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Archives de la catégorie ‘Actualités et politique’

Barack Obama réélu pour un second mandat en dépit de la crise

Barack Obama a nettement remporté mardi l’élection présidentielle américaine face au républicain Mitt Romney, décrochant à 51 ans un second mandat historique à la tête de la première puissance mondiale malgré le handicap d’une crise sociale et économique sans précédent depuis les années 1930.

 

Le premier président noir des Etats-Unis, porté au pouvoir il y a quatre ans sur des slogans d' »espoir » et de « changement », aura réussi à convaincre ses compatriotes qu’il était le mieux placé pour les guider pour quatre années supplémentaires, en dépit d’un bilan en demi-teinte, particulièrement sur le front économique.

Jamais, après la précédente grande crise, celle déclenchée en 1929, un président des Etats-Unis n’avait été réélu avec un taux de chômage supérieur à 7,2% (7,9% actuellement). Un seul démocrate, Bill Clinton, a enchaîné deux mandats pleins à la tête du pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Après un an et demi de campagne acharnée, des milliards de dollars dépensés, des dizaines de milliers de kilomètres parcourus et de mains serrées, des dizaines de millions d’Américains s’étaient déplacés pour départager les deux hommes. Certains ont parfois dû attendre de longues heures avant de glisser leur bulletin dans l’urne.

  • « Tout ceci est arrivé grâce à vous. Merci », a écrit le président mardi soir, annonçant sa victoire sur Twitter peu avant 22H15 à Chicago (04H15 GMT). « Nous sommes tous ensemble. C’est comme ça que nous avons fait campagne et c’est ce que nous sommes », a-t-il ajouté.

« Lors de cette élection, vous le peuple américain, vous nous avez rappelé que si la route a été difficile, si le voyage a été long, nous avons redressé la tête. Nous avons repris le dessus », a-t-il lancé dans son discours de victoire sur une grande scène du palais des Congrès McCormick Place de Chicago, son quartier général pour l’ultime soirée de campagne, aux acclamations de l’assistance en délire.

« Nous savons dans notre coeur que pour les Etats-Unis le meilleur est encore à venir », a-t-il ajouté, sa femme Michelle, et leurs deux filles Sasha et Malia se tenant à ses côtés.

Plus tôt, une immense clameur avait saisi la même foule rassemblée dans le McCormik Place quand les télévisions avaient annoncé le triomphe de leur champion. La chanson « Respect » d’Aretha Franklin avait alors résonné.

A Washington, des milliers de personnes ont convergé vers la Maison Blanche, certaines dansant sur le toit de leurs voitures en scandant « quatre ans de plus! ».

A Times Square à New York, des cris et des exclamations de joie ont aussi jailli de milliers de poitrines pour saluer la victoire du président sortant, malgré le froid. La foule y a célébré très tard l’événement, criant « Obama, Obama », alors que les voitures klaxonnaient joyeusement.

« Oh mon Dieu, je suis tellement contente », dit Jill Zaggo, une comédienne de Broadway.

Mark Schneider, 52 ans, est plus grave. « La campagne a été très stressante », dit-il. « Le pays est très divisé. Je suis du Massachusetts, j’ai vu ce qu’avait fait Romney comme gouverneur. Il aurait fait beaucoup de mal au pays. Mais tout dépendra de ce que voudra bien faire le Congrès, ce ne sera pas facile », ajoute-t-il. A quelques mètres, quatre amis d’Occupy Wall street jouent les trouble-fêtes. « Nous voulons un vrai changement », scandent-ils à plusieurs reprises.

Grave aussi dans la foule, une volontaire de la Croix-Rouge installe un petit panneau : elle est venue récolter des fonds pour les victimes de l’ouragan Sandy.

Dans le monde, les partenaires majeurs des Etats-Unis, chacun avec ses priorités, ont dans l’ensemble chaudement félicité le président Barack Obama pour sa réélection, notamment la Chine en l’appelant à une « coopération constructive » et la Russie à des « initiatives positives ». L’Allemagne comme la France, à l’instar des institutions de l’Union européenne, l’ont invité à se concerter résolument avec l’Europe pour surmonter la crise économique.

Victoire plus étroite qu’en 2008

M. Obama a enlevé largement assez d’Etats clés pour réduire à néant les espoirs de M. Romney de le déloger de la Maison Blanche, dans une course qui s’est comme prévu résumée à un mano a mano dans les régions cruciales que les deux candidats arpentaient depuis des mois.

Dans un scrutin organisé au suffrage universel indirect, le vainqueur est celui qui remporte 270 voix de « grands électeurs » sur les 538 du collège électoral. M. Obama était assuré mercredi à 00H30 (5H30 GMT) d’en avoir gagné au moins 290.

M. Obama a remporté une écrasante majorité des Etats-bascules dont le New Hampshire (nord-est), la Pennsylvanie (est), le Michigan (nord), le Colorado et le Nevada (ouest), le Wisconsin (nord) et surtout l’Ohio (nord), le « Graal », selon les estimations des télévisions américaines.

La victoire de M. Obama sera toutefois plus étroite qu’en 2008, lorsqu’il avait largement dominé John McCain: M. Romney a aussi gagné des Etats qui avaient été remportés il y a quatre ans par le démocrate, dont la Caroline du Nord (sud-est) et l’Indiana (centre).

La foule réunie au McCormick Place, dansant en rythme sur une musique endiablée et agitant des drapeaux américains, ne pouvait pas rivaliser en nombre avec les 240.000 personnes qui avaient écouté le premier discours de président élu de M. Obama, quatre ans plus tôt dans un grand parc urbain situé un peu plus au nord.

A Boston, dans le quartier général de M. Romney, à l’inverse, un silence de plomb est tombé sur l’assistance. M. Romney, un ancien entrepreneur de capital-risque multimillionnaire de 65 ans, avait centré sa campagne sur la critique du bilan économique du président. M. Obama s’était quant à lui posé en défenseur de la classe moyenne.

Même avec la légitimité de sa réélection, les promesses de M. Obama risquent de se heurter au puissant Congrès, où l’on s’acheminait vers un statu quo mardi soir. Possible réaction à cette perspective, le dollar baissait face à l’euro mercredi à la mi-journée à Tokyo après la réélection de M. Obama.

Les républicains ont réussi à conserver le contrôle de la Chambre des représentants, entièrement renouvelée, tandis que les démocrates paraissaient en mesure de conserver le contrôle du Sénat après avoir remporté plusieurs sièges emblématiques, dont l’ancien de Ted Kennedy au Massachusetts.

Mardi, les électeurs se prononçaient également sur plus de 170 référendums locaux. La Floride a maintenu le financement public pour l’avortement, tandis que le Colorado a légalisé la consommation de cannabis à des fins récréatives.

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Jubilé d’Elizabeth II: quatre jours de fête pour ses 60 ans de loyaux services

Bravant le mauvais temps, le Royaume-Uni s’est lancé samedi dans un week-end de festivités sans précédent pour les 60 ans de règne d’Elizabeth II, qui a décidé de commencer la fête sur le champ de courses d’Epsom, sacrifiant à une passion pour les chevaux toujours intacte à 86 ans.

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                                           Photographe : Leon Neal :: Un fan de la famille royale britannique attend le début des festivités pour le jubilé de la reine Elizabeth II, le 1er juin 2012 à Londres
                                                    photo : Leon Neal, AFP

Pour ce jubilé de diamant, le deuxième seulement de son histoire millénaire, la monarchie britannique au faîte de sa popularité a sorti le grand jeu: quatre jours de célébrations non stop dans tout le pays, contre une seule journée de liesse lors de celui de la reine Victoria, en 1897.

La pluie qui avait épargné le mariage de Kate et William l’an dernier s’est cette fois invitée dès samedi matin, menaçant d’occuper le terrain une partie du week-end.

Clin d’oeil de l’histoire? le couronnement d’Elizabeth, le 2 juin 1953, seize mois après son accession au trône, s’était aussi déroulé sous une pluie battante.

A 13H00 précises (12H00 GMT), dans le centre de la capitale et près de la Tour de Londres, ainsi qu’en plusieurs points du pays, une salve de 41 coups de canon doit être tirée en l’honneur de la souveraine, donnant le coup d’envoi officiel des festivités.

 

« Que la fête commence », titrait le Times, saluant le « dévouement désintéressé » de la reine pour son pays pendant son règne, à l’instar de beaucoup de ses confrères, tout à la fièvre monarchique.

« Ce n’est pas tous les matins que vous vous réveillez, à l’aube d’un jour qui va être inscrit dans les livres d’histoire », s’enthousiasmait aussi le Sun.

La BBC a, elle, entamé dès le début de la matinée un programme spécial.

La reine, qui ne manquerait pour rien au monde cet évènement, a réservé sa première sortie du week-end à la traditionnelle course hippique d’Epsom, dans le sud de Londres, rendez-vous des riches élégantes et occasion d’un incroyable défilé de chapeaux.

Les turfistes pourront agiter avec enthousiasme les 35.000 petits Union Jack prévus pour les spectateurs, qui ont raflé cette année toutes les places disponibles.

Les chevaux d’Elizabeth, qui monte sans discontinuer depuis l’âge de 3 ans et possède sa propre écurie, n’ont jamais réussi à remporter cette course, se contentant au mieux d’une seconde place l’année de son couronnement.

Cette fois, la reine pourra profiter sans stress du spectacle, aucun de ses chevaux n’étant engagés.

Pendant ce temps, la capitale, placée sous la surveillance de milliers de policiers, finissait de se préparer pour la grande parade nautique en musique prévue dimanche sur la Tamise: du jamais vu depuis le 17e siècle.

Les rives, les ponts, le fleuve et les embarcations doivent être fouillés avant le départ par les forces de sécurité. Et un millier d’embarcations – rassemblement hétéroclite de bateaux du monde entier à rames, à vapeur, à moteur et à voile – doivent converger vers Londres.

Un million de curieux étaient attendus dimanche le long du parcours de 11 kilomètres qu’empruntera cette armada, un des temps forts de ce jubilé. Les premiers campeurs ont pris position samedi sur les rives, afin de s’assurer une vue imprenable, tandis que des centaines de personnes arpentaient l’avenue royale du Mall, pavoisé comme aux plus beaux jours.

La star du spectacle nautique sera la somptueuse barge royale rouge et or, véritable jardin flottant orné de 10.000 fleurs, qui transportera la reine et sa famille.

Quelque 6 millions de personnes fêteront aussi le jubilé dans les rues, autour de banquets improvisés et de pique-niques, malgré les onze petits degrés que devrait afficher le thermomètre.

Un pique-nique dînatoire est prévu dans les jardins du palais de Buckingham suivi d’un grand concert lundi. Une messe en la cathédrale Saint-Paul, avant une procession en carrosses et une apparition de la reine sous les vivats, au balcon du palais, clôtureront la fête en apothéose, mardi.

Colombie: départ de la mission pour récupérer Roméo Langlois, otage des Farc

Une mission humanitaire est partie mercredi dans le sud de la Colombie pour aller rechercher dans la jungle le journaliste français Roméo Langlois, enlevé il y a un mois par la guérilla des Farc.

 
                                  Photographe : Guillermo Legaria :: Les délégués du CICR de Caqueta, Daniel Muñoz (d), et du CICR de Colombie, Jordi Raich (c), se préparent le 30 mai à Florencia
                                  photo : Guillermo Legaria, AFP

Trois voitures portant le sigle du Comité international de la Croix-Rouge ont quitté à l’aube la localité de Florencia, capitale du département de Caqueta, où les rebelles marxistes ont capturé le 28 avril le correspondant de France 24 lors d’un reportage sur une opération anti-drogue de l’armée.

« Oui, nous avons commencé. Nous sommes en route », a déclaré Jordi Raich, délégué du CICR en Colombie, après avoir reçu de la guérilla les coordonnées géographiques du lieu de la libération.

La guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), principale guérilla du pays, s’est engagée à remettre mercredi à une mission humanitaire le journaliste, qu’elle avait initialement qualifié de « prisonnier de guerre ».

Outre les membres du CICR, la délégation comprend un médecin, un émissaire spécial de la France, Jean-Baptiste Chavin, chargé de l’Amérique latine au quai d’Orsay, ainsi que l’ex-sénatrice colombienne Piedad Cordoba, médiatrice de longue date auprès des Farc.

 

L’expédition pourrait durer plusieurs heures dans cette région située à la lisière de la forêt amazonienne, où les pistes sont difficilement praticables, notamment en cas de pluie.

« La mission devrait arriver avant la mi-journée au point de rencontre et on espère qu’elle sera de retour dans l’après-midi avec M. Roméo Langlois », a indiqué à l’AFP Maria Cristina Rivera, une porte-parole du CICR, soulignant que l' »opération se déroule comme prévu ».

Opération comme prévu

« Avec l’espoir que tout se passe parfaitement comme prévu et que nous ayons Langlois avec la mission humanitaire entre 14h et 15h » (entre 19h et 20h GMT), signale Mme Cordoba dans un message publié sur son compte Twitter.

Avant de monter à bord de son véhicule, l’ancienne sénatrice, directrice de l’ONG « Colombiens et Colombiennes pour la paix », a demandé aux journalistes présents de ne pas la suivre. « Vous ne savez pas à quoi vous vous exposez (…), vous mettez en danger l’opération », leur a-t-elle lancé.

L’armée colombienne a de son côté temporairement suspendu totalement ses opérations dans la région, une condition posée par les rebelles afin de garantir leur propre sécurité.

Après sa libération, le journaliste devrait être conduit par la délégation du CICR à l’aéroport de Florencia, avant d’être rapidement transféré dans la capitale colombienne.

« Il sera remis officiellement aux fonctionnaires de l’ambassade de France ici (à l’aéroport de Florencia). Ensuite il partira à Bogota », a précisé Mme Rivera. « C’est Langlois qui décidera ou non de faire une déclaration à la presse », a-t-elle ajouté.

Correspondant depuis une dizaine d’années en Colombie, le journaliste français avait été enlevé lors de l’attaque d’une brigade militaire qu’il accompagnait dans le fief de cette guérilla, encore forte de 9.200 combattants repliés dans les régions rurales, après un demi-siècle d’existence.

Blessé par un tir au bras durant l’embuscade, qui a provoqué la mort de quatre militaires et blessé huit autres, le reporter semble toutefois en bonne santé.

Une « preuve de vie », sous la forme d’une vidéo tournée par ses geôliers dans un camp de la guérilla, avait été diffusée lundi sur l’antenne de la chaîne latino-américaine Telesur.

Depuis quatre ans, la guérilla a déjà relâché, grâce à la médiation du CICR et de Mme Cordoba, une trentaine d’otages. En avril, elle avait libéré les derniers policiers et militaires colombiens encore en captivité, après avoir officiellement renoncé à la pratique des enlèvement contre rançon.

 

Nord du Mali au bord du désastre,après la proclamation d’indépendance de l’Anzawad

La rébellion touareg du Mali a proclamé vendredi l’indépendance du territoire de « l’Azawad » dans le nord du pays, un effet d’annonce rejeté à l’étranger et qui ajoute à la confusion dans une zone dominée par des groupes armés islamistes et criminels, au bord du « désastre humanitaire ».

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                                           Photographe :  :: Capture d'écran d'une vidéo montrant des combattants islamistes d'Ansar Dine à Tombouctou, le 3 avril 2012
 
                                                              photo : AFP

La proclamation d’indépendance faite par un porte-parole en France du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion), Mossa Ag Attaher, « officialise » la division du Mali: une partie sud contrôlée par des militaires putschistes isolés et impuissants, une partie nord en proie à l’anarchie.

Très vite, l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE) et la France, ex-puissance coloniale, ont rejeté cette déclaration unilatérale comme « nulle et non avenue » ou « sans aucune valeur », selon Jean Ping, président de la Commission de l’UA.

Invoquant notamment « le principe fondamental de l’intangibilité des frontières » héritées de la colonisation, M. Ping a appelé « toute la communauté internationale à soutenir pleinement cette position de principe de l’Afrique ».

« Nous proclamons solennellement l’indépendance de l’Azawad à compter de ce jour », a déclaré Mossa Ag Attaher sur la chaîne France 24 en des termes identiques à ceux d’un communiqué publié par le MNLA sur son site internet.

 

L’Azawad, immense territoire aride d’une surface équivalente à celle de la France et de la Belgique réunies, est situé au nord du fleuve Niger et comprend les trois régions administratives de Kidal,Tombouctou et Gao.

Une semaine après le coup d’Etat militaire qui a renversé le 22 mars à Bamako le président Amadou Toumani Touré, ces trois régions sont tombées en trois jours aux mains du MNLA, du mouvement islamiste Ansar Dine appuyé par des éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et d’autres groupes.

Très vite, les islamistes et des groupes criminels ont pris le dessus sur le MNLA, selon divers témoignages, relativisant la déclaration unilatérale d’indépendance des rebelles touareg qui ne semblent pas en mesure de contrôler « leur » territoire.

Le chef militaire d’Ansar Dine, qui a pris le contrôle de Tombouctou, a affirmé mener une guerre « contre l’indépendance » de l’Azawad et « pour l’Islam », dans une déclaration publique dont l’AFP s’est procuré les images.

« Notre guerre, c’est une guerre sainte, c’est une guerre légale, au nom de l’islam. Nous sommes contre les rebellions. Nous sommes contre les indépendances. Toutes les révolutions qui ne sont pas au nom de l’islam, nous sommes contre. On est venu pour pratiquer l’islam au nom d’Allah », a expliqué Omar Hamaha.

Les voisins du Mali membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui ont imposé un embargo diplomatique et économique total au Mali quelques jours après le coup d’Etat, ont toujours clamé leur attachement à l’intégrité territoriale de ce pays membre de l’organisation.

Il envisagent d’y envoyer une force militaire de 2.000 à 3.000 hommes pour la préserver: les chefs d’état-major des armées de la Cédéao, réunis jeudi à à Abidjan, ont élaboré un « mandat » pour cette force.

Effets combinés dévastateurs

L’Algérie, voisin du nord et puissance militaire régionale dont six diplomates ont été enlevés jeudi à Gao, « n’acceptera jamais une remise en cause de l’intégrité territoriale du Mali » et prône le « dialogue » pour régler la crise, a déclaré le Premier ministre Ahmed Ouyahia au journal Le Monde publié vendredi.

Il a ajouté que le Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cémoc) regroupant l’Algérie, le Niger, le Mali et la Mauritanie, se réunirait « dans les prochains jours » à Nouakchott pour examiner la situation au Mali.

Il y a urgence: les effets combinés de la sécheresse, des violences et des graves atteintes aux droits de l’homme commises dans le Nord font que cette région est « au bord du désastre humanitaire », selon Amnesty International.

Le front antijunte, qui regroupe partis politiques et organisations de la société civile, a appelé l’ONU à intervenir d’urgence « pour éviter une catastrophe humanitaire » en particulier à Gao où « des menaces d’interruption des fournitures d’eau et d’électricité planent » et où « des enlèvements de petites filles sont également signalés », selon le président de ce front, Siaka Diakité.

Oxfam « craint que la combinaison des conséquences dévastatrices des combats et de l’insécurité ainsi que l’aggravation de la situation alimentaire ne produise un plus grand nombre de réfugiés dans la région », où il y a déjà plus de 210.000 réfugiés et déplacés depuis le déclenchement de la rébellion du MNLA mi-janvier.

World Vision craint aussi « l’impact négatif et de grande envergure » des sanctions sur les démunis.

Ces deux ONG demandent la levée de l’embargo imposé par la Cédéao, car « la fermeture des frontières signifie que les prix des denrées alimentaires, déjà élevés, vont encore augmenter et être hors de portée des plus pauvres », selon World Vision.

Une mission de la Cédéao conduite par le ministre burkinabé des Affaires étrangères Djibril Bassolé, se trouvait toujours vendredi à Bamako pour des pourparlers avec la junte. Elle demande à son chef, le capitaine Amadou Sanogo, un retour à l’ordre constitutionnel en échange de la levée de l’embargo.

Reconnaissance implicite de son impuissance à protéger les populations du Nord, le capitaine Sanogo les a appelées jeudi « à résister » par leurs propres moyens.

Pour la première fois, une ambassade occidentale à Bamako, celle du Royaume Uni, a décidé de retirer son personnel.

Fuite de gaz: Total envoie des experts sur sa plate-forme en mer du Nord

Total a envoyé jeudi des experts en mission de reconnaissance sur la plateforme d’Elgin en mer du Nord évacuée le 25 mars en raison d’une fuite de gaz.

 
 
                                             Photographe : Jonathan Nackstrand :: La plateforme Total d'Elgin en mer du Nord, le 2 avril 2012
                              
                                          photo : Jonathan Nackstrand, AFP

« Un hélicoptère a décollé d’Aberdeen (ville écossaise à 240 km à l’ouest du site) à 09H30 GMT pour atterrir sur la plateforme d’Elgin en vue de permettre à une équipe spécialisée d’effectuer une mission de reconnaissance sur la tête du puits » accidenté, « si les conditions de sécurité le permettent », a annoncé Total.

Il s’agit de la première inspection de la plateforme depuis son évacuation. Une torchère, qui s’est éteinte samedi, a rendu pendant plusieurs jours la plateforme inaccessible en raison des risques d’explosion.

Le groupe se concentre maintenant sur les opérations de colmatage: les huit experts envoyés par Total sur la plateforme devraient s’y livrer à une première inspection afin de déterminer comment arrêter la fuite et s’il est possible d’injecter directement des boues dans le puits défaillant.

Le groupe pétrolier avait annoncé mardi l’envoi de l’équipe spécialisée, mais les conditions météorologiques défavorables n’avaient pas permis à l’hélicoptère de décoller mercredi.

 

L’équipe d’experts comprend du personnel du groupe familier de la structure et des spécialistes de la société américaine Wild Well Control, originaire du Texas et spécialiste des interventions d’urgence sur les puits.

Ils ont pour mission de faire des inspections visuelles, notamment de regarder la tête du puits et de procéder à des mesures, selon Total.

Le groupe pétrolier a identifié deux actions pour arrêter la fuite de gaz: l’injection de boue et le forage de deux puits de secours.

« Les opérations de préparation sont en cours, le matériel est rassemblé et nous conduisons actuellement des études afin de localiser les meilleurs emplacements pour implanter les appareils de forage », a expliqué le directeur de la communication de Total Jacques-Emmanuel Saulnier mercredi soir.

Il précise que l’équipe doit « commencer à sécuriser ce qui doit l’être afin que les opérateurs qui devront intervenir ultérieurement pour l’obstruction du puits puissent le faire dans les meilleures conditions ».

Selon Total, la fuite de quelque 200.000 m3 de gaz par jour ne pose pas de problème environnemental, mais l’organisation écologiste Greenpeace, qui avait envoyé un bateau sur place lundi pour faire des prélèvements, a évoqué un « accident grave » et « une nappe irisée huileuse » à la surface de la mer.

Selon M. Saulnier, il s’agit d’une couche de « condensats », de « produits légers, associés au gaz », d’environ 5 m3, qui « s’évaporent et se dispersent rapidement ».

Les mesures prises pour endiguer la fuite de gaz coûtent à Total « environ 1 million de dollars par jour », avait indiqué lundi le directeur financier du groupe Patrick de la Chevardière, ajoutant que le groupe pétrolier perdait en outre 1,5 million de dollars par jour de revenu net opérationnel.

Plateforme Total: cellule de crise à Aberdeen pour les opérations de colmatage

A Aberdeen, base arrière des compagnies pétrolières de la mer du Nord, Total a mis en place une cellule de crise pour s’employer à stopper la fuite de gaz sur sa plateforme d’Elgin, où la situation reste à haut risque.

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                                 Photographe :  :: Photo du groupe Total et datée du 30 mars 2012 de sa plateforme en mer du Nord où est survenue une explosion
 
                                                     photo : AFP

Non loin des bâtiments austères abritant les opérations de Total, des panneaux marquent l’entrée de la ville par le slogan « Capitale pétrolière de l’Europe ». Et de fait, la cité de granite, dominée par un gris triste, constitue le principal port d’attache des navires et hélicoptères qui desservent les plateformes d’hydrocarbures en mer du Nord.

C’est ici, dimanche dernier, que les responsables de Total ont pris la décision d’évacuer les quelque 200 employés de la plate-forme d’Elgin, à 240 km au large, après la découverte sur place d’une importante fuite de gaz.

« Nous avons ici une équipe comprenant des ingénieurs mobilisable pour les situations d’urgence. Il n’y a pas d’improvisation » face à ce type de crise, a assuré samedi à l’AFP Andrew Hogg, brandissant un volumineux classeur des procédures du groupe.

 

Dans la semaine, « plusieurs dizaines » d’experts de Total, dont des ingénieurs basés aux Etats-Unis et certains avec une expérience de la mer du Nord, ont rejoint la cellule de crise mise en place pour résoudre une situation qui restait critique samedi. « Il y a toujours une fuite de gaz, et donc clairement, toujours un risque d’explosion » même si l’extinction de la torchère sur la plate-forme, confirmé samedi, a fait disparaître un facteur d’inquiétude, a reconnu M. Hogg. « Nous lançons le forage de puits de dérivation » pour tenter de colmater la fuite, a déclaré samedi le patron de Total, Christophe de Margerie. A Aberdeen, on confirme, mais avec prudence.

Brian O’Neill, un porte-parole sur place, a ainsi précisé à l’AFP qu’il fallait compter « sept à dix jours avant d’être en position pour commencer le forage ».

« On n’entamera aucune intervention avant de s’être assurés de pouvoir opérer en toute sécurité », a renchéri M. Hogg, soulignant que quatre navires anti-incendies stationnent à la limite de la zone d’exclusion autour d’Elgin. A Aberdeen comme à Paris, Total dément avoir manqué de transparence depuis le début de la crise, un reproche adressé par l’organisation environnementale Greenpeace, qui a annoncé samedi envoyer un navire sur place, mais aussi par les autorités écossaises.

« Nous avons travaillé en complète concertation avec les autorités (…) Cela prend du temps d’obtenir les bonnes informations… et une fois qu’on les a, c’est notre devoir de les transmettre au public », confie M. Hogg. Il précise que Total ne fera rien pour « empêcher la venue de Greenpeace ».

Le responsable se félicite en outre de l’amélioration de la couverture médiatique après la première conférence de presse du groupe, organisée vendredi, cinq jours après le début de l’incident.

Après avoir reconnu à cette occasion que les premiers problèmes sur le puits affecté par la fuite avaient été décelés dès le 25 février, Total a refusé samedi de répondre aux critiques sur une éventuelle sous-évaluation du risque.

« On n’est pas dans le temps de la polémique », a réagi un porte-parole à Paris. A Aberdeen, on estime que le problème du 25 février, « une pression anormalement élevée » dans le puits, avait entraîné « une réaction immédiate » pour mettre en place des solutions sur place.

 

Total : Greenpeace va sonder les dégâts de la fuite

 

 
 
 
                      La fuite de gaz se poursuit en Mer du Nord.
                       La fuite de gaz se poursuit en Mer du Nord. Crédits photo : HANDOUT/Reuters

  • L’organisation écologiste envoie un bateau vers la plate-forme de Total en Mer du Nord, où la fuite de gaz se poursuit. Greenpeace veut «témoigner de manière indépendante des premières conséquences» de l’accident.
Presqu’une semaine après l’accident survenu en Mer du Nord sur la plate-forme Elgin-Franklin de Total, la fuite de gaz est loin d’être maîtrisée. Le groupe pétrolier français envisage de boucher le puits accidenté avec de la boue, l’origine de la fuite étant désormais identifiée. Total envisage en outre le forage de deux puits de secours, qui débuterait «dès que possible, pour soulager la pression du gaz. En attendant, ce sont toujours – selon Total – environ 200.000 mètres cubes par jour de gaz qui s’échappent de roches situées à 4000 mètres de profondeur. Et les risques d’explosion persistent alors que la torchère est toujours allumée.

                               

Ce samedi, l’organisation écologiste Greenpeace a annoncé l’envoi d’un bateau à proximité de la plate-forme. Il partira d’Allemagne ce samedi et devrait arriver à destination dimanche soir. Son équipage «prélévera des échantillons d’air, d’eau de mer et de sol marin afin d’étudier les éventuels impacts sur l’environnement». Pour Greenpeace, «il est inconcevable que l’entreprise Total soit la seule source d’informations sur la situation.»

Le nuage de gaz explosif qui grossit autour de la plate-forme «n’a pas d’impact significatif sur l’environnement», assure Total. Un avis qui n’est pas partagé par les professionnels de la défense de l’environnement. Difficile pour eux d’adhérer à la maîtrise que semble montrer Total. Le gaz qui s’échappe peut entrer en contact avec la torchère allumée, et entraîner l’explosion. La météo est favorable pour le moment, mais si le vent tourne, la situation pourrait devenir incontrôlable. De son côté, Total espère que la torchère s’éteindra toute seule, alors que la flamme faiblit.

Six mois pour colmater la fuite

Total a reconnu que des problèmes sur la plate-forme existaient depuis un an, constatant des anomalies dans les conditions de production. Les 238 personnes qui travaillaient sur la plate-forme, située à environ 240 kilomètres au large d’Aberdeen (Écosse), ont été évacuées.

En une semaine, l’action Total a dégringolé de presque 7%, sa capitalisation boursière chutant de 6 milliards d’euros environ. Selon les analyses, le facture pour le géant pétrolier varie de 150 millions de dollars (estimation de Total) à 10 milliards de dollars (7,5 milliards d’euros) si la plate-forme venait à exploser. L’arrêt de la plate-forme pourrait durer au moins six mois, le temps suggéré par Total lui-même pour finaliser le colmatage. Or le groupe est en train de perdre 10 à 15 millions de dollars par jour de gel de la production sur Elgin.

L’action Technip a également souffert: le titre a cédé plus de 3% en cinq jours de cotation. Selon des rumeurs de marché, le groupe de services pétroliers aurait sa part de responsabilité dans l’accident, lui qui a construit la plate-forme Englin-Franklin.

       

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