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Archives de avril, 2008

Petra, le secret de la route des caravanes

 

                                  

Sculptée dans la roche, secrètement cachée à l’abri des montagnes, dans un dédale de failles granitiques, Petra a longtemps tu son existence. La cité caravanière nabatéenne se laisse désormais admirer, pas à pas, à la lumière vaporeuse du soleil de Jordanie.

 

Habitée depuis la préhistoire, cette cité située entre la mer Rouge et la mer Morte fut dans l’Antiquité un carrefour important entre l’Arabie, l’Égypte et la Phénicie. Construite dans le roc, à l’intérieur d’un cirque de montagnes percé de couloirs et de défilés, Petra est un site archéologique des plus célèbres, où se mêlent les influences de traditions orientales anciennes et de l’architecture hellénistique.

Petra l’oubliée
Bâtie dans un cirque rocheux en aval de la route du désert, sur l’ancienne voie du Hedjaz qu’empruntaient les caravanes entre Damas et la Péninsule Arabique, Petra est l’héritage des Nabatéens. Ce peuple arabe s’établit au sud de la Jordanie, il y a 2 000 ans, et choisit ce poste stratégique en retrait pour dominer les routes commerciales de l’ancienne Arabie. La ville qu’ils bâtirent était admirée pour sa culture raffinée, son architecture massive et son ingénieux réseau de barrages et de canaux.

Toutefois, son influence et sa prospérité grandissantes furent perçues comme une menace par Rome, qui annexa le royaume Nabatéen à la province romaine en l’an 106 après J.C. Invisible, tapie dans son canyon, Pétra disparu totalement de la circulation pendant plusieurs centaines d’années.

Des siècles plus tard, un certain Johann Burckardt entendit parler de Pétra. Sur le chemin de la Mecque, cet aventurier suisse voulu croire à l’existence de cette fabuleuse cité disparue et rangée dans l’ordre du mythe, et réussit à convaincre les bédouins de l’y accompagner. Il est, en 1812, le premier occidental, depuis le départ des croisés, à parcourir le défilé du Siq et à découvrir la sublime façade du Khazneh. Il faudra toutefois attendre 1924 pour que les premières fouilles archéologiques soient entreprises, et 1985, pour que le site soit classé Patrimoine Mondial par l’Unesco.

Un trésor de roc
Au fond d’une gorge étroite, entre d’immenses parois rocheuses, se niche le fameux "Trésor" de Pétra, cœur d’un ensemble de bâtiments taillés dans la pierre comprenant des monastères, des tombes et des thermes.

Invisible depuis la route, la faille, appelée Siq, s’enfonce dans le roc, comme seule voie d’accès pour entrer dans la ville. Ce long corridor de plus d’un kilomètre, large de seulement quelques mètres, se fraie un chemin entre des falaises pouvant atteindre 100 mètres de haut, suivant l’ancien lit du cour d’eau Wadi Moussa. Ici ou là, d’étranges sculptures de grès rose, formées par l’érosion, apparaissent.

Au bout du Siq se distingue, dans l’entrebâillement de la falaise, entre les formes découpées de la roche, le Khazneth. Image la plus célèbre de Petra, celui qui signifie "trésor" en arabe dévoile une façade d’inspiration corinthienne avec deux niveaux de colonnes, entièrement intégrée à la roche, s’ouvrant sur des salles intérieures vastes et travaillées.

Au-delà du Khazneth, la route s’élargit peu à peu pour déboucher sur la ville basse, dont les parois révèlent quelques six cents tombeaux édifiés dans la falaise. Parmi eux, le tombeau Corinthien, le tombeau à l’Urne, qui servit de cathédrale, et le tombeau à Etages, qui présente le plus grand mur travaillé du site sur cinq niveaux. Parmi les nombreux monuments cultuels, un théâtre se découpe plus loin sur un paysage majestueux, tandis que le Cardo Maximus déroule une grande avenue pavée, bordée d’un Arc de Triomphe et des ruines du temple de Qasr el Bint.

La route s’élève ensuite dans une interminable ascension de 800 marches. Le légendaire "Deir", dont le nom signifie monastère, peut se découvrir à dos d’âne. Il ouvre une voie sur des corniches vertigineuses aux panoramas spectaculaires et débouche sur une vaste esplanade d’où se distingue un édifice monumental, rappelant le Khazneth, de plus de 40 mètres de haut sur 45 mètres de large. Là, une vue dégagée sur les montagnes de la Araba achève une visite étourdissante.

Une inscription nabatéenne trouvée à l’entrée du Siq semble indiquer que le nom sémitique de Pétra était "reqem", renvoyant au caractère multicolore des blocs de grès. Les blancs, les mauves, les stries ocre embellissent celle que l’on nomme la "cité de grès rose", et lui rendent, malgré les siècles d’oubli et de silence, une atmosphère étonnamment vivante, comme si elle avait su garder, mystérieusement, le secret de la route des caravanes.

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