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Archives de décembre, 2011

Les cloches ont sonné pour Vaclav Havel, devant de nombreux dirigeants du monde

Les cloches ont sonné à toute volée vendredi pour Vaclav Havel à Prague, où de nombreuses personnalités se sont jointes aux Tchèques dans leur dernier hommage à l’ancien président et héros de la « Révolution de velours » anticommuniste de 1989, décédé dimanche à l’âge de 75 ans.

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                                              Photographe : Robert Michael :: Funérailles nationales pour Vaclav Havel, le 23 décembre 2011 à prague
                                                photo : Robert Michael, AFP

Un millier d’invités ont assisté à la cérémonie d’adieu incluant une messe de requiem en la cathédrale Saint-Guy, au Château de Prague. Une minute de silence a été observée à travers tout le pays à midi et les cloches ont sonné dans les églises.

Le président français Nicolas Sarkozy était présent, ainsi que la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et son époux Bill Clinton, ex-président des Etats-Unis, le Premier ministre britannique David Cameron et l’ex-secrétaire d’Etat américaine d’origine tchèque, Madeleine Albright.

« Toute l’Europe se réunit autour de la mémoire de Vaclav Havel. Quel est le message de cet homme? Avoir des convictions. Se battre pour elles. Prôner le dialogue et le respect. Regarder son passé et en tirer des conclusions pour l’avenir », a déclaré M. Sarkozy peu avant la cérémonie.

La messe de requiem a été concélébrée par l’archevêque de Prague Dominik Duka et l’evêque auxiliaire de Prague Vaclav Maly, tous deux anciens prisonniers politiques sous le régime communiste qui s’est effondré avec la « Révolution de velours » pilotée par Vaclav Havel en 1989.

« Le président, l’homme politique, l’intellectuel et l’artiste est parti, l’homme dont nous nous souviendrons avec reconnaissance et respect », a déclaré le président tchèque Vaclav Klaus au cours de la cérémonie d’adieu à la cathédrale Saint-Guy.

« Je me souviens comment M. Havel a défendu courageusement les droits de l’homme à une époque où ils étaient systématiquement refusés au peuple de votre pays », a de son côté déclaré le pape Benoît XVI dans un message lu par Mgr Giovanni Coppa, ancien nonce apostolique à Prague.

Vaclav Havel était « l’un des hommes les plus respectés de notre planète au cours de ces vingt dernières années », a de son côté déclaré en tchèque l’ex-secrétaire d’Etat américaine d’origine tchèque, Madeleine Albright, amie personnelle de M. Havel.

Icône de la lutte pour la liberté et la démocratie, Vaclav Havel s’est éteint dans son sommeil dimanche à l’âge de 75 ans, dans sa maison de campagne située à 150 km de Prague.

La cérémonie à la cathédrale Saint-Guy a été retransmise en direct par la télévision publique Ceska Televize (CT) et des écrans géants ont été installés dans le quartier entourant le Château, siège officiel de la présidence.

Alena Bartonova, 33 ans, a fait 120 kilomètres pour venir à Prague de Karlovy Vary avec son mari et leur fils de six ans pour ces funérailles historiques.

« Vaclav Havel a été une autorité morale, un symbole de la fin du communisme », a-t-elle dit à l’AFP, tenant entre ses mains un grand bouquet de roses. « C’est comme si nous avions perdu un proche », a-t-elle ajouté.

Un grand portrait de Vaclav Havel a été accroché sur le bâtiment du Musée national, de petits rubans tricolores bleu-rouge-blanc (couleurs du drapeau tchèque) avec un petit ruban noir ont été distribués aux Praguois. Et dans les voitures du métro, les passagers ont pu lire des citations de l’ancien président.

Un jour de deuil national a été observé vendredi aussi en Slovaquie, Vaclav Havel ayant été le président de l’ancienne Tchécoslovaquie de 1989 à 1992. En Pologne, une avenue portant le nom de Vaclav Havel a été inaugurée vendredi à Gdansk, berceau en 1980 du syndicat polonais Solidarité et ville de son chef historique Lech Walesa, qui assistait vendredi à la céremonie.

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Génocide arménien : Erdogan hausse le ton et accuse la France de génocide

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan s’en est pris avec virulence à la France vendredi, l’accusant de « génocide » en Algérie, au lendemain de l’adoption par les députés français d’un texte de loi pénalisant la négation du génocide arménien, que la Turquie a toujours nié.

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                                                             Photographe : Adem Altan :: Le Premier ministre turc Tayyip Erdogan, le 22 décembre 2011 à Ankara
                                                                   photo : Adem Altan, AFP

« On estime que 15% de la population algérienne a été massacrée par les Français à partir de 1945. Il s’agit d’un génocide », a lancé M. Erdogan au cours d’une conférence à Istanbul, faisant allusion aux violences commises au moment du processus d’indépendance de l’Algérie de la domination française, entre 1945 et 1962.

« Si le président français M. Sarkozy ne sait pas qu’il y a eu un génocide, il peut demander à son père Pal Sarkozy (…) qui a été légionnaire en Algérie dans les années 1940 », a-t-il ajouté. « Je suis sûr qu’il (Pal Sarkozy) a beaucoup de choses à dire à son fils sur les massacres commis par les Français en Algérie. »

« Les Algériens ont été brûlés collectivement dans des fours. Ils ont été martyrisés sans pitié », a-t-il même ajouté.

« Le président français Sarkozy a commencé à rechercher des gains électoraux en utilisant la haine du musulman et du Turc », a encore déclaré le chef du gouvernement islamo-conservateur turc.

« Ce vote qui a eu lieu en France, une France où vivent environ cinq millions de musulmans, a clairement montré à quel point le racisme, la discrimination et l’islamophobie ont atteint des dimensions dangereuses en France et en Europe », a asséné M. Erdogan.

L’Assemblée nationale française a voté jeudi une proposition de loi réprimant d’un an de prison et d’une amende la contestation du génocide arménien de 1915-17, suscitant la colère d’Ankara qui réfute le caractère génocidaire des massacres survenus dans les dernières années de l’empire ottoman.

A la suite de ce vote, la Turquie a rappelé son ambassadeur en France, et a annoncé le gel de la coopération politique et militaire entre les deux pays, pourtant alliés au sein de l’Otan.

Ces sanctions contre la France ne portent par sur les échanges commerciaux ou l’activité des entreprises françaises en Turquie, mais M. Erdogan a prévenu qu’il pourrait y avoir plusieurs trains de mesures contre la France.

Le volume bilatéral des échanges a atteint près de 12 milliards d’euros en 2010 et un millier d’entreprises françaises travaillent en Turquie.

Paris de son côté s’est efforcé de calmer le jeu, face à la virulence des réactions des Turcs, heurtés dans leur fierté nationale, d’après les commentaires de la presse.

« Je respecte les convictions de nos amis turcs, c’est un grand pays, une grande civilisation, ils doivent respecter les nôtres », a déclaré le président Sarkozy à Prague, où il assistait aux obsèques de l’ancien président tchèque Vaclav Havel.

« La France ne donne de leçons à personne, mais la France n’entend pas en recevoir », a aussi dit M. Sarkozy.

« Je pense que cette initiative n’était pas opportune, mais le Parlement a voté. (…) Essayons maintenant de reprendre des relations apaisées. Ce sera difficile, j’en ai conscience, mais le temps fera son oeuvre », a pour sa part réagi le chef de la diplomatie française, Alain Juppé.

« Il y a beaucoup de raisons de maintenir entre la France et la Turquie des relations de confiance et même d’amitié, j’ose le mot (…) donc j’appelle à nouveau au sang-froid et à la retenue », a-t-il encore dit.

Rappelé par son pays, l’ambassadeur de Turquie à Paris, Tahsin Burcuoglu, « est rentré pour consultations », a annoncé dans la matinée à l’AFP le porte-parole de la représentation diplomatique à Paris, Engin Solakoglu. Son homologue français est, opportunément, en vacances.

A Istanbul, une centaine d’islamistes ont manifesté sans incidents, aux cris d' »A bas la France ! », devant le consulat de France.

 

Génocide arménien: vote d’une loi française, premières représailles turques

Les députés français ont approuvé jeudi une proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien de 1915, un vote qui a provoqué les premières représailles diplomatiques d’Ankara avec le rappel de son ambassadeur à Paris.

 
                                              Photographe : Jacques Demarthon :: Des députés français applaudissent après le vote, le 22 décembre 2011, d'une proposition de loi pénalisant la négation du génocide arménien de 1915.
                                            photo : Jacques Demarthon, AFP

Moins de deux heures après le vote de l’Assemblée nationale, Ankara avait déjà demandé à son ambassadeur à Paris de rentrer en Turquie. « Il part demain » (vendredi) et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan va préciser sous peu les décisions prises, a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’ambassade, Engin Solakoglu.

« Cette loi équivaut à une trahison de l’histoire et des réalités historiques », a condamné le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç sur son compte Twitter, en estimant qu’elle signe « le retour en France des tribunaux de l’Inquisition ».

Le ministre arménien des Affaires étrangères, Edouard Nalbandian, a de son côté exprimé « la gratitude » de son pays. La France « en adoptant cette loi a prouvé de nouveau qu’il n’y avait pas de prescription pour les crimes contre l’humanité et que les nier devait être puni », a-t-il dit à l’AFP.

Le texte a été approuvé jeudi midi à main levée par une très large majorité de la cinquantaine de députés présents, une demi-douzaine votant contre, alors que plusieurs milliers de Français d’origine turque dénonçaient cette législation aux abords de l’Assemblée nationale.

A la suite de ce vote, les relations franco-turques vont se brouiller pour une durée indéterminée, dans un contexte où les deux pays s’attachaient au contraire à faire cause commune pour obtenir un arrêt de la répression meurtrière en Syrie.

La proposition de loi punit d’un an de prison et de 45.000 euros d’amende la négation d’un génocide reconnu par la loi, comme l’est depuis 2001 en France le génocide arménien de 1915 qui a fait 1,5 million de morts, selon les Arméniens).

La Turquie reconnaît que jusqu’à 500.000 Arméniens sont morts pendant des combats et leur déportation, mais non par une volonté d’extermination.

Ankara a multiplié les pressions pour empêcher un examen du texte par le Parlement français, évoquant notamment l’exclusion des industriels français de marchés turcs et le gel de la coopération culturelle entre les deux pays.

En 2010, la Turquie a compté près de 12 milliards d’euros d’échanges avec la France.

« Ce sont des menaces en l’air et je crois qu’il faudrait que nous revenions à un dialogue beaucoup plus apaisé parce que cela ne sert à rien d’exacerber les haines de part et d’autre », a rétorqué jeudi avant le vote des députés le ministre français aux Affaires européennes Jean Leonetti.

Liée par des engagements internationaux au sein de l’Union européenne et de l’Organisation mondiale du commerce, la Turquie « ne peut pas discriminer pour des raisons politiques un pays ou un autre », a précisé le ministre.

La Turquie juge que la loi a une motivation électoraliste pour s’attirer les faveurs du demi-million d' »Arméniens de France » lors de la présidentielle d’avril, ce qu’a démenti Paris.

Le texte a été déposé par Valérie Boyer, une députée du parti présidentiel élue à Marseille (sud-est) où vit une forte communauté arménienne.

Sur les deux génocides reconnus par la France, celui des juifs durant la seconde guerre mondiale et celui des Arméniens, seule la négation du premier est actuellement réprimée.

Si la majorité des députés de droite et de gauche ont apporté lors du débat leur soutien à la proposition de la loi, plusieurs voix dissonantes se sont fait entendre, y compris au sein du gouvernement.

Le ministre français de la Défense Gérard Longuet a ainsi jugé que « les députés (n’étaient) pas nécessairement les meilleurs historiens », tandis que son collègue de la Culture, Frédéric Mitterrand, déclarait qu’il n’était « pas très chaud sur les lois mémorielles ».

Le chef de la diplomatie, Alain Juppé, est lui resté silencieux.

Selon plusieurs médias, il serait en désaccord avec l’opportunité de la proposition de loi en raison de ses conséquences sur les relations bilatérales et l’aurait fait savoir au président de la République.

Nicolas Sarkozy est l’un des plus vifs opposants à l’entrée de la Turquie dans l’UE et les relations avec la Turquie depuis son arrivée au pouvoir en 2007 ont été émaillées de crises.

Pour entrer en vigueur, la proposition de loi devra cependant aussi être adoptée par le Sénat, ce qui pourrait prendre plusieurs mois.

 

Qui est Kim Jong-un, le nouveau leader nord-coréen?

Par , publié le 19/12/2011 à 16:22, mis à jour à 18:06

 
       Qui est Kim Jong-un, le nouveau leader nord-coréen?                                         Kim Jong-un, ici lors d’une visite d’entreprise, à une date indéterminée.

                                                                                   REUTERS/KCNA/Files

Il a moins de trente ans, a étudié en Suisse… et c’est une « copie conforme » de son père, Kim Jong-il, décédé ce samedi. Portrait de Kim Jong-un, le nouveau dirigeant de la Corée du Nord. 

« Etendre sa dynastie sur une troisième génération, ce serait une première dans le monde communiste! », commentait à l’automne 2010 le New York Times, alors que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il préparait l’entrée en scène de son fils, Kim Jong-un. Kim Jong-il lui-même avait déjà succédé à son père Kim Il-sung à la tête de la Corée du Nord en 1994, à la mort de ce dernier.  

C’est donc chose faite. Cet homme de moins de 30 ans -son âge précis est inconnu- dont le monde entier ignorait jusqu’au visage il y a un peu plus d’un an a été désigné pour prendre la succession de Kim Il-sung, décédé ce samedi, a annoncé l’Agence centrale de presse coréenne (KCNA) ce lundi: « Tous les membres du Parti, les militaires et le public devraient suivre fidèlement l’autorité du camarade Kim Jong-un et protéger et renforcer le front uni du parti, de l’armée et du public ».  

« Copie conforme de son père »

Le nom de Kim Jong-un, le troisième fils de Kim Jong-il avait commencé à circuler à l’été 2009. Mais c’est en 2010 que des chansons et des slogans de propagande comportant le nom du jeune homme se sont propagées dans le pays. Ces démonstrations annonçaient, selon les analystes, l’accélération du processus de succession dynastique, quelques jours après que Kim Jong-un avait accédé à de hautes fonctions au sein du Parti des travailleurs. Un peu plus tôt en effet, malgré son très jeune âge, il avait été nommé général quatre étoiles. 

Le nouveau leader de la Corée du Nord serait né de la troisième épouse -ou maîtresse, autre information imprécise- de Kim Jong-Il, une danseuse d’origine japonaise décédée d’un cancer. Formé dans des institutions suisses où se mêlaient les enfants de diplomates de nombreux pays, Kim Jong-un y est devenu un grand amateur de basket-ball, selon les services secrets sud-coréens. Et il partageait avec son père son admiration pour Jean-Claude Van Damme, selon le quotidien britannique The Guardian. Son nom en caractères chinois signifie « nuage justes », précise le journal japonais Asahi Shimbun

Il est une « copie conforme de son père au niveau du visage, de la corpulence et de la personnalité », raconte dans ses mémoires le Japonais Kenji Fujimoto, ancien chef cuisinier personnel du « Cher leader », autant d’éléments qui lui auraient valu la préférence de son père, aux dépens de ses deux autres frères, l’aîné Kim Jong-Nam et le deuxième fils Kim Jong-Chul. 

Adoubé par Pékin

Kim Jong-Un n’était pourtant pas cité initialement par les analystes comme le mieux placé dans l’ordre de succession, son frère aîné ayant longtemps fait figure de favori. Mais celui-ci aurait perdu les faveurs paternelles depuis son expulsion du Japon où il avait tenté de pénétrer, muni d’un faux passeport, en 2001. Même s’il a ensuite été nommé à un poste clef au sein du parti des Travailleurs, la formation unique qui préside d’une main de fer aux destinées du pays. Et pour couronner l’intronisation, il a été envoyé en visite diplomatique en Chine en mai dernier, rapporte le Asahi Shimbun. Le quotidien japonais explique que Pékin préfère le statu quo à Pyongyang, de crainte qu’une reprise en main du Nord par la Corée du Sud n’amène les alliés américains de Séoul aux frontières de la Chine. 

Bien entouré

Bien que désigné successeur, Kim Jong-un n’est sorti que progresssivement de l’ombre, et il sera probablement bien entouré. La soeur unique de Kim Jong-Il, Kim Kyong-Hui, ainsi que son époux, Jang Song-Thaek, devraient jouer un rôle prééminent à ses côtés, secondés dans leur tâche par le chef de l’Etat-major interarmées Ri Yong-Ho, affirme le professeur Yang Moo-Jin, de l’université de Séoul. Kim Il-sung, au moment où il nommait son fils général, avait d’ailleurs en même temps nommé sa soeur et son beau-frère à des postes stratégiques, afin de créer un triumvirat familial, ajoute le Asahi Shimbun. La jeunesse de Kim Jong-Un est peut-être justement sa principale qualité aux yeux d’une vieille garde soucieuse de garder le contrôle de Pyongyang… 

En tout cas, le jeune Kim « ne devrait pas engager de changement de politique drastique tant qu’il s’emploiera à asseoir son autorité », observe Baek Seung-Joo, de l’Institut coréen d’analyses militaires. 

Nombreux hommages à l’ancien président tchèque Vaclav Havel

De nombreux dirigeants occidentaux ont rendu hommage à l’ancien président tchèque Vaclav Havel , décédé dimanche à l’âge de 75 ans, saluant en lui « un héros de la liberté et de la démocratie » et « un pionnier de la réunification européenne ».

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                                                  Photographe : Michal Cizek :: Des bougies devant une photo de l'ancien président tchèque Vaclav Havel, le 18 décembre 2011 à Prague
                                                       photo : Michal Cizek, AFP

« L’Europe pleure aujourd’hui l’un de ses géants », a déclaré le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjoern Jagland, rappelant le rôle éminent de Vaclav Havel lors de la « révolution de velours » de Prague en 1989.

« Sans des personnes comme Vaclav Havel, l’Europe serait aujourd’hui un endroit bien différent », a souligné M. Jagland.

Le président américain Barack Obama a relevé que Havel avait « incarné les aspirations de la moitié d’un continent coupé par le Rideau de fer et aidé à défaire les liens de l’Histoire, conduisant à une Europe démocratique et unie ».

« Sa résistance pacifique a ébranlé les fondations d’un empire, montré le vide d’une idéologie répressive et prouvé que le leadership moral est plus puissant qu’une quelconque arme », a déclaré M. Obama.

« Le président Havel a passé sa vie à briser les chaînes de l’oppression, s’élevant contre la tyrannie et prônant la démocratie et la liberté », a commenté la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton.

La chancelière allemande Angela Merkel a salué « un grand Européen ». « Son combat pour la liberté et la démocratie était aussi inoubliable que sa grande humanité. Nous les Allemands, nous lui sommes particulièrement redevables », a-t-elle dit.

Vaclav Havel, « âme de la révolution tchèque », « était un pionnier de la réunification européenne », a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle. « Sans lui, le réveil démocratique de l’Europe centrale et orientale n’aurait pas été possible », a-t-il estimé.

« L’Europe a une dette profonde vis-à-vis de Vaclav Havel », qui « a voué sa vie à la cause de la liberté humaine », a déclaré le Premier ministre britannique David Cameron. « Pendant des années, le communisme a tenté de l’écraser, et d’éteindre sa voix. Mais Havel, le dramaturge et le dissident, ne pouvait être réduit au silence », a-t-il rappelé.

« Havel a tiré le peuple tchèque de la tyrannie. Il a aidé à instaurer la liberté et la démocratie sur l’ensemble de notre continent », a souligné M. Cameron.

« Avec la disparition de Vaclav Havel, la République tchèque perd l’un de ses grands patriotes, la France perd un ami, l’Europe perd l’un de ses sages », a déclaré le président français Nicolas Sarkozy dans une lettre au président tchèque Vaclav Klaus.

« Homme de culture et écrivain de grand talent, Vaclav Havel incarnait un engagement infatigable en faveur de la démocratie et de la liberté », souligne M. Sarkozy.

Le Premier ministre italien Mario Monti a déploré la disparition d’un « grand homme d’Etat et d’un homme de culture (qui) a lutté pour les valeurs dans lesquelles il croyait: liberté, démocratie et la dignité de tous les êtres humains – le fondement de la construction européenne ».

Le président tchèque Vaclav Klaus a rendu hommage à son prédécesseur, « devenu un symbole de l’Etat tchèque moderne », et a salué sa « lutte courageuse » contre le totalitarisme communiste.

En Slovaquie, la Premier ministre Iveta Radicova a qualifié d' »autorité morale » et de « modèle à suivre » celui qui fut président de la Tchécoslovaquie avant sa partition en 1993.

« Vaclav Havel fut un grand Européen », a déclaré le Premier ministre polonais Donald Tusk. Il « fait partie de ceux qui ont rendu possible le retour de l’Europe centrale vers le reste du continent » et « de ce fait, il est l’un des pères de la nouvelle réunification de l’Europe », a-t-il estimé.

Le président du Parlement européen, le Polonais Jerzy Buzek, a déploré la mort du « héros de la révolution de velours », qui sera regretté « sur tout le continent européen, qu’il a contribué à réunifier ».

« Vaclav Havel était l’un des grands Européens de notre époque », et « sa voix en faveur de la liberté a tracé le chemin vers une Europe unie et libre », a lui aussi estimé le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt. « L’une des voix les plus importantes, les plus fortes et les plus courageuses de l’Europe moderne nous a quittés », a-t-il déploré.

Pour Lech Walesa, chef historique du syndicat Solidarité et ancien président polonais, Vaclav Havel « fut un grand orateur de la lutte pour la liberté, pour la démocratie et pour la libération du joug du communisme ».

La présidente lituanienne Dalia Grybauskaite a rappelé le soutien que Vaclav Havel avait apporté à la Lituanie il y a deux décennies dans sa lutte pour se libérer du joug soviétique et restaurer son indépendance. Havel a été « un exemple pour les dissidents lituaniens », a-t-elle dit.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a lui aussi rendu hommage à Vaclav Havel, « une voix forte et courageuse contre le totalitarisme » et « un vrai ami d’Israël ».

Le Premier ministre canadien, Stephen Harper, a lui jugé qu’en « contribuant à libérer son propre peuple, il a aussi contribué à étendre la liberté à un continent tout entier ».

 

Corée du Nord:Kim Jong-Il est mort, son fils Kim Jong-Un « grand successeur »

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il est mort samedi d’une crise cardiaque, léguant à son fils Kim Jong-Un désigné pour sa succession, un pays parmi les plus fermés au monde, doté de l’arme nucléaire mais isolé au plan diplomatique, ainsi qu’une économie moribonde.

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                                             Photographe : Kim Jae-Hwan :: Une édition spéciale du journal sud-coréen Dong-A Ilbo est imprimée pour la mort de Kim Jong-Il dont la photo apparaît en Une, le 19 décembre 2011 à Séoul
                                                photo : Kim Jae-Hwan, AFP

Kim Jong-Il, dont la santé s’était rapidement dégradée après un accident cérébral en 2008, était âgé de 69 ans, selon sa biographie officielle.

Il dirigeait d’une main de fer depuis la mort de son père, Kim Il-sung, en 1994, la République populaire démocratique de Corée (RPDC), unique dynastie communiste de l’Histoire où règnent culte exacerbé de la personnalité, censure, exécutions et internements arbitraires dans des camps considérés par les ONG comme des mouroirs de masse.

Kim Jong-Un, plus jeune fils du dirigeant Kim Jong-Il, a été décrit très officiellement comme le « grand successeur » de son père.

« A l’avant-garde de la révolution coréenne se trouve à présent Kim Jong-Un, grand successeur de la cause révolutionnaire du Juché et chef remarquable de notre parti, de notre armée et de notre peuple », a rapporté l’agence officielle nord-coréenne.

Le Juché désigne l’idéologie développée par le fondateur de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), Kim Il-Sung, père de Kim Jong-Il et grand-père de Kim Jong-Un, mélange de communisme et d’autosuffisance.

Les Etats-Unis ont immédiatement fait savoir qu’ils surveillaient la situation « de près » en soulignant que Washington souhaitait la « stabilité » dans la péninsule coréenne.

« Nous surveillons de près les informations sur la mort de Kim Jong-Il. Le président (Barack Obama) a été mis au courant, et nous sommes en contact étroit avec nos alliés en Corée du Sud et au Japon », où les Etats-Unis possèdent des bases avec des milliers d’hommes stationnés, a affirmé un porte-parole de la Maison Blanche dans un court communiqué.

« Nous restons engagés à la stabilité dans la péninsule coréenne, et à la liberté et la sécurité de nos alliés ».

La mort de Kim survient alors que Washington et Pyongyang avaient relancé leurs consultations directes ces derniers mois au sujet du nucléaire nord-coréen, avec parfois l’intercession de la Chine, l’un des derniers soutiens du régime.

Le ministre des Affaires étrangères britannique, William Hague, a estimé que la mort de Kim Jong-Il « pourrait être un tournant pour la Corée du Nord »,.

« Nous espérons que le nouveau pouvoir réalisera que c’est en s’impliquant dans la communauté internationale qu’il aura les meilleures chances d’améliorer les conditions de vie du peuple nord-coréen », a déclaré M. Hague dans un communiqué.

A Pékin, le drapeau de l’ambassade nord-coréenne a été descendu à mi-mât lundi matin, a constaté un photographe de l’AFP.

En Corée du Sud, l’armée a été placée en état d’alerte et le gouvernement a annoncé une réunion en urgence de son Conseil de sécurité national. Les deux Corées restent techniquement en état de conflit armé depuis l’armistice précaire signé à l’issue de la guerre de Corée (1950-53).

Les Sud-Coréens oscillaient entre craintes et espoir lundi matin à Séoul.

« Je pense que la Corée du Nord va finalement s’ouvrir beaucoup plus tôt que prévu », estimait ainsi un homme d’affaires, Ko Jae-Lin.

Le Japon, ancienne puissance coloniale en Corée (1910-1945), a annoncé une réunion d’urgence du gouvernement et présenté ses « condoléances » pour le « décès inattendu » de Kim.

« Le gouvernement japonais espère que cette situation ne va pas avoir de conséquences négatives sur la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne ».

Né officiellement le 16 février 1942, Kim Jong-Il est décédé le samedi 17 décembre à 08H30 locales (le 16 décembre à 23H30 GMT) d’un « infarctus du myocarde sévère et une crise cardiaque » dans son luxueux train blindé, au cours d’un déplacement en province, selon l’agence nord-coréenne.

Kim, dont la biographie officielle et apologique souligne le sacrifice permanent de sa vie pour son pays, « a succombé à un grand épuisement mental et physique », a-t-elle souligné.

Une présentatrice en pleurs a également annoncé sa mort à la télévision d’Etat, rappelant les scènes d’hystérie –pour partie orchestrées, soulignent les détracteurs du régime– qui avaient accompagné la mort de Kim Il-Sung.

Promu ces dernières années aux plus hautes fonctions militaires et politiques, le futur leader nord-coréen, Kim Jong-Un, est largement énigmatique.

Les médias officiels ont appelé les Nord-Coréens à le reconnaître comme leur nouveau leader.

« Tous les membres du Parti (des travailleurs, ndlr), les militaires et le public devraient suivre fidèlement l’autorité du camarade Kim Jong-Un », a exhorté l’agence KCNA.

Les funérailles nationales de Kim Jong-Il ont été fixées au 28 décembre à Pyongyang. Les autorités ont décrété un deuil du 17 au 29 décembre.

La crise de l’Europe vue par Jean Gabin

              La crise de l’Europe vue par Jean Gabin

                                                                     gabin

A l’heure où l’Europe s’interroge sur son avenir économique et institutionnel, Ia plaidoirie de Jean Gabin dans le film « Le Président » qui circule sur Internet prend tout son sens.

Publié le 14/12/2011

Internet regorge de pépites cinématographiques. En voici une. L’extrait du film « Le Président«  réalisé par Jean Verneuil et sorti en 1961 pourrait être visionné dans toutes les classes d’école, du collège au cours de Sciences Po. On y découvre 11 minutes d’éloquence de la part d’un Gabin remonté devant une Assemblée Nationale à la solde du système financier.

Jean Gabin y joue le rôle d’Emile Beaufort, ancien président du Conseil sous la IVe République qui s’oppose à Philippe Chalamont (interprété par Bernard Blier), à l’origine d’un scandale financier. La crise politique gronde et Jean Gabin répond ainsi :

« Je viens de m’apercevoir que le langage des chiffres a ceci de commun avec le langage des fleurs : On lui fait dire c’que l’on veut ! […] Vous me permettrez donc de préférer le langage des hommes. Je le comprends mieux ! »

« Je n’ai jamais cessé de penser à l’Europe. Monsieur Chalamont a passé une partie de sa vie dans une banque à y penser aussi. Nous ne parlons forcément pas de la même Europe. »

« Si cette assemblée avait conscience de son rôle, elle repousserait cette Europe des maîtres de forges et des compagnies pétrolières. »

Répondant à un député de gauche :

« – Je vous reproche simplement de vous être fait élire sur une liste de gauche et de ne soutenir à l’Assemblée que des projets d’inspiration patronale !
– Il y a des patrons de gauche, je tiens à vous l’apprendre !
Il y a aussi des poissons volants, mais ils ne constituent pas la majorité du genre ! »

Les dialogues sont de Michel Audiard. On n’a même pas besoin de se demander quelle serait la nature des dialogues qui sortiraient de sa plume aujourd’hui. Ceux-ci y répondent déjà.

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