’un cancer. Formé dans des institutions suisses où se mêlaient les enfants de diplomates de nombreux pays, Kim Jong-un y est devenu un grand amateur de basket-ball, selon les services secrets sud-coréens. Et il partageait avec son père son admiration pour Jean-Claude Van Damme, selon le quotidien britannique The Guardian. Son nom en caractères chinois signifie « nuage justes », précise le journal japonais Asahi Shimbun

Il est une « copie conforme de son père au niveau du visage, de la corpulence et de la personnalité », raconte dans ses mémoires le Japonais Kenji Fujimoto, ancien chef cuisinier personnel du « Cher leader », autant d’éléments qui lui auraient valu la préférence de son père, aux dépens de ses deux autres frères, l’aîné Kim Jong-Nam et le deuxième fils Kim Jong-Chul. 

Adoubé par Pékin

Kim Jong-Un n’était pourtant pas cité initialement par les analystes comme le mieux placé dans l’ordre de succession, son frère aîné ayant longtemps fait figure de favori. Mais celui-ci aurait perdu les faveurs paternelles depuis son expulsion du Japon où il avait tenté de pénétrer, muni d’un faux passeport, en 2001. Même s’il a ensuite été nommé à un poste clef au sein du parti des Travailleurs, la formation unique qui préside d’une main de fer aux destinées du pays. Et pour couronner l’intronisation, il a été envoyé en visite diplomatique en Chine en mai dernier, rapporte le Asahi Shimbun. Le quotidien japonais explique que Pékin préfère le statu quo à Pyongyang, de crainte qu’une reprise en main du Nord par la Corée du Sud n’amène les alliés américains de Séoul aux frontières de la Chine. 

Bien entouré

Bien que désigné successeur, Kim Jong-un n’est sorti que progresssivement de l’ombre, et il sera probablement bien entouré. La soeur unique de Kim Jong-Il, Kim Kyong-Hui, ainsi que son époux, Jang Song-Thaek, devraient jouer un rôle prééminent à ses côtés, secondés dans leur tâche par le chef de l’Etat-major interarmées Ri Yong-Ho, affirme le professeur Yang Moo-Jin, de l’université de Séoul. Kim Il-sung, au moment où il nommait son fils général, avait d’ailleurs en même temps nommé sa soeur et son beau-frère à des postes stratégiques, afin de créer un triumvirat familial, ajoute le Asahi Shimbun. La jeunesse de Kim Jong-Un est peut-être justement sa principale qualité aux yeux d’une vieille garde soucieuse de garder le contrôle de Pyongyang… 

En tout cas, le jeune Kim « ne devrait pas engager de changement de politique drastique tant qu’il s’emploiera à asseoir son autorité », observe Baek Seung-Joo, de l’Institut coréen d’analyses militaires. 

Mort de Danielle Mitterrand, ancienne Première dame et toujours militante

Danielle Mitterrand, ancienne Première dame de France et toujours militante, est morte à Paris à l’âge de 87 ans, 15 ans après le décès de son époux, le seul président socialiste de la Ve République, François Mitterrand.

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                                          Photographe : Miguel Medina :: Danielle Mitterrand, le 4 octobre 2011 à Paris
                                            photo : Miguel Medina, AFP

Le décès de la présidente de la fondation France Libertés a été constaté à 02H00 dans l’hôpital parisien Georges-Pompidou (XVe arrondissement), où elle avait été admise vendredi dans un état sérieux, puis placée sous coma artificiel dimanche.

Classée plus à gauche que François Mitterrand, celle qui refusait le rôle de « potiche » sera restée mariée 51 ans à cette grande figure politique, disparue le 8 janvier 1996.

François Hollande, qui ambitionne de devenir en mai 2012 le deuxième socialiste à l’Elysée, a salué « une grande dame, engagée très jeune dans la Résistance, qui avait mis son courage et son immense énergie au service de la cause qui valait pour elle, celle des libertés ».

Par tweet, sa compagne, Valérie Trierweiler, a rendu hommage à une « grande conscience humaniste », confiant l’avoir rencontrée pour la dernière fois « cet été à Latche au milieu des siens ».

Allusion à la maison landaise où se retrouvait la tribu Mitterrand, entre pins et océan Atlantique.

C’est jeune résistante que Danielle Mitterrand avait rencontré à Cluny (Saône-et-Loire), dans la maison familiale où s’était réfugié son père, celui qui était alors le capitaine Morland -son pseudonyme de résistant- recherché par la Gestapo.

Elle l’épouse le 27 octobre 1944, deux jours avant de souffler ses vingt bougies.

Soutien constant de ce séducteur patenté -il a eu une fille hors mariage, Mazarine, qu’elle avait étreinte tendrement lors des obsèques du défunt président-, elle lui donnera trois fils, dont le premier mourra tout bébé.

Mère de Jean-Christophe (né en 1946) et Gilbert (1949), celle qui était souvent appelée Tatie Danielle, par ricochet au surnom Tonton donné au chef de l’Etat, était grand-mère et arrière-grand-mère.

A l’Elysée, elle a été une Première dame discrète, mince et souriante, vifs yeux clairs et rieurs, élégance simple et classique, loin de toute extravagance « glamour ».

Mais c’est dans la défense ardente de causes tous azimuts qu’elle se déployait avec le plus d’ardeur: soutien aux peuples kurde et tibétain, à Cuba, au sous-commandant Marcos (Mexique), partage équitable de l’eau ou dénonciation de l’esclavagisme.

Celle qui voulait être Antigone proclamait « un objectif clair: un monde plus juste ».

C’est en 1986, pendant le premier septennat de son époux, qu’elle avait créé France Libertés, fondation qui a fêté en octobre son 25e anniversaire.

Née le 29 octobre 1924 à Verdun (Meuse), Danielle Gouze était la fille d’un directeur d’école -révoqué en 1940 par Vichy pour ne pas avoir dénoncé les élèves juifs de son collège- et d’une institutrice, tous deux militants de la SFIO. Elle rejoint le maquis à 17 ans comme infirmière bénévole et sera l’une des plus jeunes médaillées de la Résistance.

Elle était la soeur de Christine Gouze-Raynal, grande productrice de cinéma (« Vie Privée » de Louis Malle par exemple) et épouse, décédée en 2002, du comédien Roger Hanin.

Amatrice de reliure, Danielle Mitterrand a écrit plusieurs livres, dont son best-seller « En toutes libertés » (1996).

Elle habitait toujours rue de Bièvre, près de la Seine, dans la maison parisienne du couple Mitterrand, au coeur du Quartier latin.

Ces dernières années, elle s’était éloignée du PS, jugeant en 2007 que ses dirigeants n’avaient « pas la fibre socialiste ».

 

Italie: Mario Monti succède à Berlusconi

L’ex-commissaire européen Mario Monti, chargé dimanche soir de succéder au chef du gouvernement Silvio Berlusconi, s’est dit aussitôt convaincu que l’Italie « peut vaincre » la crise de la dette « grâce à un effort collectif » et redevenir une « force » dans l’Union européenne.

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                                                Photographe : Vincenzo Pinto :: Mario Monti s'exprime devant la presse le 13 novembre 2011 à Rome après avoir été chargé de former le nouveau gouvernement italien
                                                   photo : Vincenzo Pinto, AFP

« Je travaillerai pour sortir rapidement d’une situation d’urgence que l’Italie peut vaincre grâce à un effort collectif », a affirmé M. Monti lors d’une brève intervention devant la presse après avoir reçu son mandat des mains du président de la République Giorgio Napolitano.

« L’Italie doit redevenir un élément de force, et non de faiblesse, dans une Union européenne dont nous avons été fondateurs et dont nous devons être protagonistes », a-t-il également souhaité.

Selon la Constitution italienne, M. Monti doit maintenant former un gouvernement et obtenir la confiance des deux chambres du parlement dans un délai de dix jours avant de prendre officiellement ses fonctions. Dans l’intervalle, c’est encore M. Berlusconi qui est chargé d’expédier les affaires courantes.

« Les consultations que je mènerai seront conduites rapidement mais avec attention. Je retournerai voir le président de la République quand je serai en mesure d’ôter toute réserve », a-t-il affirmé, alors que M. Napolitano a espéré que le gouvernement soit formé d’ici la fin de la semaine.

Sur le plan économique, M. Monti s’est fixé pour objectif d' »assainir la situation financière et de reprendre le chemin de la croissance tout en restant attentif à l’équité sociale ».

« Nous le devons à nos enfants. Nous devons leur donner un avenir concret fait de dignité et d’espérance », a-t-il conclu, avant de quitter le palais présidentiel sous les applaudissements de la foule qui l’attendait à l’extérieur.

La nomination de cet économiste respecté de 68 ans, nommé mercredi sénateur à vie, intervient à point nommé pour rassurer les marchés et les partenaires internationaux avant l’ouverture des marchés boursiers lundi matin, d’autant plus que cette journée sera marquée par une nouvelle émission obligataire faisant figure de test.

Dans un message télévisé diffusé au moment même où son successeur en puissance était convoqué au palais présidentiel, Silvio Berlusconi s’est dit « prêt à favoriser les efforts du président pour donner immédiatement au pays un gouvernement au profil technique ».

Avant d’ajouter aussitôt qu’il « redoublerait son engagement au Parlement et dans les institutions pour rénover l’Italie », signe qu’il n’est pas prêt à prendre sa retraite politique.

« Je ne me rendrai pas tant que je n’aurai pas rénové l’architecture de l’Etat », a affirmé M. Berlusconi, qui a passé dix ans au pouvoir en 17 ans de vie politique.

Plus tôt dans la journée, le Cavaliere s’était dit « fier » de son action pendant la crise économique et avait déclaré espérer « reprendre le chemin du gouvernement ».

Cette omniprésence de M. Berlusconi sur la scène médiatique forme un contraste saisissant avec la discrétion prudente affichée jusqu’ici par Mario Monti.

La tâche qui attend M. Monti est titanesque, alors que l’Italie est au bord de l’asphyxie financière et croule sous une dette colossale (1.900 milliards d’euros, 120% du PIB).

Le Parti démocrate (PD, gauche, principal parti d’opposition) a demandé par la voix de son secrétaire Pierluigi Bersani que le gouvernement « soit totalement nouveau, à forte composante technique, et mette l’Italie en condition d’affronter l’urgence ».

« Les engagements pris avec l’Europe restent le contenu essentiel du programme de gouvernement », a estimé pour sa part le secrétaire du parti du Cavaliere, le Peuple de la Liberté (PDL), Angelino Alfano.

La perspective d’une majorité parlementaire semble donc ouverte pour M. Monti, un homme pondéré au nez toujours chaussé de lunettes, surnommé parfois « le cardinal », qui s’est taillé une réputation de compétence et d’indépendance comme commissaire européen pendant dix ans (1994-2004), d’abord au Marché intérieur puis à la Concurrence.

Il est aussi depuis 1994 président de la prestigieuse université Bocconi de Milan, considérée comme la meilleure faculté d’économie d’Italie et dont il est diplômé.

Ces compétences ne seront pas de trop pour gouverner l’Italie, qui a été placée sous surveillance du Fonds monétaire international, de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne.

L’UE, en saluant dimanche soir la prochaine constitution d’un nouveau gouvernement en Italie, a d’ailleurs souligné qu’elle continuerait à surveiller les réformes dans ce pays.

La désignation de M. Monti « envoie un nouveau message encourageant (montrant) la détermination des autorités italiennes à surmonter la crise », ont déclaré dans un communiqué commun le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le président de l’UE Herman Van Rompuy.

« La commission continuera à surveiller l’application des mesures prises par l’Italie pour mener des politiques favorisant la croissance et l’emploi », ont-ils ajouté.

La mission de Mario Monti ne s’annonce donc pas comme une partie de plaisir. Et Silvio Berlusconi, même s’il a apporté son soutien à M. Monti, l’a reçu pendant deux heures à déjeuner samedi, puis à dîner dimanche soir, reste en embuscade: « Nous sommes en mesure de débrancher la prise quand nous voulons », a-t-il confié à ses proches.

Grèce: un gouvernement de coalition pour lutter contre la dette

Le nouveau Premier ministre grec Lucas Papademos a formé vendredi un gouvernement d’union nationale, qui maintient la plupart des ténors socialistes en poste, avec deux cadres conservateurs de premier plan, et vise à rassurer créanciers et partenaires de la zone euro face à la crise.

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                                     Photographe : Louisa Gouliamaki :: Le président grec Carolos Papoulias (G), le nouveau Premier ministre  Lucas Papademos et l'archevêque de Grèce le 11 novembre 2011 à Athènes
                                    photo : Louisa Gouliamaki, AFP

La mise en oeuvre du plan de sauvetage européen de la Grèce reviendra du coup essentiellement au Premier ministre, l’ex-banquier central Lucas Papademos.

Artisan de l’entrée de la Grèce dans l’euro, il est crédité de rassurer les créanciers privés qui vont devoir effacer près d’un tiers de la dette grecque, et d’avoir politiquement les mains libres pour faire avaler aux Grecs la pilule amère de nouveaux sacrifices.

Pour le seconder, faire voter le budget 2012 et préparer les conditions du versement d’une tranche vitale de 8 milliards d’euros de prêts internationaux d’ici le 15 décembre, le numéro deux socialiste Evangélos Vénizelos conserve son poste-clé des Finances, et de vice-Premier ministre.

Il y avait été propulsé en juin lors du dernier remaniement tenté par le Premier ministre sortant, Georges Papandréou, qu’il a depuis contribué à pousser vers la sortie au cours d’un psychodrame politique qui a ébranlé le pays et la zone euro depuis fin octobre.

Pressée de ramener la sérénité, la nouvelle équipe, qui peut prétendre à une majorité tri-partite de 254 députés sur 300 au parlement, a prêté serment vendredi après-midi au nom de la « sainte et indissoluble Trinité », comme le prévoit la Constitution grecque devant le chef de l’Eglise orthodoxe nationale, Mgr Iéronymos.

M. Papademos, qui a déjà réuni un conseil des ministres vendredi soir, doit prononcer sa déclaration de politique générale lundi au parlement, avant une investiture probablement mercredi.

Il s’est engagé à faire « tout ce qui est possible pour faire face aux problèmes du pays », à l’issue d’une longue poignée de main avec M. Papandréou, qui lui cédait le palais gouvernemental.

M. Papademos a souligné la nécessité d’une « coopération de tout le monde », alors que le ralliement à la politique socialiste de rigueur d’une droite jusque là retranchée sur une opposition frontale, est incarnée par l’arrivée des deux vice-présidents du parti conservateur de la Nouvelle Démocratie, l’ex-commissaire européen Stavros Dimas aux Affaires Etrangères, et l’ancien maire d’Athènes, Dimitris Avramopoulos.

Issus de l’aile libérale et centriste de la nouvelle-Démocratie, ils seront les plus à même de coopérer avec les socialistes. Cela laisse au dirigeant droitiste du parti, Antonis Samaras, dont deux proches et homme d’appareil sont également inclus dans la nouvelle équipe, une marge pour continuer la joute politique en vue des élections anticipées qu’il réclame pour « bientôt ».

Parmi les questions laissées en suspens par le nouveau gouvernement demeure en effet celle de sa durée, laissée dans le flou depuis l’accord Papandréou-Samaras prévoyant un recours aux urnes « immédiatement après la mise en oeuvre » du plan de désendettement du pays mis au point par la zone euro fin octobre.

Une autre interrogation pèse sur la cohésion et l’efficacité d’une équipe gonflée à 47 membres, dont neuf ministres-adjoints et 21 secrétaires d’Etat, et qui se signale par l’arrivée de quatre cadres d’extrême-droite, pour la première fois depuis la fin de la dictature des colonels en 1974.

Meneur de cette tendance, l’avocat de 47 ans, Makis Voridis, est nommé aux Transports, où il devra jongler entre taxis et syndicalistes des bus et métro. Son parti, le Laos occupe 5% des sièges au parlement, avec 16 sièges sur 300.

Les autres portefeuilles sensibles, de l’Education et de la Santé, dans un pays en pleine refonte structurelle et à l’Etat-providence anémié, restent aux mains de leurs détenteurs précédents. Au total, douze ministres de l’ancienne équipe conservent leur poste, pour seulement deux départs.

Le parti communiste, troisième parti parlementaire et la gauche radicale ont campé sur leur refus d’entrer dans une alliance, étant opposés aux mesures d’austérité.

Les deux principaux partenaires de la Grèce dans la zone euro ont salué la formation du gouvernement. La chancelière allemande Angela Merkel a assuré M. Papademos de son soutien, tout comme le président français Nicolas Sarkozy qui a jugé qu’il « aura à coeur de prendre toutes les mesures nécessaires » pour assurer la sortie de crise.

 

Grèce: l’ex-vice-président de la BCE Lucas Papademos désigné Premier ministre

L’ex-vice-président de la Banque Centrale Européenne, Lucas Papademos, 64 ans, un des artisans de l’ancrage grec à l’euro, a été chargé jeudi par le président de la République de former un gouvernement de coalition, a annoncé la présidence grecque.

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                             Photographe : Aris Messinis :: Le nouveau Premier ministre grec Lucas Papademos devant le Palais présidentiel à Athènes le 10 novembre 2011
                                   photo : Aris Messinis, AFP

« Le chef de l’Etat, sur proposition des chefs de partis politiques, a confié le mandat de former un gouvernement à Lucas Papademos », a indiqué un bref communiqué de la présidence de la République, diffusé jeudi après plus de quatre heures de réunions des chefs de partis.

« Il a été convenu que la mission du gouvernement est la mise en oeuvre des décisions du sommet de la zone euro du 26 octobre et de la politique économique liée à ces décisions », ajoute le communiqué, à l’issue d’une réunion du Premier ministre socialiste sortant, Georges Papandréou, de son rival conservateur Antonis Samaras et du leader populiste Georges Karatzaferis.

« Je suis convaincu que la participation de la Grèce à la zone euro est une garantie de stabilité monétaire, un facteur de prospérité économique, et que, malgré les difficultés, elle va aider au redressement de l’économie nationale » a déclaré M. Papademos dans sa première déclaration aux médias après avoir estimé que la Grèce était à un « carrefour crucial » face à d’énormes problèmes.

Le choix du socio-libéral Lucas Papademos, qui offre le profil rassurant d’un ancien banquier central (2002-2010) expert en questions financières et d’un Européen convaincu et averti, a été salué avec soulagement par les premiers commentateurs interrogés par les médias et devrait être bien accueilli par les partenaires européens du pays.

Le communiqué de la présidence n’a par contre pas mentionné de date pour des élections anticipées, qui avaient été demandées par la droite pour participer à ce gouvernement de coalition.

Le texte officiel souligne toutefois que les trois dirigeants ont « réaffirmé le cadre de l’accord » de principe conclu dimanche entre MM. Papandréou et Samaras, qui fixait ces élections aux alentours du 19 février.

Après cette annonce, le Premier ministre démissionnaire a quitté le palais présidentiel en souriant, saluant la meute de journalistes présente d’un geste de la main, suivi par son rival conservateur Antonis Samaras, également l’air détendu.

Le choix de M. Papademos, également ancien gouverneur de la Banque centrale de Grèce, intervient après quatre jours d’intenses tractations entre les partis, suivies avec inquiétude par l’UE et le FMI, les créanciers du pays, qui demandaient une solution politique « claire » pour le pays au bord de la faillite.

« J’espère que les partis ne vont pas tenter de raccourcir la vie de ce gouvernement mais vont au contraire l’aider à accomplir sa tâche », a commenté à chaud le député socialiste Nassos Alevras, saluant un « choix fort ».

Grèce : un nouveau Premier ministre pour la même politique

Grèce, envoyé spécial. Lucas Papademos, ex-Vice président de la banque centrale européenne (2002-2010), conseiller de M. Papandréou, et ancien gouverneur de la Banque centrale grecque (1994-2002), devient Premier ministre. Pour mener la même politique.

La distribution, vers 15h., d’un communiqué de presse annonçant la nomination du Premier minstre, Lucas Papadimos, a mis fin à l’attente devant le palais présidentiel, à Athènes. Des dizaines de journalistes, prêts à démarrer leur caméra ou à cliquer sur leurs appareils photos, sont là, depuis deux jours. Au cœur de leur préoccupation, la nomination du prochain Premier ministre et du prochain gouvernement. Aujourd’hui, le président Karolos Papoulias avait  convoqué une réunion des chefs de partis afin de trouver un accord sur les noms de ceux qui, suite à la démission du Premier ministre socialiste Georges Papandreou, prendront en main les affaires de l’Etat avant l’organisation

                                    

d’élections, le 19 février en théorie. A 14h30, le Premier ministre démissionnaire, le socialiste Georges Papandréou, aussi chef du Paosk, est sorti du Palais du président où il était reçu avec le chef de file de la droite Antonis Samaras et le dirigeant d’extrême droite Georges Karatzaferis. Il n’a pas prononcé un mot le temps de regagner ses bureaux, voisins du palais présidentiel.

Les deux partis de gauche, KKE (PC grec) et Synaspisos (gauche radicale) ne participaient pas mais réclament la tenue d’élections législatives. Lucas Papademos, succède donc à Papandreou. Pour mener la même politique.

Certes, sa tâche sera particulièrement dure dans une Grèce à bout de souffle, plongée depuis deux ans dans une crise qui semble sans fin. Mais la déclaration qu’il a effectuée devant le Palais présidentiel montre que ce gouvernement dit d’union nationale – une coalition entre le parti social-démocrate, le Pasok, arrivé en tête des législatives en octobre 2009, et du parti de droite, Nouvelle Démocratie (ND), deuxième – n’aura pas de marge de manœuvre. Dans le communiqué de presse, le Président précise ce pour quoi il a nommé Papadimos :  « la réalisation des décisions du sommet de l’eurogroupe du 26 octobre avec la mise en application de la politique économique qui les accompagne »

« A la question sur la date des élections, Papadimos a indiqué : « nous avons un point de référence ; et nous travaillons avec ça en tête ». Bref, le flou politique persiste. Le gouvernement devrait être annoncé prochainement.

Le gouvernement n’aura pas de marge de manœuvre. Il sera, d’abord, soumis aux pressions de l’Union européenne. Non contente de dicter à la Grèce sa politique à travers les memoranda rédigés avec le FMI, elle a demandé, par la voix de ses dirigeants, au deux partis Pasok et ND de signer un engagement à faire ratifier le plan de sauvetage du 26 octobre. Il sera, ensuite, soumis au mécontentement dans les partis : au sein de ND comme du Pasok, nombreux sont les cadres et les députés à dénoncer ce marchandage politique, les conditions de l’UE et un accord entre les deux partis « ennemis » qui se partagent le pouvoir depuis la chute des colonels, en 1973… Enfin, la population est médusée par les tractations, le déni de démocratie, le viol de la souveraineté nationale que représente cet épisode tragique. Ecartée des urnes, elle pourrait se mobiliser massivement le 17 novembre, date de la célébration de la chute des colonels.

Fabien Perrier

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