Un site utilisant WordPress.com

Archives de octobre, 2011

Il y a 50 ans, Khrouchtchev retirait le corps de Staline du mausolée

Il y a cinquante ans, le 31 octobre 1961, le corps de Staline était retiré de nuit, dans le plus grand secret, du mausolée où il reposait à côté de Lénine sur la place Rouge à Moscou, après la dénonciation de ses crimes par son successeur Nikita Khrouchtchev.

Partagez cet article sur FacebookPartagez cet article sur Twitterpartagez <!– –>
 
 
                                      Photographe :  :: Staline en 1937 à Moscou
                                                           photo : AFP

Lors du 20ème congrès du Parti communiste en 1956, Khrouchtchev avait évoqué pour la première fois la terreur stalinienne mais son discours avait été alors réservé à l’élite du parti et soigneusement caché à la population soviétique.

Cette fois, alors que s’ouvre le 22ème congrès du Parti, Khrouchtchev a décidé de montrer de manière spectaculaire que la période stalinienne est close.

Dans son rapport, il dénonce à nouveau les crimes de Staline, mais cette fois publiquement. Le Parti décide alors –le 30 octobre– de retirer le corps de Staline du mausolée « en raison de ses graves violations des principes léninistes, ses abus de pouvoir et les répressions massives à l’encontre d’honnêtes citoyens ».

L’opération se fait le lendemain même, dans le plus grand secret car Khrouchtchev craignait -apparemment sans raison- la réaction de partisans de Staline.

A 18H00, la place Rouge est bouclée par la police sous prétexte de répétition de la parade militaire du 7 novembre, fête de la Révolution. Pour plus de vraisemblance, des camions militaires vides défilent devant le Kremlin pendant des heures. Pendant ce temps, des palissades sont installées autour du mausolée pour le cacher à la vue de tous.

A la nuit tombée, selon le souvenir de Fedor Konev, commandant de la garde du Kremlin à l’époque, des soldats creusent une tombe derrière le mausolée, le corps de Staline est sorti du sarcophage où il se trouvait depuis sa mort en 1953, placé dans un cercueil et porté en terre par huit officiers. Le tout prend fin un peu avant minuit.

La fille de Staline, Svetlana Alliluyeva, n’a pas été invitée. Sur place se trouvent seulement les membres de la commission chargée de cette opération extraordinaire ainsi que quelques officiers de l’armée et du KGB.

Le lendemain, les Moscovites découvrent avec stupeur que le nom de Staline a disparu du fronton du mausolée sur lequel n’apparait plus que le nom de Lénine. La presse soviétique publie un communiqué laconique: « Conformément aux décisions du 22ème congrès du Parti communiste, le cercueil de Staline a été retiré du mausolée de Lénine et transféré devant les remparts du Kremlin ».

A l’origine, Khrouchtchev avait pensé enterrer Staline au cimetière du monastère de Novodiévitchi à Moscou, dernière demeure de la femme du dictateur et de nombreuses personnalités russes et soviétiques.

Il avait finalement changé d’avis, selon le colonel Konstantin Mochkov, alors responsable de la sécurité du mausolée, de crainte que des Géorgiens fanatiques ne volent la dépouille de Staline (géorgien d’origine). Ce qui ne risquait pas d’arriver en enterrant l’ancien dictateur au pied du Kremlin, bâtiment gardé jour et nuit.

Staline expulsé du mausolée, d’autres mesures sont aussitôt prises pour effacer les traces du culte de la personnalité: Stalingrad devient Volgograd, les autres villes, rues et entreprises portant son nom sont débaptisées et les journaux cessent de publier des articles à sa gloire.

Aujourd’hui encore, la dernière demeure de Staline –régulièrement fleurie par des militants communistes– se trouve devant les murailles du Kremlin, parmi les tombes de hauts dignitaires du parti et de l’Etat soviétique, à quelques mètres du mausolée de Lénine.

Militants pour les droits de l’homme et anciens dissidents regrettent que vingt ans après la chute de l’Union soviétique, les dépouilles mortelles de Lénine et Staline occupent toujours cette place d’honneur, en plein centre de Moscou, sur la place Rouge.

 
Publicités

La statue de la Liberté fête aujourd’hui ses 125 ans à New York

La statue de la Liberté fête aujourd’hui ses 125 ans à New York le 28/10/2011 à 05:02 par Textes : Patrice Barrère

 
 
 
 
 

       Régis Hueber, conservateur du Musée Bartholdi de Colmar, devant le tableau peint par Bartholdi pour faire la promotion du projet, comme à Philadelphie en 1876. Photos Hervé KielwasserRégis Hueber, conservateur du Musée Bartholdi de Colmar, devant le tableau peint par Bartholdi pour faire la promotion du projet, comme à Philadelphie en 1876. Photos Hervé Kielwasser

 
  •                                      
  •                                      La première maquette en terre cuite de « Miss Liberty » en 1870.
  •  

Le maire de Colmar Gilbert Meyer et le député Eric Straumann fêtent aujourd’hui, à New York, les 125 ans de la statue de la Liberté, en présence du président américain Barack Obama. Le monument symbole des États-Unis est l’œuvre du Colmarien Auguste Bartholdi.

 

Auguste Bartholdi a réussi son pari. En 1870, quand le sculpteur colmarien se lance dans son projet de statue de la Liberté, son but est de faire une œuvre majeure qui marquerait le monde… Le monde entier ! À l’occasion, aujourd’hui, du 125 e anniversaire de son inauguration, le 28 octobre 1886, la Liberté éclairant le monde est devenue le monument emblématique du pays le plus connu de la planète.

Après l’échec de son projet de phare monumental à l’entrée orientale du canal de Suez, le Colmarien va travailler avec toute son énergie sur l’idée lancée à la fin des années 1860 par son ami Édouard Laboulaye. Ce dernier, grand admirateur de la démocratie américaine, souhaite offrir un cadeau remarquable aux États-Unis pour le centenaire de son indépendance.

En 1870, une petite sculpture en terre cuite, visible au Musée Bartholdi de Colmar, marque le point de départ de cette fabuleuse aventure qui va durer 16 ans !

En 1871, Auguste Bartholdi débarque pour la première fois sur les berges de l’Hudson. Aucun gratte-ciel à l’horizon, évidemment. Mais le Colmarien a une intuition devant l’île de Bedloe, en face New York. C’est ici qu’il veut voir ériger son œuvre. « Par acquit de conscience, Bartholdi va quand même traverser les États-Unis d’est en ouest pour trouver un éventuel autre emplacement, mais il reviendra à New York », explique Régis Hueber, le passionnant conservateur du Musée Bartholdi. Il faudra plusieurs années pour convaincre le gouvernement américain pour obtenir ce site militaire.

En 1875, à Paris, devant la presse internationale, le projet, entièrement financé par des fonds privés, est officiellement lancé. Au 25, rue de Chazelles, au cœur du XVII e arrondissement de la capitale, dans un petit atelier de cuivrerie d’art, va se monter la statue de la Liberté. La construction sera achevée en 1884. Des photos incroyables de la statue dépassant les toits parisiens donnent une idée du projet pharaonique qui a dû marquer inévitablement les habitants de l’époque. Mais un grain de sable apparaît en 1885, de l’autre côté de l’Atlantique. « Il existait deux comités, l’un français s’occupant du financement de la statue et l’autre américain chargé du piédestal. Or du côté américain, il n’y a plus d’argent pour finir le chantier de l’immense socle. Il va falloir l’intervention et l’idée géniale du grand patron de presse Joseph Pulitzer pour débloquer la situation », raconte Régis Hueber. En effet, le directeur du World va proposer à tous les nouveaux généreux donateurs, pour un cent jusqu’à des milliers de dollars, d’inscrire leurs noms à la une du journal… Énorme succès populaire ! Succès qui ne s’est jamais démenti depuis le jour de l’inauguration.

 

le 28/10/2011 à 05:02 par Textes : Patrice Barrère

Les islamistes s’imposent comme une force majeure en Tunisie

Le parti islamiste Ennahda s’est imposé comme une force majeure en Tunisie en remportant l’élection du 23 octobre avec plus de 41% des sièges de la nouvelle assemblée constituante au sein de laquelle il devra composer avec les partis de gauche qui obtiennent dans la dispersion quelque 33% des sièges.

 
 
 
                                              Photographe : Fethi Belaid :: Rached Ghannouchi (à gauche), co-fondateur du parti Ennahda, au cours d'une réunion, le 27 octobre 2011 à Tunis
                                                    photo : Fethi Belaid, AFP

Ennahda dispose de 90 élus dans la nouvelle assemblée qui en comprend 217 et devance les quatre principales formations de la gauche tunisienne –le Congrès pour la République (CPR), Ettakatol, le Parti démocrate progressiste (PDP) et la coalition du Pôle démocratique moderniste (PDM)–, qui en totalisent 73.

Les islamistes peuvent se targuer, aujourd’hui, d’avoir remporté les premières élections libres organisées dans la foulée du « printemps arabe » qui devait conduire à la chute de Ben Ali en Tunisie et d’Hosni Moubarak en Egypte.

Interdits, persécutés, emprisonnés ou condamnés à l’exil par la dictature de Ben Ali jusqu’à la chute de ce dernier en janvier, les islamistes se retrouvent en position de force dans la future assemblée qui va devoir constituer un nouvel exécutif et élaborer une constitution.

Pour former un gouvernement, les islamistes d’Ennahda se sont engagés à composer avec les principales forces représentées au sein de la Constituante, à l’exception de celles qui ont collaboré avec l’ancien pouvoir.

Ennahda a d’ores et déjà indiqué que son numéro deux, Hamadi Jebali, 62 ans, qui a passé seize années de sa vie en prison –dont 10 à l’isolement– était candidat à la direction du gouvernement.

Les tractations entre les partis ont commencé peu après le scrutin de dimanche dernier mais ne pourront formellement aboutir qu’après la première convocation de la nouvelle assemblée élue, qui devra d’abord nommer un nouveau président de la république qui, lui-même, désignera le Premier ministre.

Compte tenu des inquiétudes que suscitent en Tunisie et à l’étranger l’accession au pouvoir des islamistes, « il leur appartient désormais de clarifier leurs réelles intentions et de rassurer le pays », souligne vendredi matin le quotidien gouvernemental « La Presse ».

Ennahda accède à la tête de l’Etat sans majorité absolue et « c’est tant mieux! » se félicite le quotidien car, ajoute-t-il, « ses dirigeants auront à exercer le pouvoir avec l’obligation de toujours expliquer et de justifier leurs propositions ou décisions ».

« La Presse » s’interroge sur la capacité d’Ennahda à tenir ses engagements –plusieurs fois réitérés cette semaine– quant au respect des acquis démocratiques (statut de la femme, libertés fondamentales, etc) en Tunisie, « si la base ou les doctrinaires religieux exigent d’être plus énergiques et d’arrêter les compromis ».

Le journal avertit déjà: « qu’ils sachent (les dirigeants islamistes) que s’ils renient leurs engagements (…), ils trouveront en face d’eux une société tunisienne mûre, responsable et consciente de ses intérêts et de sa force ».

Pour l’heure, les autorités vont avoir à se déterminer par rapport à la décision du richissime homme d’affaires basé à Londres, Hechmi Haamdi, de se retirer de l’Assemblée constituante pour protester contre les invalidations de six des listes de son mouvement –« La pétition populaire » –qu’a annoncé jeudi soir la commission électorale.

 

La « Pétition populaire » est pourtant parvenue, malgré les invalidations, en quatrième position du scrutin, avec 19 élus.

Les 35 sièges restants de l’Assemblée se partagent entre de petits partis et indépendants.

Les invalidations des candidats de la « Pétition populaire » ont provoqué de sérieux troubles (pillages et déprédations de bâtiments publics) jeudi et une partie de la nuit la ville de Sidi Bouzid ‘centre), dont est originaire M. Haamdi, et où avait démarré la révolution tunisienne en décembre 2010.

 
 

  

Renault remporte le gros lot d’une commande de véhicules électriques

Renault a remporté vendredi le gros lot de l’appel d’offres lancé par des entreprises françaises et l’Etat pour s’équiper en voitures électriques, une annonce qui tombe à pic pour le constructeur automobile dont les premiers véhicules arrivent dans les concessions.

Partagez cet article sur FacebookPartagez cet article sur Twitter
 
                                                         Photographe : Miguel Medina :: L'utilitaire Kangoo ZE présenté le 30 septembre 2010 à Paris.
                                                            photo : Miguel Medina, AFP

Le groupe fournira 15.637 utilitaires Kangoo ZE —-la version électrifiée de son best-seller — sur une période de quatre ans. La majorité d’entre eux, environ 10.000, iront à La Poste, le reste aux autres entreprises associées à cette commande groupée.

Ceci intervient le jour même où les premiers Kangoo ZE arrivent dans les points de vente de Renault, qui mise énormément sur le véhicule électrique. Trois autres modèles électrifiés doivent suivre en fin d’année et en 2012.

Un deuxième lot de 3.074 voitures particulières a été attribué à l’autre constructeur automobile français, PSA Peugeot Citroën et à sa petite Peugeot Ion deux places, lancée il y a moins d’un an en même temps que la Citroën C Zéro.

Un troisième paquet devait porter sur 39.397 citadines quatre ou cinq places destinées essentiellement aux services de l’Etat mais il a été déclaré sans suite, a précisé la centrale d’achat Ugap dans un communiqué.

« Une nouvelle procédure sera lancée prochainement afin de permettre, en particulier, aux services de l?Etat de bénéficier d?une nouvelle offre correspondant mieux à leurs besoins », selon l’Ugap.

Hormis Renault et PSA, d’autres constructeurs français proposent des modèles électriques, dont Bolloré et Heuliez.

L’idée de lancer une grosse commande de véhicules électriques regroupant l’Etat et plusieurs sociétés est apparue début 2009 et a débouché l’année suivante sur un groupement comptant 20 adhérents (ADP, Air France, Areva, Bouygues, EDF, Eiffage, ERDF, France Télécom Orange, GDF Suez, Suez Environnement, GRT Gaz, GrDF, La Poste, RATP, le consortium d’aide aux collectivités SAUR, la SNCF, le groupe SPIE, l’Ugap, Veolia et Vinci), le tout piloté par La Poste.

Son but est « d’atteindre une masse critique permettant de faire naître une offre de véhicules électriques compétitive et pérenne », soulignent les ministères de l’Environnement, de l’Economie et des Finances et de l’Industrie dans un communiqué commun. A terme, 50.000 véhicules électriques pourraient être achetés via cette procédure.

Cette commande concrétise la volonté de l’Etat de faire de la France un des poids lourds de la filière « décarbonée ». L’utilisation par des grandes flottes de tels véhicules leur donnera plus de visibilité, alors que leur commercialisation est encore balbutiante et que des questions de prix d’achat des voitures et de manque d’infrastructures de recharge peuvent rendre les particuliers plus frileux.

A l’horizon 2020, la France devrait produire deux millions de ces véhicules et se doter dès 2015 d’un million de points de recharge, selon des projections du ministère de l’Environnement. La filière de l’automobile « décarbonée » devrait générer en France une activité économique de 15 milliards d’euros à l’horizon 2030.

Cette ambition a été réaffirmée en septembre par le ministre de l’Industrie Eric Besson, qui a signé avec les industriels engagés dans cette filière une charte en dix points en faveur du véhicule électrique.

Le gouvernement s’est aussi engagé à maintenir en 2012 la prime de 5.000 euros attribuée pour l’achat d’un véhicule électrique, dans un climat de rigueur budgétaire. Après cette date, la question de sa prolongation n’a pas été tranchée.

 

Libye: Mouammar Kadhafi enterré dans un lieu tenu secret

L’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été enterré dans la nuit de lundi à mardi dans un lieu tenu secret par le nouveau pouvoir libyen, cinq jours après sa mort dans des circonstances toujours floues.

Partagez cet article sur FacebookPartagez cet article sur Twitterpartagez
 
                                                     Photographe : Philippe Desmazes :: Les corps de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim exposés le 22 octobre 2011 à Misrata
                                                   photo : Philippe Desmazes, AFP

A Syrte (360 km à l’est de Tripoli), l’explosion accidentelle lundi soir d’un réservoir de carburant a fait plus de cent morts et au moins cinquante blessés dans cette ville où l’ex-leader a été tué jeudi et qui a été totalement dévastée par des semaines de combats et de bombardements de l’Otan.

Mouammar Kadhafi, tué après avoir été capturé vivant à Syrte, a été enterré dans un « endroit secret », a indiqué à l’AFP un membre du conseil militaire de Misrata (ouest) sous couvert d’anonymat.

Mouatassim Kadhafi, son fils, et l’ex-ministre de la Défense Abou Bakr Younès Jaber, également tués à Syrte et dont les corps étaient exposés dans une chambre froide d’un marché de Misrata aux côtés de celui de l’ancien « Guide », ont été inhumés près de lui, selon la même source.

 

Les nouvelles autorités libyennes avait fait savoir dès le lendemain de la mort de l’ancien dirigeant, que sa dépouille serait enterrée dans un lieu secret pour éviter tout pèlerinage sur sa tombe, mais avaient annoncé plus tard que le corps serait à terme remis à des proches.

Selon des gardes postés à l’entrée du marché des faubourgs de Misrata, où des milliers de Libyens ont défilé depuis vendredi pour contempler les dépouilles, un convoi de quatre ou cinq véhicules militaires a emporté les corps tard lundi soir vers un lieu inconnu.

Trois dignitaires religieux, partisans de Mouammar Kadhafi, ont ensuite prié et procédé à une cérémonie religieuse avant l’inhumation, selon la source au sein du conseil militaire. « J’ai vu le permis d’inhumer. Il indiquait que Kadhafi avait deux blessures par balles, une dans la tête, une dans la poitrine, et qu’il portait les cicatrices d’opérations chirurgicales anciennes, une à la nuque, deux à l’estomac et une à la jambe gauche », a précisé cette source.

L’enterrement de Mouammar Kadhafi intervient alors que la polémique sur les circonstances de sa mort reste vive. Une autopsie a été réalisée sur son cadavre, mais le médecin l’ayant effectuée dit attendre le feu vert des autorités de Tripoli pour communiquer.

Les nouvelles autorités libyennes affirment que l’ancien dirigeant a été tué d’une balle dans la tête lors d’un échange de tirs. Mais des témoignages et les vidéos tournées au moment de son arrestation laissent penser qu’il a pu être victime d’une exécution sommaire.

« Pour répondre aux requêtes internationales, nous avons commencé à mettre en place une commission chargée d’enquêter sur les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi dans l’accrochage avec son entourage au moment de sa capture », a déclaré lundi le président du Conseil national de transition (CNT) Moustapha Abdeljalil.

Le chef du CNT, ancien ministre de la Justice de M. Kadhafi, a aussi assuré que les Libyens auraient voulu que l’ancien dirigeant soit jugé pour qu’il « se sente aussi humilié que possible », estimant que « ceux qui avaient intérêt à cette mort rapide étaient ceux qui le soutenaient ».

A Syrte, un incendie faisait rage mardi matin après l’explosion d’un réservoir de carburant provoquée par une étincelle provenant d’un générateur d’électricité, selon un commandant du CNT. Elle s’est produite alors que plusieurs dizaines de personnes faisaient la queue pour faire le plein de leur voiture.

Dans le même temps, le nouveau pouvoir libyen cherchait à rassurer après l’inquiétude suscitée par l’annonce de l’application de la charia en Libye, où les pourparlers se poursuivaient pour la formation d’un gouvernement de transition.

L’annonce de l’instauration de la loi islamique a fait réagir en Libye, surtout parmi les femmes, ainsi qu’à l’étranger. L’Union européenne, la France et les Etats-Unis ont appelé au respect des droits de l’Homme, en particulier en matière de diversité culturelle et religieuse ou d’égalité des sexes.

L’Iran, qui a soutenu la révolte de la population libyenne contre Kadhafi sans reconnaître formellement le CNT, a salué « la victoire du peuple musulman libyen » en disant espérer l’instauration d’une « démocratie religieuse » en Libye.

Lundi, le président CNT, Moustapha Abdeljalil, avait cherché à rassurer, affirmant que les Libyens sont « musulmans, mais musulmans modérés ». Il a également assuré que le nouveau gouvernement serait en place « d’ici deux semaines ». La feuille de route du CNT prévoit ensuite l’élection d’une assemblée constituante dans un délai de huit mois puis des élections générales un an plus tard.

Le nouveau pouvoir libyen a également annoncé mardi qu’il souhaitait que l’Otan prolonge sa mission en Libye d' »au moins un mois », a déclaré mardi le « ministre » du Pétrole et des Finances, Ali Tarhouni.

« Je demande à l’Otan de rester au moins un mois de plus », a déclaré M. Tarhouni, qui préside le Conseil suprême de sécurité formé en septembre, à des journalistes à Benghazi (est), la ville où est née la révolte contre l’ex-dirigeant Mouammar Kadhafi.

L’Otan, qui avait lancé une campagne de frappes aériennes fin mars en Libye, a annoncé vendredi qu’elle mettrait fin à sa mission le 31 octobre

Libye: Kadhafi enterré dans la nuit dans un endroit secret

Le corps de l’ex-leader libyen Mouammar Kadhafi, exposé depuis vendredi dans un chambre froide à Misrata, a été enterré dans la nuit de lundi à mardi dans un « endroit secret » au terme d’une cérémonie religieuse, a indiqué à l’AFP un membre du Conseil militaire de Misrata.

Partagez cet article sur Facebook
 
 
                                                          Photographe : Philippe Desmazes :: Les corps de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim exposés le 22 octobre 2011 à Misrata
                                                          photo : Philippe Desmazes, AFP

Les corps de Mouatassim Kadhafi, son fils, et de l’ex-ministre de la Défense Abou Bakr Younès Jaber, exposés à ses côtés depuis plusieurs jours, ont été inhumés près de lui, selon la même source qui a requis l’anonymat.

Selon des gardes postés à l’entrée du marché des faubourgs de Misrata, où les dépouilles étaient exposées, un convoi de quatre ou cinq véhicules militaires a emporté les corps tard lundi soir vers un lieu inconnu.

Trois dignitaires religieux, partisans de Mouammar Kadhafi, ont prié et procédé à une cérémonie religieuse avant l’inhumation, selon le membre du Conseil militaire. Le père et deux fils de l’ex-ministre de la Défense étaient présents à la levée des corps, selon la même source.

La Libye « libérée » en pourparlers pour former un gouvernement

Les pourparlers en vue de former un gouvernement de transition après 42 ans de règne de Mouammar Kadhafi sont entrés lundi dans le vif du sujet, les nouveaux dirigeants assurant d’ores et déjà que la nouvelle Libye serait régie par la charia.

Partagez cet article sur FacebookPartagez cet article sur Twitterpartagez
 
                                                 Photographe : Abdullah Doma :: Le président du CNT Moustapha Abdeljalil le 22 octobre 2011 à Tripoli
                                                   photo : Abdullah Doma, AFP

Cette annonce a provoqué des inquiétudes en Libye, surtout parmi les femmes, ainsi qu’à l’étranger. L’Union européenne a appelé au respect des droits de l’Homme et la France a annoncé qu’elle serait « vigilante », en particulier en matière de diversité culturelle et religieuse ou d’égalité des sexes.

Le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a cherché lundi à rassurer: « Je voudrais que la communauté internationale soit assurée du fait qu’en tant que Libyens nous sommes musulmans, mais musulmans modérés », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Benghazi (est).

Les règles de l’islam « ne représentent aucun danger pour quelque parti politique ou faction que ce soit », a-t-il insisté.

« En tant que pays musulman, nous avons adopté la charia (loi islamique) comme loi essentielle et toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue », avait-il déclaré dimanche, en citant l’exemple du mariage et du divorce, sur lesquels la loi en vigueur est plus libérale que la charia.

Lundi, il a parlé des banques: « L’usure est bannie. Il s’agit d’un texte (de la charia) sans équivoque. Il y a des banques qui opèrent selon le système islamique, à savoir le partage des gains et des pertes. Cette question est essentielle ». Mais il a assuré que cela ne signifiait pas que les lois en vigueur seraient sommairement abrogées.

Evoquant les pourparlers en vue de la formation d’un gouvernement de transition, qui doit intervenir dans un délai d’un mois, après la proclamation dimanche dernier à Benghazi de la « libération » du pays, M. Abdeljalil a assuré que la nouvelle équipe serait en place « d’ici deux semaines ».

De multiples luttes de pouvoir sont pourtant en jeu: libéraux contre islamistes, tensions régionalistes, rivalités tribales, ambitions individuelles ou pour le contrôle des revenus du pétrole… La feuille de route du CNT prévoit ensuite l’élection d’une assemblée constituante huit mois maximum après la formation du gouvernement, suivie d’élections générales un an plus tard.

Outre la polémique sur la charia, la proclamation de la « libération » de la Libye après huit mois d’un conflit qui a fait, selon le CNT, plus de 30.000 morts, restait ternie par le malaise autour des circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi, tué jeudi après avoir été capturé vivant.

Les nouvelles autorités libyennes affirment que l’ancien dirigeant a été tué d’une balle dans la tête lors d’un échange de tirs. Mais des témoignages et les vidéos tournées au moment de son arrestation laissent penser que l’ancien dirigeant a pu être victime d’une exécution sommaire.

Le médecin ayant pratiqué l’autopsie, le docteur Othmane el-Zentani, s’est borné à déclarer dimanche que Mouammar Kadhafi avait été « tué par balles ».

Le leader cubain Fidel Castro a dénoncé lundi un « assassinat », tandis que la veuve de M. Kadhafi et plusieurs organisations, dont l’ONU, appuyée par les Etats-Unis, réclament une enquête.

« Pour répondre aux requêtes internationales, nous avons commencé à mettre en place une commission chargée d’enquêter sur les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi dans l’accrochage avec son entourage au moment de sa capture », a déclaré M. Abdeljalil.

Le chef du CNT, ancien ministre de la Justice de M. Kadhafi, a aussi assuré que les Libyens auraient voulu que l’ancien dirigeant soit jugé et qu’il « se sente aussi humilié que possible », assurant que « ceux qui avaient intérêt à cette mort rapide étaient ceux qui le soutenaient ».

Les corps de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim se trouvaient toujours lundi dans une chambre froide d’un marché à Misrata (ouest), où des milliers de Libyens ont défilé depuis vendredi. Selon des responsables du CNT, la dépouille sera à terme remise à ses proches, qui décideront « en concertation avec le CNT » du lieu de sépulture.

Parallèlement à la polémique sur la mort de M. Kadhafi, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé lundi le CNT à « mener immédiatement une enquête transparente » après la découverte des corps de 53 personnes, a priori des pro-Kadhafi, exécutés sommairement à Syrte.

Après des semaines de bombardements de l’Otan et de combats, quelques centaines d’habitants sont revenus lundi dans cette ville dévastée, parsemée de centaines de cadavres, privée d’eau et d’électricité. Aucun bâtiment n’était indemne, toutes les ruines ont été pillées, et des avenues entières étaient inondées par des canalisations éventrées.

Le général Charles Bouchard, qui dirige les opérations de l’Otan en Libye, dont la fin est prévue le 31 octobre, a estimé lundi que le CNT était désormais en mesure d’assurer la sécurité du pays, où « la menace d’attaques organisées contre la population civile a disparu ».

Nuage de Tags