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Archives de avril, 2012

Titanic: 100 ans après, la légende de l’orgueilleux paquebot reprend vie

Fleurs jetées à la mer qui avait englouti le Titanic, fusées de détresse sur le port canadien d’Halifax où reposent de nombreuses victimes: 100 ans après le naufrage, la légende de l’orgueilleux paquebot reprend vie.

 
                                      Photographe : Peter Muhly :: Un touriste prend une photo d'un panneau représentant le Titanic, à Belfast, le 14 avril 2012
 
                                             photo : Peter Muhly, AFP

Le naufrage et ses quelque 1.500 morts avait été symbolique à plus d’un titre: arrogance de l’homme moderne punie par la nature, ségrégation entre les millionnaires en première classe et les immigrants et matelots logés près de la cale, sauvetage des femmes et sacrifice des hommes, voire, pour certains, annonce prémonitoire du déclin de l’empire britannique.

Aussi, sa commémoration a-t-elle pris l’allure d’un événement international, des côtes irlandaises et britanniques à celles de l’Amérique du Nord, pour atteindre son point culminant dans la nuit de samedi à dimanche sur les lieux mêmes de la catastrophe dans l’Atlantique nord, à environ 800 km au sud-est d’Halifax.

 

Un siècle, heure pour heure, après la rencontre fatale avec un iceberg, plus de 1.700 passagers de deux bateaux de croisière, le Balmoral, venant de Southampton, comme le Titanic, et le Journey, parti de New York, allaient assister à la reconstitution de certains moments de la nuit fatale, comme l’annonce de la collision par le capitaine et l’appel de détresse.

Il n’y avait pas d’icebergs dans cette zone et la mer était calme, avec pratiquement pas de vagues, selon des images transmises par les télévisions canadiennes.

Hormis ces passionnés privilégiés, dont certains sont experts de l’histoire du naufrage et d’autres descendants de passagers du Titanic, des milliers de personnes se sont senties personnellement concernées par la commémoration.

Warren Ervine, ingénieur géologue septuagénaire originaire de Belfast, fondateur de la société GeoTech d’Halifax, était parmi les centaines de marcheurs qui ont parcouru samedi soir en procession les rues d’Halifax, un flambeau électrique ou un cierge à la main, derrière une charrette transportant un ancien cercueil vide.

Son oncle Albert, le plus jeune membre d’équipage du Titanic – il avait 18 ans et neuf mois -, avait péri dans le naufrage de 1912.

« Mon père était toujours très triste » quand on évoquait le Titanic, se rappelle-t-il, et il gardait le silence. « Comme les gens qui reviennent de la guerre et ne veulent pas en parler ».

« Jusqu’il y a dix ans, je ne savais même pas que mon oncle était membre d’équipage, j’ai cherché son nom sur la liste de passagers », confie-t-il.

Les habitants du port canadien d’Halifax se sentent tout aussi impliqués que ceux de Belfast, où le Titanic avait été construit, ou de Southampton, d’où il a pris la mer pour son voyage inaugural avec plus de 700 habitants de la région comme membres d’équipage.

C’est d’Halifax que sont partis les vaisseaux chargés de retrouver les corps des victimes et c’est là que sont enterrées 150 d’entre elles.

Samedi soir, à l’issue de la marche aux flambeaux, environ deux mille personnes étaient rassemblées, recueillies, devant l’hôtel de ville où une scène en forme de proue du Titanic avait été érigée.

Une « Veillée du Titanic », animée par une vingtaine d’artistes, acteurs et musiciens, a suivi pour évoquer différents aspects du drame, et notamment le courage de l’orchestre du paquebot qui avait continué à jouer malgré le danger, réduisant la panique à bord.

A 00H27 locales, Halifax devait observer un moment de silence, symbolisant l’arrivée du dernier message du Titanic transmis par la télégraphie sans fil. Puis des fusées éclairantes doivent monter vers le ciel, reproduisant l’appel de détresse du navire.

 
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Nord du Mali au bord du désastre,après la proclamation d’indépendance de l’Anzawad

La rébellion touareg du Mali a proclamé vendredi l’indépendance du territoire de « l’Azawad » dans le nord du pays, un effet d’annonce rejeté à l’étranger et qui ajoute à la confusion dans une zone dominée par des groupes armés islamistes et criminels, au bord du « désastre humanitaire ».

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                                           Photographe :  :: Capture d'écran d'une vidéo montrant des combattants islamistes d'Ansar Dine à Tombouctou, le 3 avril 2012
 
                                                              photo : AFP

La proclamation d’indépendance faite par un porte-parole en France du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion), Mossa Ag Attaher, « officialise » la division du Mali: une partie sud contrôlée par des militaires putschistes isolés et impuissants, une partie nord en proie à l’anarchie.

Très vite, l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE) et la France, ex-puissance coloniale, ont rejeté cette déclaration unilatérale comme « nulle et non avenue » ou « sans aucune valeur », selon Jean Ping, président de la Commission de l’UA.

Invoquant notamment « le principe fondamental de l’intangibilité des frontières » héritées de la colonisation, M. Ping a appelé « toute la communauté internationale à soutenir pleinement cette position de principe de l’Afrique ».

« Nous proclamons solennellement l’indépendance de l’Azawad à compter de ce jour », a déclaré Mossa Ag Attaher sur la chaîne France 24 en des termes identiques à ceux d’un communiqué publié par le MNLA sur son site internet.

 

L’Azawad, immense territoire aride d’une surface équivalente à celle de la France et de la Belgique réunies, est situé au nord du fleuve Niger et comprend les trois régions administratives de Kidal,Tombouctou et Gao.

Une semaine après le coup d’Etat militaire qui a renversé le 22 mars à Bamako le président Amadou Toumani Touré, ces trois régions sont tombées en trois jours aux mains du MNLA, du mouvement islamiste Ansar Dine appuyé par des éléments d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et d’autres groupes.

Très vite, les islamistes et des groupes criminels ont pris le dessus sur le MNLA, selon divers témoignages, relativisant la déclaration unilatérale d’indépendance des rebelles touareg qui ne semblent pas en mesure de contrôler « leur » territoire.

Le chef militaire d’Ansar Dine, qui a pris le contrôle de Tombouctou, a affirmé mener une guerre « contre l’indépendance » de l’Azawad et « pour l’Islam », dans une déclaration publique dont l’AFP s’est procuré les images.

« Notre guerre, c’est une guerre sainte, c’est une guerre légale, au nom de l’islam. Nous sommes contre les rebellions. Nous sommes contre les indépendances. Toutes les révolutions qui ne sont pas au nom de l’islam, nous sommes contre. On est venu pour pratiquer l’islam au nom d’Allah », a expliqué Omar Hamaha.

Les voisins du Mali membres de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui ont imposé un embargo diplomatique et économique total au Mali quelques jours après le coup d’Etat, ont toujours clamé leur attachement à l’intégrité territoriale de ce pays membre de l’organisation.

Il envisagent d’y envoyer une force militaire de 2.000 à 3.000 hommes pour la préserver: les chefs d’état-major des armées de la Cédéao, réunis jeudi à à Abidjan, ont élaboré un « mandat » pour cette force.

Effets combinés dévastateurs

L’Algérie, voisin du nord et puissance militaire régionale dont six diplomates ont été enlevés jeudi à Gao, « n’acceptera jamais une remise en cause de l’intégrité territoriale du Mali » et prône le « dialogue » pour régler la crise, a déclaré le Premier ministre Ahmed Ouyahia au journal Le Monde publié vendredi.

Il a ajouté que le Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cémoc) regroupant l’Algérie, le Niger, le Mali et la Mauritanie, se réunirait « dans les prochains jours » à Nouakchott pour examiner la situation au Mali.

Il y a urgence: les effets combinés de la sécheresse, des violences et des graves atteintes aux droits de l’homme commises dans le Nord font que cette région est « au bord du désastre humanitaire », selon Amnesty International.

Le front antijunte, qui regroupe partis politiques et organisations de la société civile, a appelé l’ONU à intervenir d’urgence « pour éviter une catastrophe humanitaire » en particulier à Gao où « des menaces d’interruption des fournitures d’eau et d’électricité planent » et où « des enlèvements de petites filles sont également signalés », selon le président de ce front, Siaka Diakité.

Oxfam « craint que la combinaison des conséquences dévastatrices des combats et de l’insécurité ainsi que l’aggravation de la situation alimentaire ne produise un plus grand nombre de réfugiés dans la région », où il y a déjà plus de 210.000 réfugiés et déplacés depuis le déclenchement de la rébellion du MNLA mi-janvier.

World Vision craint aussi « l’impact négatif et de grande envergure » des sanctions sur les démunis.

Ces deux ONG demandent la levée de l’embargo imposé par la Cédéao, car « la fermeture des frontières signifie que les prix des denrées alimentaires, déjà élevés, vont encore augmenter et être hors de portée des plus pauvres », selon World Vision.

Une mission de la Cédéao conduite par le ministre burkinabé des Affaires étrangères Djibril Bassolé, se trouvait toujours vendredi à Bamako pour des pourparlers avec la junte. Elle demande à son chef, le capitaine Amadou Sanogo, un retour à l’ordre constitutionnel en échange de la levée de l’embargo.

Reconnaissance implicite de son impuissance à protéger les populations du Nord, le capitaine Sanogo les a appelées jeudi « à résister » par leurs propres moyens.

Pour la première fois, une ambassade occidentale à Bamako, celle du Royaume Uni, a décidé de retirer son personnel.

Fuite de gaz: Total envoie des experts sur sa plate-forme en mer du Nord

Total a envoyé jeudi des experts en mission de reconnaissance sur la plateforme d’Elgin en mer du Nord évacuée le 25 mars en raison d’une fuite de gaz.

 
 
                                             Photographe : Jonathan Nackstrand :: La plateforme Total d'Elgin en mer du Nord, le 2 avril 2012
                              
                                          photo : Jonathan Nackstrand, AFP

« Un hélicoptère a décollé d’Aberdeen (ville écossaise à 240 km à l’ouest du site) à 09H30 GMT pour atterrir sur la plateforme d’Elgin en vue de permettre à une équipe spécialisée d’effectuer une mission de reconnaissance sur la tête du puits » accidenté, « si les conditions de sécurité le permettent », a annoncé Total.

Il s’agit de la première inspection de la plateforme depuis son évacuation. Une torchère, qui s’est éteinte samedi, a rendu pendant plusieurs jours la plateforme inaccessible en raison des risques d’explosion.

Le groupe se concentre maintenant sur les opérations de colmatage: les huit experts envoyés par Total sur la plateforme devraient s’y livrer à une première inspection afin de déterminer comment arrêter la fuite et s’il est possible d’injecter directement des boues dans le puits défaillant.

Le groupe pétrolier avait annoncé mardi l’envoi de l’équipe spécialisée, mais les conditions météorologiques défavorables n’avaient pas permis à l’hélicoptère de décoller mercredi.

 

L’équipe d’experts comprend du personnel du groupe familier de la structure et des spécialistes de la société américaine Wild Well Control, originaire du Texas et spécialiste des interventions d’urgence sur les puits.

Ils ont pour mission de faire des inspections visuelles, notamment de regarder la tête du puits et de procéder à des mesures, selon Total.

Le groupe pétrolier a identifié deux actions pour arrêter la fuite de gaz: l’injection de boue et le forage de deux puits de secours.

« Les opérations de préparation sont en cours, le matériel est rassemblé et nous conduisons actuellement des études afin de localiser les meilleurs emplacements pour implanter les appareils de forage », a expliqué le directeur de la communication de Total Jacques-Emmanuel Saulnier mercredi soir.

Il précise que l’équipe doit « commencer à sécuriser ce qui doit l’être afin que les opérateurs qui devront intervenir ultérieurement pour l’obstruction du puits puissent le faire dans les meilleures conditions ».

Selon Total, la fuite de quelque 200.000 m3 de gaz par jour ne pose pas de problème environnemental, mais l’organisation écologiste Greenpeace, qui avait envoyé un bateau sur place lundi pour faire des prélèvements, a évoqué un « accident grave » et « une nappe irisée huileuse » à la surface de la mer.

Selon M. Saulnier, il s’agit d’une couche de « condensats », de « produits légers, associés au gaz », d’environ 5 m3, qui « s’évaporent et se dispersent rapidement ».

Les mesures prises pour endiguer la fuite de gaz coûtent à Total « environ 1 million de dollars par jour », avait indiqué lundi le directeur financier du groupe Patrick de la Chevardière, ajoutant que le groupe pétrolier perdait en outre 1,5 million de dollars par jour de revenu net opérationnel.

Plateforme Total: cellule de crise à Aberdeen pour les opérations de colmatage

A Aberdeen, base arrière des compagnies pétrolières de la mer du Nord, Total a mis en place une cellule de crise pour s’employer à stopper la fuite de gaz sur sa plateforme d’Elgin, où la situation reste à haut risque.

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                                 Photographe :  :: Photo du groupe Total et datée du 30 mars 2012 de sa plateforme en mer du Nord où est survenue une explosion
 
                                                     photo : AFP

Non loin des bâtiments austères abritant les opérations de Total, des panneaux marquent l’entrée de la ville par le slogan « Capitale pétrolière de l’Europe ». Et de fait, la cité de granite, dominée par un gris triste, constitue le principal port d’attache des navires et hélicoptères qui desservent les plateformes d’hydrocarbures en mer du Nord.

C’est ici, dimanche dernier, que les responsables de Total ont pris la décision d’évacuer les quelque 200 employés de la plate-forme d’Elgin, à 240 km au large, après la découverte sur place d’une importante fuite de gaz.

« Nous avons ici une équipe comprenant des ingénieurs mobilisable pour les situations d’urgence. Il n’y a pas d’improvisation » face à ce type de crise, a assuré samedi à l’AFP Andrew Hogg, brandissant un volumineux classeur des procédures du groupe.

 

Dans la semaine, « plusieurs dizaines » d’experts de Total, dont des ingénieurs basés aux Etats-Unis et certains avec une expérience de la mer du Nord, ont rejoint la cellule de crise mise en place pour résoudre une situation qui restait critique samedi. « Il y a toujours une fuite de gaz, et donc clairement, toujours un risque d’explosion » même si l’extinction de la torchère sur la plate-forme, confirmé samedi, a fait disparaître un facteur d’inquiétude, a reconnu M. Hogg. « Nous lançons le forage de puits de dérivation » pour tenter de colmater la fuite, a déclaré samedi le patron de Total, Christophe de Margerie. A Aberdeen, on confirme, mais avec prudence.

Brian O’Neill, un porte-parole sur place, a ainsi précisé à l’AFP qu’il fallait compter « sept à dix jours avant d’être en position pour commencer le forage ».

« On n’entamera aucune intervention avant de s’être assurés de pouvoir opérer en toute sécurité », a renchéri M. Hogg, soulignant que quatre navires anti-incendies stationnent à la limite de la zone d’exclusion autour d’Elgin. A Aberdeen comme à Paris, Total dément avoir manqué de transparence depuis le début de la crise, un reproche adressé par l’organisation environnementale Greenpeace, qui a annoncé samedi envoyer un navire sur place, mais aussi par les autorités écossaises.

« Nous avons travaillé en complète concertation avec les autorités (…) Cela prend du temps d’obtenir les bonnes informations… et une fois qu’on les a, c’est notre devoir de les transmettre au public », confie M. Hogg. Il précise que Total ne fera rien pour « empêcher la venue de Greenpeace ».

Le responsable se félicite en outre de l’amélioration de la couverture médiatique après la première conférence de presse du groupe, organisée vendredi, cinq jours après le début de l’incident.

Après avoir reconnu à cette occasion que les premiers problèmes sur le puits affecté par la fuite avaient été décelés dès le 25 février, Total a refusé samedi de répondre aux critiques sur une éventuelle sous-évaluation du risque.

« On n’est pas dans le temps de la polémique », a réagi un porte-parole à Paris. A Aberdeen, on estime que le problème du 25 février, « une pression anormalement élevée » dans le puits, avait entraîné « une réaction immédiate » pour mettre en place des solutions sur place.

 

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