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Archives de novembre, 2007

ALEXANDRIE

 

Alexandrie, la perle de la Méditerranée

En douze années d’active conquête, Alexandre le Grand a fondé un nombre incalculable de villes portant son nom. D’entre toutes ces cités, une ville immense parvint à traverser les siècles: Alexandrie d’Égypte. Cette ville fut fondée par Alexandre en 332 avant JC, à l’emplacement d’une bourgade de pêcheurs (quartier Rhakotis).
En 30 avant JC, les Romains se rendirent maîtres de l’Égypte ; Octavien fit d’Alexandrie la capitale de la province romaine d’Égypte.

Rôle mondial de la ville

La ville devint la métropole artistique, intellectuelle et commerciale du monde hellénistique. Elle « succéda » à Athènes. Elle devint la deuxième ville de l’Empire, après Rome.
Alexandrie était le siège du pouvoir central et de la haute administration ; elle concentrait tous les pouvoirs dans la ville. C’était aussi une ville industrielle, un centre de construction navale.
Capitale des Ptolémées (successeurs d’Alexandre), son emplacement géographique est stratégique car c’est un lieu obligé de passage de toutes les denrées entre l’Égypte et le monde méditerranéen ; elle est un carrefour pour le commerce avec l’Orient et symbolise la variété par excellence.
Les ateliers des artisans alexandrins faisaient preuve d’une intense activité et d’une grande originalité, exportant vers le monde hellénistique et la Méditerranée occidentale toutes leurs richesses: vases en pierre rares, bijoux, tissus, armes, camées, un monde nouveau d’objets d’art, qui ont fortement influencé l’art impérial romain.

Situation géographique

Alexandrie est située sur le codon littoral séparant la Méditerranée du lac Maréotis.
A première vue il semble y avoir plus d’inconvénients que d’avantages. En effet le littoral est inhospitalier, les récifs dangereux, l’arrière-pays infertile. Il y a deux petits promontoires : le Cap Lochias et Pharos.
Toutefois « c’était pour une ville antique un site de préférence que celui qui permet, grâce à une presqu’île et à un isthme, d’établir deux ports, dont l’exposition différente assure un abri suivant la direction du vent » (Louis Robert).
Des améliorations sont effectuées par Alexandre: une digue reliant Pharos à la terre est construite; on creuse un grand canal, ayant sa source dans le Nil, afin d’alimenter la ville en eau potable.

Le plan de la ville

Crée par l’architecte grec Dinocrate de Rhodes, la ville a une circonférence de 24 kilomètres. Son plan était pratique, constitué, comme la plupart des anciennes villes grecques, de rues orthogonales ; la mer étant l’élément principal du paysage.
Dinocrate orienta habilement les rues de manière qu’elles soient balayées par les vents du nord, qui ont un effet rafraîchissant en été. Celles-ci étaient si spacieuses que chars et chevaux pouvaient y circuler avec aise.
Des bâtiments typiques de la cité grecque et un urbanisme géométrique hérité des colonies grecques y étaient associés à la grandeur et au faste des monuments orientaux. Modèle d’élégance hellénistique, la ville est agrémentée de nombreux jardins publics et de palais.

 

Mythe de sa création

"A ce que l’on dit, le roi, suivant l’usage macédonien, avait à peine dessiné avec de la polenta (bouillie de farine de maïs) le contour de la future enceinte que des nuées d’oiseaux arrivèrent à tire-d’aile et mangèrent la polenta. Le présage parut défavorable à presque tout le monde. Mais les devins répliquèrent qu’une foule d’étrangers habiterait cette grande ville et qu’elle nourrirait bien des pays "
(Quinte-Curce,Histoire d’Alexandre le Grand).

La population

A l’époque de Cléopâtre, c’était la première ville de Méditerranée, avec une population comprise entre 500 000 et 1 million d’habitants. Il n’est toutefois pas possible de connaître le nombre réel d’habitants. Il y aurait eu en -60, 500 000 hommes (J. Beloch), dont 300 000 libres (Diodore).
Certains estiment qu’à l’époque romaine ils atteignent un million.
Alexandrie abritait diverses populations et de nombreux agitateurs et révoltés. Elle regroupait non seulement des Grecs et des Italiens mais aussi des Syriens, Libyens, Siciliens et bien d’autres de pays plus lointains encore.
Selon Strabon, on distinguait trois principaux groupes formant la population d’Alexandrie :

  • l’élément indigène égyptien, vif et irritable de nature, et par conséquent fort difficile à gouverner
  • l’élément mercenaire, composé de gens lourds et grossiers, mais conscients de leur importance, surtout quand le roi était méprisable
  • l’élément alexandrin, supérieur aux deux autres par son origine, car il était d’extraction grecque, et quoiqu’il fut de sang mêlé, se souvenait de la culture et des mœurs de son pays.

Ces trois catégories ne s’aimaient guère, d’où les nombreuses guerres civiles (-219, -202, -170, -165, -136, 80). Alors que les émeutes étaient rares sous le règne des Lagides, elles devinrent fréquentes sous les empereurs romains et furent sévèrement réprimandées.

Les Juifs

La communauté juive était une minorité importante, estimée à environ 100 000 personnes. Elle habitait dans la ville depuis sa fondation. Le quartier « Delta » lui était réservé, et des comptoirs juifs étaient présents dans toute la ville.
Le Juif n’avait pas le droit de cité alexandrin, mais avait une juridiction propre, des finances et un conseil des Anciens. Il s’agissait donc d’une communauté indépendante officiellement reconnue.
Cependant il existait un anti-judaïsme alexandrin, des persécutions eurent lieu sous Néron, Trajan, Hadrien, mais les Juifs ont leur place et leur rôle dans la vie d’Alexandrie.
Monuments

Tous les intellectuels de l’Antiquité sont passés par son célèbre musée (avec salles de dissection, jardin zoologique et observatoire d’astronomie), et son immense bibliothèque qui rassemblait en 700 000 volumes tout le savoir des anciens.

Le Musée

Le Musée fut fondé en 300 après JC par Ptolémée Sôter, qui régna sur l’Égypte après Alexandre le Grand.
Il abritait des savants et des philologues qui y vivaient et travaillaient, aux frais du roi, sans être tenus de donner un enseignement. Mais après que les Romains eurent pris le contrôle de l’Égypte, de moins en moins d’étudiants firent le travail d’origine. Au début, il s’agissait d’écrivains et de savants travaillant aux frais de l’État, mais par la suite les membres de la faculté du Musée provinrent de postes politiques et certains même furent des athlètes.

 

La bibliothèque

Elle fut également fondée par Ptolémée Sôter ; brûlée accidentellement après l’entrée de César à Alexandrie par son armée, elle fut reconstituée et de nouveau détruite en 391.
Située près du Musée, elle aurait compté jusqu’à 700 000 volumes.
Ainsi aucun manuscrit n’était disponible dans aucune bibliothèque du monde s’il ne l’était pas à Alexandrie.

Le Phare

Le phare de Pharos est une des sept merveilles du monde. Sa construction fut terminée sous le règne de Ptolémée II Philadelphus. Son architecte, Sostrate de Cnide, était contemporain d’Euclide.
Il s’agissait d’une tour de marbre et de granite qui comptait trois étages: le premier était carré, le second octogonal et le troisième cylindrique. Il y avait un mystérieux "miroir" au sommet, à environ 150 mètres, du Phare. Celui-ci permettait de détecter des navires dans la mer, invisibles à l’œil nu, et servait à intensifier la lumière émise de la "lanterne" du sommet. Une statue de Poséidon décorait le sommet du bâtiment.
Le Phare d’Alexandrie fut vraisemblablement détruit en 1302-1303 par un tremblement de terre.

 

                                        

Extrait d’une gravure du XVIIIe siècle

 

 

 

                                         

                   La septième Merveille du monde : le "phare"

(Essai de reconstitution par Jean-Claude Golvin, architecte et archéologue du CNRS, à partir des travaux de Hermann Thiersch (1909) ; du rapport précis d’un témoin arabe du XIIe siècle, connu comme Al-Andalusi, l’Andalou, qui a mesuré le monument, et les dernières fouilles sous-marines (1994-1997) autour du fort de Qaithay, construit en 1477 sur les ruines du phare.

  1. Île de Pharos
  2. Rampe d’accès (16 arcades) et porte
  3. Premier étage de la tour (plan carré)
  4. Puits central
  5. Rampe intérieure
  6. Première terrasse
  7. Deuxième étage (plan octogonal)
  8. Seconde terrasse
  9. Foyer du feu nocturne
  10. Troisième étage (rotonde à colonnade)
  11. Statue de Zeus Sôter (sauveur)
  12. Faisant face au large, deux colosses: un roi Ptolémée en pharaon, non identifié, sans doute Ptolémée II, et une reine en Isis, récemment retrouvés au cours des fouilles sous-marines.
  13.                         
  14.                         
  15.                    Emplacement de l’ancien PHARE d’ALEXANDRIE

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Discussion sur OLYMPIE

 

Citer

OLYMPIE

 

 

Les Jeux Olympiques dans l’Antiquité



la légende

le roi Oenomaos fut battu dans une course de chars par Pélops, qui célébra sa victoire en organisant des jeux sportifs à Olympie (Pindare , Olympiques, Apollonios de Rhodes, Argonautiques) ; selon d’autres sources, c’est Héraklès qui créa les Jeux (Pindare, Olympiques).

la trêve sacrée

durant le mois sacré ( celui des jeux, sans doute juillet/août ), toutes les hostilités doivent cesser dans le monde grec.

calendrier

l’ère officielle des Olympiades s’ouvre en 776 avant J.C. Une olympiade est l’espace de quatre ans séparant deux sessions de jeux. A partir de 776 (Iere Olympiade) les Grecs ont une chronologie commune : ils datent les événements en les situant en telle ou telle année de telle Olympiade ; l’an 767, par exemple, est la deuxième année de la troisième olympiade.

organisation des Jeux

des ambassadeurs sacrés ( les théores) partent dans toutes les directions pour annoncer les jeux ; ceux-ci regroupent des athlètes et des spectateurs venus de tout le monde hellénique ; les athlètes doivent être des hommes libres n’ayant jamais subi de condamnation grave.

les différentes épreuves

un jury de dix membres ( les hellanodices) surveille le déroulement des épreuves et attribue les récompenses (Pindare, Olympiques). Le nombre des épreuves varie selon les époques ; à l’époque classique on trouve : la course à pieds, simple ou double – la course en armes – la lutte – le pugilat – le pancrace – le pentathlon; les courses de chars dans l’hippodrome. En marge des compétitions sportives ont lieu des manifestations artistiques et intellectuelles : lectures, récitations, expositions.

les récompenses

les vainqueurs ne s’enrichissent pas ! ils reçoivent simplement une couronne de branches d’olivier ; quand ils rentrent dans leur patrie, on exécute souvent en leur honneur une ode triomphale (Pindare, Olympiques). Il y a donc beaucoup d’idéalisme dans ces Jeux : le vainqueur symbolise la force physique mais unie à une certaine beauté morale.

 

LES DIEUX DE  L’OLYMPE

Ces dieux sont les plus vénérés de la Grèce antique.Chacun d’entre eux possède un culte et des attributs bien    particulier. Ils vivent sur la montagne la plus haute et la plus majestueuse de la  Grèce antique : le mont Olympe (2917m) où chacun a sa propre demeure et où leur vie n’est : "qu’un perpétuel festin". Ils se réunissent dans la maison de leur roi, Zeus  ou Jupiter, et se nourrissent d’Ambroise et de Nectar servi par Hébé tout en écoutant Apollon jouer de sa lyre. Lorsqu’ils descendent sur terre, ils prennent une apparence humaine ou animale.

 

Le site antique d’Olympie

Dans le bois sacré d’Olympie, appelé Altis ,la vie apparaît dès l’aube des temps préhistoriques (2300-2100 av. J.-C.).

 

                                 

Olympie   

1. Le Gymnase

2. Le portique Est du Gymnase

3. L’entrée du Gymnase

4. Le portique Sud du Gymnase

5. La Palestre

6. Le Théokoléon (résidence des prêtres)

7. Le Temple d’Héra

8. Église byzantine, à l’origine atelier de Phidias

9. Les Thermes

10. Le Léonidaion (vaste auberge réservée aux officiels)

11. La Porte Sud de l’Altis

12. Le Portique Sud

13. Le Bouleutérion (assemblée0

14. Le Portique d’Echo

15. Le passage voûté menant au Stade

   Le site archéologique

16. Le Stade

17. L’Hippodrome

18. La digue Nord

19. Bases de statues de Zeus

20. Les Trésors

21. Le Mètrôon

22. L’Exèdre d’Hérode Atticus (citerne d’eau potable)

23. Le Temple d’Héra (Héraion)

24. Le Prytanée

25. Le Philippeion

26. Le Pélopeion

27. Le Temple de Zeus

28. Base de la statue de la Victoire de Paeonios

29. Enceinte Ouest

30. Enceinte Nord

                                                ————————————-

De monumentales habitations voûtées aux fondations de pierre se dressent à côté de tombes, dont l’une –celle de Pélops – devient un centre de culte.

Puis, peu à peu, du VIIIe siècle à la fin de l’époque romaine, le sanctuaire boisé d’Olympie voit s’organiser le complexe d’installations sportives et de lieux de culte le plus significatif du monde antique.

Il ne reste actuellement des innombrables ex-voto qui ornementaient le site qu’une quantité réduite, exposée dans le Musée archéologique d’Olympie ; sur le terrain même, quelques restaurations seulement ont été tentées pour des monuments de grande taille, comme le temple d’Héra, la palestre et le passage couvert menant au stade. Il n’en reste pas moins que le visiteur est encore aujourd’hui saisi de respect devant la beauté, la richesse et la splendeur du paysage et des bâtisses qui l’agrémentaient.

L’Altis était entourée d’une enceinte, qui séparait les temples et les édifices religieux des bâtiments à usage profane.

L’Altis était orné de nombreux temples, autels et statues, et en son centre s’élevait le plus important d’entre eux, le temple de Zeus. Il avait été construit par l’architecte éléen Libon, grâce au butin fait par les Éléens dans leurs guerres contre Pisa et la Triphylie. C’est un temple périptère, de style dorique, long de 64,12 mètres, large de 27,68 mètres, avec six colonnes en façade, treize sur les longs côtés, et un plan tripartite parfaitement classique. Le bâtiment, accessible à l’est par une rampe, était en calcaire coquillier local et recouvert de stuc blanc, hormis les métopes, les frontons et les sculptures, qui sont en marbre. Dans chaque fronton se logeait un ensemble de statues en marbre d’une exceptionnelle qualité qui sont en grande partie conservées. Il devait sa renommée à la statue chryséléphantine du dieu qui siégeait à l’intérieur, sur un trône, situé au fond de la nef centrale de la cella, haute de 12 mètres, l’une sept merveilles du monde, réalisée en huit ans par le grand sculpteur Phidias, celui qui avait réalisé la statue gigantesque d’Athéna qui ornait l’Acropole d’Athènes. La statue de Zeus rutilait d’or et d’ivoire ce qui fit dire à un certain Philo de Byzantium (il s’agit de la colonie grecque où, par la suite, fut fondée Constantinople) que si la nature avait crée les éléphants ce n’était que pour permettre à Phidias de réaliser cette statue

MARMARIS , CAUNOS , DALYAN ( TURQUIE )

 

                                           

MARMARIS :

 

                                 

Située face à l’île grecque de Rhodes, Marmaris est l’une des plus anciennes et des plus importantes stations balnéaires de la Turquie. Ses deux atouts majeurs sont sa somptueuse marina, point d’attraction de nombreux yatchs et voiliers, et son animation perpétuelle. La péninsule, longue d’une centaine de kilomètres, n’est pas trop urbanisée et vaut largement le détour. Marmaris attire chaque année des milliers de visiteurs venus s’amuser, dévaliser les bazars, beaucoup choisissent de commencer ici la "croisière turquoise" qui les emmènera vers Fethiye, Kas et Antlaya

CAUNOS :

Dans l’Antiquité, Caunos était un port carien qui entretenait des relations privilégiées avec Xanthos. Au IVème siècle Mausole introduisit la culture grecque à Caunos et sous l’époque romaine, la ville devint un important centre commercial (commerce des figues, des poissons, du sel mais aussi des esclaves).
En descendant le fleuve, vous apercevrez une série de tombes (à droite) en forme de temples, sculptées à même le rocher abrupt, surplombant l’eau. Une fois sur le site, vous découvrirez le vaste champ de fouilles (commencées en 1967, elles continuent encore aujourd’hui) ainsi que les thermes et une charmante petite église byzantine. En arrivant au théâtre (très bien conservé), on profite d’une vue imprenable sur le site.

 

                                           

 

                                           

                

DAYLAN :
A quelques kilomètres de Marmaris sur la route de Fethiye, ne manquez pas le petit village de pêcheurs de Daylan, bordé par les fameuses tombes lyciennes (ce sont de petits temples scupltés dans la roche à flanc de falaise …d’une beauté indescriptible). La place principale est ornée d’une imposante statue rappelant que la localité protège activement les tortues caretta caretta, menacées d’extinction.

A l’embouchure du delta de Daylan, la longue plage de sable fin est le refuge des tortues de mer et des crabes bleus. La rivière Daylan est un labyrinthe parmi les roseaux où de petites barques locales vous mèneront, à travers de beaux paysages, jusqu’à la cité antique de Caunos (port -desormais ensablé- que le commerce du sel fit prospérer à l’époque romaine, c’est un site archéologique absolument splendide) ou vers le lac Köycegiz. Enfin, à ne pas ratez non plus, la somptueuse plage d’Iztuzu, réserve naturelle protégée où les tortues de mer Caretta  viennent pondre tous les étés.

 

                                     

Captage CO2 (réduire le réchauffement climatique )

 

Le sujet est plus que jamais d’actualité : les conséquences du réchauffement climatique sont de plus en plus perceptibles année après année. Une grande partie de la communauté internationale s’accorde sur la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, essentiellement provoquées par la combustion des énergies fossiles. Mais elle constate également que le recours à des énergies alternatives et à des économies d’énergie ne suffira pas à satisfaire une demande mondiale en pleine croissance. Il sera donc difficile de s’affranchir rapidement de l’utilisation des énergies fossiles responsables du réchauffement climatique – pétrole, gaz naturel et surtout charbon dont les ressources sont encore très abondantes.

Dans ce contexte, les technologies de captage et de stockage du CO2 offrent une voie très prometteuse, car elles permettent de concilier l’utilisation des énergies fossiles et la maîtrise de leurs émissions. Une véritable révolution aux enjeux économiques et industriels considérables.

Ce deuxième colloque sera tout d’abord l’occasion de faire le bilan 2007 des émissions de gaz à effet de serre et de discuter des stratégies de réduction des émissions à l’horizon 2050. Puis il permettra de faire le point sur la structuration de la filière de captage et de stockage de CO2, et d’entendre le point de vue des industriels concernés. Enfin, il offrira l’occasion de découvrir les premiers retours d’expérience d’un certain nombre de chantiers pilotes à travers le monde.

 

Qu’est ce que le captage et le stockage géologique de CO2 ?



Le captage et le stockage géologique du CO2 est un processus consistant à récupérer le CO2 contenu dans les fumées de combustion de grosses installations industrielles ou des gaz de procédés, à le transporter et à l’injecter dans un lieu de stockage adapté en sous-sol.

Parmi les trois principales étapes (captage, transport et stockage), la première vise à séparer le CO2  des autres éléments constitutifs des fumées (essentiellement vapeur d’eau et azote) ou des flux de gaz. C’est de loin la plus coûteuse puisque estimée, selon le GIEC (1) , à environ 2/3 du coût global.

Elle est pourtant nécessaire pour au moins deux raisons :

  • les fumées de combustion contiennent en moyenne entre 3 et 15 % de CO2, séparer le CO2 permet de réduire les volumes à transporter et donc les coûts ;
  • les sites de stockage géologique adaptés au stockage de CO2 nécessitent un certain nombre de caractéristiques et sont donc limités ; stocker le seul CO2 permet d’optimiser les capacités de stockage existantes.

 

 

 

Le captage du CO2 au niveau des grandes installations de combustion d’énergie fossile




En raison de leur coût d’investissement élevé, les technologies de captage du CO2 sont plus particulièrement adaptées aux sources d’émissions importantes et concentrées tandis qu’elles n’apparaissent pas appropriées dans le cas de sources diffuses.

La production d’électricité à partir de centrales thermiques représente, à elle seule, un peu plus de 42 % de la totalité des émissions de CO2 anthropiques émises chaque année dans le monde et quasiment 80 % des émissions totales de sources industrielles.

Ces centrales électriques (et notamment celles fonctionnant à partir de charbon) ainsi que, dans une moindre mesure, quelques autres installations industrielles telles que les cimenteries, les raffineries, les installations de production d’engrais, de la sidérurgie et de la pétrochimie, sont, à ce jour, celles pour lesquelles le captage de CO2 apparaît le plus efficace

 

Les techniques de captage du CO2



La séparation de CO2 est déjà réalisée dans quelques activités telles que le traitement de gaz naturel lorsque ce dernier a une teneur trop élevée en CO2 , ou dans la production d’ammoniac et d’hydrogène.  Mais il s’agit alors de purifier d’autres gaz et le CO2 est souvent rejeté à l’atmosphère.

L’objectif est désormais de développer des techniques plus efficaces et à plus grande échelle destinées au stockage de CO2 . Quant au transport, deux options sont envisageables selon les distances à parcourir entre la source d’émission et le site de stockage : les canalisations et les navires.
Selon le type d’installation, le captage peut-être réalisé à trois niveaux différents : la post-combustion, la précombustion et l’oxycombustion, chacun à des stades de développement différents et doté d’avantages et d’inconvénients divers (coût, consommation énergétique, etc.).

  • La postcombustion, technique la mieux maîtrisée des trois mais aussi la plus coûteuse, convient aux installations existantes. Elle consiste à séparer le CO2 contenu dans les fumées de combustion, le plus souvent, par l’usage d’un solvant liquide tel que la Mono Ethanol Amine (MEA).
  • La précombustion permet d’obtenir deux flux distincts et concentrés d’hydrogène et de CO2 , alors plus facile à capter. Le combustible est traité avec de la vapeur d’eau et de l’air (vaporeformage) ou avec de l’oxygène (oxydation partielle) pour produire un gaz de synthèse contenant essentiellement du monoxyde de carbone (CO) et de l’hydrogène qui peut permettre de produire de l’énergie sans aucune émission de CO2 .
    Une seconde étape de conversion du CO en présence d’eau (H2 O) permet ensuite de séparer le CO2 alors destiné au stockage.
  • L’oxycombustion, encore au stade de démonstration, permet de produire un gaz de combustion très concentré en CO2 (de 80% à 90 % en volume) et pourrait être adaptée aux installations existantes. Pour cela, la combustion doit avoir lieu avec de l’oxygène au lieu de l’air habituellement utilisé, la principale difficulté étant la production d’oxygène par séparation d’air. Cette étape de séparation de l’oxygène de l’air étant particulièrement coûteuse, la voie de la "Boucle chimique" est envisagée. Cette dernière se fonde sur l’apport d’oxygène par réaction sur oxyde métallique, c’est-à-dire sur utilisation d’un ion métallique tel que de la limaille de fer pour transporter l’oxygène de l’air vers le combustible.

 

Le stockage géologique de CO2



Une partie du CO2 capté peut être valorisée dans l’industrie agro-alimentaire ou chimique. Cependant les besoins sont très inférieurs aux quantités potentiellement récupérables.

Il existe plusieurs types de stockage géologique possibles, à des niveaux de connaissance différents mais dans tous les cas, le CO2 devra être stocké à des profondeurs suffisantes (supérieures à 1 000 mètres) pour atteindre l’état supercritique de façon à occuper un volume le plus faible possible.

Le stockage dans des réservoirs de pétrole ou de gaz naturel en fin de vie.
Ce type de stockage présente plusieurs avantages parmi lesquels le plus important est d’être mieux connu et étanche. Ces gisements naturels ont en effet démontré leurs capacités à contenir des hydrocarbures pendant plusieurs millions d’années.
Par ailleurs, le stockage de CO2 dans ce type de gisements est une pratique qui, bien que non généralisée, est connue de l’industrie pétrolière et gazière. En effet, les pétroliers injectent du CO2 pour réduire la viscosité du pétrole, améliorer sa mobilité et donc augmenter son taux de récupération. Cette technique est connue sous le nom d’EOR (Enhanced Oil Recovery ou récupération assistée de pétrole). Enfin, une partie des infrastructures en place pour l’exploration et l’exploitation du pétrole (canalisations et puits par exemple) peut servir au stockage du CO2 et ainsi contribuer à réduire les coûts.
En revanche, ces réservoirs ne sont pas toujours situés à proximité des sources de CO2 et le volume global disponible pour le stockage peut se révéler insuffisant par rapport aux besoins.
Le stockage dans certaines veines de charbon trop profondes pour être exploitées.
Dans ce cas, la veine de charbon n’est pas utilisée comme réservoir mais le stockage du CO2 repose sur son absorption par le charbon et permettrait, à condition que la veine de charbon soit bien recouverte de couches étanches, à la fois de stocker du CO2 et de récupérer du méthane (ECBMR – Enhanced Coal Bed Methane Recovery ). Cependant, ce type de stockage demande encore à être mieux appréhendé.
Le stockage dans les aquifères salins.
Localisés dans les bassins sédimentaires, ces aquifères sont nombreux et peuvent avoir des superficies de plusieurs milliers de km2. Ils peuvent être offshore (en mer) ou onshore (à terre). Constitués de roches poreuses et perméables souvent gorgées d’eau salée impropre à la consommation, ces aquifères, lorsqu’ils sont suffisamment profonds (> 800 mètres) et recouverts de couches imperméables pourraient être utilisés pour stocker d’importantes quantités de CO2 . Mais de nombreux travaux doivent encore être menés pour mieux connaître ces aquifères.


Les grands projets en cours
•  Weyburn (Canada) : injection de CO2 dans un gisement pétrolier et récupération assistée de pétrole.
•  In-Salah (Algérie) : stockage dans un aquifère onshore.
•  Sleipner (Norvège) : séparation de CO2 àpartir d’un champ de gaz et stockage dans un aquifère salin offshore

                                                      

Projet pilote de captage et de stockage géologique de C02 dans le bassin de Lacq


Transporter le CO2

Transporter le CO2 à grande échelle

Après son captage, le gaz carbonique doit être dirigé vers son lieu de stockage. Différentes techniques sont aujourd’hui expérimentées pour le transporter. Cependant, compte tenu des volumes, les seules solutions possibles à grande échelle passent par l’usage des pipelines ou des navires.

Le transport du CO2 par canalisation

Aux États-Unis, a été construit le plus important réseau de canalisations terrestres pour le transport du CO2 en provenance soit de gisements naturels de gaz carbonique, soit du captage d’émissions d’origine industrielle.

Le transport par canalisation terrestre ou maritime ne pose pas de problème fondamental. Ce gaz largement inerte est déjà transporté par pipeline pour des activités de récupération assistée de pétrole (environ 3 000 km dans le monde, essentiellement aux Etats-Unis où la méthode est employée depuis 1980 pour transporter 50 millions de tonnes de CO2 par an).
Dans le cas d’un transport par canalisation, le CO2 est à l’état supercritique, à une pression supérieure à 74 bars. Ce type de transport impose éventuellement des recompressions intermédiaires, selon la distance. On étudie aussi la possibilité de transporter le CO2 par canalisation à l’état liquide, dans des conditions de température et de pression adéquates, par exemple 10 bars et – 40 °C. Cette dernière solution imposerait une bonne isolation des canalisations. Cependant, il reste à construire et gérer un véritable réseau permettant d’acheminer le CO2 depuis les lieux d’émissions jusqu’aux sites de stockage.

Le CO2 peut se transporter par gazoduc du même type que ceux utilisés pour le transport du gaz naturel, comme ici pour le renforcement de l’artère de Guyenne en France.

Le transport par navire

Des navires peuvent être utilisés pour les longues distances ou pour le stockage offshore. Le gaz carbonique remplit alors les cuves de bateaux dont les caractéristiques sont proches de celles servant au transport du gaz de pétrole liquéfié (GPL). Dans les navires, le CO2 est transporté en phase liquide à pression modérée et à basse température.

Une expérience existe déjà : depuis 1989, Hydro Gas and Chemicals en Norvège utilise quatre navires pour le transport du CO2 entre des sites de production de gaz carbonique (usines d’ammoniac) et des villes portuaires où le gaz est utilisé pour la production alimentaire. Les bateaux de la compagnie sont de taille modérée. Des navires de capacité plus grande devront être construits pour transporter le CO2 à des fins de stockage.

Des contraintes spécifiques

Pour des raisons de sécurité le transport du CO2 impose des contraintes réglementaires.

Le développement des filières de transport du dioxyde de carbone ne repose pas uniquement sur des défis technologiques. D’autres verrous d’ordres environnemental et sociétal doivent être pris en compte. Ils font l’objet de nombreuses études sur les obligations légales ou les questions de sécurité et de proximité.

Différents types de gaz et corps étrangers peuvent se retrouver dans le gaz à comprimer

Le transport du CO2 impose des contraintes techniques bien spécifiques : il faut notamment déshydrater le gaz pour prévenir la corrosion. Selon le type de combustible ou les procédés de dépollution utilisés, certaines impuretés peuvent se retrouver dans le gaz à comprimer.
– Si le captage se fait en postcombustion, le gaz carbonique peut contenir des oxydes d’azote et de soufre, à faible concentration.
– Dans le cas de l’oxycombustion, on y retrouve en plus de l’oxygène et de l’azote.
– En précombustion, de l’hydrogène et du gaz naturel viennent s’ajouter au gaz carbonique.
D’autres impuretés, comme des traces d’hydrocarbures ou de solvants, peuvent encore en perturber la nature. Leur influence potentielle sur le transport et les installations de surface est encore peu connue, car les recherches sur la thermodynamique du CO2 en présence d’impuretés sont encore émergentes. La corrosion induite par la présence d’eau peut être plus facilement résolue par une épuration, une déshydratation plus poussée et l’utilisation d’inhibiteurs de corrosion.

Sur longue distance, le transport par navire est plus économique mais moins pratique

Le prix de transport du CO2 par canalisation, depuis le site de captage jusqu’à son lieu de stockage, varie entre 0,5 € et 10 € pour le parcours sur 100 km d’une tonne de gaz. Cette différence s’explique par la nature des zones traversées. Une canalisation sous-marine est, par exemple, trois fois plus chère qu’un réseau terrestre. Le transport par navire est plus économique sur de longues distances mais il nécessite des stockages tampons importants

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Les Jeux Olympiques dans l’Antiquité


la légende

le roi Oenomaos fut battu dans une course de chars par Pélops, qui célébra sa victoire en organisant des jeux sportifs à Olympie (Pindare , Olympiques, Apollonios de Rhodes, Argonautiques) ; selon d’autres sources, c’est Héraklès qui créa les Jeux (Pindare, Olympiques).

la trêve sacrée

durant le mois sacré ( celui des jeux, sans doute juillet/août ), toutes les hostilités doivent cesser dans le monde grec.

calendrier

l’ère officielle des Olympiades s’ouvre en 776 avant J.C. Une olympiade est l’espace de quatre ans séparant deux sessions de jeux. A partir de 776 (Iere Olympiade) les Grecs ont une chronologie commune : ils datent les événements en les situant en telle ou telle année de telle Olympiade ; l’an 767, par exemple, est la deuxième année de la troisième olympiade.

organisation des Jeux

des ambassadeurs sacrés ( les théores) partent dans toutes les directions pour annoncer les jeux ; ceux-ci regroupent des athlètes et des spectateurs venus de tout le monde hellénique ; les athlètes doivent être des hommes libres n’ayant jamais subi de condamnation grave.

les différentes épreuves

un jury de dix membres ( les hellanodices) surveille le déroulement des épreuves et attribue les récompenses (Pindare, Olympiques). Le nombre des épreuves varie selon les époques ; à l’époque classique on trouve : la course à pieds, simple ou double – la course en armes – la lutte – le pugilat – le pancrace – le pentathlon; les courses de chars dans l’hippodrome. En marge des compétitions sportives ont lieu des manifestations artistiques et intellectuelles : lectures, récitations, expositions.

les récompenses

les vainqueurs ne s’enrichissent pas ! ils reçoivent simplement une couronne de branches d’olivier ; quand ils rentrent dans leur patrie, on exécute souvent en leur honneur une ode triomphale (Pindare, Olympiques). Il y a donc beaucoup d’idéalisme dans ces Jeux : le vainqueur symbolise la force physique mais unie à une certaine beauté morale.

 

LES DIEUX DE  L’OLYMPE

Ces dieux sont les plus vénérés de la Grèce antique.Chacun d’entre eux possède un culte et des attributs bien    particulier. Ils vivent sur la montagne la plus haute et la plus majestueuse de la  Grèce antique : le mont Olympe (2917m) où chacun a sa propre demeure et où leur vie n’est : "qu’un perpétuel festin". Ils se réunissent dans la maison de leur roi, Zeus  ou Jupiter, et se nourrissent d’Ambroise et de Nectar servi par Hébé tout en écoutant Apollon jouer de sa lyre. Lorsqu’ils descendent sur terre, ils prennent une apparence humaine ou animale.

 

Le site antique d’Olympie

Dans le bois sacré d’Olympie, appelé Altis ,la vie apparaît dès l’aube des temps préhistoriques (2300-2100 av. J.-C.).

 

                                 

Olympie   

1. Le Gymnase

2. Le portique Est du Gymnase

3. L’entrée du Gymnase

4. Le portique Sud du Gymnase

5. La Palestre

6. Le Théokoléon (résidence des prêtres)

7. Le Temple d’Héra

8. Église byzantine, à l’origine atelier de Phidias

9. Les Thermes

10. Le Léonidaion (vaste auberge réservée aux officiels)

11. La Porte Sud de l’Altis

12. Le Portique Sud

13. Le Bouleutérion (assemblée0

14. Le Portique d’Echo

15. Le passage voûté menant au Stade

   Le site archéologique

16. Le Stade

17. L’Hippodrome

18. La digue Nord

19. Bases de statues de Zeus

20. Les Trésors

21. Le Mètrôon

22. L’Exèdre d’Hérode Atticus (citerne d’eau potable)

23. Le Temple d’Héra (Héraion)

24. Le Prytanée

25. Le Philippeion

26. Le Pélopeion

27. Le Temple de Zeus

28. Base de la statue de la Victoire de Paeonios

29. Enceinte Ouest

30. Enceinte Nord

                                                ————————————-

De monumentales habitations voûtées aux fondations de pierre se dressent à côté de tombes, dont l’une –celle de Pélops – devient un centre de culte.

Puis, peu à peu, du VIIIe siècle à la fin de l’époque romaine, le sanctuaire boisé d’Olympie voit s’organiser le complexe d’installations sportives et de lieux de culte le plus significatif du monde antique.

Il ne reste actuellement des innombrables ex-voto qui ornementaient le site qu’une quantité réduite, exposée dans le Musée archéologique d’Olympie ; sur le terrain même, quelques restaurations seulement ont été tentées pour des monuments de grande taille, comme le temple d’Héra, la palestre et le passage couvert menant au stade. Il n’en reste pas moins que le visiteur est encore aujourd’hui saisi de respect devant la beauté, la richesse et la splendeur du paysage et des bâtisses qui l’agrémentaient.

L’Altis était entourée d’une enceinte, qui séparait les temples et les édifices religieux des bâtiments à usage profane.

L’Altis était orné de nombreux temples, autels et statues, et en son centre s’élevait le plus important d’entre eux, le temple de Zeus. Il avait été construit par l’architecte éléen Libon, grâce au butin fait par les Éléens dans leurs guerres contre Pisa et la Triphylie. C’est un temple périptère, de style dorique, long de 64,12 mètres, large de 27,68 mètres, avec six colonnes en façade, treize sur les longs côtés, et un plan tripartite parfaitement classique. Le bâtiment, accessible à l’est par une rampe, était en calcaire coquillier local et recouvert de stuc blanc, hormis les métopes, les frontons et les sculptures, qui sont en marbre. Dans chaque fronton se logeait un ensemble de statues en marbre d’une exceptionnelle qualité qui sont en grande partie conservées. Il devait sa renommée à la statue chryséléphantine du dieu qui siégeait à l’intérieur, sur un trône, situé au fond de la nef centrale de la cella, haute de 12 mètres, l’une sept merveilles du monde, réalisée en huit ans par le grand sculpteur Phidias, celui qui avait réalisé la statue gigantesque d’Athéna qui ornait l’Acropole d’Athènes. La statue de Zeus rutilait d’or et d’ivoire ce qui fit dire à un certain Philo de Byzantium (il s’agit de la colonie grecque où, par la suite, fut fondée Constantinople) que si la nature avait crée les éléphants ce n’était que pour permettre à Phidias de réaliser cette statue

Réplique du CAFE FLORIAN ( VENISE ) sur l’ATLANTICA

                                Le Café Florian à Venise

 

                                             

                                                         Un salon                                    Le Café Florian fut fondé en 1720 par Floriano Francesconi. A l’origine le nom du Café Florian était “A La Venise Triomphante” (Venezia Trionfante) mais tout le monde l’appela assez rapidement du nom de son propriétaire : Le Florian.
Le Café Florian n’était en effet pas uniquement, comme l’avait souhaité son propriétaire et fondateur, un café, mais surtout un lieu de vie et de rencontre.
“Dans son temps, Florian était traité en camarade par les plus grands seigneurs vénitiens. Lorsqu’il tomba malade, on l’alla voir comme on eût fait pour un intime ou un haut personnage. Canova, qui n’oublia jamais quels services il en avait reçus aux débuts de sa carrière, l’entoura des soins les plus attentifs et les plus délicats.
Le pauvre homme, au déclin de la vie, souffrait horriblement de la goutte. Il fallait faire faire un appareil qui lui permît de marcher et des chaussures qui ne blessassent point ses pieds malades. Ce fut le grand artiste qui voulut sculpter lui-même le modèle, sur lequel appareil et chaussures furent plus tard fabriqués. La jambe de Florian après celle de Thésée! C’est le bon coeur complétant le génie !”
Henry Harvard – Amsterdam et Venise 1876
Après le décès de Floriano Francesconi, le Café Florian est repris par son neveu, Valentino qui lui donne une orientation plus dans le sens de l’époque… à savoir libertine et on le fréquente aussi pour y fixer des rendez-vous galants.

Une soirée au Café Florian

 

                                         

                                                   Un salon

Hippolyte Taine dans son livre A Venise, nous décrit une soirée au Café Florian en avril 1864 :
“Les guirlandes de lumières commencent à s’allumer sous les arcades des Procuraties. On s’assoit au café Florian, dans de petits cabinets lambrissés de glaces et de liantes figures allégoriques les yeux mi-clos, on suit intérieurement les images de la journée qui s’arrangent et se transforment comme un rêve; on laisse fondre dans sa bouche des sorbets parfumés, puis on les réchauffe d’un café exquis, tel qu’on n’en trouve point ailleurs en Europe ; on fume du tabac d’Orient, et on voit arriver des bouquetières en robes de soie, gracieuses, parées, qui posent sans rien dire sur la table des narcisses ou des violettes.
Cependant la place s’est remplie de monde ; une foule noire bourdonne et remue dans l’ombre rayée de lumières; des musiciens ambulants chantent ou font un concert de violons et de harpes. — On se lève, et derrière la place peuplée d’ombres mouvantes, au bout d’une double frange de boutiques éclairées et joyeuses, on aperçoit Saint-Marc, son étrange végétation orientale, ses bulbes, ses épines, sa filigrane de statues, les creux noircissants de ses porches, sous le tremblotement de deux ou trois lampes perdues.”

Une Journée au Café Florian

Paul de Musset, le frère d’Alfred, complète le tableau en décrivant les variations d’atmosphère au long de la journée dans les cafés de la Place Saint Marc :
“Pendant l’été, les dames viennent s’asseoir sur des chaises devant les deux établissements de Florian et de Suttile, pour écouter la musique de la garnison, qui donne concert de huit à dix heures du soir.
On trouve là toute la société réunie par groupes. On va de l’un à l’autre ; on s’assied près de qui l’on veut, aussi longtemps qu’on le désire, et l’on cause en prenant des glaces.
  A dix heures, l’aspect du salon se modifie : l’orchestre enlève ses pupitres et rentre à la caserne ; les dames se retirent peu à peu, la foule s’écoule lentement.
  On reconnaît alors ces amateurs de la vie nocturne qui semblent détester le lit ; pour eux les cafés restent si bien ouverts qu’on eu supprime les portes depuis. La Fête-Dieu jusqu’à la Toussaint ; pour eux les garçons veillent à tour de rôle.
A minuit on mange et on cause; à trois heures du matin on bavarde encore; enfin, à quelque heure de la nuit que, vous descendiez à Saint-Marc, vous y trouvez des gens attablés, des promeneurs, des mangeurs de glace, des joueurs d’échecs, et surtout des flâneurs oisifs, qui ne font rien, ne s’ennuient jamais, et restent là, parce qu’ils s’y trouvent bien.”

                 Réplique du café  FLORIAN  sur le navire COSTA ATLANTIQUA

                                   

    

  

Les CATACOMBES des CAPUCINS PALERME

 

Les catacombes gardent plus de 8000 squelettes et corps momifiés, enterrés entre 1559 et 1880 au-dessous de l’Église des Capucins. On peut le considérer un musée de la mort dont l’histoire commence au XVI siècle avec la découverte d’un phénomène de momification naturelle, arrivé pendant l’exhumation de quelques corps, par les Pères Capucins.
Depuis cette découverte les catacombes ont continué à accueillir des corps.
L’exposition des corps peut représenter un motif de admiration très intéressant, mais il peut troubler les gens qui sont particulièrement impressionables.
On déconseille la vision aux mineurs.

                                               

 

 

Comme il n’y avait plus de place dans le cimetière du monastères, les moines aménagèrent une crypte en dessous. En 1599, ils momifièrent l’un de leurs frères ayant récemment trouvé la mort, Silvestro de Gubbio, et le placèrent dans les catacombes.

Les corps subissaient un processus de déshydratation, avant d’être lavés au vinaigre. Certains étaient embaumés, tandis que d’autres étaient enfermés sous scellé dans des cabines de verre. Les moines était conservés avec leurs vêtements de tous les jours, et parfois avec les cordes qu’ils avaient porté en pénitence.

Au départ, la crypte avait été creusé pour les moines uniquement, et peu a peu se faire inhumer dans les catacombes devint un prestige social pour l’aristocratie.

Chacun des intéressés dans leur testament pouvaient choisir les vêtements avec lesquelles ils souhaitaient être enterré. Les proche rendaient régulièrement visite à leurs disparus, non seulement pour prier mais aussi pour maintenir les corps dans un aspect présentable.

Les catacombes furent entretenues pendant des siècles grâce aux dons des familles. Chaque nouveau corps était placé dans une niche temporaire, avant d’être déplacé dans son lieu de repos définitif. Tant que les dons se poursuivaient, le corps restait à sa place. Dans le cas contraire, le cadavre était entreposé sur une étagère en attendant l’arrivée de nouveaux fonds.

Le dernier moine inhumé fut le frère Riccardo en 1871, mais d’autres personnes extérieures au monastère continuèrent à y entrer. Les catacombes ont cessé officiellement de fonctionner en 1880, bien qu’elles restent accessibles aux touristes et que les derniers enterrements aient en réalité eu lieu dans les années 1920. L’une des toutes dernières inhumées fut la petite Rosalia Lombardo, alors âgée de deux ans et dont le corps est toujours intact, conservé selon un savoir-faire aujourd’hui perdu : le professeur Alfredo Salafia l’emporta avec lui dans la tombe.

Dans les cryptes du Couvent des Pères Capucins, construit en 1621, s’étend un cimetière connu dans le monde entier comme "Les Catacombes des Capucins".

En ce lieu, qui offre un spectacle assez macabre, ont été inhumés jusqu’en 1881 (date à laquelle fut abolie cette coutume) à peu près huit mille cadavres momifiés ou embaumés des représentants de la haute bourgeoisie palermitaine (y compris les femmes et les enfants) et du clergé.

 

                                                   

Acces

Quand vous vous rendez du centre ville de Palerme à Monréale, immédiatement après avoir passé la "Porta Nuova", vous vous trouverez au carrefour de la rue Pindemonte et du cours Calatafimi où un panneau de signalisation indique "Catacombes des Capucins". Après avoir descendu la rue Pindemonte, vous trouverez la Place Capuccini où se trouve l’entrée des Catacombes.

L’entrée d’aujourd’hui n’est pas celle d’alors mais elle date de 1944. L’ancienne entrée se trouvait du côté de la sacristie, qui existe encore, mais qui reste fermée.

Origine et agrandissement

La création de ce singulier, si non unique, cimetière remonte à la fin du XVIème siècle, quand, à la suite de la croissance du nombre des Frères, il fut nécessaire de trouver pour leur sépulture un lieu plus décent et plus grand.

En 1599, on y ensevelit le premier Frère et on y transporta aussi les restes de quelques autres qui avaient été enterrés ailleurs.

 

                                                    

Ce nouveau lieu de sépulture fut au début uniquement réservé au Frères Capucins, parmi lesquels certains, reconnus pour leur vertu, furent enterrés dans des bières individuelles, placées de chaque côté du premier couloir.

Au long des siècles ce premier couloir fut agrandi et il en fut créé d’autres sur les prières insistantes des bienfaiteurs des Frères car ceux-là désiraient trouver place dans ce cimetière.

Les rares concessions faites pour les bienfaiteurs des frères se multiplièrent et furent accordées à d’autres ; on en arriva à la division en sections : Frères, hommes, femmes, hommes de profession libérale, prêtres. C’est pour cette raison que le cimetière fut appelé "Grande Sépulture des Capucins".

Jusqu’en 1739, l’autorisation d’être enseveli dans le cimetière des Capucins fut accordé seulement au Chapitre Généraux et aux Supérieurs Généraux de l’Ordre puis aux Supérieurs du Couvent.

Méthode employées pour la conservation des cadavres

La méthode pour l’embaumement de la petite Lombardo fut inventée par le Docteur Solafia, médecin parlermitain, qui emporta avec lui dans la tombe son secret. On sait qu’elle était à base d’injections de substance chimiques mais rien d’autres.

Une autre méthode adoptée pour quelques cas seulement fut celle du bain dans l’arsenic ou dans le lait de chaux ; système employés en particulier pendant les périodes d’épidémies.

La méthode employée plus communément était celle du dessèchement en plaçant les cadavres dans les cellules, situées le long des couloirs, appelés "colatoi".

Le dessèchement se produisait grâce aux conditions atmosphériques. On sait en effet que le sous-sol est une terre tufière. Les cadavres y étaient donc enfermés pendant huis moi environ, puis on les en ressortait, les lavait au vinaigres et les exposait à la lumière quelques jours, après quoi ils étaient revêtus de leurs habits et placés dans les niches ou dans les bières, selon les dispositions qu’ils avaient laissées de leur vivant ou par leur famille.

 

                                                    

En descendant l’escalier, sur le mur de gauche, avant le couloir, on voit une plaque commémorative. Elle rappelle le premier roumain Nicola Balcescu, mort à Parlerme le 29 novembre 1852. Le Comité National Roumain, ne sachant pas où exactement se trouvait le cadrave de Balcescu, plaça là cette plaque. (De récentes études, faites sur les archives, informent que Balescu ne fut pas enterré à l’intérieur des Catacombes mais dans une fosse commune dans un autre endroit du cimetières des Capucins.

Au pieds de l’escalier, sur la _self, se trouve la première partie du couloir des Frères, le plus ancien, clos par une grille de bois ; on y trouve les restes de quarante Frères, les corps de différents éminents personnages laissés en dépôt, parmi lesquels celui de l’écrivain Révérend Alessio Norbonne ; les reste de Ayala, fils du roi de Tunis, qui, après s’être converti au catholicisme, prit le nom de Philippe d’Autriche et mourut à Parlerme le 20 septembre 1622, et de Don Vincenzo Agati, mort le 3 avril 1731 et dont Mongitore écrivit l’histoire de sa vie.

 

                      

Le Couloir des hommes

Les cadavres, devenus squelettes, sont placés le long des murs dans les niches ou dans les caisses et sur toute la longueur du couloir.

A la suite du couloir des prêtres il y a une sections réservée au enfants.

Les murs de l’escalier d’accès et les espaces vides des niches, jusqu’à la fin du XVIIème siècle, étaient recouverts de peintures et d’inscriptions tirées de la Bible. Aujourd’hui, il en reste tout juste quelques preuves.

 

                           

Le Couloir des femmes

Ce bout de couloir était fermé jusqu’à la deuxième guerre mondiale par deux grilles et les niches étaient protégées par des vitres.

Les bombardements de mars 1943 firent sortir de ses gonds la grille et la détruisirent, ils brisèrent en mille morceaux les vitres des niches protégées par des filets métalliques.

Ici, on peut admirer le style des vêtements endossés par les femmes jusqu’à la fin du XVIIIème et dans la première moitié du XIXème : vêtement de soie richement ornés de dentelles, bonnets aux formes les plus variées.

Le front de certains cadavres est ceint d’une couronne de métal pour indiquer qu’il s’agit de femmes non mariées.

Les cadavres de quelques petites filles sont bien conservés.

     

 

                                                    

Le couloir des professeurs

C’est ainsi qu’il est appelé de façon courante bien qu’il n’y ait pas que des Professeurs ; il y a des hommes de profession libérale : médecins, avocats, peintres, officiers et soldats aussi bien de l’Armée des Bourbons que de l’armée italienne. Parmi les noms les plus célèbres : le peintre Vèlasquez, les sculpteurs Pennino et Lorenzo Marabitti et le chirurgien Manzella.

Au centre de ce couloir on peut observer un de ces "Colatoi" mentionnés pour la conservation des cadavres.

Sur les parois en face de ce couloir on a récemment posé un buste de marbre du Cardinal Sanverino, archevêque de Palerme, mort en 1793.

Le Prélat avait été laissé en dépôt dans les Catacombes puis placé dans la chapelle de l’Addorata", aujourd’hui Sainte Rosalie, jusqu’à ce que le sarcophage de marbre fût prêt dans la chapelle du Très Saint Sacrement de la Cathédrale. Le buste qu’il avait commandé à Filippo Pennino de son vivant, est resté dans les Catacombes ainsi qu’une pierre tombale qui en narre les dernières aventures.

 

 

                                                   

Après avoir traversé le couloir des Professeurs, on arrive dans un long couloir, rempli de caisses jusqu’il y a quelques années. C’est la partie la plus récente des Catacombes. En effet, il n’y a pas de niches dans les murs puisque les lois civiles avaient interdit dès 1837 l’exposition des cadavres telles qu’elle se faisait jusqu’alors.

La plupart des caisses de ce couloir furent détruites pendant les bombardements du 11 mars 1943 et au cours d’un incendie qui éclata le 30 mars 1966. On peut admirer le pavage de céramique , très bien conservé et, sur le mur du fond, des traces de peintures décoratives .

 

                                                      

Le couloir des prêtres

C’est le couloir qui coupe en deux rectangles inégaux le plan des catacombes ; il fut réservé aux Prêtres soit du Clergé diocésain, soit de certaines communauté religieuse qui le demandaient.

Dans une niche, qui n’est pas d’origine, sur le côté gauche ont le cadavre du Monseigneur Franco d’Agostino, Evêque de rite Byzantin de Piana degli Albanesi, revêtu des ornements pontificaux de son rite.

 

                                                   

La Chapelle

En reprenant le couloir des hommes de profession libérale, après quelques mètres, on monte cinq marches et on arrive dans la chapelle de Ste Rosalie.

Cette chapelle, jusqu’en 1866, était dédié à la Vierge douloureuse représentée par une statue de bois, sculpture de la moitié du XVIIIème siècle du capucin Frère Benedetto Valenza et Trapani. Cette statue se trouve maintenant à l’entrée des Catacombes.

 

                                                        

Dans cette chapelle, entre deux bières contenant les cadavres de petites filles, il y a, dans une caisse fermée d’une vitre, le cadavre de Rosalie Lombardo (décédée le 6 décembre 1920) déposée dans les Catacombes pour l’embaumement et qui est restée depuis lors.

 

                                                

On redescend les marches et on arrive dans la deuxième partie des couloirs des Frères Capucins où l’on peut voir les Frères Prêtres avec leur étole, signe de leur dignité de prêtre, les autres frère ont une corde au cou en signe de pénitence.

On peut voir un des premiers Frères qui ont été ensevelis : Frère Silvestro da Gubbio , mort en 1599 et Frère Riccardo da Palermo, un des derniers, mort en 1871.

 

                                             

Les catacombes des Capucins et les Artistes

Ce cimetière tout particulier a été chanté par Ippolito Pindemonte qui le visita le 2 novembre 1777 et s’en inspira pour son chant "I Sepolcri". C’est pour cela que la Mairie de Palerme donna son nom à la rue qui va du cours Calatafimi au couvent et donc aux Catacombes des Capucins. Mais d’autres encore ont chanté et célébré les Catacombes. Les Télévisions italienne, française et Allemande ainsi que des chaînes privées ont contribué à les rendre célèbres dans le monde entier.

Mais là-bas quelque chose de plus admirable et de plus puissant m’apparut : de spacieuse et sombres salles souterraines qu’entourent, dans leur niche,comme des fantômes rigides, des corps privés de leur âmes, couverts encore des vêtements que l’on vit au moment de l’heure suprême,suer leurs muscles morts et sur leur peau l’art a tant travaillé, si bien éliminé tout souffle de vie que leurs apparences anciennes et même leur chair ont conservé leur physionomie après cent ans et plus.
La mort les conserve et semble de cette façon ne pas avoir atteint son but.
Quand la chute des feuilles de l’automne nous annonce chaque année que non moins souvent des vies humaines tombent et nous invite à verser de pieuse marmes sur les défunts,alors descend dans les cloîtres souterrains une foule dévote ;du haut pendent des lampes à plusieurs touches ;hacun se tourne vers le corps chéri et sur les visages émaciés cherche et trouve les aspects connus :
le fils, l’ami, le frère trouve le frère, l’ami, le père ;des flambeaux la lumière frappe en tremblant les visages qui,oublieux de la Parque semblent agiter leurs fibres raidies.
O que de souvenir des douleurs communes, des plaisirs partagés !
Quelle vie joyeuse dans les années qui ont si vite passé !
En même temps un soupir s’élève, un long sanglot intime, une plainte à peine étouffé qui s’étend sous les arcs, à travers les salles résonnantes et auxquels
il semble que ces corps froids répondent : un bref passage sépare les deux mondes et jamais la vie et la mort ne furent si unies d’amitié.

D’après "I Sépolcri" di Ippolito Pindemonte

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