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Archives de mars, 2012

Total : Greenpeace va sonder les dégâts de la fuite

 

 
 
 
                      La fuite de gaz se poursuit en Mer du Nord.
                       La fuite de gaz se poursuit en Mer du Nord. Crédits photo : HANDOUT/Reuters

  • L’organisation écologiste envoie un bateau vers la plate-forme de Total en Mer du Nord, où la fuite de gaz se poursuit. Greenpeace veut «témoigner de manière indépendante des premières conséquences» de l’accident.
Presqu’une semaine après l’accident survenu en Mer du Nord sur la plate-forme Elgin-Franklin de Total, la fuite de gaz est loin d’être maîtrisée. Le groupe pétrolier français envisage de boucher le puits accidenté avec de la boue, l’origine de la fuite étant désormais identifiée. Total envisage en outre le forage de deux puits de secours, qui débuterait «dès que possible, pour soulager la pression du gaz. En attendant, ce sont toujours – selon Total – environ 200.000 mètres cubes par jour de gaz qui s’échappent de roches situées à 4000 mètres de profondeur. Et les risques d’explosion persistent alors que la torchère est toujours allumée.

                               

Ce samedi, l’organisation écologiste Greenpeace a annoncé l’envoi d’un bateau à proximité de la plate-forme. Il partira d’Allemagne ce samedi et devrait arriver à destination dimanche soir. Son équipage «prélévera des échantillons d’air, d’eau de mer et de sol marin afin d’étudier les éventuels impacts sur l’environnement». Pour Greenpeace, «il est inconcevable que l’entreprise Total soit la seule source d’informations sur la situation.»

Le nuage de gaz explosif qui grossit autour de la plate-forme «n’a pas d’impact significatif sur l’environnement», assure Total. Un avis qui n’est pas partagé par les professionnels de la défense de l’environnement. Difficile pour eux d’adhérer à la maîtrise que semble montrer Total. Le gaz qui s’échappe peut entrer en contact avec la torchère allumée, et entraîner l’explosion. La météo est favorable pour le moment, mais si le vent tourne, la situation pourrait devenir incontrôlable. De son côté, Total espère que la torchère s’éteindra toute seule, alors que la flamme faiblit.

Six mois pour colmater la fuite

Total a reconnu que des problèmes sur la plate-forme existaient depuis un an, constatant des anomalies dans les conditions de production. Les 238 personnes qui travaillaient sur la plate-forme, située à environ 240 kilomètres au large d’Aberdeen (Écosse), ont été évacuées.

En une semaine, l’action Total a dégringolé de presque 7%, sa capitalisation boursière chutant de 6 milliards d’euros environ. Selon les analyses, le facture pour le géant pétrolier varie de 150 millions de dollars (estimation de Total) à 10 milliards de dollars (7,5 milliards d’euros) si la plate-forme venait à exploser. L’arrêt de la plate-forme pourrait durer au moins six mois, le temps suggéré par Total lui-même pour finaliser le colmatage. Or le groupe est en train de perdre 10 à 15 millions de dollars par jour de gel de la production sur Elgin.

L’action Technip a également souffert: le titre a cédé plus de 3% en cinq jours de cotation. Selon des rumeurs de marché, le groupe de services pétroliers aurait sa part de responsabilité dans l’accident, lui qui a construit la plate-forme Englin-Franklin.

       

La fuite sur la plateforme Total localisée, mais le plus dur reste à faire

La fuite de gaz sur la plateforme de Total en mer du Nord a été localisée, un « pas important » selon le groupe pétrolier français, mais les opérations de colmatage s’annoncent à haut risque en raison de l’inaccessibilité du site et des craintes d’explosion.

 
                                      Photographe :  :: Photo fournie par Total le 28 mars 2012 montrant sa plateforme en mer du Nord, à 240 km au large de la ville écossaise d'Aberdeen
                                                         photo : AFP

La source de la fuite se trouve « à 4.000 mètres de profondeur, dans un puits désaffecté depuis plus d’un an », a précisé un porte-parole du géant de l’énergie. Le gaz remonte le long du conduit et ressort au niveau de la tête du puits, sur la plateforme Elgin, située à 240 km au large de la ville d’Aberdeen en Ecosse. Le débit est constant, mais le gaz se dissipe actuellement plus vite à cause de la force accrue du vent, d’après le groupe.

Si la localisation de la fuite est « un pas important » pour la suite, selon l’expression de Total, elle laisse toutefois ses experts devant trois options difficiles, compte tenu des risques de déflagration qui ont conduit à l’évacuation des quelque 200 employés de la plateforme dans la nuit de dimanche à lundi.

La première serait de boucher le puits avec des boues de forage, mais il faudrait pour cela que des techniciens montent sur la plateforme aujourd’hui inaccessible et autour de laquelle une zone d’exclusion maritime de 3,7 km a été instaurée.

 

Une autre option serait de creuser « un puits de secours », ce qui, dans ce secteur, pourrait prendre six mois, reconnaît Total.

Troisième solution, attendre que la fuite se tarisse.

Pour l’instant, la situation est « stable », selon le groupe, mais le fait qu’une torchère brûle toujours sur la plateforme constitue un sérieux risque.

D’après Total, cette torchère « ne pose pas de risque immédiat », en raison des conditions météo favorables, le vent repoussant pour l’instant le gaz loin de la flamme.

Cependant, les experts soulignent les risques d’explosion s’il venait à tourner et certains s’étonnent que la torchère brûle toujours.

Total explique que lorsqu’une plateforme est fermée en urgence, la torchère « ne peut être entièrement purgée ».

Il reste donc du gaz dans le système mais une fois qu’il sera évaporé, elle « s’éteindra d’elle-même », espère le groupe. Ce qui peut prendre encore plusieurs jours.

D’autres « solutions envisageables », si l’extinction ne se produisait pas toute seule, sont toutefois à l’étude.

Un groupe d’experts des puits, venus des Etats-Unis, est arrivé en début de semaine à Aberdeen pour tenter de résoudre le « plus gros incident » auquel ait dû faire face le groupe « depuis au moins dix ans » en mer du Nord, de l’aveu même d’un de ses porte-parole.

Deux navires transportant des équipements anti-incendie et un autre bâtiment, muni d’un sous-marin équipé d’une caméra pour inspecter la plateforme, ont pris position près de celle-ci, à l’extérieur de la zone d’exclusion. Total n’a pas précisé quand le sous-marin allait entrer en action.

« La situation est très sérieuse, mais il faut noter que l’évacuation s’est déroulée parfaitement et nous pensons toujours que l’impact environnemental sera minime », a expliqué un porte-parole du département de l’Energie et du Climat en Ecosse.

Les autorités locales, qui ont demandé davantage de transparence de la part de Total, ont toutefois dépêché des inspecteurs dans le centre d’urgence mis en place par la compagnie pétrolière française.

Total a payé au prix fort cet incident en bourse. Le titre a reculé de plus de 8,5% depuis lundi soir à la Bourse de Paris, soit une perte de capitalisation d’environ 8 milliards d’euros.

 

Mer du Nord: une torchère brûle sur une plateforme Total évacuée, risque d’explosion

Une torchère continuait mercredi à brûler sur la plateforme de Total en mer du Nord évacuée à la suite d’une fuite de gaz qui perdure depuis dimanche, faisant craindre à des experts une explosion en cas de changement des vents, actuellement favorables au groupe pétrolier français.

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                                                 Photographe : Antoine Agasse :: Photo prise le 29 mai 2009 sur la plateforme Total de Elgin-Franklin en Mer du Nord
                                                  photo : Antoine Agasse, AFP

« La torchère brûle, comme c’est normalement le cas sur une plateforme », a déclaré à l’AFP un porte-parole de Total, Brian O’Neill.

« Mais nous ne considérons pas que cela représente un risque à cause de la direction des vents », a précisé un autre porte-parole du groupe, affirmant qu’il n’y avait pas de « risque d’étincelle ».

Le directeur de la santé, la sécurité et l’environnement chez Total, David Hainsworth, avait toutefois reconnu mardi qu’un risque d’explosion existait sur la plateforme Elgin, située à 240 km au large de la ville écossaise d’Aberdeen.

« Le gaz est inflammable, mais l’alimentation électrique a été coupée sur la plateforme pour minimiser le risque d’étincelle, toutefois il est évident qu’il y a un risque », avait-il admis sur la BBC.

Néanmoins, « le vent pousse le panache de gaz dans une direction opposée à celle de la torchère. Et selon les prévisions météorologiques, il va souffler dans la même direction pendant cinq à six jours », avait-il ajouté.

 

Les experts estiment aussi que le risque d’explosion existe si un changement des vents fait remonter le gaz vers la flamme.

« La torchère est située dans la plus haute partie de la plateforme, et le gaz, qui est avant tout du méthane, est relativement lourd, donc il reste en bas », a expliqué mercredi à l’AFP Simon Boxall, océanographe à l’université de Southampton (sud de l’Angleterre).

« Puisque c’est venteux, il y a des chances que le gaz se disperse rapidement. Mais si le vent cesse totalement, le gaz montera vers la flamme et cela pourrait créer une explosion », a-t-il ajouté, s’étonnant que la torchère brûle toujours. « On ne sait pas si cela a été fait de façon volontaire pour brûler une partie du gaz, ou si quelqu’un a oublié » de l’éteindre.

« Avec une bouteille de gaz de camping, quand vous la fermez, la flamme continue à brûler pendant un petit moment puis s’éteint, et on s’attendait à la même chose ici », a ajouté Martin Preston, spécialiste des pollutions marines à l’université de Liverpool (ouest de l’Angleterre), jugeant « très difficile de prédire » les risques d’explosion.

En raison du danger que représente la fuite à l’origine de l’évacuation totale de la plateforme, où travaillaient plus de 200 personnes, Total a mis en place une zone d’exclusion maritime et aérienne. Un avion a de nouveau survolé mercredi matin les alentours de la plateforme, selon le groupe qui n’a pas donné plus de précisions.

Total examine plusieurs options pour tenter de colmater la fuite qui représente, selon la compagnie, son « plus gros incident en mer du Nord depuis au moins dix ans ». L’un des scénarios envisagés consiste à forer un second puits, une option qui « peut prendre jusqu’à six mois », a reconnu un porte-parole de Total.

Lors de la fuite dimanche, du liquide s’était d’abord échappé avant le gaz, selon le groupe, entraînant la formation d’une nappe d’hydrocrabures d’environ 12km2. Ce condensat léger devrait cependant spontanément s’évaporer de la surface de l’eau, a estimé Total.

L’océanographe Simon Boxall a estimé « faible » le risque pour l’environnement.

Pour l’agence d’évaluation financière Fitch, la fuite de gaz n’est pas comparable à la désastreuse marée noire du golfe du Mexique en 2010 provoquée par l’explosion d’une plateforme BP, et Total est en mesure de couvrir tous les coûts qu’elle pourrait entraîner.

De son côté, le ministre écossais de l’Environnement, Richard Lochhead, a exigé de Total qu’il communique davantage sur l’incident. « Il s’agit d’une situation très grave et bien sûr nous ne pouvons pas nous rendre sur place pour voir ce qui se passe, donc nous avons besoin que le groupe (…) soit totalement transparent. »

Algérie : une guerre d’appelés

 

                
        
                          Des soldats de la 27e division d'infanterie d'Afrique débarquent à Alger en septembre 1955.
 Des soldats de la 27e division d’infanterie d’Afrique débarquent à Alger en septembre 1955.                   
                                               Crédits photo : Rue des Archives/©Rue des Archives/RDA

  •  
  • Pendant longtemps, les jeunes soldats partis de l’autre côté de la Méditerranée durant leur service militaire ont préféré oublier ou se taire. Mais, à l’occasion du cinquantième anniversaire des accords d’Évian, des voix commencent à se faire entendre.
Ce fut la dernière guerre des Français. L’Indochine n’avait concerné que les militaires de profession. Combats lointains, à tort vite oubliés. La guerre d’Algérie a mobilisé plus de 1,5 million de jeunes appelés et, à ce titre, elle a profondément marqué toutes les familles françaises. Pas une qui ne compte un parent envoyé en Algérie. Le 19 mars 1962, le jour du cessez-le-feu fixé par les accords d’Évian, ils étaient encore 400.000 sur le terrain. Pour certains, le service militaire avait duré dix-huit, voire trente mois. Quelques-uns ne sont jamais revenus: 15.583 sont morts au combat et 7917 ont été victimes d’accidents divers, notamment de la route. Mais, au-delà des pertes, ce fut un véritable traumatisme pour toute une génération. Certains sont restés profondément marqués dans leur chair par le conflit. Plusieurs dizaines de milliers reçoivent encore aujourd’hui une pension d’invalidité. Mais ce sont les âmes qui ont été le plus atteintes. Pour ceux qui ont eu 18 ans dans les années 1954-1961, le passage de la vie d’adolescent à la vie d’adulte fut terrible. Combien de vies brisées, de rêves déçus?Aussi, pendant longtemps, ces jeunes appelés ont préféré oublier. Ils se sont tus, croyant protéger leur famille. C’est ce que Florence Dosse, dans un beau livre, a appelé le «vécu congelé» (1). Depuis quelques années, le souvenir se réveille et, à l’occasion du cinquantenaire des accords d’Évian, des voix commencent à se faire entendre (2). De multiples publications évoquent le destin de ces jeunes appelés qui ont basculé du jour au lendemain, après la quiétude métropolitaine, dans la brutalité d’un pays méditerranéen dont la beauté cachait une violence sourde. Peut-être faudra-t-il encore de nombreuses années pour que les cicatrices se referment définitivement.Tout avait commencé dans la nuit du 1er novembre 1954, la fameuse «Toussaint rouge», à peine dix ans après la Libération de la France. Une trentaine d’attentats menés sur tout le territoire algérien tuent huit personnes, dont certains appelés. Le père d’un soldat de première classe stationnant à Batna dans les Aurès recevra peu après la lettre suivante: «On ne se console pas de la perte d’un grand fils mais que le fait que celui-ci soit tombé à son poste de combat sans souffrance soit au moins pour vous un adoucissement. En m’inclinant devant votre douleur et celle de tous les vôtres, je vous renouvelle, Monsieur, nos condoléances émues.» Dans les mois et les années qui vont venir, des milliers de lettres semblables seront envoyées. Le 20 août 1955, dans le Constantinois, plus de 70 civils européens sont massacrés au couteau et à la hache. Le gouvernement d’Edgar Faure décide de rappeler en Algérie les soldats du contingent «disponible». La France va petit à petit s’enfoncer dans une guerre qui ne dit pas son nom. Au fil des mois, les attentats se multiplient et, après le drame de Palestro où 19 soldats du contingent sont tués dans une embuscade, la question algérienne se transforme en drame national.

Des corps de soldats français éventrés

En toute hâte, les appelés venant de toute la France sont convoyés vers la gare Saint-Charles à Marseille, ultime escale européenne avant Oran ou Alger. La traversée de la Méditerranée a semblé, pour certains, ressembler à une grande colonie de vacances en croisière, tandis que, pour d’autres, le parcours a été très éprouvant, coincés à fond de cale. Pendant les vingt heures de voyage, l’autorité militaire fait circuler les photos de corps de soldats français éventrés, remplis de sable, des femmes et des enfants mutilés par le FLN. Les plus avisés savent qu’une guerre sale n’est jamais à sens unique. Les autres sont épouvantés. Le débarquement en Algérie n’est pas de nature à les rassurer. Le premier choc est thermique et esthétique. La chaleur du soleil et la beauté d’Alger la Blanche éblouissent les yeux, mais beaucoup d’appelés témoignent de leur surprise à propos des profondes injustices sur place et de l’attitude parfois méprisante de certains «pieds-noirs». André Maurel, rappelé dans la Marine au sein de la demi-brigade de fusiliers marins, se souvient de cet été 1956, alors qu’il patrouillait dans Alger. Un grand policier pied-noir s’approcha de lui: «Et vous voulez qu’on laisse tout ça à ces “crouilles”?» Quelques instants après, le même policier insulte et frappe sous ses yeux un vieil Arabe sans défense. Le jeune marin résume alors le sentiment de beaucoup d’appelés: «Nous, les Français de métropole, nous étions gênés et malheureux d’avoir été témoins de cet excès d’injustice.» Nombre d’appelés se disent que la rébellion a quelques racines bien anciennes qui tiennent aux erreurs et aux aveuglements de certains intérêts en place. Tous les Français d’Algérie ne sont évidemment pas à placer dans le même sac.

«La guerre de ringards»

Mais les soldats ne sont pas là pour faire de la politique. Très vite, ils sont affectés sur tout le territoire algérien. Pour les pistonnés, c’est le travail administratif à l’état-major, la planque ou, comme dit l’un d’eux, «la guerre de ringards». Elle peut se faire aussi sur le terrain, à travers les sections administratives spécialisées (SAS) que la France a créées pour associer l’armée à des missions d’encadrement administratif et humanitaire des populations locales. Les quinze mois passés dans le cadre d’opérations de «pacification» se limitent pour certains à rester sur un piton, avec pour seule distraction le cinéma militaire une fois par mois. Mais, dans d’autres cas, ce sont les opérations de maintien de l’ordre, les embuscades, les trahisons, la nuit dans les djebels un fusil-mitrailleur MAT 49 à la main, ou bien les quadrillages de quartiers, les visites domiciliaires, etc. Les appelés sont parfois confrontés à de grandes horreurs. Le FLN tue non seulement des Européens et des harkis (les musulmans engagés avec les Français), mais aussi des Algériens modérés. Ainsi, le 28 mai 1957, l’Armée française découvre 300 villageois exterminés au couteau à Melouza. La tuerie aurait été ordonnée par un ancien agent nazi, devenu colonel de l’armée du FLN, puis ministre bien après l’indépendance. Seule faute des habitants de ce village: être partisans du modéré Messali Hadj. Mais le plus traumatisant pour les appelés, c’est lorsque, au cours d’une patrouille, ils trouvent, comme le réalisateur Jean-Claude Carrière, leurs camarades atrocement mutilés, «leurs corps (…) coupés en morceaux, à la hache». Certains jeunes basculent alors dans la haine aveugle du «bicot». La hiérarchie militaire en rajoute parfois: il faut «casser du fellagha», se montrer impitoyable. Et, alors, surgit l’indicible. La torture. Elle est d’abord le fait de militaires ou de policiers locaux qui commencent à pratiquer la «question» dans certains centres, comme la savonnerie Thiar à Blida.

Les dénégations des supérieurs

Petit à petit, la pratique se banalise. Les appelés ont participé à ces horreurs dénoncées, dès 1955, par des intellectuels de tous bords, parmi lesquels François Mauriac, qui s’exprimera d’abord dans L’Express, puis dans Le Figaro. Selon Claude Juin (3), témoin de certains faits, les plus niais étaient manipulés, comme ce jeune paysan du Loiret qui s’exclamait, en plaçant la «gégène»: «Ils ne sentent rien. Ils sont comme mes vaches, quand je leur tape dessus, elles n’ont pas mal.» Si d’autres prendront un plaisir plus pervers, la plupart resteront profondément traumatisés par ce qu’ils ont vu. Puis par les dénégations de leurs supérieurs prétendant que ceux qui dénoncent la torture ne cherchent qu’à «abaisser la France», comme l’écrit ce lieutenant-colonel à Beuve-Méry. Cet esprit fort ajoute que «la France défend ici la conception occidentale de la liberté humaine». Heureusement, certaines autorités ne se résignent pas, comme le chef de la Sûreté nationale, qui proteste dès le 13 décembre 1955: «Je ne puis supporter de voir comparer des soldats français aux sinistres SS.» Mais le gouvernement de la République laisse faire (4). L’arrivée du général de Gaulle au pouvoir limitera ces excès, mais les sévices ou irrégularités graves ne cesseront pas pour autant. Et les attentats de l’OAS viendront faire d’autres victimes parmi les appelés. Reste à éclaircir le cas des irradiés dans le Sahara par les essais nucléaires. Le contraste entre ceux qui vivront ces terribles événements et ceux qui continueront à mener la vie tranquille de la métropole, les boîtes de nuit, le rock et le twist, Johnny Hallyday et Les Quatre Cents Coupsde Truffaut, ne fera qu’accentuer le désarroi de nombreux soldats. «À la loterie des générations, on n’a pas gagné le gros lot», résume Gilles Perrault, appelé en 1956. La génération suivante n’aura pas connu la guerre et elle fera Mai 68. Et les autres, ensuite, oublieront…

Le Japon rend hommage aux victimes du tsunami du 11 mars 2011

Le Japon a rendu hommage dimanche aux milliers de victimes du séisme et du tsunami qui ont ravagé il y a un an les côtes nord-est de l’archipel, provoquant la plus grave catastrophe nucléaire au monde depuis un quart de siècle.

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                                       Photographe : Kazuhiro Nogi :: Des Japonais se recueillent, le 11 mars 2012 à Ishinomaki devant un mémorial dédié aux enfants et aux professeurs de l'école 74 d'Okawa, disparus dans le tsunami de 2011
                                          photo : Kazuhiro Nogi, AFP

Dans les villes et villages dévastés, les proches des quelque 19.000 morts et disparus se sont recueillis dans le chagrin et la douleur, au cours de cérémonies improvisées sur les lieux de la tragédie.

Dans la majeure partie du pays, la vie s’est figée à 14H46 (05H46 GMT), pour une minute de silence à l’instant précis où un violent séisme de magnitude 9 survenu dans l’océan Pacifique a secoué le nord-est de l’archipel le 11 mars 2011, déclenchant des vagues de plusieurs dizaines de mètres sur la côte.

Des cloches et des sirènes ont retenti un peu partout dans le pays pour appeler la population au recueillement.

A Tokyo, lors d’une cérémonie officielle organisée au Théâtre National en présence de l’empereur Akihito, de son épouse Michiko et des membres du gouvernement, quelque 1.200 invités ont entonné l’hymne national, avant de se recueillir, la tête inclinée, à la mémoire des victimes.

 

L’empereur, à peine remis d’un pontage coronarien, s’est incliné devant le parterre de fleurs, avant de prononcer une courte allocution retransmise par les télévisions.

« Un an s’est écoulé depuis le +Grand tremblement de terre de l’est+, je rends profondément hommage à tous ceux qui y ont perdu la vie », a déclaré le souverain, symbole du peuple.

« Je voudrais exprimer mon espoir que le Japon redevienne un pays où les gens peuvent vivre avec un sentiment de sécurité », a-t-il ajouté.

Se préoccupant aussi du sort des survivants, Akihito a déploré que la reconstruction rencontre de nombreuses difficultés dans les provinces dévastées et en partie contaminées par les rejets radioactifs de la centrale Fukushima Daiichi, gravement accidentée après le passage du raz-de-marée.

Le Premier ministre, Yoshihiko Noda, a quant à promis de tout faire pour reconstruire les zones ravagées et transmettre la mémoire de cette tragédie aux générations suivantes.

Dans les régions frappées par le pire désastre enduré par le Japon depuis la guerre, des milliers de bougies ont été allumées à la mémoire des victimes.

Les résidents ont prié en silence en direction de l’océan Pacifique, accompagnés de membres de leurs familles revenus spécialement sur leurs terres natales en cette journée de recueillement.

Sur les quelque 19.000 victimes comptabilisées, plus de 3.2000 corps n’ont toujours pas été retrouvés et des recherches sont organisées à intervalle régulier en mer.

Dans le port d’Ishinomaki, qui a terriblement souffert, les sirènes annonçant l’arrivée d’un tsunami ont retenti ont retenti à 14H46, pour marquer l’instant où il y a un an la première secousse a ébranlé la ville, avant qu’elle ne soit submergée par des vagues immenses qui ont fait près de 4.000 morts.

Pour l’un des habitants des lieux, Keishitsu Ito, cet anniversaire est une journée d’immense tristesse.

« Ma femme a été emportée par le tsunami. Je vais mettre ces fleurs sur sa sépulture », a raconté à l’AFP cet homme de 80 ans.

Et de confier: « Je suis triste. Je n’ai personne à qui parler ».

« Je veux vivre tranquillement. J’ai survécu et je veux qu’on me laisse en paix. Je n’ai pas encore la force de sortir tous les jours pour aller travailler », renchérit Mitsuko Tamura qui habite aussi Ishinomaki.

Quant à Hitomi Oikawa qui a perdu son père, elle dit prier pour pouvoir faire son deuil et « que mes enfants aillent mieux ».

A Okuma, où a été construite la centrale de Fukushima, d’anciens habitants forcés d’évacuer la ville sont revenus à bord d’autocars pour rendre hommage à leurs proches et amis disparus.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été forcées de tout abandonner dans une zone de 20 kilomètres de rayon autour du site atomique.

Les images des télévisions ont montré les ex-résidents, enveloppés dans des combinaisons antiradiations, avec masque, gants et sur-bottes, assistant à une cérémonie funéraire.

Une femme âgée, dont le petit-fils n’a toujours pas été retrouvé, pleurait en déposant des fleurs sur un autel de fortune.

Mais outre le recueillement, l’heure était aussi dimanche à la protestation contre les souffrances infligées par l’accident à la centrale nucléaire de Fukushima.

Dans la ville voisine de Koriyama, une manifestation antinucléaire a été organisée dans un stade de base-ball plein à craquer.

Devant l’affluence, les organisateurs ont été forcés d’ouvrir des parties du stade qui n’ont pas encore été décontaminées et ont demandé aux familles avec de jeunes enfants de ne pas s’y rendre, a constaté un journaliste de l’AFP.

« Fukushima est un peu plus oublié chaque jour », a regretté Yumiko Ono, une trentenaire de Tokyo participant à la manifestation.

« Si nous n’élevons pas nos voix en ce moment, un autre accident pourrait se produire. Nous voulons dire au monde que la crise et les difficultés se poursuivent toujours, » a-t-elle ajouté.

A Tokyo, d’autres manifestations antinucléaires ont été organisées devant le siège de la compagnie d’électricité Tokyo Electric Power (Tepco), opérateur de la centrale de Fukushima, et au parc Hibiya.

A cause de la triple catastrophe, plus de 340.000 personnes vivent depuis un an hors de chez elles, parfois dans des conditions très précaires. Le traitement des quelque 22 millions de tonnes de déchets accumulés dans les trois préfectures les plus dévastées (Miyagi, Iwate, Fukushima) n’avance pas, en raison du manque de lieux d’incinération et de la hantise de la radioactivité.

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> > > > > Saint-Petersburg <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/saint_petersbourg/ST_Petersb.htm>
> > > > > Israël <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/Israel/israel.htm>
> > > > > Irlande <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/Irland/Irlande.htm>
> > > > > Ecosse/Oban/Glasgow <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/Ecosse1/Oban.htm> Ecosse <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/ecosse/ecosse.htm>
> > > > > Nouvelle Zélande <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/Zeland/zeland.htm>
> > > > > Fidji <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/fitji/FITJI.htm>
> > > > > Singapour <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/Singapour/Singapour.htm>
> > > > > Hong Kong <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/hongkong/hong.htm>
> > > > > Thaïlande <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/siam/siam.htm>
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> > > > > Ko Samui <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/KO/Ko_samui.htm>
> > > > > Turquie <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/turquie/turquie.htm>
> > > > > Chypre <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/chypre/Chypre..htm>
> > > > > Chutes du Rhin Suisse <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/Suisse/Suisse.htm>
> > > > > Genève <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/Geneve/geneve.htm>
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> > > > > Bombay <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/BOMBAY/bombai.htm>
> > > > > Sri Lanka <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/Sri/Sri_lanka.htm>
> > > > > Inde <http://www.yvettedefrance.com/Photos-du-monde/Pays/Inde/Inde.htm>
 

Russie: Poutine élu président au premier tour, l’opposition ne désarme pas

Vladimir Poutine a remporté avec près de 64% des voix la présidentielle russe au premier tour, selon des résultats quasi-définitifs publiés lundi matin, au lendemain d’un scrutin dénoncé par l’opposition qui compte organiser à Moscou une mobilisation très importante de ses partisans.

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                                      Photographe : Alexey Druzhinin :: Vladimir Poutine devant le Kremlin  au soir de la présidentielle le 4 mars 2012
                                         photo : Alexey Druzhinin, AFP

Le Premier ministre et homme fort du pays, déjà président de 2000 à 2008, a obtenu 63,9% des voix après dépouillement des résultats dans 98,47% des bureaux de vote, selon les données annoncées par la commission électorale centrale.

Le communiste Guennadi Ziouganov obtient 17,18% des voix, le libéral Mikhaïl Prokhorov 7,7%, le populiste Vladimir Jirinovski 6,24% et le centriste Sergueï Mironov 3,84%, selon ces chiffres, avec une participation de 64%.

« La récréation est finie », titrait lundi le journal d’opposition Novaïa Gazeta, qui a été un des médias phares de la contestation de ces derniers mois contre le pouvoir de l’ex-agent du KGB.

 

Alexeï Navalny, un des leaders de la coalition d’opposition, a néanmoins prédit la poursuite de la protestation, et in fine la victoire sur le pouvoir de M. Poutine. « Rien d’inattendu ne s’est produit. Chacun comprenait que Poutine s’organiserait une victoire au premier tour et se déclarerait président », a dit M. Navalny à l’antenne de la radio Echo de Moscou. « La protestation pacifique va se poursuivre (…), je suis sûr qu’elle aboutira dans un avenir plus ou moins proche à la chute du régime de Poutine tel que nous le connaissons », a-t-il ajouté.

S’exprimant dimanche soir devant plus de 100.000 personnes massées Place du Manège, au pied de l’enceinte du Kremlin, Vladimir Poutine a félicité ses concitoyens d’avoir dit selon lui « oui à la grande Russie », dans un discours offensif après l’annonce de sa large victoire. « Nous avons gagné dans une lutte ouverte et honnête », a-t-il lancé, alors que l’opposition communiste et libérale, qui affirme que de multiples fraudes ont été commises, avait dénoncé peu avant un scrutin faussé et illégitime. M. Poutine s’est aussi félicité que les Russes aient écarté « les provocations politiques dont le but est de détruire notre Etat et d’usurper le pouvoir », dans une allusion claire à l’opposition qu’il a à plusieurs reprises accusée de servir les intérêts de puissances étrangères.

Son porte-parole, Dmitri Peskov, a cependant souligné lundi matin que Vladimir Poutine était « un pragmatique, orienté vers le dialogue avec tous ceux qui veulent un travail constructif », selon l’agence Interfax.

Dans un autre signe d’apaisement, le président Dmitri Medvedev, un proche de Vladimir Poutine que celui-ci avait propulsé en 2008 au Kremlin faute de pouvoir effectuer plus de deux mandats consécutifs selon la constitution, a fait savoir lundi qu’il avait ordonné de vérifier le « bien-fondé » de la condamnation de plusieurs personnes, dont l’ex-magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovski. Celui-ci, arrêté en 2003, purge une peine de 13 ans de prison dans une affaire emblématique et largement considérée comme un règlement de comptes politique à l’égard d’un patron trop indépendant qui finançait l’opposition.

M. Medvedev a aussi ordonné de revoir la légitimité du refus d’enregistrement du parti Parnas, une des principales formations d’opposition libérale.

Dans le même temps, plusieurs leaders d’opposition, dont Sergueï Oudaltsov (Front de gauche) et Ilia Iachine (libéral) ont indiqué à Echo de Moscou avoir été convoqués par la police lundi, comme Alexeï Navalny, au sujet de la manifestation prévue le même jour. Ils ont indiqué ne pas avoir l’intention de se rendre à cette convocation « illégale ».

L’ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov, co-président de Parnas, a appelé l’opposition à « continuer d’exiger du pouvoir de respecter la constitution » et des « élections libres » lors de la manifestation prévue lundi soir dans le centre de la capitale, à l’antenne de la radio Echo de Moscou.

Dimanche, les représentants de certains candidats, des opposants, les organisations de surveillance électorale comme l’association Golos et la Ligue des électeurs ainsi que des médias indépendants ont affirmé avoir recensé quantité de fraudes. Le site control2012.ru, mis en place pour comptabiliser les infractions constatées par la Ligue des électeurs, le parti démocrate Iabloko et les partisans de M. Prokhorov, avait comptabilisé dans la nuit 5.758 cas. Ce site recensait notamment 131 cas de bourrage d’urnes et 327 cas de « transport massif d’électeurs », une technique qui permet à un groupe de voter plusieurs fois dans différents bureaux grâce à des autorisations frauduleuses.

Le pouvoir avait assuré que le scrutin serait démocratique, après que les falsifications dénoncées par l’opposition et des observateurs indépendants en décembre, lors des législatives, eurent déclenché une vague de contestation sans précédent depuis 2000 sous le slogan « La Russie sans Poutine ».

M. Poutine avait affirmé régler le problème en ordonnant l’installation de 180.000 webcams –deux par bureau de vote– pour que chacun puisse suivre le déroulement de l’élection en direct sur internet. Mais le système était loin de permettre de réellement surveiller le scrutin, selon les observations faites dimanche par l’AFP.

L’efficacité d’une telle initiative avait du reste été mise en doute par la mission d’observation électorale de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui doit donner ses conclusions sur le scrutin lundi.

La campagne électorale avait par ailleurs été marquée par l’emploi massif des ressources de l’Etat en faveur de M. Poutine, des pressions et intimidations à l’encontre de l’opposition et des médias indépendants, a relevé l’ONG Golos. De très importantes forces de police ont été mobilisées dans le centre de la capitale russe dès dimanche pour dissuader toute velléité de contestation, donnant par endroits à la ville des allures de camp retranché. Quelque 36.500 hommes, dont des soldats des troupes du ministère de l’Intérieur, ont été mobilisés dans la ville, ont indiqué les autorités.

 

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