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Archives de février, 2011

Libye: Kadhafi s’accroche

AFP – 28/02/2011 à 08:57

Les chefs de l’insurrection en Libye ont mis en place un « Conseil national » de transition représentant les villes conquises, alors que le leader Mouammar Kadhafi s’accroche au pouvoir.

    
                                                Photographe :  :: Libye: création d'un 'Conseil national' de transition. Durée: 01:05
                                                                        photo : AFP

Si l’opposition armée contrôle l’est du pays, la situation est confuse concernant les villes proches ou entourant Tripoli. A Zawiyah, à 60 km à l’ouest de la capitale, les manifestants anti-Kadhafi semblaient contrôler la ville dimanche, selon des témoins.

A Washington, les Etats-Unis se sont déclarés « prêts » à fournir « toute aide » aux opposants tandis que Londres a demandé au leader libyen de s’en aller « maintenant ».

Dans une déclaration exclusive accordée par téléphone à la chaîne de télévision serbe Pink TV, le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans, a affirmé dimanche que « la Libye est complètement calme ».

« Des gens ont été tués par des bandes terroristes qui appartiennent sans aucun doute à Al-Qaïda », a-t-il tout juste reconnu au 13e jour d’une révolte sans précédent, précisant qu’un « petit groupe » d’opposants était actuellement « encerclé ».

Un peu plus tôt a été annoncée la création d’un « conseil national indépendant », à Benghazi (est), deuxième ville du pays et fief de la contestation, chargé de représenter « toutes les villes libérées de Libye ».

Cet organe sera « le visage de la Libye pendant la période de transition », a déclaré un porte-parole de ce Conseil, Abdelhafez Ghoqa. « Les conseils de chaque ville fonctionnent et il est hors de question de diviser la Libye en nord, sud, ouest ou est, ou sur des bases tribales. Le Conseil est à Benghazi parce que c’est une ville libérée », a ajouté M. Ghoqa.

« Le reste de la Libye sera libéré par le peuple libyen », a-t-il ajouté, réaffirmant que Tripoli était la capitale de la Libye. « Nous comptons sur l’armée pour libérer Tripoli ».

Plusieurs villes de l’ouest sont « aux mains du peuple » depuis plusieurs jours et « préparent une marche pour libérer Tripoli », a indiqué à Nalout (230 km à l’ouest de la capitale), un dignitaire membre du comité révolutionnaire de cette ville.

« La ville est libérée depuis le 19 février, elle est gérée depuis par un +comité révolutionnaire du 17 février+ désigné par les communautés de la ville », a déclaré à l’AFP Chaban Abu Sitta, un avocat de la ville, qui s’est placée « sous l’autorité du gouvernement intérimaire de Benghazi ».

A Zawiyah, à 60 km à l’ouest de la capitale, les autorités qui organisaient un voyage de presse pour des journalistes « invités » par le régime, ont eu la mauvaise surprise de voir des milliers de manifestants défiler, en scandant « à bas le régime, nous voulons la liberté ». Selon des témoins, les manifestants anti-Kadhafi semblaient contrôler la ville.

Entre-temps, les Etats-Unis se sont déclarés « prêts » à « toute aide » à l’opposition. « Nous sommes prêts à offrir toute forme d’aide que quiconque pourrait souhaiter de la part des Etats-Unis » aux opposants en Libye, a déclaré la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton.

A Londres, le chef du gouvernement britannique David Cameron a jugé qu’il « est temps pour le colonel Kadhafi de s’en aller, et de s’en aller maintenant ».

Le bilan des violences restait difficile à évaluer. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a parlé d’un millier de morts. A Benghazi seule, 256 personnes ont été tuées et 2.000 blessées, selon des médecins de cette ville cités dimanche par le Comité international de la Croix Rouge.

La Grande-Bretagne a décrété un gel des avoirs de la famille Kadhafi, évalués selon le journal The Telegraph à environ 20 milliards de livres (23,4 milliards d’euros).

A New York, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une série de sanctions sévères contre le dirigeant libyen et ses proches. La résolution est « sans valeur », a réagi le colonel Kadhafi, balayant ainsi le gel des avoirs à l’étranger, une interdiction de voyager et un embargo sur les ventes d’armes à la Libye.

A Tripoli, des foules faisaient la queue devant les banques pour retirer les 500 dinars (environ 400 dollars ou 300 euros) promis aux familles par le gouvernement. Cette mesure, annoncée vendredi, a été relayée par SMS dans les quartiers les plus fidèles au régime.

A l’aéroport de la capitale des foules énormes attendaient de pouvoir quitter le pays, a indiqué le directeur de l’aéroport Youssef al-Jarbi.

Seuls circulaient dans la ville les miliciens du colonel Kadhafi, à bord de 4X4. Des postes de contrôle ont été mis en place dans et autour de la capitale, où le pain et l’essence étaient rationnés, selon un habitant joint par téléphone.

« Il n’y a pas de tirs. Le moral est bon. Certains jeunes veulent organiser une manifestation (…) mais nous sommes contre, parce que s’il y a d’autres manifestations, Kadhafi continuera de nous tuer », a-t-il assuré. Dans le quartier de Tajoura, les opposants étaient invités à crier « Dieu est grand » sur les toits en signe de protestation contre le régime.

Face au chaos, les évacuations des ressortissants étrangers continuaient dans des conditions difficiles. Près de 100.000 personnes, majoritairement des travailleurs égyptiens et tunisiens, ont déjà quitté le pays via les frontières tunisienne et égyptienne.

« Plus de 51.000 personnes de différentes nationalités ont été rapatriées depuis le 21 février », a d’autre part indiqué Youssef al-Jarbi, directeur de l’aéroport de Tripoli où des foules énormes attendaient de pouvoir quitter la Libye au milieu de tas de vêtements abandonnés sur place par des personnes parties sans leurs affaires.

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Kadhafi inflexible, l’opposition veut un gouvernement de transition

AFP – 27/02/2011 à 12:43

Le leader libyen Mouammar Kadhafi s’accrochait au pouvoir dimanche malgré la pression de la rue, les sanctions de l’ONU et les appels à la démission des Occidentaux, alors que l’opposition préparait un gouvernement de transition dans l’est de la Libye.

    
                                            Photographe : Timothy A. Clary :: Ibrahim Dabbashi, représentant adjoint du Libye à l'ONU et qui a rompu avec le régime, le 26 février 2011 au Conseil de sécurité, à New York
                                             photo : Timothy A. Clary, AFP

Au 13e jour d’une révolte sans précédent, le colonel Kadhafi ne montre aucun signe qu’il va lâcher un pouvoir qu’il détient depuis près de 42 ans.

Un de ses fils, Seif Al-Islam, longtemps présenté comme son successeur probable, a affirmé samedi soir que la situation était « excellente » dans les trois-quarts du pays, tout en reconnaissant une « volonté intérieure de changement » exprimée par des manifestants « manipulés par l’étranger ».

A New York, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une série de sanctions sévères contre le dirigeant libyen et ses proches.

Mais rien ne dit qu’un gel des avoirs du clan Kadhafi à l’étranger, une interdiction de voyager et un embargo sur les ventes d’armes à la Libye suffiront à infléchir la politique de répression du « Guide de la révolution » libyenne.

Le président américain Barack Obama a souligné que Mouammar Kadhafi avait perdu toute légitimité à la tête du pays et qu’il devait « partir maintenant ».

L’opposition armée contrôle l’est du pays, mais la situation est plus confuse concernant les villes proches ou entourant Tripoli.

A Benghazi, deuxième ville de Libye (1.000 km à l’est de la capitale) et foyer de la contestation, l’opposition s’organise et attend que Tripoli se « libère » à son tour.

L’ancien ministre de la Justice, Mustafa Abdel Jalil, qui a démissionné le 21 février pour protester contre la répression de la révolte, envisage la création d’un gouvernement de transition chargé principalement de préparer des élections.

Ce gouvernement comptera « des personnalités militaires et civiles. Il sera en place pour trois mois maximum. Ensuite, il y aura des élections justes et les gens pourront choisir leur dirigeant », a-t-il affirmé.

M. Abdel Jalil a exclu toute négociation avec M. Kadhafi pour lui permettre de quitter le pays, affirmant que le dirigent libyen devait être jugé en Libye.

A Tripoli, seuls circulaient les miliciens du colonel Kadhafi, à bord de 4X4. Des postes de contrôle ont été mis en place dans et autour de la capitale, où le pain et l’essence étaient rationnés, selon un habitant joint par téléphone.

« Il n’y a pas de tirs. Le moral est bon. Certains jeunes veulent organiser une manifestation (…) mais nous sommes contre, parce que s’il y a d’autres manifestations, Kadhafi continuera de nous tuer », a-t-il assuré.

Dans le quartier d’Al-Tajoura, les opposants étaient plutôt invités à crier « Dieu est grand » sur les toits en signe de protestation contre le régime.

En revanche, des foules faisaient la queue devant les banques pour retirer les 500 dinars (environ 400 dollars ou 300 euros) promis aux familles par le gouvernement. Cette mesure, annoncée vendredi, a été relayée par sms dans les quartiers les plus fidèles au colonel Kadhafi.

A 150 km à l’est de Tripoli, des « mercenaires » à la solde du régime ont été héliportés à Misrata, où ils ont ouvert le feu samedi sur le bâtiment de la radio locale et sur des manifestants se rendant aux funérailles de victimes des combats de ces derniers jours, selon un habitant, partisan de l’opposition, joint par téléphone.

Le bilan des violences restait difficile à évaluer. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a parlé d’un millier de morts.Le « Guide » libyen a pris la parole vendredi soir devant une foule de plusieurs centaines de partisans dans le centre de Tripoli pour les appeler à prendre les armes contre les rebelles.

Face au chaos, les évacuations des différents ressortissants étrangers continuaient dans des conditions difficiles. Près de 100.000 personnes, majoritairement des travailleurs égyptiens et tunisiens, ont déjà quitté le pays par air, mer et via les frontières tunisienne et égyptienne.

« Les équipes de secours du Haut commissariat aux Nations unies oeuvrent avec les autorités tunisiennes et égyptiennes et les ONG pour apporter un soutien à près de 100.000 personnes ayant fui la violence en Libye la semaine dernière », a annoncé le HCR à Genève dans un communiqué.

A Ras Jedir, le principal poste-frontière entre la Libye et la Tunisie, les douaniers libyens ont déserté leur poste, mais militaires et policiers fidèles à Mouammar Kadhafi étaient toujours présents, ont annoncé des responsables locaux à l’AFP.

Faute de pouvoir assurer la sécurité de leurs diplomates, les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont suspendu les activités de leur ambassade.

La rébellion libyenne annonce contrôler de nombreux gisements

publié le 25/02/2011 à 13:28

Presque tous les champs pétroliers situés à l’est du terminal de Ras Lanouf sont sous contrôle rebelle en Libye, a annoncé vendredi un membre de la coalition qui gère la ville de Benghazi, dans l’est du pays.

Les gisements et terminaux sous contrôle rebelle fonctionnent mais à 25% de leur capacité seulement, a ajouté Abdessalam Nadjib, un ingénieur pétrolier de la compagnie libyenne Agico.

Ras Lanouf, l’un des principaux terminaux pétroliers libyens avec Marsa el Brega, est situé dans le golfe de Syrte, à l’ouest de Benghazi.

Djammal bin Nour, un magistrat membre de la coalition du 17 février qui gère temporairement les affaires de la deuxième ville libyenne depuis sa prise par les anti-Kadhafi, a ajouté que tous les contrats avec des entreprises étrangères « qui sont légaux et profitent au peuple libyen » seront maintenus.

Une grande partie des réserves de pétrole libyennes se trouvent dans l’est du pays, conquis il y a plusieurs jours par l’insurrection.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

Par Reuters 

Obama gèle les avoirs du clan Kadhafi

          Dans un communiqué, le président américain, Barack Obama, a déclaré que l’Amérique se tenait derrière les aspirations du peuple libyen.

Dans un communiqué, le président américain, Barack Obama, a déclaré que l’Amérique se tenait derrière les aspirations du peuple libyen. REUTERS/Jim Young

Par RFI

Face à la répression contre la population libyenne, la communauté internationale accentue la pression sur le colonel Kadhafi et son clan. Le 25 février l’administration Obama a commencé à resserrer son étau sur le régime Kadhafi. Le chef de la Maison Blanche a signé un décret présidentiel pour geler les avoirs et bloquer les propriétés de Mouammar Kadhafi et de ses quatre fils aux Etats-Unis.

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Quelques heures après que son porte-parole, Jay Carney ait annoncé que les Etats-Unis étaient en train de finaliser un ensemble de sanctions qui seront appliquées en coordination avec les alliés européens, le président Obama a dans un premier temps signé un décret présidentiel pour geler les avoirs de Kadhafi, de sa famille et des principaux responsables libyens.

Dans un communiqué le président américain a par ailleurs dit que l’Amérique se tenait derrière les aspirations du peuple libyen et que Kadhafi devrait répondre de ses actes. Il n’a toutefois pas encore demandé ouvertement son départ.

Dans son point de presse, le porte-parole présidentiel avait de son côté annoncé que l’ambassade américaine à Tripoli avait, pour des raisons de sécurité, interrompu ses activités et rapatrié son personnel et que les maigres relations militaires avec la Libye avaient cessé. Jay Carney a aussi déclaré :

« Les Etats-Unis utilisent au maximum les capacités de leurs services de renseignement pour surveiller les actions du régime Kadhafi et plus particulièrement toute preuve de violence ou d’atrocités commises contre les Libyens. »

Le président Obama a poursuivi ses consultations téléphoniques avec les alliés, s’entretenant vendredi 25 février avec le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Le 28 février, il recevra le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, pour évoquer la situation en Libye.

Le face à face continue entre Kadhafi et l’opposition

AFP – 26/02/2011 à 10:04

Le face à face perdure samedi en Libye où la détermination des opposants à chasser le colonel Mouammar Kadhafi du pouvoir ne faiblissait pas, celui-ci tenant toujours la capitale Tripoli.

    
                                                               Photographe :  :: Le colonel Mouammar Kadhafi, place Verte à Tripoli, le 25 février 2011.
                                                                                     photo : AFP

Alors que la région orientale pétrolifère est aux mains de l’opposition armée qui met en place une nouvelle administration, des tirs ont de nouveau été entendus dans certains quartiers de Tripoli durant la nuit.

« L’électricité a été coupée (hier soir) et n’est pas revenue depuis », a déclaré un habitant joint par téléphone. « Nous étions terrifiés. Nous pensions qu’ils préparaient une attaque. Nous avons pris tout ce qui pouvait servir d’armes et nous avons gardé la porte de la maison », a-t-il ajouté.

Mais dans d’autres quartiers de la capitale, où l’électricité n’a pas été coupée, la nuit a été calme, selon un journaliste de l’AFP.

Sur le terrain diplomatique, la pression s’accentuait au 12e jour de l’insurrection. Le président américain Barack Obama a signé un décret gelant les avoirs et bloquant les biens aux Etats-Unis du colonel Kadhafi et de ses quatre fils.

« Le régime de Mouammar Kadhafi a bafoué les normes internationales et la morale élémentaire, il doit être tenu responsable », a estimé le président Obama dans un communiqué de la Maison Blanche.

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit reprendre ses consultations samedi à 16H00 GMT. Un projet de résolution évoque des sanctions telles qu’un embargo sur les armes, un autre embargo sur les voyages du colonel Kadhafi et un gel de ses avoirs, selon des diplomates.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a déclaré vendredi soir, à l’issue d’une précédente réunion, que le Conseil de sécurité devait prendre au plus vite « mesures décisives ».

Le projet de résolution du Conseil de sécurité prévient en outre Mouammar Kadhafi que les violences pourraient être considérées comme des crimes contre l’humanité, selon des diplomates.

L’Union européenne a déjà décrété un embargo sur les armes, ainsi que des gels d’avoirs et des interdictions de visas à l’encontre de Mouammar Kadhafi et de ses proches.

Le bilan des violences qui secouent le pays restait difficile à évaluer samedi. Les morts se compteraient par milliers, selon l’ambassadeur adjoint de la mission libyenne à l’ONU, Ibrahim Dabbashi, qui a fait défection, tandis que d’autres sources évoquaient entre 300 et plus d’un millier de tués.

Critiqué à l’étranger, attaqué de toutes parts par une opposition armée qui contrôle désormais plusieurs villes, M. Kadhafi a pris la parole vendredi soir pour la première fois en public depuis le début la révolte, devant une foule de plusieurs centaines de partisans dans le centre de Tripoli.

« Nous allons nous battre et nous les vaincrons », a-t-il lancé. « S’il le faut, nous ouvrirons tous les dépôts d’armes pour armer tout le peuple », a-t-il menacé.

Le peuple libyen « aime Kadhafi », a-t-il affirmé, demandant à ses partisans de se préparer à « défendre la Libye ».

Ses partisans, qui agitaient le drapeau vert de la Libye, brandissaient des portraits à son effigie et scandaient « Dieu, Mouammar, Libye et c’est tout ».

Le pouvoir libyen semblait cependant de plus en plus isolé, après avoir été lâché par ses pairs arabes et plusieurs proches et diplomates, dont les ambassadeurs libyens à Paris, Lisbonne, Genève et à l’Unesco, ainsi que Kadhaf al-Dam, proche conseiller et cousin de M. Kadhafi. L’ambassadeur de Libye à l’ONU, Mohammed Shalgham, a également fait défection.

Vendredi, les forces pro-Kadhafi, déployées autour de mosquées de la capitale pour empêcher les protestations, ont tiré sur des manifestants.

Dans l’est de la ville, au moins deux manifestants ont été tués par des pro-Kadhafi dans le quartier populaire de Fachloum, selon un témoin. Dans ce quartier, tout comme dans celui de Ben Achour, des témoins ont signalé des « tirs nourris sur tous ceux qui se (trouvaient) dans la rue ».

« Les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur des manifestants sans distinction. Il y a des morts dans les rues de Soug Al-Jomaa », a déclaré un autre habitant.

Des centaines d’autres personnes ont manifesté contre le régime dans le quartier de Tajoura. Et des tirs nourris ont été entendus à Ghout Achaal, dans l’ouest de la ville. La télévision libyenne, citant des sources médicales, a néanmoins démenti qu’il y ait eu des morts à Tripoli.

Faute de pouvoir assurer la sécurité de leurs diplomates, les Etats-Unis ont suspendu le fonctionnement de leur ambassade. Face au chaos, les évacuations des différents ressortissants étrangers continuaient dans des conditions difficiles.

Libye: les forces pro-Kadhafi ouvrent le feu à Tripoli

AFP – 25/02/2011 à 16:08

Les forces loyales au régime libyen de Mouammar Kadhafi ont tiré vendredi sur des manifestants à Tripoli faisant au moins deux morts, après la prise de contrôle de l’Est du pays par l’opposition, la communauté internationale tentant de stopper le bain de sang.

    
                                                     Photographe : Marco Longari :: Manifestants réunis à Tobrouk, le 25 février 2011.
                                                        photo : Marco Longari, AFP

Au 11e jour de la révolte sanglante contre le pouvoir chancelant de M. Kadhafi, confronté également à une opposition à l’ouest de Tripoli, les initiatives se multiplient: réunion de l’ONU, propositions de sanctions, d’embargo total et de mise en place d’une zone d’exclusion aérienne.

La contestation s’étend de l’ouest de Tripoli à Benghazi, à 1000 km à l’est de la capitale, dans des villes côtières ou proches des côtes de la Méditerranée, l’immense majorité du pays, à 93% désertique, étant épargné par les combats.

Mais alors que la région orientale pétrolifère est aux mains de l’opposition armée qui pourrait marcher sur Tripoli, les forces pro-Kadhafi, déployées autour de mosquées pour empêcher les protestations, ont tiré sur des manifestants notamment à la sortie des prières, selon les témoins.

« Les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur des manifestants sans distinction. Il y a des morts dans les rues de Soug Al-Jomaa », a indiqué un habitant.

D’autres témoins de quartiers de la banlieue est, comme Ben Achour et Fachloum, ont signalé des « tirs nourris sur tous ceux qui se trouvent dans la rue ». Des scènes similaires se déroulent à Ghout Achaal, dans l’ouest de la ville.

« Ils tirent sur des civils sans armes qui sortent de la prière », a déclaré à l’AFP un habitant du quartier résidentiel de Ben Achour.

Dans le quartier populaire de Fachloum, au moins deux manifestants ont été tués par des « miliciens » pro-Kadhafi, selon un témoin. Des centaines de d’autres personnes à Tajoura manifestaient contre le régime.

La télévision libyenne, citant des sources médicales, a néanmoins démenti des morts à Tripoli.

Les partisans du « Guide » au pouvoir depuis plus de 40 ans sont concentrés à Tripoli, où la milice Khamis disposerait de 9.000 combattants, de chars et d’avions, selon des informations non confirmées.

A Tobrouk (est), un millier de personnes brandissant des drapeaux de la monarchie du roi Idriss Senoussi qui s’est imposé comme un symbole de l’insurrection, ont manifesté. « Libye libre, Kadhafi dehors », « Le peuple veut la chute du régime », ont-ils lancé.

Musratha, troisième ville du pays à 150 km à l’est de Tripoli, a été désertée par les loyalistes à M. Kadhafi, mais des combats ont eu lieu sur une base aérienne proche qui ont fait de nombreux morts, selon un habitant.

De violents combats meurtriers s’étaient déroulés ces derniers jours à Musratha.

A l’ouest de Tripoli, dans la ville de Zawiyah (60 km), les combats entre opposants et partisans du régime ont fait « plus de 35 morts, peut-être même 50 », a par ailleurs affirmé à l’AFP le porte-parole de la Ligue libyenne des droits de l’homme.

C’est aux habitants de cette ville que s’est adressé jeudi M. Kadhafi. Il a accusé Al-Qaïda d’orchestrer l’insurrection en donnant selon lui des « pilules hallucinogènes » aux opposants.

Deux jours plus tôt, il avait juré de réprimer l’insurrection, avertissant de possibles « boucheries ». Les violences ont déjà fait plusieurs centaines de morts, de 300 à un millier selon les sources.

L’un des fils du leader libyen, Seïf al-Islam, a affirmé que sa famille resterait coûte que coûte en Libye, et a averti que le régime ne permettrait pas à une « poignée de terroristes » de contrôler une partie du pays.

A l’étranger, l’indignation s’amplifie contre le pouvoir libyen, de plus en plus isolé après avoir été lâché par ses pairs arabes et plusieurs proches et diplomates, dont les ambassadeurs libyens à Paris et à l’Unesco, ainsi que Kadhaf al-Dam, proche conseiller et cousin de M. Kadhafi.

Paris et Londres ont proposé au Conseil de sécurité de l’ONU qui se réunit à 20H00 GMT à New York un projet de résolution prévoyant « un embargo total sur les armes », « des sanctions », et une « saisine de la CPI pour crime contre l’humanité », selon la chef de la diplomatie française Michèle Alliot-Marie.

Les pays de l’Union européenne et l’Otan se préparent par ailleurs à mettre en place une zone d’exclusion aérienne en Libye pour interdire aux avions militaires libyens de voler, si l’ONU donne son feu vert, selon un diplomate.

Face au chaos en Libye, les évacuations dans des conditions difficiles par terre, mer et air continuent, plusieurs pays européens, au premier rang desquels l’Italie s’inquiétant d’une crise humanitaire du fait de l’exode de dizaines de milliers d’étrangers et de Libyens.

Le Programme alimentaire mondial de l’ONU a averti que la chaîne d’approvisionnement en nourriture en Libye « était en danger de s’effondrer ». Les importations alimentaires n’arrivent plus dans les ports et la distribution en est compromise en raison des violences.

Libye: l’étau se resserre autour de Kadhafi

AFP – 25/02/2011 à 10:25

L’étau se resserrait vendredi autour du leader libyen Mouammar Kadhafi, pris entre l’opposition maîtresse de l’Est et des combats violents à l’ouest, alors que la communauté internationale accentuait la pression pour tenter de stopper le bain de sang.Evènement

    
                                                          Photographe : Mahmud Turkia :: Mouammar Kadhafi lors d'une cérémonie marquant la naissance du Prophète Mohammed, le 13 février 2011 à Tripoli
                                                          photo : Mahmud Turkia, AFP

Au 11e jour de l’insurrection contre le pouvoir chancelant de M. Kadhafi qui a accusé ses opposants d’être téléguidés par la nébuleuse Al-Qaïda, les initiatives se multiplient: réunions de l’ONU et de l’Otan, proposition franco-britannique de sanctions et d’embargo total.

Alors que dans la région orientale pétrolière, l’opposition armée s’organise pour une éventuelle marche vers Tripoli afin de chasser le colonel libyen du pouvoir, la nuit a été calme dans la capitale libyenne notamment dans l’est. Le matin, les rues étaient désertes et les magasins fermés.

Des journalistes de l’AFP à Benghazi, épicentre de la contestation à 1.000 km à l’est de Tripoli, ont vu un millier de manifestants rassemblés devant le tribunal local, devenu quartier général de l’insurrection. Certains campaient dans des tentes non loin, des enfants jouaient dans un char abandonné.

Dans une ville plus proche de la capitale, à Musratah (150 km à l’est), des informations non confirmées ont fait état de poursuite des combats entre opposants et partisans du régime.

A l’ouest de Tripoli, dans la ville de Zawiyah (60 km), des « terroristes » ont égorgé plusieurs soldats, selon l’agence officielle Jana, alors que selon le journal libyen Quryna basé à Benghazi 23 personnes ont été tuées et plus de 44 blessées dans l’assaut des forces de sécurité contre la ville.

C’est aux habitants de cette ville que s’est adressé jeudi le « Guide » de la révolution libyenne, plus ancien dirigeant du monde arabe au pouvoir depuis plus de 40 ans.

Il a accusé dans un message audio diffusé par la télévision, Al-Qaïda d’orchestrer l’insurrection en donnant selon lui des « pilules hallucinogènes » aux opposants. Il a aussi exhorté les habitants à arrêter les partisans d’Oussama ben Laden et de les traîner devant la justice.

Dans sa première intervention télévisée mardi, le colonel libyen a juré de réprimer dans le sang l’insurrection, qui a déjà fait plusieurs centaines de morts -de 300 à un millier selon les sources.

Selon des témoins arrivés en Tunisie voisine, la ville de Zouara (120 km à l’ouest de Tripoli) a été « désertée par la police et les militaires ». L’ouest du pays semblait jusqu’à présent tenu par les autorités.

Les partisans du « Guide » sont concentrés à Tripoli, où la milice Khamis disposerait notamment de 9.000 combattants, de chars et d’avions, selon des informations non confirmées d’habitants anti-Kadhafi dans la ville d’Al-Baïda (est).

L’armée, de son côté, a été affectée par les mutineries, selon ces sources selon lesquelles le sort de 140 officiers de Tripoli qui s’étaient retournés était inconnu.

A l’étranger, l’indignation s’amplifie contre le régime de M. Kadhafi, de plus en plus isolé après avoir été lâché par ses pairs arabes et plusieurs proches et diplomates.

Paris et Londres ont proposé au Conseil de sécurité de l’ONU qui se réunit à 20H00 GMT à New York un projet de résolution prévoyant « un embargo total sur les armes », « des sanctions », et une « saisine de la CPI pour crime contre l’humanité », selon la chef de la diplomatie française Michèle Alliot-Marie.

A Genève, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU devrait adopter une résolution réclamant une suspension du pays de l’organisation ainsi qu’une enquête indépendante sur les violations commises pendant la répression, selon un projet de résolution.

L’Otan doit aussi tenir une réunion d’urgence consacrée à la Libye.

Face au chaos en Libye, les évacuations dans des conditions difficiles par terre, mer et air continuent, plusieurs pays européens, au premier desquels l’Italie s’inquiétant d’une crise humanitaire du fait de l’exode de dizaines de milliers d’étrangers et de Libyens.

Près de 200 Canadiens et une cinquantaine de Roumains ont été rapatriés dans leurs pays ces dernières heures. La Chine a annoncé avoir déjà évacué 4.600 de ses plus de 30.000 ressortissants travaillant en Libye, grâce à une importante opération navale, terrestre et aérienne.

La Libye détenant les plus importantes réserves de pétrole en Afrique, l’or noir a poursuivi jeudi son envolée sur les marchés, atteignant des prix record depuis plus de deux ans, à près de 120 dollars le baril à Londres et plus de 100 à New York.

La Maison Blanche a estimé que les Etats-Unis et le monde pouvaient faire face à une rupture d’approvisionnement en pétrole liée à la crise en Libye.

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