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Archives de octobre, 2009

Le pétrole se fait discret. A juste titre ?

   Cécile Chevré

 

 

Plus de 80 $ le baril. C’est dans une presque parfaite indifférence que le cours du pétrole grimpe ces derniers jours.
Tous les yeux sont tournés vers son brillant compère, l’or. Il faut dire que contrairement au métal jaune – qui a battu sommets historiques sur sommets historiques –, les plus de 80 $ le baril ne peuvent rivaliser avec les 145 $ de juillet 2008. Pour un peu, on jugerait médiocre le plus haut annuel.
Qu’est-ce qui fait grimper le pétrole ? Si on s’en tient à la bonne vieille règle de l’offre et de la demande, l’or noir ne devrait pas flamber. Pour le moment, la demande mondiale est plutôt atone, et ce même si, la semaine dernière, l’Opep a publié des prévisions de demande mondiale en hausse pour 2010. Elle devrait augmenter de 0,8%, au lieu des 0,6% anticipés jusqu’à présent.
Quant à l’offre, elle est en légère augmentation cette année. "Brésil, golfe du Mexique, Sierra Leone, plusieurs gisements ont été repérés cette année battant en brèche l’idée qu’il n’y a plus de pétrole à découvrir", annonce, confiante, La Tribune. Nous vous en avions parlé dans une précédente Quotidienne au moment de la découverte d’un gisement au large du Brésil. Avant de crier à la manne pétrolière, un rapide examen de ces nouveaux gisements permet de tempérer l’optimisme de ceux qui pensent que le pétrole va continuer à couler à flots pendant de nombreuses décennies encore.
Premièrement, les gisements découverts dans le golfe du Mexique ou au large du Brésil sont situés à plusieurs kilomètres sous le niveau de la mer, ce qui augmente les coûts d’extraction et réduit les quantités de pétrole qui pourront effectivement être prélevées.
Deuxièmement, si on compare l’estimation du nombre de barils qui pourront être extraits du "gisement géant" découvert dans le golfe du Mexique (600 à 900 millions selon BP, le découvreur) à la consommation mondiale journalière (84 millions/jour en 2008), on arrive à un peu plus d’une dizaine de jours de consommation.
Au cours du premier semestre 2009, c’est près de 10 milliards de barils qui ont été découvert, nous apprend La Tribune, soit quatre mois de consommation mondiale. Le peak oil (le moment où l’offre de pétrole va décliner à cause de l’épuisement des réserves) est-il vraiment si enterré que cela ?
Quoi qu’il en soit, pour l’instant, nous n’en sommes pas là. Les cuves américaines sont remplies de pétrole. A se demander où ils vont bien pouvoir les stocker si la consommation ne se reprend pas rapidement.
Si nous résumons, demande stagnante, offre en hausse, et pourtant le pétrole continue de grimper. Les investisseurs anticipent peut-être l’explosion de la demande d’énergie que devrait entraîner le retour de la croissance…
Plus simplement, la hausse du cours du pétrole est largement imputable au bouc-émissaire de la planète finance : le dollar. Tout comme l’or, le brut

Grand emprunt : l’UMP fixe les « priorités de long terme » pour la France

 

                                                 
                                      Michel Rocard et Alain Juppée le 15 juillet 2009 à Matignon à Paris
                                                       © AFP/Archives  Eric Piermont

L’UMP présente mardi à l’Assemblée ses propositions dans le cadre d’une convention sur le "grand emprunt" voulu par Nicolas Sarkozy, alors que la commission ad hoc présidée par Alain Juppé et Michel Rocard doit rendre sa copie avant le 1er novembre.

Cet emprunt, annoncé le 22 juin par le chef de l’Etat devant le Congrès à Versailles, vise, parallèlement au plan de relance, à doper l’économie à plus long terme, en faisant financer par l’Etat des "investissements stratégiques" pour les "générations futures".

C’est une "ardente obligation nationale", affirment dans les colonnes du quotidien Le Monde, mardi, le secrétaire général Xavier Bertrand et son adjoint, Eric Besson, alors que l’idée fait craindre à droite comme à gauche un alourdissement de la dette publique.

Prévu pour 2010, l’"emprunt national" doit permettre de fixer les "priorités de long terme" de la France, selon les deux hauts responsables de l’UMP qui préfèrent reléguer "en dernière instance" les questions épineuses du montant et des modalités.

                                                
                                Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, sur le perron de l’Elysée, en mars 2008
                                                   © AFP/Archives  Bertrand Guay

Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, est resté évasif sur ces deux points. "Il faut un investissement massif, donc un grand emprunt, à la hauteur des enjeux", a-t-il dit sans le chiffrer.

Quant à savoir si cet emprunt sera lancé auprès des institutions financières ou du public (ou bien les deux), "la question n’est pas encore tranchée", selon M. Guaino, qui semble néanmoins écarter l’appel aux particuliers, pour des raisons de coût.

"Il va falloir choisir les priorités les plus prioritaires", a-t-il ajouté, évoquant plusieurs pistes (développement durable, réindustrialisation des bassins d’emploi en déclin, recherche, santé…).

Il faudra donc attendre la fin du processus des consultations pour avoir une idée du montant, après des hypothèses allant d’environ 30 milliards (avancée notamment par Michel Rocard, ndlr) jusqu’à 100 milliards d’euros, évoquée par certains proches de Nicolas Sarkozy mais jugée disproportionnée par la plupart des économistes au regard de la dette publique.

Les organisations patronales et syndicales, comme la CFDT, reçues dans le cadre des consultations engagées par le gouvernement, ont elles aussi appelé à agir avec prudence face au risque d’aggravation de la dette.

Le critère prioritaire pour sélectionner les projets financés par cet emprunt doit être "la rentabilité" et "le retour sur investissement", a averti la présidente du Medef, Laurence Parisot, invitée mardi à la convention de l’UMP.

"Toutes les ressources" de l’emprunt public devront être affectées à "des dépenses clairement identifiées comme porteuses de croissance et d’emploi" a précisé le Premier ministre François Fillon, citant "la croissance verte", "l’université de demain et l’économie de la connaissance".

Des secteurs privilégiés également par MM. Bertrand et Besson qui préconisent des "efforts" particuliers dans le "véhicule électrique, le solaire, le nucléaire de 4ème génération" ou encore la création de "grands campus".

Les décisions devraient être prises "dans la première quinzaine de novembre", selon M. Guaino.

Mais ce sont "les parlementaires qui, in fine, voteront", a rappelé Jean-François Copé, chef de file des députés UMP.

Après avoir sondé leurs circonscriptions, ces derniers ont listé leurs propres priorités : "les technologies de la dépollution", "les nouvelles technologies culturelles" (jeux vidéo en 3D, télévision holographique), ou encore "la recherche sur les implants médicaux avec puces".

Prix Nobel de la paix au président américain Barack Obama

 

 

Le prix Nobel de la paix a été attribué vendredi, à la surprise générale, au président américain Barack Obama, premier noir à occuper la Maison Blanche, où il a fortement infléchi la politique étrangère en optant pour une approche plus consensuelle et multilatérale. Evénement

Photographe : Jim Watson AFP/Archives :: Barack Obama passe devant un drapeau de l’ONU le 23 septembre 2009 à New York lors de l’assemblée générale de l’institution.

 

photo : Jim Watson , AFP

 

Photographe : Oliver Lang DDP/AFP/Archives :: Barack Obama le 2 avril 2009 lors d’une conférenc de presse lors d’un sommet du G20 à Londres.

 

photo : Oliver Lang , AFP

 

Photographe : Saul Loeb AFP/Archives :: Barack Obama lors d’un discours à Arnold le 29 avril 2009.

 

photo : Saul Loeb , AFP

Photographe : Saul Loeb AFP/Archives :: Les présidents américain Barack Obama et russe Dimitry Medvedev à Moscou le 7 juillet 2009.

Photographe : Ahmad Gharabli AFP/Archives :: Des Palestiniens écoutent le discours sur le monde arabe du président Barack Obama le 4 juin 2009 à Jérusalem est.

photo : Ahmad Gharabli , AFP

 

"En tant que président, Obama a créé un nouveau climat dans la politique internationale", a déclaré le président du comité Nobel norvégien, Thorbjoern Jagland, soulignant sa quête de solutions négociées.

Entré en fonctions il y a moins de neuf mois, M. Obama s’est dit "honoré" par la voix d’un responsable de son administration.

Le président américain reste toutefois confronté à deux conflits ouverts: en Irak mais surtout en Afghanistan, où il est à la recherche d’une nouvelle stratégie et où la situation se dégrade au point que certains évoquent un nouveau bourbier comparable au Vietnam.

Le président afghan Hamid Karzaï a en tout cas estimé que M. Obama était la "bonne personne" pour le prix tandis que les talibans dénonçaient le choix du comité.

Ce dernier dit aussi avoir attaché "une importance particulière" à la position du président américain en matière de dénucléarisation militaire.

Le mois dernier à l’ONU, l’homme le plus puissant de la planète a appelé à "ne devons jamais cesser nos efforts avant de voir le jour où les armes nucléaires auront été éliminées de la surface de la Terre".

Depuis sa prise de fonctions, M. Obama, 48 ans, a tenté de jeter des ponts entre son pays et le monde musulman après des années de tensions liées aux attentats du 11 septembre et à la "guerre contre le terrorisme" qui s’en est suivie.

Le "cycle de méfiance et de discorde doit s’achever", a-t-il dit en juin lors d’un discours-phare à l’université du Caire.

La première réaction de l’Iran, qui s’oppose aux puissances occidentales sur son programme nucléaire, a été mesurée. "Nous espérons que cela l’incitera à emprunter la voie qui apportera la justice dans le monde", a réagi un conseiller du président Mahmoud Ahmadinejad.

Certaines voix, telles que le Polonais Lech Walesa, lui-même lauréat en 1983, ont jugé ce Nobel prématuré, faute de percée concrète à l’actif du président américain.

"Nous avons maintes fois essayé de donner (le prix) pour encourager ce que de nombreuses personnalités essayaient de faire", a répliqué M. Jagland, citant le chancelier ouest-allemand Willy Brandt (1971) pour sa Ostpolitik ou le dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev (1990) avant la fin de la guerre froide.

M. Jagland a aussi relevé l’engagement du 44e président américain dans la lutte contre le changement climatique après des années de relative inertie sous le règne de George W. Bush.

Hasard du calendrier, le Nobel sera remis le 10 décembre, une date qui coïncide avec la conférence internationale sur le climat à Copenhague.

"J’espère que cela constituera un encouragement pour lui pour s’engager fortement à Copenhague", a déclaré à l’AFP Yvo de Boer, plus haut responsable du climat aux Nations unies.

Egalement à son crédit, M. Obama s’est engagé à fermer la très controversée prison de Guantanamo, même si la Maison Blanche semble avoir renoncé à la date-limite de janvier 2010, initialement fixée.

Mais tout n’est pas rose. S’il a pu commencer à désengager les troupes américaines d’Irak, Barack Obama reste empêtré sur le front afghan.

"Le conflit en Afghanistan nous concerne tous. Ce n’est pas de la responsabilité du seul Barack Obama. Mais on espère que cette amélioration du climat international (dont il est crédité) pourra aider à résoudre le conflit", a déclaré M. Jagland à l’AFP.

Les tentatives de conciliation de M. Obama au Proche-Orient, dont il a fait une priorité, semblent aussi dans l’impasse.

M. Obama est le troisième haut responsable démocrate américain à recevoir le Nobel en l’espace de quelques années, après Jimmy Carter en 2002 et Al Gore en 2007.

Le prix consiste en une médaille, un diplôme et un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (près d’un million d’euros).

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