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Archives de la catégorie ‘Actualités et politique’

La fuite sur la plateforme Total localisée, mais le plus dur reste à faire

La fuite de gaz sur la plateforme de Total en mer du Nord a été localisée, un « pas important » selon le groupe pétrolier français, mais les opérations de colmatage s’annoncent à haut risque en raison de l’inaccessibilité du site et des craintes d’explosion.

 
                                      Photographe :  :: Photo fournie par Total le 28 mars 2012 montrant sa plateforme en mer du Nord, à 240 km au large de la ville écossaise d'Aberdeen
                                                         photo : AFP

La source de la fuite se trouve « à 4.000 mètres de profondeur, dans un puits désaffecté depuis plus d’un an », a précisé un porte-parole du géant de l’énergie. Le gaz remonte le long du conduit et ressort au niveau de la tête du puits, sur la plateforme Elgin, située à 240 km au large de la ville d’Aberdeen en Ecosse. Le débit est constant, mais le gaz se dissipe actuellement plus vite à cause de la force accrue du vent, d’après le groupe.

Si la localisation de la fuite est « un pas important » pour la suite, selon l’expression de Total, elle laisse toutefois ses experts devant trois options difficiles, compte tenu des risques de déflagration qui ont conduit à l’évacuation des quelque 200 employés de la plateforme dans la nuit de dimanche à lundi.

La première serait de boucher le puits avec des boues de forage, mais il faudrait pour cela que des techniciens montent sur la plateforme aujourd’hui inaccessible et autour de laquelle une zone d’exclusion maritime de 3,7 km a été instaurée.

 

Une autre option serait de creuser « un puits de secours », ce qui, dans ce secteur, pourrait prendre six mois, reconnaît Total.

Troisième solution, attendre que la fuite se tarisse.

Pour l’instant, la situation est « stable », selon le groupe, mais le fait qu’une torchère brûle toujours sur la plateforme constitue un sérieux risque.

D’après Total, cette torchère « ne pose pas de risque immédiat », en raison des conditions météo favorables, le vent repoussant pour l’instant le gaz loin de la flamme.

Cependant, les experts soulignent les risques d’explosion s’il venait à tourner et certains s’étonnent que la torchère brûle toujours.

Total explique que lorsqu’une plateforme est fermée en urgence, la torchère « ne peut être entièrement purgée ».

Il reste donc du gaz dans le système mais une fois qu’il sera évaporé, elle « s’éteindra d’elle-même », espère le groupe. Ce qui peut prendre encore plusieurs jours.

D’autres « solutions envisageables », si l’extinction ne se produisait pas toute seule, sont toutefois à l’étude.

Un groupe d’experts des puits, venus des Etats-Unis, est arrivé en début de semaine à Aberdeen pour tenter de résoudre le « plus gros incident » auquel ait dû faire face le groupe « depuis au moins dix ans » en mer du Nord, de l’aveu même d’un de ses porte-parole.

Deux navires transportant des équipements anti-incendie et un autre bâtiment, muni d’un sous-marin équipé d’une caméra pour inspecter la plateforme, ont pris position près de celle-ci, à l’extérieur de la zone d’exclusion. Total n’a pas précisé quand le sous-marin allait entrer en action.

« La situation est très sérieuse, mais il faut noter que l’évacuation s’est déroulée parfaitement et nous pensons toujours que l’impact environnemental sera minime », a expliqué un porte-parole du département de l’Energie et du Climat en Ecosse.

Les autorités locales, qui ont demandé davantage de transparence de la part de Total, ont toutefois dépêché des inspecteurs dans le centre d’urgence mis en place par la compagnie pétrolière française.

Total a payé au prix fort cet incident en bourse. Le titre a reculé de plus de 8,5% depuis lundi soir à la Bourse de Paris, soit une perte de capitalisation d’environ 8 milliards d’euros.

 
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Mer du Nord: une torchère brûle sur une plateforme Total évacuée, risque d’explosion

Une torchère continuait mercredi à brûler sur la plateforme de Total en mer du Nord évacuée à la suite d’une fuite de gaz qui perdure depuis dimanche, faisant craindre à des experts une explosion en cas de changement des vents, actuellement favorables au groupe pétrolier français.

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                                                 Photographe : Antoine Agasse :: Photo prise le 29 mai 2009 sur la plateforme Total de Elgin-Franklin en Mer du Nord
                                                  photo : Antoine Agasse, AFP

« La torchère brûle, comme c’est normalement le cas sur une plateforme », a déclaré à l’AFP un porte-parole de Total, Brian O’Neill.

« Mais nous ne considérons pas que cela représente un risque à cause de la direction des vents », a précisé un autre porte-parole du groupe, affirmant qu’il n’y avait pas de « risque d’étincelle ».

Le directeur de la santé, la sécurité et l’environnement chez Total, David Hainsworth, avait toutefois reconnu mardi qu’un risque d’explosion existait sur la plateforme Elgin, située à 240 km au large de la ville écossaise d’Aberdeen.

« Le gaz est inflammable, mais l’alimentation électrique a été coupée sur la plateforme pour minimiser le risque d’étincelle, toutefois il est évident qu’il y a un risque », avait-il admis sur la BBC.

Néanmoins, « le vent pousse le panache de gaz dans une direction opposée à celle de la torchère. Et selon les prévisions météorologiques, il va souffler dans la même direction pendant cinq à six jours », avait-il ajouté.

 

Les experts estiment aussi que le risque d’explosion existe si un changement des vents fait remonter le gaz vers la flamme.

« La torchère est située dans la plus haute partie de la plateforme, et le gaz, qui est avant tout du méthane, est relativement lourd, donc il reste en bas », a expliqué mercredi à l’AFP Simon Boxall, océanographe à l’université de Southampton (sud de l’Angleterre).

« Puisque c’est venteux, il y a des chances que le gaz se disperse rapidement. Mais si le vent cesse totalement, le gaz montera vers la flamme et cela pourrait créer une explosion », a-t-il ajouté, s’étonnant que la torchère brûle toujours. « On ne sait pas si cela a été fait de façon volontaire pour brûler une partie du gaz, ou si quelqu’un a oublié » de l’éteindre.

« Avec une bouteille de gaz de camping, quand vous la fermez, la flamme continue à brûler pendant un petit moment puis s’éteint, et on s’attendait à la même chose ici », a ajouté Martin Preston, spécialiste des pollutions marines à l’université de Liverpool (ouest de l’Angleterre), jugeant « très difficile de prédire » les risques d’explosion.

En raison du danger que représente la fuite à l’origine de l’évacuation totale de la plateforme, où travaillaient plus de 200 personnes, Total a mis en place une zone d’exclusion maritime et aérienne. Un avion a de nouveau survolé mercredi matin les alentours de la plateforme, selon le groupe qui n’a pas donné plus de précisions.

Total examine plusieurs options pour tenter de colmater la fuite qui représente, selon la compagnie, son « plus gros incident en mer du Nord depuis au moins dix ans ». L’un des scénarios envisagés consiste à forer un second puits, une option qui « peut prendre jusqu’à six mois », a reconnu un porte-parole de Total.

Lors de la fuite dimanche, du liquide s’était d’abord échappé avant le gaz, selon le groupe, entraînant la formation d’une nappe d’hydrocrabures d’environ 12km2. Ce condensat léger devrait cependant spontanément s’évaporer de la surface de l’eau, a estimé Total.

L’océanographe Simon Boxall a estimé « faible » le risque pour l’environnement.

Pour l’agence d’évaluation financière Fitch, la fuite de gaz n’est pas comparable à la désastreuse marée noire du golfe du Mexique en 2010 provoquée par l’explosion d’une plateforme BP, et Total est en mesure de couvrir tous les coûts qu’elle pourrait entraîner.

De son côté, le ministre écossais de l’Environnement, Richard Lochhead, a exigé de Total qu’il communique davantage sur l’incident. « Il s’agit d’une situation très grave et bien sûr nous ne pouvons pas nous rendre sur place pour voir ce qui se passe, donc nous avons besoin que le groupe (…) soit totalement transparent. »

Russie: Poutine élu président au premier tour, l’opposition ne désarme pas

Vladimir Poutine a remporté avec près de 64% des voix la présidentielle russe au premier tour, selon des résultats quasi-définitifs publiés lundi matin, au lendemain d’un scrutin dénoncé par l’opposition qui compte organiser à Moscou une mobilisation très importante de ses partisans.

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                                      Photographe : Alexey Druzhinin :: Vladimir Poutine devant le Kremlin  au soir de la présidentielle le 4 mars 2012
                                         photo : Alexey Druzhinin, AFP

Le Premier ministre et homme fort du pays, déjà président de 2000 à 2008, a obtenu 63,9% des voix après dépouillement des résultats dans 98,47% des bureaux de vote, selon les données annoncées par la commission électorale centrale.

Le communiste Guennadi Ziouganov obtient 17,18% des voix, le libéral Mikhaïl Prokhorov 7,7%, le populiste Vladimir Jirinovski 6,24% et le centriste Sergueï Mironov 3,84%, selon ces chiffres, avec une participation de 64%.

« La récréation est finie », titrait lundi le journal d’opposition Novaïa Gazeta, qui a été un des médias phares de la contestation de ces derniers mois contre le pouvoir de l’ex-agent du KGB.

 

Alexeï Navalny, un des leaders de la coalition d’opposition, a néanmoins prédit la poursuite de la protestation, et in fine la victoire sur le pouvoir de M. Poutine. « Rien d’inattendu ne s’est produit. Chacun comprenait que Poutine s’organiserait une victoire au premier tour et se déclarerait président », a dit M. Navalny à l’antenne de la radio Echo de Moscou. « La protestation pacifique va se poursuivre (…), je suis sûr qu’elle aboutira dans un avenir plus ou moins proche à la chute du régime de Poutine tel que nous le connaissons », a-t-il ajouté.

S’exprimant dimanche soir devant plus de 100.000 personnes massées Place du Manège, au pied de l’enceinte du Kremlin, Vladimir Poutine a félicité ses concitoyens d’avoir dit selon lui « oui à la grande Russie », dans un discours offensif après l’annonce de sa large victoire. « Nous avons gagné dans une lutte ouverte et honnête », a-t-il lancé, alors que l’opposition communiste et libérale, qui affirme que de multiples fraudes ont été commises, avait dénoncé peu avant un scrutin faussé et illégitime. M. Poutine s’est aussi félicité que les Russes aient écarté « les provocations politiques dont le but est de détruire notre Etat et d’usurper le pouvoir », dans une allusion claire à l’opposition qu’il a à plusieurs reprises accusée de servir les intérêts de puissances étrangères.

Son porte-parole, Dmitri Peskov, a cependant souligné lundi matin que Vladimir Poutine était « un pragmatique, orienté vers le dialogue avec tous ceux qui veulent un travail constructif », selon l’agence Interfax.

Dans un autre signe d’apaisement, le président Dmitri Medvedev, un proche de Vladimir Poutine que celui-ci avait propulsé en 2008 au Kremlin faute de pouvoir effectuer plus de deux mandats consécutifs selon la constitution, a fait savoir lundi qu’il avait ordonné de vérifier le « bien-fondé » de la condamnation de plusieurs personnes, dont l’ex-magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovski. Celui-ci, arrêté en 2003, purge une peine de 13 ans de prison dans une affaire emblématique et largement considérée comme un règlement de comptes politique à l’égard d’un patron trop indépendant qui finançait l’opposition.

M. Medvedev a aussi ordonné de revoir la légitimité du refus d’enregistrement du parti Parnas, une des principales formations d’opposition libérale.

Dans le même temps, plusieurs leaders d’opposition, dont Sergueï Oudaltsov (Front de gauche) et Ilia Iachine (libéral) ont indiqué à Echo de Moscou avoir été convoqués par la police lundi, comme Alexeï Navalny, au sujet de la manifestation prévue le même jour. Ils ont indiqué ne pas avoir l’intention de se rendre à cette convocation « illégale ».

L’ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov, co-président de Parnas, a appelé l’opposition à « continuer d’exiger du pouvoir de respecter la constitution » et des « élections libres » lors de la manifestation prévue lundi soir dans le centre de la capitale, à l’antenne de la radio Echo de Moscou.

Dimanche, les représentants de certains candidats, des opposants, les organisations de surveillance électorale comme l’association Golos et la Ligue des électeurs ainsi que des médias indépendants ont affirmé avoir recensé quantité de fraudes. Le site control2012.ru, mis en place pour comptabiliser les infractions constatées par la Ligue des électeurs, le parti démocrate Iabloko et les partisans de M. Prokhorov, avait comptabilisé dans la nuit 5.758 cas. Ce site recensait notamment 131 cas de bourrage d’urnes et 327 cas de « transport massif d’électeurs », une technique qui permet à un groupe de voter plusieurs fois dans différents bureaux grâce à des autorisations frauduleuses.

Le pouvoir avait assuré que le scrutin serait démocratique, après que les falsifications dénoncées par l’opposition et des observateurs indépendants en décembre, lors des législatives, eurent déclenché une vague de contestation sans précédent depuis 2000 sous le slogan « La Russie sans Poutine ».

M. Poutine avait affirmé régler le problème en ordonnant l’installation de 180.000 webcams –deux par bureau de vote– pour que chacun puisse suivre le déroulement de l’élection en direct sur internet. Mais le système était loin de permettre de réellement surveiller le scrutin, selon les observations faites dimanche par l’AFP.

L’efficacité d’une telle initiative avait du reste été mise en doute par la mission d’observation électorale de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui doit donner ses conclusions sur le scrutin lundi.

La campagne électorale avait par ailleurs été marquée par l’emploi massif des ressources de l’Etat en faveur de M. Poutine, des pressions et intimidations à l’encontre de l’opposition et des médias indépendants, a relevé l’ONG Golos. De très importantes forces de police ont été mobilisées dans le centre de la capitale russe dès dimanche pour dissuader toute velléité de contestation, donnant par endroits à la ville des allures de camp retranché. Quelque 36.500 hommes, dont des soldats des troupes du ministère de l’Intérieur, ont été mobilisés dans la ville, ont indiqué les autorités.

 

L’Iran annonce des avancées majeures dans son programme nucléaire

L’Iran a annoncé mercredi de nouvelles avancées majeures dans son programme nucléaire avec la mise au point de centrifugeuses plus performantes et la production de combustible enrichi à 20%, tout en se disant prêt à reprendre les négociations avec les grandes puissances.

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                                 Photographe :  :: Capture d'écran de la télévision iranienne montrant le président Mahmoud Ahmadinejad dans le réacteur de recherche de Téhéran, le 15 février 2012
                                                     photo : AFP

La télévision iranienne a diffusé en direct les images de l’introduction d’une barre de combustible nucléaire à 20% « fabriqué localement », dans le coeur du réacteur de recherche de Téhéran.

La cérémonie s’est déroulée en présence du président Mahmoud Ahmadinejad mais aussi des familles de plusieurs scientifiques nucléaires assassinés, selon Téhéran, par les services de renseignements américains et israéliens.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a annoncé par ailleurs, dans un discours en direct à la télévision d’Etat, que 3.000 nouvelles centrifugeuses avaient été mises en activité sur son principal site d’enrichissement de Natanz (centre).

« Quelque 6.000 centrifugeuses étaient en activité, 3.000 nouvelles y ont été ajoutées, portant leur nombre total à 9.000 », a-t-il déclaré.

En ayant réussi à produire son propre combustible nucléaire à 20% pour le réacteur de Téhéran qui produits des isotopes pour les malades du cancer -alors que plusieurs dirigeants européens avaient mis en cause ses capacités technologiques- Téhéran démontre sa maîtrise de la technologie nucléaire.

En 2009, les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) avaient proposé sans succès que l’Iran remette ses stocks d’uranium à 3,5% pour obtenir en contrepartie de Moscou et de Paris du combustible à 20% pour son réacteur de recherche.

Une nouvelle formule d’échange impliquant la Turquie et le Brésil avait été rejetée quelques mois plus tard par les pays occidentaux.

Dans le même temps, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Fereydoun Abbassi Davani, a annoncé la fabrication d’une nouvelle génération de centrifugeuses trois fois plus performantes.

« Aujourd’hui, nous assistons à la mise en activité de la première cascade de 164 de ces nouvelles centrifugeuses à Natanz, qui ont une capacité d’enrichissement trois plus importante » que les actuelles machines, a déclaré Fereydoun Abbassi Davani. « C’est une réponse forte à tous les sabotages menés par les Occidentaux », a-t-il ajouté.

L’Iran possède actuellement quelque 8.000 centrifugeuses de première génération sur son site d’enrichissement d’uranium à Natanz, où il produit chaque mois près de 150 kilogrammes d’uranium enrichi à 3,5%, selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Selon ce rapport, l’Iran avait produit en novembre dernier 4.922 kilogrammes d’uranium à 3,5%.

L’Iran a transféré ses activités d’enrichissement à 20% à Fordo (150 km au sud-ouest de Téhéran), dans un site souterrain difficile à détruire par des frappes militaires.

L’uranium enrichi à moins de 20% est utilisé uniquement à des fins civiles, mais si l’enrichissement est poussé à plus de 90%, il peut servir à fabriquer l’arme atomique.

L’enrichissement d’uranium est au coeur du conflit opposant depuis plusieurs années l’Iran à la communauté internationale, qui craint que le programme nucléaire iranien n’ait des objectifs militaires en dépit des dénégations répétées de Téhéran.

Ces annonces interviennent alors que l’Iran et le groupe 5+1 doivent reprendre leurs négociations nucléaires.

Le négociateur en chef iranien sur le dossier nucléaire, Saïd Jalili, a répondu à une lettre d’octobre dernier de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, en faveur d’une reprise des négociations avec le groupe 5+1, selon la chaîne iranienne Al-Alam en langue arabe.

« La lettre de Saïd Jalili a été remise au bureau de Catherine Ashton, accueillant favorablement la disponibilité du groupe 5+1 pour un retour aux négociations afin de faire des avancées fondamentales vers plus de coopération », selon la chaîne.

« Le succès des discussions est liée à une attitude constructive du groupe 5+1 à l’égard des initiatives de l’Iran », a ajouté M. Jalili.

Le Conseil de sécurité a déjà voté six résolutions, dont quatre assorties de sanctions, pour contraindre les Iraniens à suspendre l’enrichissement.

Mais contrairement aux pays occidentaux, qui ont imposé de nouvelles sanctions contre l’Iran, la Russie et la Chine s’y opposent et prônent le règlement de la crise par le dialogue.

 

Après 60 ans de règne, Elizabeth II réitère son serment de « servir » à vie

Elizabeth II a réitéré lundi à 85 ans son serment de consacrer sa vie entière à servir ses sujets, à l’occasion du 60e anniversaire de son accession au trône, confirmant à ceux qui en auraient douté qu’une abdication n’est aucunement à l’ordre du jour.

 
 
                                     Photographe : Chris Jackson :: La reine Elizabeth II à West Newton le 5 février 2012
                                         photo : Chris Jackson, AFP

Le message est aussi bref que solennel pour ce 6 février qu’elle a résolument placé sous le règne du « business as usual ». « Je renouvelle mon engagement à votre service », y écrit notamment la reine.

Elle a choisi de marquer son jubilé de diamant en sacrifiant à deux de ces engagements cérémoniels qui font son quotidien : la visite de la mairie de la bourgade moyenâgeuse de King’s Lynn et d’une maternelle voisine, dans le comté de Norfolk (est de l’Angleterre).

Comme à l’accoutumée, si l’on excepte les photographes et caméras de télévision en nombre, elle a été accueillie par le triple hourra d’une centaine de badauds, et a reçu son lot habituel de bouquets. La veille, un petit garçon lui avait offert son paquet de bonbons, à la sortie de la messe.

Le message fait écho à un discours célèbre prononcé par celle qui n’était alors que la princesse héritière, à l’occasion de ses 21 ans, en avril 1947.

« Je déclare devant vous tous que je consacrerai toute ma vie, qu’elle soit longue ou courte, à votre service et au service de de la grande famille impériale à laquelle nous appartenons, » avait-elle proclamé depuis la ville sud-africaine du Cap.

L’empire a été démantelé et remplacé par « la famille du Commonwealth » forte de 54 pays, mais le sens du devoir n’a jamais fait défaut, ont relevé, unanimes, les experts royaux.

La leçon du jour cependant est que la reine n’a pas l’intention de céder la place à son fils aîné le prince Charles, 63 ans, ou à son petit-fils William, deuxième dans l’ordre de succession.

Elle paraît en parfaite santé. Sa mère, la reine-mère, s’est éteinte à 101 ans en 2002. Et si son règne se prolonge au delà de 2015, Elisabeth II détrônera sa trisaïeule la reine-impératrice Victoria, détentrice du record de longévité sur le trône.

Trois raisons ont été avancées par l’entourage royal pour expliquer la sobriété du début de jubilé. La première est que le 6 février marque aussi la disparition de son père George VI, mort à 56 ans dans son sommeil. Elle illustre aussi le souci de frugalité du palais de Buckingham qui a réduit son train de vie en ces temps d’austérité. Elle s’explique enfin par le fait que l’essentiel des célébrations qui iront crescendo sur cinq mois culmineront aux beaux jours, en juin.

Le clou des réjouissances sera une parade navale sur la Tamise sans précédent depuis le règne de Charles II, il y a trois siècles.

Deux photos officielles de la souveraine ont été dévoilées lundi.

Sur la première, elle apparaît en robe de soie et satin blanc rehaussée de broderies et de paillettes, coiffée d’un diadème incrusté de 1.333 diamants. Sur la seconde, elle se tient debout au côté du prince Philip, 90 ans, dans son uniforme d’amiral de la Royal Navy. Les deux clichés ont été pris avant l’alerte cardiaque qu’il a subie à Noël.

Le Times célèbre « le règne extraordinaire » d’une reine au faîte de sa popularité. Le Financial Times titre « 60 ans et quasiment pas de faux-pas ». Le tabloïd Daily Mirror la dépeint en « mère de la Nation », comme « un roc de dignité et de sagesse ».

Une avalanche de télégrammes de félicitations a aussi marqué l’occasion. Le douzième Premier ministre de la reine, David Cameron, a souligné « sa dignité et autorité sereine » et l’archevêque de Cantorbéry à quel point elle est « une source d’inspiration ».

Le programme des réjouissances est désormais disponible sur un site officiel à l’adresse http://www.thediamondjubilee.org.

Il fait silence sur diverses initiatives, dont la commercialisation d’un whisky de 60 ans d’âge, la sortie de timbres commémoratifs et la diffusion d’un documentaire de la BBC ambitionnant de lever un coin du voile sur la plus illustre et cependant la moins connue des souveraines.

 

Concordia: recherches suspendues, des familles lancent des fleurs sur l’épave

Les recherches étaient toujours suspendues vendredi sur l’épave du Concordia, qui se déplace de plusieurs millimètres toutes les heures, un problème au coeur d’une série de réunions organisées sur place pour décider de la suite des opérations.

 

 
 
                                             Photographe : Vincenzo Pinto :: Des équipes de secours sont hélitreuillées sur l'épave du Costa Concordia, échouée face à l'île italienne du Giglio, le 20 janvier 2012
                                                photo : Vincenzo Pinto, AFP

Parallèlement, une poignante cérémonie s’est déroulée dans l’après-midi sur la petite île toscane du Giglio, où des familles des victimes se sont rendues en bateau près de l’épave pour y lancer des fleurs.

Garde-côtes, pompiers, plongeurs de la marine militaire, carabiniers et policiers continuaient vers 15H00 GMT d’évaluer la possibilité d’une reprise de l’exploration de l’épave du navire, depuis le naufrage du 13 janvier, qui a fait onze morts et une vingtaine de disparus.

« La poupe se déplace d’environ 7 mm par heure, tandis que la proue se déplace d’environ 15 mm/h », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la Protection civile. « Il y a une instabilité du navire, donc les sauveteurs ne peuvent pas descendre », a expliqué un représentant de la Marine, Alessandro Busonero.

« Nous avons installé un autre système sur toute la longueur de la coque pour contrôler constamment les mouvements du bateau », a précisé Luca Cari, porte-parole des pompiers, sans pouvoir dire quand et si l’exploration reprendrait.

Un robot sous-marin explore aussi ses alentours pour « déterminer les points d’appui du navire », selon Luca Cari : les images qu’il enregistre sont ensuite analysées à terre.

Des experts de Smit Salvage, la société néerlandaise qui devra procéder au pompage du carburant, participent également aux discussions.

« Nous sommes prêts à entamer les opérations. On était déjà prêt hier, mais on attend le feu vert des autorités. Nous sommes en train de procéder aux derniers réglages », a dit à l’AFP un de ses représentants, Rene Robben.

Cette opération est urgente car, si elles se déversaient dans la mer, les 2.400 tonnes de carburant encore contenues dans les réservoirs provoqueraient une marée noire sur l’archipel toscan, classé réserve naturelle pour la qualité de sa flore et de sa faune.

Mais selon les spécialistes, il serait dangereux d’effectuer le pompage – une opération très compliquée- tout en réalisant les recherches.

Car 24 personnes au total manquent encore à l’appel : 12 passagers allemands, cinq Italiens, deux Français, deux Américains et trois membres de l’équipage, un Italien, un Péruvien et un Indien.

Les sauveteurs n’ont pour l’instant récupéré que onze corps dont huit ont été formellement identifiés : il s’agit de ceux de quatre touristes français, d’un Italien, d’un Espagnol, et de deux membres de l’équipage, un Péruvien et un Hongrois.

En attendant, la société propriétaire du navire, Costa Crociere, a continué d’accabler son commandant, Francesco Schettino, accusé d’homicides multiples par imprudence, naufrage et abandon de navire, délits pour lesquels il encourt jusqu’à 15 ans de prison.

Il « n’a pas été honnête » avec ses responsables à terre en expliquant la situation, a estimé vendredi le patron de la société, qui a aussi annoncé la clôture d’une procédure d’embauche de 20 personnes.

« Il y a une enquête. Personnellement, je pense qu’il n’a pas été honnête avec nous. Je n’ai pas d’éléments pour dire s’il était lucide ou non. Je pense qu’il était perturbé d’un point de vue émotionnel, il voyait sa créature, son navire, couler devant lui », a déclaré Pier Luigi Foschi.

La justice et la société-mère du navire qui lui a retiré toute tutelle légale (ce qui signifie qu’il doit désormais payer lui-même son avocat) reprochent aussi à M. Schettino d’avoir énormément tardé à reconnaître la gravité de la situation.

Placé en détention peu après le naufrage, il a été assigné à résidence mardi, dans sa maison à Meta di Sorrento, au sud de Naples, sur la Côte amalfitaine, mais son avocat a annoncé vendredi un recours contre cette décision.

Depuis leur retour au pays natal, des membres philippins de l’équipage ont multiplié les témoignages accablants pour le commandant, qui selon l’aumônier de bord, le père Taffaele Malena, a « pleuré comme un enfant » dans ses bras après la tragédie.

« Sa faute est d’avoir abandonné le bateau alors que l’équipage, dont nous les Philippins, s’efforçait de sauver les passagers », a déclaré Benigno Ignacio, un cuisinier du navire, au journal Philippine Daily Inquirer.

Pour Eugen Pusyo, steward sur le Concordia, le capitaine a certes sauvé des vies en amenant le bâtiment tout près du rivage après l’accident, mais il « a commis l’erreur de quitter le navire immédiatement, bien avant que tous les passagers aient été évacués ».

« Les passagers commençaient à paniquer et la plupart ne portaient pas de gilet de sauvetage », a-t-il ajouté, décrivant des scènes de chaos sur les ponts.

Des passagers rescapés ont raconté que nombre de chaloupes surchargées n’avaient pu être manoeuvrées qu’avec l’aide de serveurs ou de cuisiniers -des « anges philippins », disent certains survivants- transformés en marins improvisés.

Le conseil des ministres italien devait adopter vendredi des mesures pour réglementer plus sévèrement la circulation des navires aux abords des côtes et officiellement prononcer l’état de catastrophe naturelle dans cette zone.

L’Union européenne s’est récemment dotée d’une législation qui rend les armateurs directement responsables en cas d’accident de leurs navires, mais elle n’entrera pas en vigueur avant fin 2012 et ne sera donc pas applicable dans le cas du Concordia.

BIENVENUE à BORD

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