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Archives de la catégorie ‘LITTERATURE’

Alexis Jenni, sacré par le Goncourt, Emmanuel Carrère décroche le Renaudot

Le Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires français, a été attribué à Alexis Jenni pour son premier roman, « L’art français de la guerre » (Gallimard), fascinante fresque entre Indochine et Algérie qui questionne l’héritage des guerres coloniales.

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                                       Photographe : Bertrand Guay :: L'écrivain Alexis Jenni avant la remise du Goncourt, le 2 novembre 2011 à Paris
                                         photo : Bertrand Guay, AFP

Grand favori de ce prix convoité, ce professeur lyonnais de biologie de 48 ans a été choisi « au premier tour par 5 voix contre 3 à Carole Martinez », a annoncé l’un des membres du jury Didier Decoin.

Deux autres prétendants étaient en lice, Sorj Chalandon, déjà lauréat du Grand prix du roman de l’Académie française jeudi, Carole Martinez et l’écrivain haïtien Lyonel Trouillot.

Alexis Jenni l’avoue humblement, il se considérait jusqu’ici comme « un écrivain du dimanche ». Cet agrégé de biologie n’a pourtant jamais cessé d’écrire depuis vingt ans, mais « de petites choses » restées dans ses tiroirs ou qui n’ont pas marché.

Il s’attelle voici cinq ans à ce livre, récit d’aventure et réflexion sur l’héritage des conflits coloniaux. Son épopée entre Indochine et Algérie achevée, il envoie son manuscrit de près de 700 pages, par la poste, à un seul éditeur, Gallimard, dont c’est le centenaire et qui flaire aussitôt la révélation de la rentrée.

La plupart des critiques sont aussi conquis et les éloges pleuvent depuis la sortie du livre sur cet amoureux du cinéma, de bandes dessinées et de la botanique, qui tient un blog dessiné, « Voyages pas très loin ».

Loin des premiers romans souvent nombrilistes, « L’art français de la guerre », au style classique, épique, parfois un peu grandiloquent, est un chant inspiré, baigné de sang et de combats, une méditation sur l’identité nationale et ces vingt ans de guerres coloniales qui marquent encore les esprits aujourd’hui.

Le prix Renaudot, autre prix littéraire prestigieux, a couronné Emmanuel Carrère pour son fascinant « Limonov » (P.O.L), portrait du sulfureux Edouard Limonov, idole underground sous Brejnev, clochard à New York, écrivain branché à Paris et fondateur d’un parti ultranationaliste en Russie.

Grand lecteur d’Alexandre Dumas quand il était enfant, Emmanuel Carrère a réussi dans ce superbe portrait du « bad boy » Limonov à se projeter dans l’Histoire, avec un souffle épique digne du père de Monte-Cristo, et un personnage qui pourrait sortir d’un roman de Dostoïevski.

Mais Limonov existe. Emmanuel Carrère, dont les grands-parents maternels ont fui la Russie après la Révolution, l’a rencontré à Moscou.

Né Edouard Savenko le 22 février 1943, il a dix ans à la mort de Staline. C’est lui qui prend le nom de guerre « Limonov », tiré du mot qui signifie « grenade » – celle qui explose – en russe.

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Vincent van Gogh s’est-il vraiment suicidé ou a-t-il été tué?

Vincent van Gogh s’est-il vraiment suicidé en 1890 à Auvers-sur-Oise (France) ou bien a-t-il été tué? Deux auteurs américains remettent en cause les circonstances de la mort de l’un des plus célèbres peintres du monde dans une biographie qui vient de paraître.

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                                                               Photographe : Tiziana Fabi :: Autoportrait du peintre Vincent van Gogh exposé du 9 auctobre 2010 au 6 fevrier 2011 à Rome
                                                                     photo : Tiziana Fabi, AFP

« La version retenue n’est pas crédible », assure l’écrivain Gregory White Smith, dans un entretien publié mardi par le quotidien néerlandais NRC Next, au lendemain de la parution aux Etats-Unis et aux Pays-Bas de « Van Gogh; La vie ».

« Pourquoi aurait-il juste à ce moment-là mis fin à ses jours? Il ne traversait pas la période la plus difficile », s’interroge de son côté Steven Naifeh, co-auteur de cet ouvrage de près d’un millier de pages. « Pourquoi quelqu’un irait-il peindre alors qu’il prévoit de se suicider? Cela ne tient pas tout simplement ».

Selon les deux Américains, Vincent van Gogh ne serait pas mort en se tirant une balle dans la poitrine à Auvers-sur-Oise, un village d’artistes à une trentaine de kilomètres de Paris. Mais il aurait été tué par deux adolescents, les frères Secrétan, dont l’un avait affirmé que le peintre lui avait volé son pistolet.

« C’était soit un accident, soit un acte délibéré », avait assuré Steven Naifeh dans l’émission « 60 minutes » diffusée dimanche par la chaîne de télévision américaine CBS.

Le conservateur du musée Van Gogh à Amsterdam, Leo Jansen, juge cette théorie « intéressante ». « Pour pouvoir croire à cette nouvelle théorie, j’aurais besoin de nouvelles preuves mais c’est très difficile, cela fait tellement longtemps », reconnaît-il cependant dans un entretien à l’AFP.

M. Jansen a eu des contacts réguliers avec les deux auteurs américains, lauréats du prix Pulitzer en 1991 pour leur biographie du peintre Jackson Pollock. « Ils sont venus lire nos documents, travailler sur nos archives, j’ai annoté leur manuscrit », raconte-t-il.

Ann Dumas, conservatrice à la Royal Academy of Arts à Londres et spécialiste du peintre, a elle aussi été consultée : « ils ont même lu les romans que lisait Vincent Van Gogh à l’époque », dit-elle à l’AFP, jointe par téléphone.

Le 27 juillet 1890, Vincent van Gogh quitte l’auberge Ravoux avec brosses et chevalet. Il revient cinq heures plus tard, blessé, et meurt dans les bras de son frère Theo trente heures après, selon la version officielle relatée par Mme Dumas.

Selon le témoignage de la fille de l’aubergiste, âgée de 13 ans à l’époque, Vincent van Gogh aurait répondu « oui » au docteur qui lui demandait s’il s’était suicidé.

« Les deux auteurs n’ont pas trouvé de nouveaux faits, ils les ont seulement interprétés différemment », souligne Leo Jansen.

Selon Gregory White Smith et Steven Naifeh, le peintre aurait répondu « oui » pour protéger les frères Secrétan. « Mais pourquoi les protéger alors qu’ils n’arrêtaient pas de l’ennuyer, de le taquiner? », s’interroge le conservateur.

« Si Vincent van Gogh était mort de vieillesse à 80 ans en 1933, nageant dans la gloire et en possession de ses deux oreilles, il ne serait jamais devenu le mythe qu’il est aujourd’hui », soulignait mardi le quotidien néerlandais de gauche De Volkskrant dans un éditorial.

« Ses psychoses, ses dépressions, ses erreurs et leurs manifestations –une oreille coupée, le suicide– sont davantage une partie intégrante de l’histoire ++Vincent van Gogh++ que les cyprès et les champs de maïs ».

PPDA au pilori après son plagiat

Par LEXPRESS.fr, publié le 05/01/2011 à 13:00

 
                                             
                     
      PPDA au pilori après son plagiat

                               Patrick Poivre d’Arvor au Salon du livre 2009.  

Anne-Laure Bovéron http://through.canalblog.com

Depuis que LEXPRESS.fr a révélé le plagiat d’une centaine de pages dans le dernier livre de Patrick Poivre d’Arvor, les réactions se multiplient sur le web.

 

Quelques heures à peine après la publication de l’article de Jérôme Dupuis dans LEXPRESS.fr, la maison d’édition Arthaud envoyait un communiqué de presse accablant à toutes les rédactions françaises. Il y était précisé que « le texte imprimé, qui a été diffusé par erreur à la presse en décembre, était une version de travail provisoire ». Contactée par un journaliste des Inrocks.com, l’éditrice « catastrophée » n’en démord pas : « d’une certaine façon, on peut remercier l’Express de nous avoir alerté avant l’impression ». 

                                                      PPDA au pilori après son plagiat

                                                           Dédicace de PPDA à Christophe Barbier  

BLemaire/Express.fr

Seulement voilà, si le livre envoyé à la presse n’est qu’une version de travail que l’auteur n’a pas pu valider faute de temps, comment expliquer qu’un exemplaire dédicacé trône encore aujourd’hui sur le bureau de Christophe Barbier, le directeur de la rédaction de L’Express ?  

On comprend facilement la panique des éditions Arthaud, tant l’information a pu être relayée en moins de 24h. « PPDA accusé de plagiat » en une du Parisien, « PPDA, une impression de déjà lu » dans Libération. Sans compter les matinales radiophoniques, les journaux télévisés et l’explosion de commentaires sur le web. 

Pas de « procès Patrick Plagiat D’Arvor »

Sur le site web du Nouvel Observateur, Grégoire Leménager, dans un article à l’ironie saillante, se remémore les critiques de l’humoriste Pierre Desproges, qui évoquait à son époque le « style leucémique » de PPDA.  

Jean-Marc Morandini ne se prive pas de rappeler les déboires journalistiques de l’ancien présentateur vedette de TF1. Sur son blog, il rappelle le trucage de l’interview de Fidel Castro en 1991. Entre gens de télévision, on se serre les coudes. 

Les internautes de LEXPRESS.fr ne semblent pas particulièrement étonnés par la nouvelle. Ils sont nombreux à se se souvenir de « l’affaire Botton« . Une décision judiciaire datant de 1996, qui condamne Poivre pour recèle d’abus de biens sociaux, à quinze mois de prison avec sursis et 200 000 francs (30 000 euros) d’amende.  

De son côté, Rue89 s’est penché sur la question des conséquences juridiques de la pratique littéraire de Patrick Poivre d’Arvor. Si les éditions Gallimard ont confirmé être détentrices des droits de l’oeuvre plagiée, du moins de sa traduction, leur juriste explique que ce genre d’affaire se « règle généralement à l’amiable ». Selon elle, pas de procès « Patrick Plagiat d’Arvor » en vue. 

Si l’écho médiatique de l’article de Jérôme Dupuis s’est considérablement étendu depuis mardi midi, il existe encore quelques niches dans lesquelles l’affaire n’a pas le droit de cité. A France Soir par exemple, où PPDA tient une chronique quotidienne, aucune mention n’a été faite d’une possible affaire de plagiat, que ce soit en ligne ou sur papier.  

P P D A

Patrick Plagiat d’Arvor

Par Jérôme Dupuis, publié le 04/01/2011 à 12:00, mis à jour le 05/01/2011 à 09:00

                                                  Patrick Plagiat d'Arvor

Patrick Poivre d’Arvor, le 6 mai 2010.  

Reuters

Le journaliste-écrivain publie un portrait fouillé d’Ernest Hemingway. Une biographie tellement « à l’américaine » qu’une centaine de pages sont directement inspirées d’un ouvrage paru en 1985 aux Etats-Unis. Révélations.

 

La réponse de la maison d’édition

« Suite à l’article publié par l’Express.fr, au sujet de la biographie à paraître de Patrick Poivre d’Arvor, Hemingway, la vie jusqu’à l’excès, les Editions Arthaud tiennent à préciser que le texte imprimé, qui a été diffusé par erreur à la presse en décembre, était une version de travail provisoire. Elle ne correspond pas à la version définitive validée par l’auteur, dont la commercialisation en librairie est prévue fin janvier.  
Les éditions Arthaud présentent leurs excuses à l’auteur ainsi qu’aux journalistes destinataires de l’ouvrage. »  

Il est plutôt rare, en matière de biographie, que le nom de l’auteur figure en caractères plus visibles que celui du « portraituré ». C’est pourtant l’honneur fait à Patrick Poivre d’Arvor pour la volumineuse biographie (414 pages) de Hemingway, qu’il publie, le 19 janvier, à l’occasion du cinquantenaire de la mort de l’écrivain américain, disparu en 1961. Après tout, justifie le communiqué envoyé à la presse par l’éditeur, Arthaud, « Patrick Poivre d’Arvor livre ici une vision très personnelle » de l’auteur du Vieil Homme et la mer. En fait de « vision très personnelle », L’Express peut révéler que l’ancien présentateur du 20 Heures a plagié une biographie signée Peter Griffin, parue aux Etats-Unis, en 1985, aux éditions Oxford University Press. Traduite en France, chez Gallimard, en 1989, elle est aujourd’hui quasiment introuvable en librairie. PPDA, lui, en a déniché un exemplaire. PPDA, comme Patrick Plagiat d’Arvor. 

Les « emprunts » opérés par le journaliste-écrivain sont manifestes, massifs, et comme portés par un étonnant sentiment d’impunité. Selon notre enquête, ce sont près de 100 pages de son Hemingway, la vie jusqu’à l’excès qui sont directement inspirées de l’ouvrage de Griffin, sans qu’aucuns guillemets le signalent. Des dizaines et des dizaines de paragraphes s’apparentent à des « copier-coller », souvent grossièrement maquillés par des inversions de phrases ou l’usage effréné de synonymes (voir fac-similés). On s’amusera de voir le « lait condensé » de Griffin devenir du « lait concentré » sous la plume de PPDA, un « maréchal-ferrant » se transformer en « forgeron » et l' »opulente chevelure auburn ramassée en chignon » de la future épouse de Hemingway se muer en « beaux cheveux auburn ramenés en chignon »… Mais on pourrait citer des centaines d’autres exemples. 

Bien sûr, PPDA saute des passages et des scènes secondaires du Griffin ou ne garde parfois qu’une formule saillante dans une longue lettre. Mais, au-delà des emprunts directs, le plus troublant est que la structure même des deux biographies, les enchaînements, les incises sur la grande Histoire (l’évolution du front italien, en 1917, par exemple), les descriptions de paysages (où les différentes essences d’arbres sont citées exactement dans le même ordre) ou encore les extraits de correspondance retenus coïncident parfaitement.  

Une bibliographie qui n’est qu’un leurre

Contacté par L’Express, Patrick Poivre d’Arvor assure : « J’ai passé un an et demi à écrire ce livre et trouve très désobligeant ce soupçon de plagiat. Je me suis naturellement documenté auprès des nombreuses biographies existantes, au nombre desquelles celle de Griffin me semble la meilleure sur le jeune Hemingway. Mais je n’allais pas lui réinventer une vie ! » Or, justement, il existe autant de manières de raconter la vie de l’écrivain américain que de biographes, comme suffit à le prouver la lecture des deux ouvrages de référence, « le » Carlos Baker (en deux volumes) et « le » Jeffrey Meyers, tous deux très différents du Griffin. 

Ces deux dernières bios, comme huit autres, font d’ailleurs partie de la très longue – 63 titres ! – bibliographie publiée par PPDA en annexe de son Hemingway. En revanche, c’est en vain qu’on y chercherait le livre de Peter Griffin… Ce dernier n’est cité que dans les notes, à la fin du volume, à une quinzaine de reprises, noyées au milieu de centaines de références, mais uniquement pour des extraits de lettres que PPDA y aurait glanés… 

Un mot, au passage, sur cette bibliographie. Sous ses apparences pseudo-universitaires, cette longue liste n’est qu’un leurre. On y trouve une ribambelle d’ouvrages pointus tels que The Story of American Red Cross in Italy ou Philippe Soupault, voyageur magnétique, sans parler de Misères et tourments de la chair durant la Grande Guerre, dont on chercherait en vain comment ils ont nourri l’ouvrage de PPDA. Après tout, l’ex-présentateur du 20 heures aurait pu écrire une vie romancée du géant des lettres américaines, nourrie de ses propres évocations des hauts lieux « hemingwayiens » – le Kenya, Cuba, le Ritz – où sa longue carrière de journaliste l’a mené. Mais il a préféré faire le choix d’une biographie « à l’anglo-saxonne », fourmillant de dates, de noms propres, de citations. Une « bio » à la Peter Griffin… 

Mais qui est ce Griffin ? Un défricheur passionné. Après une thèse consacrée à l’auteur de Paris est une fête, cet Américain avait travaillé des années à son grand oeuvre sur Hemingway. Il avait eu, le premier, accès à la correspondance entre le grand « Ernest » et son épouse, Mary, retrouvé un témoin capital de ses jeunes années, Bill Horne, exhumé des nouvelles inédites, écumé des archives aux quatre coins des Etats-Unis. Le propre fils de Hemingway, Jack, ne cachait pas qu’il voyait là le travail le plus juste jamais réalisé sur son père. En ce sens, PPDA a bien choisi son « modèle ». Mais Peter Griffin ne pourra goûter l' »hommage » d’un genre très particulier que lui a rendu l’ancien présentateur d’Ex Libris : comme nous l’a confirmé son éditeur américain à la fin de décembre, il n’est plus de ce monde. 

Archives, entretiens : aucune source directe n’est mentionnée

PPDA, lui, travaille plus vite. Contrairement à l’usage en vigueur chez tout biographe, l’ancienne star de TF 1 ne mentionne aucune source directe : ni archive consultée – un important fonds Hemingway est conservé à la John F. Kennedy Presidential Library, à Boston – ni entretien avec des témoins ou des spécialistes. Seule une discrète mention, étrangement placée sous les « crédits photographiques », en toute fin de sa biographie, intrigue : « Remerciements à Bernard Marck, grand spécialiste du Paris de l’entre-deux-guerres ». Etrange mention, en effet, car Bernard Marck, ancien rédacteur en chef d’Aéroports Magazine, est connu comme un historien de l’aviation, sujet auquel il a consacré de très nombreux ouvrages – il a par exemple publié un Il était une foi Mermoz (éd. Jean Picollec), en 2002, un an avant que PPDA sorte lui aussi un ouvrage consacré au célèbre aviateur, en collaboration avec son frère, Olivier. En 2006, le présentateur de TF 1 fera même d’un autre livre de Bernard Marck, Rêve de vol, son « coup de coeur » de l’émission littéraire qu’il présentait alors sur LCI. 

Marck n’a en revanche, à notre connaissance, jamais publié le moindre livre sur le « Paris de l’entre-deux-guerres ». Alors les « remerciements » de PPDA cacheraient-ils autre chose ? Bernard Marck aurait-il un peu « aidé » l’ex-présentateur du 20 Heures pour ce Hemingway ? Et lui ou un autre « collaborateur » aurait-il pillé le Griffin, sans le signaler à PPDA ? (On se souvient que Thierry Ardisson avait ainsi été « victime » d’un « nègre », qui avait recopié quelques pages d’un roman colonial, pour son Pondichéry). Ou alors, dernière hypothèse, PPDA se serait-il lui-même livré au plagiat de la biographie de Griffin, « entre minuit et quatre heures du matin », moments où, comme il l’a souvent expliqué, il a coutume d’écrire ? 

Il est vrai que ses journées ne lui laissent guère le loisir de travailler à de volumineuses biographies. Ces temps-ci, outre une émission hebdomadaire sur France 5 (La Traversée du miroir), une chronique quotidienne dans France-Soir, la direction, avec son frère Olivier, de la collection d’anthologies littéraires Mots pour mots aux éditions du Seuil et la mise en scène, l’été dernier, d’un opéra (Carmen), PPDA continue à être un écrivain prolifique. Souvent avec succès : il a ainsi obtenu le prix Interallié en 2000, pour L’Irrésolu, et s’est hissé jusqu’à la première sélection du Goncourt 2006, pour Disparaître, cosigné avec son frère. Si l’on s’en tient à la seule année 2010, il a publié un roman, cosigné deux essais, réuni huit anthologies et rédigé six préfaces… 

Cette biographie de « Big Ernest » était donc programmée pour devenir un best-seller. Les éditions Arthaud, département du groupe Flammarion, en ont d’ailleurs déjà imprimé 20 000 exemplaires, un premier tirage plutôt prometteur. Toutes les librairies de France l’attendent. A moins que l’éditeur ne se ravise au dernier moment. Et que ce plagiat ne sonne le glas d’une belle épopée littéraire. 

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