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Archives de juin, 2012

Législatives: la gauche dispose de tous les pouvoirs, le calendrier s’accélère

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a remis lundi matin la démission de son gouvernement au président François Hollande, au lendemain du second tour des législatives à l’issue duquel la gauche dispose de tous les pouvoirs pour s’attaquer au redressement du pays.

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                                     Photographe : Bob Edme :: François Hollande le 18 juin au Mont-Valérien à Suresnes
 
                                             photo : Bob Edme, AFP

Aussitôt renommé Premier ministre par le chef de l’Etat, M. Ayrault devrait ajuster son équipe à la marge, les 25 ministres qui étaient candidats aux législatives ayant tous été élus.

L’hypothèse d’une participation communiste à la nouvelle équipe s’est en revanche éloignée. Devant le Conseil national du PCF, le secrétaire national Pierre Laurent, a estimé lundi que les conditions n’étaient « pas réunies » pour que des communistes entrent au gouvernement.

« Quarante jours après avoir confié pour cinq ans les clefs de l’Elysée à François Hollande, les Français lui ont donné tous les moyens d’exercer son pouvoir », constate le quotidien Les Echos. Une cohérence soulignée par Libération, qui évoque « une vague impressionnante : le PS et ses alliés raflent l’hypermajorité au Parlement ».

 

Le rythme s’est s’accéléré au lendemain du scrutin. Sans avoir commenté les résultats qui lui laissent les coudées franches pour diriger le pays, M. Hollande s’est envolé pour le Mexique et le sommet des pays du G20, dont les dirigeants, Européens en tête, espèrent ramener un peu de confiance dans l’économie mondiale.

Avec 314 députés sur 577, le Parti socialiste détient la majorité absolue à lui seul à l’Assemblée.

Une Assemblée où les deux députés « Rassemblement bleu Marine » élus dimanche, la petite fille du fondateur du parti, Marion Maréchal-Le Pen, et l’avocat Gilbert Collard, devraient également se faire entendre.

Marine Le Pen a d’ailleurs assuré lundi que « la recomposition politique est bel et bien là », mais que les dirigeants de l’UMP refusent de la voir. La présidente du Front national a par ailleurs confirmé qu’elle allait introduire un recours sur le scrutin à Hénin-Beaumont, où elle a été battue de 118 voix.

« Rien ne sera facile »

Elysée, Assemblée, Sénat, régions, majorité des départements… La gauche dispose désormais de tous les leviers.

« L’oeuvre qui est devant nous est immense. Rien ne sera facile. Rien ne nous sera donné », a mis en garde dimanche soir le chef du gouvernement, en appelant à la mobilisation de tous les Français.

« Rétablir nos comptes publics, retrouver la croissance, faire reculer le chômage, rendre à notre industrie son dynamisme » : il a égrené les chantiers auxquels le gouvernement doit s’attaquer et appelé à « la contribution de tous ».

Le chef du gouvernement doit à présent préparer le projet de budget 2013, dont dépend toute la politique du gouvernement. Entre respect des engagements pris auprès des électeurs et dure réalité des comptes.

Dès lundi, le PS réunit son Conseil national pour fixer la date de son congrès, qui désignera celui ou celle devant succèder à Martine Aubry à la tête du parti.

Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris, a annoncé qu’il allait « proposer un ticket » avec Harlem Désir. Mais le numéro deux du PS réaffirme de son côté son intention de briguer la direction du parti.

A droite, la course à la présidence de l’UMP – qui perd une centaine de députés par rapport à l’Assemblée sortante – est ouverte, entre notamment François Fillon et le secrétaire général du parti, Jean-François Copé. Mais François Baroin sera « certainement » candidat si ses « idées ne sont pas reprises ».

La « dérive droitière » de l’UMP « a échoué », a constaté pour sa part l’ancien Premier ministre UMP Jean-Pierre Raffarin.

Défilé des nouveaux à l’Assemblée

Dès lundi matin, le défilé des nouveaux députés a débuté à l’Assemblée nationale, où ils se verront remettre les insignes de leurs fonctions. Avec 234 nouveaux élus, soit 40% du total, l’affluence s’annonce forte dans les couloirs.

Objectif : se mettre en marche pour la « bataille du perchoir » qui désignera le 26 juin le président de la nouvelle Assemblée. Claude Bartolone est candidat côté PS, mais le nom de Jean Glavany circule et Elisabeth Guigou est « disponible ».

Entre-temps, les groupes politiques auront élu dès cette semaine leurs présidents. Christian Jacob, président du groupe UMP sortant, et Bruno Leroux pour les socialistes, font figure de favoris.

Avec 17 députés, Europe Ecologie-Les Verts obtient son premier groupe à l’Assemblée. Denis Baupin, nouveau député EELV, est lui aussi « disponible pour prendre des responsabilités dans le groupe ».

Jean-Marc Ayrault a assuré que la « démocratie parlementaire sera restaurée », confirmant la promesse du président Hollande de renforcer le rôle du Parlement. Il pourra compter avec une Assemblée renouvelée, qui comprend 155 femmes, un record.

Seule ombre au tableau démocratique : l’abstention record confirme la désaffection des Français pour des législatives organisées dans la foulée de l’élection présidentielle. Avec 56,29% seulement de participation dimanche, jamais les électeurs n’avaient à ce point boudé ce type de scrutin depuis le début de la Ve République.

Jubilé d’Elizabeth II: quatre jours de fête pour ses 60 ans de loyaux services

Bravant le mauvais temps, le Royaume-Uni s’est lancé samedi dans un week-end de festivités sans précédent pour les 60 ans de règne d’Elizabeth II, qui a décidé de commencer la fête sur le champ de courses d’Epsom, sacrifiant à une passion pour les chevaux toujours intacte à 86 ans.

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                                           Photographe : Leon Neal :: Un fan de la famille royale britannique attend le début des festivités pour le jubilé de la reine Elizabeth II, le 1er juin 2012 à Londres
                                                    photo : Leon Neal, AFP

Pour ce jubilé de diamant, le deuxième seulement de son histoire millénaire, la monarchie britannique au faîte de sa popularité a sorti le grand jeu: quatre jours de célébrations non stop dans tout le pays, contre une seule journée de liesse lors de celui de la reine Victoria, en 1897.

La pluie qui avait épargné le mariage de Kate et William l’an dernier s’est cette fois invitée dès samedi matin, menaçant d’occuper le terrain une partie du week-end.

Clin d’oeil de l’histoire? le couronnement d’Elizabeth, le 2 juin 1953, seize mois après son accession au trône, s’était aussi déroulé sous une pluie battante.

A 13H00 précises (12H00 GMT), dans le centre de la capitale et près de la Tour de Londres, ainsi qu’en plusieurs points du pays, une salve de 41 coups de canon doit être tirée en l’honneur de la souveraine, donnant le coup d’envoi officiel des festivités.

 

« Que la fête commence », titrait le Times, saluant le « dévouement désintéressé » de la reine pour son pays pendant son règne, à l’instar de beaucoup de ses confrères, tout à la fièvre monarchique.

« Ce n’est pas tous les matins que vous vous réveillez, à l’aube d’un jour qui va être inscrit dans les livres d’histoire », s’enthousiasmait aussi le Sun.

La BBC a, elle, entamé dès le début de la matinée un programme spécial.

La reine, qui ne manquerait pour rien au monde cet évènement, a réservé sa première sortie du week-end à la traditionnelle course hippique d’Epsom, dans le sud de Londres, rendez-vous des riches élégantes et occasion d’un incroyable défilé de chapeaux.

Les turfistes pourront agiter avec enthousiasme les 35.000 petits Union Jack prévus pour les spectateurs, qui ont raflé cette année toutes les places disponibles.

Les chevaux d’Elizabeth, qui monte sans discontinuer depuis l’âge de 3 ans et possède sa propre écurie, n’ont jamais réussi à remporter cette course, se contentant au mieux d’une seconde place l’année de son couronnement.

Cette fois, la reine pourra profiter sans stress du spectacle, aucun de ses chevaux n’étant engagés.

Pendant ce temps, la capitale, placée sous la surveillance de milliers de policiers, finissait de se préparer pour la grande parade nautique en musique prévue dimanche sur la Tamise: du jamais vu depuis le 17e siècle.

Les rives, les ponts, le fleuve et les embarcations doivent être fouillés avant le départ par les forces de sécurité. Et un millier d’embarcations – rassemblement hétéroclite de bateaux du monde entier à rames, à vapeur, à moteur et à voile – doivent converger vers Londres.

Un million de curieux étaient attendus dimanche le long du parcours de 11 kilomètres qu’empruntera cette armada, un des temps forts de ce jubilé. Les premiers campeurs ont pris position samedi sur les rives, afin de s’assurer une vue imprenable, tandis que des centaines de personnes arpentaient l’avenue royale du Mall, pavoisé comme aux plus beaux jours.

La star du spectacle nautique sera la somptueuse barge royale rouge et or, véritable jardin flottant orné de 10.000 fleurs, qui transportera la reine et sa famille.

Quelque 6 millions de personnes fêteront aussi le jubilé dans les rues, autour de banquets improvisés et de pique-niques, malgré les onze petits degrés que devrait afficher le thermomètre.

Un pique-nique dînatoire est prévu dans les jardins du palais de Buckingham suivi d’un grand concert lundi. Une messe en la cathédrale Saint-Paul, avant une procession en carrosses et une apparition de la reine sous les vivats, au balcon du palais, clôtureront la fête en apothéose, mardi.

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