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Archives de septembre, 2007

La DORDOGNE et ses GABARES

C ‘est à bord de répliques de Gabares des XVIII et XIXème siècles et sur 3 circuits différents que nous allons découvrir la Dordogne (Rivière Espérance) .

LES GABARES

                                    

Bateau traditionnel à fond plat de la Dordogne, elles servaient au transport de marchandises entre le massif central et les ports de Bergerac, Libourne et Bordeaux.

  
Pour la navigation, la Dordogne était divisée en trois parties :

  • La haute Dordogne (en amont de Souillac) Elle n’est souvent qu’un ruban étroit encaissé avec des pentes fortes. Sur cette partie la navigation n’était possible qu’au printemps et à l’automne lorsque les eaux atteignaient la hauteur convenable. La haute Dordogne offrait en moyenne 30 jours de navigation par an. En été, les eaux étaient trop basses et l’hiver trop fortes.
    Les gabares étaient construites pour descendre les produits tirés des forêts :
    • Le chêne pour la fabrication des cuviers, tonneaux et barriques.
    • Le châtaignier pour les piquets de vigne.

    Une fois arrivé à destination, les gabares étaient vendues avec leur chargement. Les gabariers remontaient à pied.

  • La moyenne Dordogne (en aval de Souillac) La navigation était possible 6 à 8 mois par an.
    Les gabares descendaient : chêne, châtaignier, châtaigne, fromage, vin de Domme.
    Pour remonter elles étaient chargées de sel, blé et poisson salé.
    La remontée de la rivière, se faisait jusqu’à Castillon, en utilisant la marée montante.
    En amont de Castillon les gabares avaient recours au halage. Le chemin de halage suivait les rives de la rivière au plus près avec des relais de tireurs tout les 7 Km.
    Les équipes de tireurs variaient entre 20 et 30 personnes. Aux passages difficiles, tel que la Gratusse à Lalinde, il était nécessaire de mobiliser 80 à 100 personnes.
    Au milieu du XVIIIème siècle les tireurs ont été remplacé par des bœufs.
  • La basse Dordogne (en aval de Castillon) La navigation était permanente
    La remontée de la rivière s’opérait comme en moyenne Dordogne.

 

                          

Les différentes Gabares :

  • La haute Dordogne – des courpets de 10 à 20 tonnaux
  • La moyenne Dordogne – des couraux de 25 à 50 tonnaux
  • Basse Dordogne – des grands couraux de 60 à 100 tonnaux

En 1882, Sarlat découvrit le train puis le reste de la vallée amont un peu plus tard.
La concurrence du rail ébranla rapidement la vieille batellerie de Dordogne et s’en fut fini de la navigation sur la haute et moyenne Dordogne. En basse Dordogne elle a continué jusqu’en 1950.

L’origine du nom provient du celte Du unna signifiant eau rapide. Sous l’empire romain, elle est baptisée Duranius et a partir du Moyen –Age, devient successivement Duranna, Durunia, Durdunia, Dordoigne et enfin DORDOGNE.
Elle prend sa source en Auvergne au Puy de Sancy (1886m) et traverse cinq départements (Puy de Dôme, Corrèze, Lot, Dordogne, Gironde) pour rejoindre la Garonne dans l’estuaire de la Gironde. Le lit est composé de sable et galets.
La présence de l’homme sur les bords de la Dordogne est forte ancienne, les Celtes ont laissé des traces sur la moyenne vallée (3ème siècle avant J-C). Des amphores de vin Campagnien des 1er et 2ème siècle avant J-C ont été retrouvé dans le Bergeracois, ce qui dénote un trafic de vin avec la Rome Antique avant que la viticulture ne se propage sur les bords de la Dordogne.
Les grands vignobles au bord de la rivière sont :

  • VIN DE DOMME
  • PECHARMANT
  • MONBAZILLAC
  • SAINT EMILION
  • POMEROL

 

     

Les principaux affluents qu’elle rencontre durant ses 475 Km sont la Cère, la Maronne, la Vézère, et l’Isle.

 

                                 

Les barrages de Bort les Orgues1951, Marèges 1937, l’aigle1945, le Sablier1958 et du Chastang1952 régulent son niveau tout en assurant une production hydro-électrique.
Les crues sont néanmoins fréquentes sur la Dordogne. C’est au mois d’août que l’étiage est le plus prononcé. A l’étiage, la Dordogne possède un débit de 20 m3/s à La Roque Gageac. Inversement au crue de printemps le débit peut atteindre dans ce même village 2500 m3/s.
La pente moyenne est de 0,5 m/Km. Un arbre flottant peut atteindre une vitesse de 50 Km/h en période de crue.
La Dordogne et la rivière Québécoise Jacques-Cartier qui font toutes deux l’objet d’un programme de restauration du saumon atlantique se sont jumelées en 1985.

La Dordogne est une rivière classée domaniale; l’Etat est titulaire du droit de pêche et il est tenu de gérer au mieux les populations piscicoles. Le droit de pêche est exercé au profit de l’Etat qui distingue traditionnellement le droit de pêche aux lignes et le droit de pêche au filets et aux engins.

                                    

Les différents pêcheurs :

  • Les pêcheurs aux lignes, n’ont pas le droit de commercialiser leur pêche. On pêche à la ligne tous le long de la Dordogne (il faut s’acquitter d’une redevance).

  • Les pêcheurs amateurs aux engins, majoritairement riverains et passionnés par cette tradition de pêche aux engins et aux filets disposent de droit plus limité que les professionnels. En outre, il n’ont pas le droit de commercialiser leur pêche. Leur matériel et les lots de pêche sont limités.
  • Les pêcheurs professionnels louent des lots de pêche et paient des licences de pêche, ce qui les autorisent à vendre leur pêche; se sont des petites PME.

Dans la basse vallée ils vivent surtout de la pêche des migrateurs qu’ils vendent à des mareyeurs, aux restaurateurs, et à des conserveries.
En moyenne vallée
ils vivent surtout de la pêche de la friture qu’ils vendent aux restaurateurs. Dans les départements du Lot et de la Corrèze la pêche professionnelle est interdite.

Le Matériel utilisé :

  • Les filets
    • le tramail fixe pour les espèces sédentaires
    • le tramail dérivant pour les migrateurs
    • l’araignée le plus employé pour les espèces sédentaires
    • l’épervier pour la friture
  • Les engins
    • la bourgne pour les lamproies
    • la nasse anguillère
    • le cordeau – c’est une ligne de 30 à 80 hameçons placée sur le fond de la rivière. Il permet de capturer de l’anguille, du barbeau, ou de la truite.

Jusqu’au début du siècle, la pêche professionnelle fut une industrie florissante dans la vallée. Dans un village comme La Roque Gageac la pêche faisait vivre 20 personnes et un seul village comme Spontour (Corrèze) possédait 50 pêcheurs professionnels dont certains étaient aussi bûcherons, gabariers.
Tous ces pêcheurs professionnels traversent actuellement un crise assez grave.

LES POISSONS

Les migrateurs :

  • saumon, lamproie,  alose , truite de mer, anguille , esturgeon

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PAKISTAN ( son GAZ et ses conflits )

 

 

                         

 

                                    Pakistan : Production d’énergie (kt de pétrole – équivalence)

Croissance de 311% en 33 ans

Évolution Pour l’ensemble de la période 1971-2004, on enregistre une moyenne annuelle de 31 762,1.
C’est en 2004 qu’on enregistre le plus haut niveau (58 993) et c’est en 1971 qu’on enregistre le plus bas niveau (14 355).
Le changement enregistré entre la première et la dernière année est 311%.
Pour mesurer ce changement, nous disposons des résultats pour 34 années de la période 1971-2004. Sur la base de ces informations, on peut estimer qu’en 2010 ces données devraient être de l’ordre de 60 473,1. Construite selon un modèle statistique fort simple, cette prévision présente un niveau de fiabilité élevé puisque les variations des 33 années présentent une structure relativement simple.
Définition  Il s’agit ici de la production en pétrole brut, en gaz naturel liquide, en pétrole provenant de sources non-conventionnelles, en gaz naturel, en charbon, en lignite et autres carburants dérivés, ainsi qu’en combustibles renouvelables et en électricité primaire (« waste-and primary electricity »). Le pétrole est utilisé comme unité de mesure.

Recherche  Off-Shore  à bord du Drill Ship  DANWOOD ICE  en 1986 au large de Karachi 

                                            

 C’était toujour la même chose  : Là ou est le Gaz et le Pétrole on allait dans les années qui ont suivis les recherches et les découvertes  …..vers des conflits.  La guerre n’était pas loin de venir  ( Biaffra – Colombie – Pakistan – Afghanistan et beaucoup de pays similaires )

Dès l’origine, l’exploitation du pétrole suscite des cartels liés à l’industrialisation de l’Occident qui, par sa mauvaise gestion des ressources, porte une responsabilité accablante dans les déséquilibres sociaux, humains, financiers et économiques du Proche-Orient.

Pour se dédouaner, l’Occident a rejeté ses malheurs économiques sur l’OPEP et plus particulièrement sur les Arabes. C’est oublier que l’OPEP est longtemps restée dépendante des grandes compagnies internationales qui, lors de sa création en 1960, ne lui accordaient que la considération que l’on porte à "un syndicat de petits rentiers de province qui cherche à protéger le pouvoir d’achat de ses adhérents."

Il faut attendre la crise de 1967 pour que l’OPEP joue un rôle plus important et entraîne dans son sillage le colonel Khadafi. Celui-ci posera la question de la conservation des gisements et de leur nationalisation. Il sera relayé par le Shah d’Iran et le colonel Boumédienne qui compteront alors sur la manne pétrolière pour accélérer le développement et la modernisation de leur pays. Cependant, en n’envisageant que la maximisation de leurs revenus, c’est à dire en privilégiant la dimension financière des retombées du pétrole, l’Algérie et l’Iran se maintiendront dans une logique de sous-développement.

Les buts de guerre de Bush, ca ne va pas…

Ça sent le gaz, le pétrole… et le nucléaire

novembre 2002

 

 "éradiquer le terrorisme fanatique religieux, oui, mais faire une croisade pour le pétrole, non". C’était plutôt bien vu, non ? Il a fallu attendre la "une" du Monde du 21 Octobre, pour y lire "Ben Laden, pétrole, drogue : la guerre et ses enjeux".

Certains prêtaient bonne foi à George W. Bush, croyant qu’il allait s’en tenir à viser ben Laden, à épargner les populations afghanes, à instaurer la démocratie, et qu’il n’y avait pas d’enjeu géo-économique de type pétrolier, gazier, etc… C’était passer d’un extrême à l’autre et d’une hostilité légitime aux politiques des dirigeants de Washington à un aveuglement sur leur générosité et leur fameux sens de la justice.

"Bons" et "mauvais" talibans…

Bush affirme qu’il attaque le "régime actuel" des talibans, celui du mollah Omar et de ben Laden mélangés, mais pas celui des talibans en général puisqu’il ne cesse d’en appeler à des "talibans modérés".

D’abord parce que Bush a passé un accord explicite avec Pervez Moucharraf, le général dictateur du Pakistan : il ne donnera pas le pouvoir à "l’Alliance du Nord" dont la base est tadjik, il associera les pachtounes, quoi qu’il arrive. C’est une condition pour obtenir l’appui d’Islamabad, mais aussi de la majorité apparente du peuple afghan qui ne veut pas voir revenir les Tadjiks, les Ouzbeks, les Hazarats, et les Turkmènes qui ont régné au début des années 90 à Kaboul et qui ont conduit le pays au désastre… au point que les talibans ont pu paraître comme des sauveurs.

L’Alliance du Nord du fameux commandant Ahmed Chah Massoud, loin d’être aussi progressiste qu’on le dit aujourd’hui, avait déjà enfermé les femmes dans les tchadri, et développé à fond la culture du pavot, tout en rançonnant les chefs de guerre qui ne faisaient pas acte d’allégeance… Donc, Bush a choisi une solution qui satisfasse son allié du Pakistan, et inclut obligatoirement les pachtounes, dont les talibans constituent une aile radicalisée. La diplomatie américaine travaille donc inlassablement à détacher des "talibans modérés pachtounes" pour participer au futur gouvernement, et ses buts de guerre sont surdéterminés par cela. Cela signifie clairement qu’il n’y aura pas de démocratie, pas de changement fondamental pour les femmes par exemple, mais uniquement que le régime devra seulement ne plus être hostile aux USA. C’est une condition et une visée minima.

Les "bons" sont pour le pipe-line Texan :

Il s’agit en gros, comme le précisait D&S n°87-88, d’en revenir quelques années en arrière quand l’installation des talibans était soutenue par la diplomatie américaine et qu’un accord avait été passé avec eux. C’était en janvier 1998 au nom du consortium Centgas (Central Asia gas) comprenant Unocal, compagnie texane, à 54 % et Delta, d’Arabie saoudite à 15 % (plus des compagnies japonaise, coréenne, pakistanaise, et le gouvernement turkmène). Le but était d’installer et exploiter un gazoduc de 1 400 km entre Daulatebad au Turkménistan et Karachi, en mer d’Oman.

Quelle est donc la différence entre les "bons" et les "mauvais" talibans d’hier et d’aujourd’hui ? Ceux qui signent avec Unocal et ne font pas de scandale anti-américain sont les "bons". Les mouvements féministes américains avaient d’ailleurs manifesté, en vain, contre Unocal. Ce ne sont pas les mauvaises mœurs des talibans vis-à-vis des femmes mais les attentats du 7 août 1998 à Nairobi et Dar es-Salaam qui obligèrent le gouvernement américain et Unocal à rompre le 21 août de cette année-là. Le jour même, Bill Clinton faisait bombarder pour la première fois l’Afghanistan et Unocal se retirait finalement en décembre 1998 du consortium Centgas.

Le Monde conclut : "Le gaz turkmène attendra la paix". Et comme "la paix" passe par les bombardements actuels…

Hydrocarbure, richesse potentielle pour les afghans…

Certains militants de gauche sincères, affirmaient carrément : "Les Américains, pour une fois, défendent la démocratie, on ne peut que les soutenir". "C’est nouveau", nous disait-on, "Bush, a compris que le monde ne supportait plus l’arrogance américaine" : alors il va dans une mosquée saluer l’islam, s’excuse d’avoir utilisé le mot "croisade", empêche Sharon de liquider Arafat, et fait larguer des sacs "humanitaires" (avec du beurre de cacahuète) pour les afghans.

Mais comment peut-on être aussi naïfs face à la machine de guerre de l’administration Bush ? Ses alliés principaux sont toujours les dictateurs pakistanais et les monarques du Golfe. A partir d’une cause juste, (imposer justice contre les assassins des Twin Towers), elle va projeter sa puissance et imposer son ordre (désordre libéral) dans cette région du monde pour les décennies à venir.

La construction des futurs pipe-lines donnera d’énormes royalties au régime de Kaboul : qui encaissera la manne n’est pas indifférent, c’est même un préalable à la construction des desdites installations (raffineries, stations relais, etc. Certes, aujourd’hui, "il n’y a rien" en Afghanistan, c’est un pays "à l’âge de pierre"…(la seule chose qui y soit moderne, ce sont les armes). Mais l’avenir est riche : l’Unocal veut arriver à ses fins. La région est appelée, au 21° siècle à se développer : stratégiquement située entre la Russie, la Chine et l’Inde, elle est un nouveau grand enjeu stratégique, économique, politique. Les sous-sols constituent après le Golfe, les plus grands réserves mondiales en hydrocarbures. Tout s’y emmêle, les peuples, les luttes nationales et religieuses, les trafics de drogue, les projets d’exploitation et de transfert du pétrole et du gaz (cf. D&S n° 87-88, et Le Monde diplomatique, novembre 2001).

Ce n’est pas un hasard si depuis un siècle et demi, les Britanniques puis les Américains, ont tant bataillé pour disputer l’influence sur la zone aux Russes, pour diviser afin de régner, pour s’assurer que les différents pouvoirs locaux leur sont bien subordonnés. Ils veulent tout simplement contrôler toutes ces terres intérieures comme ils ont contrôlé l’Arabie saoudite, et le Golfe.

Il faut ajouter qu’au moins six des grands pays directement concernés possèdent le savoir-faire et les moyens de la bombe atomique (Russie, Chine, Inde, Pakistan, Iran, Irak) et que, dans l’équilibre du monde, c’est un des secteurs les plus risqués pour un futur conflit nucléaire (lire la note de lecture sur "Affaires atomiques" de Dominique Lorentz, page…)

Quadrature du cercle :

Bombarder est la première solution retenue par l’administration Bush faute de relais solides sur le terrain. Sans relais, pas de renseignements, pas d’opérations terrestres facilitées, pas de soutien politique dans la population, risque majeur pour les soldats, risque d’enlisement militaire, incertitude sur le succès des opérations. Donc les bombardements ont été répétés en vagues massives prolongées. Or bombarder c’est évidemment s’aliéner durablement les populations : Bush a beau répéter qu’il est "l’ami du peuple afghan", qui peut y croire ? Les fameux et sinistres "dégâts collatéraux" suscitent des haines. Même si bombarder contribue à affaiblir les talibans et reste le seul moyen violent de donner confiance à leurs adversaires : aussi est-ce la première solution de facilité suivie par l’état-major de Bush.

L’autre solution serait de donner des armes à l’Alliance du Nord et s’appuyer sur elle. Inévitablement, une tentative d’action terrestre passe par ce choix. Il faut des zones d’opération, de repli, des territoires, un aéroport et, il n’y a qu’au Nord est que cela est possible. Encore faut-il y parvenir : dans la région de Mazar e-Charif, les talibans ont résisté de façon inattendue.

Comment faire sans perdre l’allié stratégique indispensable, le Pakistan, qui est violemment opposé à l’Alliance du Nord ? La dictature d’Islamabad déjà fragilisée, obligée de tirer presque chaque jour sur son peuple, ne veut surtout pas se mettre à dos les pachtounes qui constituent le groupe le plus nombreux en Afghanistan et qui sont numériquement et politiquement importants au Pakistan même.

Il faut dire que les moudjahidines de l’Alliance du Nord sont déjà parvenus au pouvoir au début des années 90, et ce fut un désastre total : batailles claniques et règlements de comptes, firent des dizaines de milliers de morts à Kaboul au point de susciter un phénomène de rejet massif par la population… qui facilita l’arrivée des talibans, perçus comme pacificateurs ! L’Alliance du Nord minoritaire, reste composée de bric et de broc, avec différents chefs de guerre, dont des fondamentalistes guère plus "progressistes" (avec les femmes notamment) que les talibans, d’anciens "communistes" (si on peut les appeler ainsi, car s’ils soutenaient les régimes pro-Urss, ils se sont retournés contre elles) et des fabricants de drogue… Rien là de tellement plus fréquentable…

L’Afghanistan était devenu, à partir de 1994, le premier producteur mondial de pavot avec le record de 4 600 tonnes d’opium en 1999. Ce sont les talibans de Kaboul et de Kandahar qui ont interdit les champs de pavot en 2000 et fait reculer la production de 82172 hectares à… 7606 hectares. Et aujourd’hui c’est l’Alliance du Nord qui contrôle 6342 hectares soit 83 % de la production.

Comme on le voit, il ne suffit pas d’en appeler au vieux roi Zaher Chah, âgé de 86 ans, ni de chercher à convoquer une assemblée de chefs de guerre pour finaliser une solution politique : il n’y a jamais eu de "démocratie" au sens où nous l’entendons, en Afghanistan, on n’y vote pas, il n’y a pas d’état, ni même de "sentiment national" unifiant, il y a une mosaïque de peuples, d’intérêts, de bandes armées, de traditions, de religions, de culture, qui cohabitent de façon conflictuelle sur un même territoire – délimité de façon arbitraire par les anciens colonisateurs britanniques.

Trouver une "solution politique" dans ces conditions, c’est réaliser la quadrature du cercle.

La démocratie ne s’exporte pas avec des bombes…

Sans pouvoir disposer des éléments de connaissance détaillée sur le terrain, ni des contacts permettant de mesurer les chances concrètes d’une solution politique, il est quelques principes qui sont certains : le premier c’est que l’apprentissage de la démocratie ne peut pas résulter de la guerre, mais au contraire de l’exercice de la paix et de l’amélioration des conditions qui permettent de vivre. La démocratie, c’est la mobilisation du peuple, l’action collective constructive, elle exige d’avoir à manger à sa faim, d’être en bonne santé, de disposer d’un toit, d’un travail, d’une culture élémentaire. Elle ne saurait, par définition, être contrainte. Elle se construit par adhésion, par conviction, c’est un mouvement conscient. Elle demande dans des pays en voie de développement, un soin extrême, un volontarisme puissant, une opiniâtreté prolongée. Le développement est tout autant la condition de la démocratie que la démocratie est la condition du développement. Cela demande une redistribution des richesses.

On avait calculé, du temps de la guerre du Vietnam, que les Etats-unis en prétendant "défendre la démocratie" à Saigon, dépensaient 50 000 dollars par "vietcong" tué, alors que dans toute une vie de travail, un Vietnamien ne pouvait espérer gagner plus de 9 000 dollars. Combien coûtent les bombardements en Afghanistan ? On ose à peine le mesurer à travers quelques chiffres extraordinaires : l’armée US vient de passer commande pour 400 milliards de dollars de nouveaux bombardiers derniers cris, elle se trouve déjà à court de munitions et réclame aux grands fabricants de missiles d’en multiplier la fabrication… Un Tomahawk à un million de dollars tue combien d’Afghans ? Est-ce que cela hâte l’arrestation de ben Laden ? Comment l’isoler si ceux qui l’entourent ont le sentiment qu’ils méritent des bombes plutôt qu’une véritable aide humanitaire ? Comment prouver qui est vraiment l’ami du peuple afghan ? Comment prôner la démocratie du haut des avions furtifs ?

Y a t il façon de faire autrement ?

 

Oui, il faut éradiquer ce méprisable curé saoudien, mandarom dangereux, caché dans sa grotte, fou de dieu, avide de guerre de religion, qui veut tuer les mécréants du monde entier à coup d’avions remplis d’humains et transformés en bombe à kérosène ou à coup de bacille de charbon. Mais si cela doit, comme le dit Bush, "prendre un an ou deux ans", cela ne signifie pas, on l’espère, bombarder pendant deux ans. Donc d’autres moyens devront mis en oeuvre avec le temps, commandos, actions secrètes multiples, puis guerre terrestre, coups de main, avancées et reculs. Il faudra donc arriver à affaiblir, diviser l’adversaire, obtenir l’appui de forces significatives du peuple afghan pour isoler ben Laden et ses sbires. Ce sera plus dur pendant le ramadan et plus dur pendant l’hiver.

Comment mieux y parvenir sinon avec une politique économique engagée, avec des investissements susceptibles d’améliorer substantiellement le sort de ce peuple ? L’argent des longs et terrifiants bombardements, utilisé autrement, permettrait probablement d’aller plus vite au but. Pendant ce temps-là, il n’a été pris que des demi-mesures pour s’emparer de l’argent des terroristes : rien de sérieux contre les paradis fiscaux, rien de sérieux contre les Etats qui ont facilité le blanchiment des fonds (Grande-Bretagne, Luxembourg, Liechtenstein..).

Faire autrement, ce serait imposer la levée du secret bancaire, empêcher les détournements des pétrodollars, initier une politique d’ensemble différente dans toute la région : elle devrait reconnaître que ces peuples ont été spoliés durant des décennies de la richesse immense de leur sous-sol, seules les monarchies corrompues en ont profité avec l’aide principale de la Grande-Bretagne puis des Etats-unis. Et chaque fois que des partis, des syndicats, des démocrates, des nationalistes arabes ont critiqué, combattu, ces monarchies, ils ont trouvé les USA en face d’eux. Les émirats arabes unis, à commencer par le Koweït, sont des pays de dictature, d’apartheid et d’esclavage. La tyrannie de Riyad n’a rien à envier sur les talibans, ni pour les femmes, ni pour les tortures, ni pour les mutilations, ni pour l’obscurantisme. Jusque-là, ce sont les services américains qui ont encouragé le fanatisme religieux en guise de diversion aux revendications populaires légitimes. Pervez Moucharraf, le nouvel allié privilégié des Etats-unis est tout de même au pouvoir à l’issue d’un coup d’état contre un président élu… il était sanctionné pour avoir développé la bombe atomique pakistanaise, avoir encouragé le terrorisme au Cachemire, et sa dictature le classait au ban des nations… C’est ce terreau qui a permis aux différents réseaux ben Laden de proliférer. Il faut rompre avec cela si l’on veut arrêter les dégâts, et c’est vrai cela prendra du temps. Du temps pour rapprocher l’Inde et le Pakistan et trouver un compromis au Cachemire et au Sri Lanka. Du temps pour pacifier l’Asie centrale et la sortir des guerres rétrogrades de toutes sortes. Aider à mettre sur pied une mondialisation différente dans le respect des droits des paysans et des travailleurs qui produisent les richesses de ces pays.

Et puis, il y a actes urgents : imposer le respect des droits du peuple palestinien à un état et à vivre décemment sur ses terres, forcer la main à Israël pour que les accords internationaux soient respectés, là comme ailleurs. C’est cette politique d’ensemble qui aidera le peuple afghan (et les autres autour), à distinguer ses amis de ses ennemis, qui isolera complétement le terrorisme et ses sinistres corbeaux religieux de malheur.

Mais sont-ce là les buts de guerre de Georges W. Bush ? On peut répondre : non. Finalement, la traque légitime de ben Laden, c’est la vieille politique impérialiste qui se profile et les USA vont refaire en Asie centrale ce qu’ils ont fait dans le Golfe : leurs alliés, à Riyad, Islamabad, amis encore si récents des talibans, peuvent dormir tranquilles mais le monde n’en a pas fini ni avec les terroristes ni avec les effets néfastes de cette mondialisation-là.

MYANMAR ( BIRMANIE )

                                         

                                                      

                                     

                                 

LE PROJET GAZIER DE YADANA AU MYANMAR (ex-BIRMANIE)

I – Historique et localisation

TOTAL a signé en juillet 92 avec la Compagnie d’Etat du Myanmar MOGE (Myanmar Oil and Gas Enterprise) un contrat de partage de production en vue de développer Yadana, un champ de gaz situé en mer dans le golfe de Martaban, à environ 70 km des côtes birmanes. Une campagne de forages conduite en 1993 a donné des résultats très positifs, permettant d’évaluer les réserves de gaz naturel à plus de 5 TCF (soit 140 milliards de métres cubes), ce qui fait de Yadana un champ géant.

Les négociations menées depuis février 93 avec la compagnie d’Etat thaïlandaise Petroleum Authority of Thailand (PTT) désireuse d’importer du gaz naturel pour l’alimentation de centrales électriques ont abouti à la signature d’un contrat de vente de gaz le 2 février 1995.

II – Description du projet

A la fin de l’année 1995, MOGE est entrée dans ce projet à hauteur de 15 %, ce qui porte les pourcentages d’intérèts des partenaires à

TOTAL 31 ,2 % opérateur (qui conduit les opérations)
UNOCAL 28,3 % compagnie pétrolière américaine très présente dans le golfe de Thaïlande.
PTT EP 25,5 % compagnie nationale thaïlandaise (filiale de l’acheteur du gaz).
MOGE 15,0 % compagnie nationale birmane.

Le coût du projet est de 1 milliard de $.

Dans sa majeure partie, le gaz est destiné à la Thaïlande pour alimenter une centrale électrique de 2 800 mégawatts au nord-ouest de Bangkok. Le cinquième environ de ce gaz alimentera le marché domestique birman qui manque d’énergie de façon chronique.

Au total, la production du champ de Yadana doit s’élever à 650 millions de pieds cubes/jour dont 80 % pour la Thaïlande et 20 % pour la Birmanie.

Le chantier a consisté en

• Des installations en mer: deux plates-formes de forage multi-puits, une plate-forme de production et une plate-forme réservée aux quartiers d’habitation.

• Un gazoduc d’exportation sous-marin de 346 km, du champ offshore jusqu’à la côte birmane.

• Un gazoduc terrestre de 63 km en territoire birman de la côte jusqu’à la frontière thaïlandaise.

• Un gazoduc terrestre en Thaïlande long de 240 km, depuis la frontière jusqu’à la centrale de Ratchaburi à l’ouest de Bangkok. Ce gazoduc qui ne fait pas partie du "chantier de Yadana" est réalisé sous l’entière responsabilité des Thaïlandais.

III – Calendrier

La construction du gazoduc terrestre a mobilisé d’importants moyens, techniques et humains. Empéchant toute poursuite des travaux, les périodes de moussons ont imposé un calendrier de chantier sur trois saisons sèches.
La première (octobre 1995 à mai 1996) a vu la réalisation des principales infrastructures : une base vie, un terrain d’aviation, un débarcadère ainsi que deux grands ponts, permettant de franchir les principaux fleuves (Heinze et Tavoy).
La deuxième saison sèche (octobre 1996 à mai 1997), consacrée à la pose des 63 km de gazoduc en territoire birman et à l’avancement de la route de service (41 km), a entraîné la plus forte mobilisation en personnels : jusqu’à 2 500 personnes, dont 2 200 nationaux.
La troisième saison sèche (octobre 1997 à mai 1998) a permis la contruction de la station de contrôle et de la station de comptage, ainsi que l’achèvement de la route de service.
Parallèlement au chantier terrestre, la partie offshore du projet a nécessité un assemblage complexe des différents éléments dans un calendrier serré. Après avoir été fabriqués à Batam (Indonésie), les jackets (infrastructures) et les différents ponts de plates-formes ont été installés, au printemps 1997 et début 1998. Parallèlement, les 346 km de la partie sous-marine du gazoduc étaient posés.
Enfin, en juin 1998, les installations étaient livrées aux équipes opérationnelles, prêtes à produire le gaz.

Début juillet 1998, le projet était terminé selon le calendrier prévu.

Un retard dans la construction de la centrale électrique en Thaïlande a empêché le démarrage de la production en juillet 98. Celui-ci est prévu pour 1999 et pour une durée de 30 ans.

IV – L’intégration des birmans au chantier

Au-delà de l’importante mobilisation de moyens techniques et humains, Yadana s’est également construit autour d’une volonté : l’intégration des Birmans tout au long du chantier. La deuxième saison sèche a ainsi vu la participation au chantier de 2 200 nationaux (soit 88 % du personnel), parmi lesquels 950 – parmi les 3 000 candidats – furent recrutés dans la région de construction du pipeline. En faisant appel aussi largement que possible à la main d’oeuvre locale, les différentes entreprises associées au projet ont apporté des ressources substantielles aux populations voisines du gazoduc. Des comités de communication mis en place par TOTAL dans les treize villages situés à proximité du parcours, ont joué un rôle majeur dans ce sens. Par ailleurs, la volonté de voir la production démarrer avec un personnel d’exploitation composé à plus de 80 % de nationaux a amené TOTAL à recruter 74 techniciens birmans en 1995. Après avoir suivi à Yangon une formation longue durée (octobre 1995 à décembre 1997) spécialement aménagée à leur attention, ils ont découvert, à l’issue du cycle théorique, la réalité opérationnelle de leur métier dans différentes filiales du Groupe (Indonésie, Abu-Dhabi, Thaïlande, Mer du Nord). Depuis le 1er juillet 1998, ils opèrent l’ensemble des installations "offshore" et "onshore" de Yadana. Le 1er janvier 1999, 85 % de nationaux tiendront les différents postes techniques d’exploitation.

V – L’intégration du chantier au niveau local

Un ambitieux programme d’accompagnement socio-économique

L’intégration du chantier au niveau local a constitué la seconde grande priorité de TOTAL. En 1995, un vaste programme d’actions socio-économiques, d’un coût global de six millions de dollars, a ainsi été conçu puis mis sur pied dans le cadre d’un plan sur trois ans. Elaborées en étroit partenariat avec les populations concernées, toutes les actions qui l’ont composé avaient
vocation à être autosuffisantes à terme.

Ce programme socio-économique a concerné 4 domaines:

L’éducation qui s’est révélée être une priorité des villageois: 16 écoles (dix construites, six rénovées) forment l’infrastructure de la région. Du matériel éducatif et des équipements sportifs ont été fournis à chacune d’elles. 5 500 enfants y sont scolarisés.
Différentes actions ont été également mises en place pour garantir la qualité de l’enseignement. Ainsi dans le cadre d’une aide au maintien de l’emploi des professeurs, 143 enseignants reçoivent chaque année un soutien financier.

La santé: Dix-neuf médecins ont été recrutés afin de garantir la présence permanente de treize d’entre eux (un par village). En 1997, ces médecins ont donné 51 000 consultations (contre 23 000 en 1996). Impliqués dans différents programmes (vaccination des enfants, prévention du paludisme, développement de l’hygiène, éducation sanitaire…), ils ont parallèlement assuré la formation de 67 assistants sanitaires, chargés de prolonger leur action sur le terrain.

L’aide au développement: Favoriser le développement économique local en faisant des habitants ses acteurs majeurs, tel est le principe du "pied à l’étrier" qui a été retenu et qui a permis d’aider, par une assistance technique, logistique ou financière, les différentes communautés à développer les projets économiques de leur choix, dès lors que ces derniers pouvaient devenir autosuffisants à court ou moyen terme.
Le projet Yadana a ainsi incité des centaines de villageois et d’agriculteurs à mettre en place et à exploiter de nouveaux élevages (crevettes, vaches laitières, porcs, chèvres, poules et poulets) et cultures (arboriculture de diverses variétés, cultures fourragères…).
Parallèlement, un système de prêts, mis en place au cours de l’été 1997, a favorisé la création et le développement d’un certain nombre d’activités traditionnelles (achat par les pêcheurs du village de Daminseik de filets supplémentaires, développement d’un atelier de couture au village de Tchechaung).
Une campagne de vaccination vétérinaire a également été entreprise. Pilotée par cinq vétérinaires recrutés à cette fin, elle a permis de traiter plus de 4 000 animaux entre 1996 et 1998 et d’initier les fermiers aux soins animaliers élémentaires.

De nouvelles infrastructures locales : Vingt-quatre kilomètres de routes, construits ou réhabilités lors de la première saison des travaux, ont permis de désenclaver notablement une grande partie de la population. En plus des deux ouvrages d’art destinés à franchir les rivières Heinze et Tavoy, neuf ponts ont été construits de 1996 à 1998.

En matière de services publics, Yadana a permis de desservir en énergie électrique les villages le long de la route du pipe.

VI – Critiques relatives à la construction du gazoduc

a) – Les allégations de travail forcé:

Sur aucun de nos chantiers dans le monde, il n’est imaginable que TOTAL ait recours soit directement, soit par l’intermédiaire de ses sous-traitants, à quelque forme que ce soit de travail forcé.
Dans le cas de Yadana, tous les travaux liés au projet, c’est-à-dire aussi bien les infrastructures (nettoyage de terrains, nivellemqnt, route, embarcadères, pistes d’atterrissage…) que la pose du gazoduc elle-même, se sont faits sous le contrôle opérationnel de TOTAL qui a fait appel à des sociétés internationalement reconnues, contractuellement tenues de respecter le code de conduite de TOTAL. Ces sociétés s’adressent à de la main d’oeuvre locale, exclusivement adulte, volontaire et rémunérée. Les conditions de respect des droits de l’Homme et du travail sont en tout point équivalentes à celles que nous appliquons partout dans le monde.

NB. : Le gazoduc terrestre de 63 km est composé de 5 134 tubes d’acier de 90 cm de diamètre, de 12 mètres de long et de 5 tonnes chacun. La pose de ce gazoduc a employé 2 500 hommes sur le chantier et 700 engins mécanisés.

b) – Les accusations de déplacements forcés de populations

Depuis la conclusion des premiers accords relatifs au développement du gaz de Yadana (1992), il n’y a pas eu dans la région du projet de TOTAL le moindre déplacement de population. Il n’aurait d’ailleurs pas eu lieu d’être, puisque le tracé retenu pour le gazoduc évitait tout village.

Il peut arriver – comme sur n’importe quel chantier de grande envergure à travers le monde – que le pipeline traverse des portions de terres cultivées. Bien entendu, dans ce cas, TOTAL et ses partenaires indemnisent largement les personnes concernées y compris quand celles-ci ne disposent pas de documents de propriétés écrits.

PS :

Birmanie : Kouchner n’a pas vu d’esclaves mais Total les indemnise,

30 Novembre 2005.

( Afin d’éviter un procès, la société Total accepte de verser 10 000 euros à chacun des sept Birmans qui l’accusent d’avoir été contraints de travailler gratuitement pour elle sous la menace de l’armée birmane en 1995. Ces exactions ont eu lieu en 1992-1998 sur le chantier du gazoduc Yadana, construit par Total et une compagnie américaine pour relier un gisement maritime birman à la Thaïlande. Total accepte aussi de consacrer 5,2 millions d’euros à l’indemnisation d’autres personnes qui pourraient justifier d’un emploi comme travailleur forcé et à des « actions humanitaires collectives pour l’habitat, la santé et l’éducation ».

En 2002, Total avait fait appel à Bernard Kouchner pour la cautionner. Dans un rapport payé 25 000 euros, Kouchner avait affirmé que la compagnie pétrolière, contrairement à ce que certains esprits « mal informés » ont pu supputer, avait en réalité lutté contre le travail forcé en Birmanie

Cette volte-face du pétrolier ne surprendra pas ceux qui ont lu ce que j’écrivais il y a presque deux ans. Au contraire, ils trouveront que bien des informations sont toujours occultées par la presse et que le rôle de Kouchner est singulièrement édulcoré au moment même où les colonnes dégoulinent de ses dernières déclarations : « Je suis prêt pour les présidentielles de 2007 ». )  

    Bref ; Enfin ; Bizare  !!!!

c) – L’amalgame entre le gazoduc et le chemin de fer Ye-Tavoy

Les méthodes utilisées pour construire ce chemin de fer ont été parfois dénoncées (recours à des travailleurs forcés). Mais il faut savoir que ce chemin de fer n’a rien à voir avec le projet gazier:

– C’est un projet ancien (datant de l’époque coloniale), destiné à prolonger vers le Sud une ligne existante afin de désenclaver cette région isolée, et qui suit un tracé Nord-Sud, alors que le gazoduc suit un tracé Ouest-Est.
– Techniquement, ses capacités sont inadaptées au transport d’éléments de très grande taille utilisés dans un chantier de ce type. Les équipements sont acheminés par barge, puis débarqués sur une base logisitique construite spécialement à cet effet. Ils sont ensuite transportés par camions sur le chantier de construction.
– La pose du gazoduc a été achevée en mai 1997 alors que le chemin de fer était encore à l’état de chantier dans cette région.

 

La présence de Total au Myanmar soulève de nombreuses controverses. Voici un pays dont le Parlement Européen dénonce « la situation politique désastreuse »* et que l’Organisation Internationale du Travail critique régulièrement pour sa pratique du travail forcé. Un certain nombre d’entreprises occidentales ont quitté la Birmanie sous la pression d’organisations militantes. Que va donc y faire Total, comment cette Compagnie s’y est-elle comportée et pourquoi y reste-t-elle ?

La carte des gisements d’hydrocarbures dans le monde ne coïncide pas avec celle des régimes démocratiques. Aussi les groupes pétroliers sont-ils souvent interpellés par la société civile qui les interroge sur leurs méthodes de travail dans des pays difficiles, sur leurs rapports avec les pouvoirs en place, sur les mesures de sécurité visant à protéger leurs installations et sur l’emploi fait par les états hôtes de leurs recettes pétrolières.

Partout où le Groupe est présent, il a pour objectif de réaliser des projets économiques rentables dans le respect des lois locales et internationales applicables, et en conformité avec son propre Code de Conduite. Total n’a pas attendu d’être associé depuis 2002 à l’initiative lancée par le Secrétaire Général de l’ONU, le Global Compact (Pacte Mondial), pour se comporter en citoyen du monde, et l’entreprise souhaite contribuer au développement économique et social et à la protection de l’environnement dans tous les pays où elle se trouve.

Diverses accusations ont été portées contre Total, mettant en cause la légitimité de sa présence au Myanmar et ses manières d’agir. Le site offre un historique de cette présence et décrit les différentes actions menées sur place. Son ambition n’est pas tant de répondre à des critiques injustes que de replacer le débat sur son véritable terrain : une entreprise multinationale responsable peut-elle contribuer de manière positive à l’évolution économique et sociale d’un pays soumis à de fortes tensions internes ?

                                                 

                                          

 

La région du gazoduc et ses habitants


Pour son parcours terrestre, le gazoduc de Yadana traverse sur 63 km selon un axe est-ouest une région assez isolée et faiblement peuplée (environ 40 habitants au km2) au sud du Myanmar dans le district du Tenasserim. La ville importante la plus proche est Tavoy (ou Dawei) située à une soixantaine de kilomètres au sud. Dans la partie côtière, quelques villages de pêcheurs qui pratiquent aussi la culture du riz et l’élevage. Le centre de la zone est constitué d’une plaine boisée, traversée par de nombreux cours d’eau dont deux fleuves assez larges, la Heinze et la Dawei, et parsemée de vastes clairières où vivent des populations agricoles pratiquant la culture et l’élevage de manière traditionnelle et avec très peu de matériel agricole à leur disposition. Le moyen de transport le plus utilisé est le char à bœufs. Plus on progresse vers l’est, en direction de la frontière avec la Thaïlande qui culmine à 850 mètres d’altitude, plus la région devient inhospitalière, accidentée et couverte par une jungle dense composée d’une partie de forêt dégradée et d’une forêt tropicale primaire.

Le gazoduc passe au nord de cette forêt primaire, pour la respecter. Il suit la trace d’un chemin existant.

La composition ethnique de la zone est assez diversifiée. Les villages côtiers autour de Daminseik sont habités principalement par des pêcheurs d’ethnie Mon. Trois villages au centre de la région, proches de la rivière Dawei, sont occupés par des Karen, le plus souvent chrétiens (baptistes). Les autres villages ont une population à dominante birmane et de religion bouddhiste. La ville la plus importante, Kanbauk, abrite aussi une petite communauté musulmane et une mosquée. Les rapports entre ethnies sont paisibles à l’intérieur de la région.

                                     

Eloignée des grands centres urbains et ne disposant que de chemins de terre emportés à chaque mousson, la région où passe le gazoduc vivait à l’écart de la civilisation, et ses habitants n’étaient pas préparés à accueillir un grand chantier où travailleraient de nombreux étrangers. Pour éviter que celui-ci ne produise un choc culturel sur les communautés locales, un préalable s’imposait : connaître en détail leur mode de vie et leurs traditions. Deux études approfondies ont été réalisées à cette fin en 1994-1995 avant le démarrage du chantier. L’une effectuée avec l’assistance de BEICIP-FRANLAP, un bureau d’études pluridisciplinaire travaillant principalement pour l’industrie pétrolière, afin de comprendre la réalité socio-économique de la région et d’identifier ses besoins en ce domaine, l’autre réalisée par le département d’Histoire de l’Université de YANGON, qui portait sur les aspects culturels. Ces études ont fourni un apport précieux pour mettre en place les structures de dialogue avec les habitants et définir avec eux un programme socio-économique répondant à leurs besoins et à leurs attentes.

La région du gazoduc abritait environ 35 000 habitants en 1996, et cette population est estimée à plus de 50 000 personnes à fin 2006. Une approche plus précise de la démographie locale oblige à distinguer les habitants des 13 villages riverains du chantier, qui ont bénéficié du programme socio-économique depuis 1995 (18 400 personnes en 1996), les 25 villages (soit les 13 précédents plus 12 supplémentaires) auxquels ce programme s’applique depuis 2001 (27 000 personnes en 1996), et enfin la population d’ensemble de la zone. Les actions menées au titre du programme socio-économique sont en effet définies au niveau des villages mais nombre d’entre elles, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation, ont une aire de diffusion plus vaste.

                                     

Rapport De Campagne
Février 2005

Ce rapport étudie le rôle d’huile TOTAL géante d’huile française en remplissant de combustible la dictature accablante en Birmanie.

L’huile TOTAL est la quatrième plus grande compagnie pétrolière dans le monde et l’un des plus grands investisseurs étrangers en Birmanie. Son joint-venture en participation avec la dictature de la Birmanie gagne aux centaines militaires de régime de millions de dollars chaque année.

Des abus systématiques répandus de droits de l’homme ont été associés à TOUTE LA canalisation, y compris le travail, la torture et le viol obligatoires. En outre, des sanctions européennes plus dures des syndicats contre la Birmanie ont été bloquées par le gouvernement français dans son effort de protéger des intérêts totaux dans le pays.

 Observer les hommes d’affaires qui viennent en Birmanie avec l’intention de s’enrichir est légèrement comme les passants d’observation dans un verger dépouillant rudement outre des fleurs pour leur beauté fragile, abat-jour à l’ugliness de despoiled des branches, inconscientes du fait que par leur action elles imperilling la future productivité et commettent une injustice contre les propriétaires légitimes des arbres ."
Aung San Suu Kyi
Lettres de Birmanie

le " Total est devenu le défenseur principal du régime de militaires de Burmese. "
Aung San Suu Kyi
Le Monde
La Perspective D’un Investisseur

Les services financiers coopératifs coopératifs (CFS) ont été formés en 2002 pour apporter la banque et société coopérative d’assurance (CIS) sous la conduite commune.

Cfs est un des organismes plus grands de services financiers au R-U, avec plus de sept millions de clients et excédent ¤30 milliard des capitaux.

Par l’intermédiaire de la consultation de client régulier, la banque et le but CIS pour accumuler une image de quels sujets aux clients en termes d’éthique et le sustainability, et reflètent ceci dans comment elles contrôlent et fournissent des produits et des services. La banque examine des applications d’affaires contre une politique morale conduite par client, par l’intermédiaire de tandis que CIS engage dans les compagnies auxquelles elle investit, et cherche à changer le comportement le dialogue et un processus d’activisme d’actionnaire. La banque et CIS, par l’intermédiaire de leur politique soutenable de fourniture et de fournisseur, recherche pour éviter des rapports avec les fournisseurs qui ont une participation significative en Birmanie.

Le CFS est heureux de soutenir la production de ce rapport, et attend avec intérêt une réponse progressive de TOTAL et d’autres impliquées en Birmanie.

Avec l’appui de 98% de clients, la politique morale de la banque inclut un engagement pour ne pas investir dans les régimes où il y a un abus systématique des droits de l’homme. En 2000, confronté à une situation inacceptable continue en Birmanie et à l’appel pour la division des relations d’affaires par une gamme des organismes, gouvernements et la communauté démocratique de Burmese, cette politique a été sortie pour exclure des entreprises avec des opérations en Birmanie. En conformité avec ceci, la banque examine toutes les applications de finances contre cet engagement et a refusé de placer n’importe quelles affaires avec des opérations en Birmanie. Ceci a eu comme conséquence les finances en valeur des millions de livres étant niées à de telles entreprises.

La banque est fière d’avoir soutenu la campagne R-U (BCUK) de la Birmanie dans ses campagnes et a été une partie de la coalition de sanctions de la Birmanie pendant un certain nombre d’années.

Depuis 2001, CIS a invité des compagnies investissant en Birmanie pour justifier leur participation à la lumière des risques extraordinaires d’affaires qu’une telle activité impose aux actionnaires. Plus tard, beaucoup de grandes entreprises se sont retirées du pays; cependant, certains restent.

Les compagnies telles que le TOTAL ont cité une politique de l’enclenchement constructif comme justification pour leur présence continue. Cependant, jusqu’ici, elles ont ne pu pas démontrer comment ceci a fait un impact décisif sur le régime.

Des investisseurs totaux sont préoccupés par les défis légaux relevés en Europe, les résultats de l’affaire en jugement faisant participer le associé total, Unocal, et les obligations éventuelles matérielles que ceux-ci peuvent présenter. Celles-ci ont pu servir à miner le permis total de fonctionner, ternissent sa réputation, et finalement valeur à long terme d’actionnaire d’impact.

CIS est également préoccupé par le degré auquel des des compagnies telles que le TOTAL peut influencer le processus politique en faveur des intérêts simples de compagnie, par exemple en ce qui concerne la position le gouvernement français sur la Birmanie, et le potentiel pour que ceci mine la renaissance économique et sociale.

Dans la correspondance avec  TOTAL, CIS a remis en cause le degré auquel l’approche courante de la compagnie est commercialement soutenable ou répond aux espérances de la société par rapport à la responsabilité de corporation. CIS a demandé à la compagnie d’explorer des avenues pour finir son financement direct du régime et pour décrire toutes les implications légales et pratiques concernant ceci.

Barry ClavinJo Allen
Directeur Moral De PolitiquesTête de stratégie d’enclenchement

Sommaire Exécutif

La Birmanie est régnée par une dictature militaire renommée pour opprimer et appauvrir ses personnes, tout en s’enrichissant et les entreprises étrangères qui travaillent avec lui. L’huile TOTALE, la quatrième plus grande compagnie pétrolière dans le monde, est dans les affaires avec la dictature de la Birmanie. Elle a été en Birmanie depuis 1992 contre les souhaits des chefs élus de la Birmanie, beaucoup de qui sont détenus par la junte. Aung San Suu Kyi, chef de la pro-démocratie de la Birmanie, a indiqué que le "total est devenu le défenseur principal du régime de militaires de Burmese." 1. Elle a dit Le Nouvel Observateur hebdomadaire français au lequel "MONTEZ-vous a su ce qu’il faisait quand il a investi massivement en Birmanie tandis que d’autres se retiraient du marché pour des raisons morales". Elle a ajouté, "la compagnie doit accepter les conséquences. Le pays ne sera pas toujours régi par des dictateurs." 2.

La ligue nationale pour la démocratie (NLD), menée par Aung San Suu Kyi, a gagné 82 pour cent des sièges dans l’élection 1990 de la Birmanie. Elle a invité les compagnies étrangères à ne pas investir en Birmanie en raison des jeux d’investissement de rôle dans la dictature de perpétuer dans ce pays. Tous les leaderships ethniques principaux de Birmanie ont de tout coeur soutenu cette position aussi. Par conséquent, le mandat dont des compagnies sont invitées à ne pas investir en Birmanie vient de dans le pays.

Ce rapport recueille ensemble une grande partie de l’évidence disponible concernant le rôle du total en remplissant de combustible la dictature accablante en Birmanie. Largement, il du couvre les abus de droits de l’homme liés à la canalisation du gaz du total, financement total la dictature de la Birmanie et l’influence du total sur la politique étrangère française et donc sur la politique européenne de la Birmanie dans l’ensemble. La présence totale en Birmanie a des conséquences loin au delà de sa canalisation 63-kilometre à travers le territoire de Burmese. Sa influence destructive va au coeur de la politique internationale envers un des régimes les plus brutaux du monde. Pour cette raison il est essentiel pour tous ceux qui veulent le changement de la Birmanie à l’affaire avec le problème d’huile TOTALE. Aussi longtemps que le TOTAL demeure en Birmanie, on satisfera la dictature qui les chances de la vraie pression contre elle sont peu probables.

Ce rapport a été produit pour coïncider avec le lancement d’une nouvelle campagne internationale réclamant le retrait du total de Birmanie. La campagne comporte 43 organismes à travers 18 pays. 3.

Les résultats du rapport:
Politique étrangère de Français : Un des conséquences les plus significatives de la présence du total en Birmanie est son influence sur la politique étrangère française. Afin de protéger des intérêts totaux, le gouvernement français est devenu un obstacle à tout renforcement de la position commune 4 de l’Eu. sur la Birmanie – en particulier en ce qui concerne des sanctions économique. L’influence totale sur le gouvernement français assure une politique d’cEu qui est exempte de n’importe quelle sanction sérieuse contre les dictateurs de la Birmanie.

Dictature de financement : Le projet total fournit le revenu annuel significatif au régime. Quelques sources estiment autant que $450million. 5. Le gaz naturel est maintenant la plus grande source simple de la Birmanie du revenu d’exportation, comptabilité pour environ 30% de recettes d’exportation dans 2002/03. L’investissement total en Birmanie a aidé le régime pour établir sa capacité militaire et donc sa commande de la population du pays. Il a donc empêché la perspective du changement démocratique.

Abus de droits de l’homme : Le TOTAL se rendait entièrement compte des dangers inhérents à déployer des troupes d’armée de Burmese dans un secteur où les familles civiles vivaient. La compagnie se rendait également compte de sa responsabilité civile claire de protéger les villageois dans le secteur de canalisation contre ces dangers. En dépit de ceci, la compagnie a choisi d’utiliser, par MOGE, les services d’une armée internationalement renommée pour son brutalité extrême et persistante. De cette manière elle a lâché un terrible et la dévastation durable sur les communautés de la région et pour ceci, TOTAL doit porter la responsabilité.

Défis légaux : La décision de canalisation d’Unocal total d’associé (décembre 2004) à précipiter de la cour plutôt qu’à aller devant un jury se défendre contre des allégations des abus de droits de l’homme devrait inquiéter le TOTAL. Un point de droit semblable a été accepté pour la recherche par une cour française pour des allégations contre le TOTAL. Aux USA que l’évidence était assez fort pour aller épreuve, ceci pourrait jaillir s’avèrent être le cas en France aussi.

Drogues, pistolets et argent blanchissant : Il y a des allégations sérieuses que de l’argent total a été employé par le régime pour couvrir ses activités blanchissantes d’argent par MOGE afin d’acheter des bras.

Échec de l’enclenchement constructif : ‘l’enclenchement constructif ‘qui SE MONTENT à des réclamations avoir effectué en Birmanie pendant la dernière décennie n’a pas eu comme conséquence une réforme démocratique simple par le régime.

Avantages du retrait du total de Birmanie : Un retrait par TOTAL finirait le soutien de la compagnie du régime, découragerait l’investissement étranger de futur en Birmanie et ouvrirait la manière à une politique étrangère française qui ne mine plus le mouvement de la pro-démocratie de la Birmanie.

Agir! Le rapport recommande que les organismes civils de société concernés par rendre des sociétés responsables de leurs actions joignent la coalition internationale sur le TOTAL.

                               

mercredi 26 septembre 2007, mis à jour à 16:42

Manifestations

Birmanie: un civil et deux moines tués LEXPRESS.fr

Des soldats et des policiers anti-émeutes birmans se sont déployés autour d’au moins six monastères bouddhistes de Rangoon, à la pointe des manifestations des derniers jours contre la junte militaire. Trois manifestants sont morts alors que la police dispersait des opposants au régime.

                 

 

    

eux moines bouddhistes et un civil ont été tués mercredi à Rangoun lors de la dispersion par les forces de sécurité des plus importantes manifestations hostiles à la junte au pouvoir depuis 20 ans, a-t-on appris auprès d’un responsable d’un monastère et de source médicale.
Cinq autres ont été blessées par balles à Rangoon alors que la police tentait de disperser les manifestants.

Les forces de sécurité birmane ont fermé l’accès à la pagode de Shwedagon, avant de tirer des gaz lacrymogènes et d’arrêter plus de 200 moines qui tentaient de pénétrer à l’intérieur du lieu de culte, mais les manifestations continuent, affirment des témoins. Selon des témoins, de nombreux religieux ont été frappés par la police anti-émeute.

Ce déploiement de force n’a pas dissuadé au moins 500 moines qui ont entamé un nouveau défilé dans le centre de la ville, en direction de la pagode de Sule.

Défilé de moines
Dès mercredi matin, des soldats et des policiers anti-émeutes birmans se sont déployés autour d’au moins six monastères bouddhistes de Rangoon, à la pointe des manifestations des derniers jours contre la junte militaire, ont rapporté des témoins.

Plusieurs centaines de membres des services de sécurité se trouvaient dans un parking du centre de la ville, près de la pagode Sule, qui a été au centre des manifestations, et il semble qu’ils se tiennent prêts à empêcher tout nouveau défilé de moines et autres manifestants.

Un peu plus tôt, la junte au pouvoir avait levé le couvre-feu nocturne qui avait été imposé la veille dans les deux principales villes du pays, Rangoon et Mandalay, à la suite des plus grandes manifestations de protestation contre la dictature depuis 1988.

Signe d’un durcissement de l’attitude des autorités, un acteur vedette, Za Ga Na, qui avait rejoint lundi les rangs des moines qui manifestent, a été arrêté à son domicile de Rangoon dans la nuit de mardi à mercredi, ont déclaré ses proches.

Autre signe de durcissement, Aung San Suu Kyi, chef de file de l’opposition démocratique, assignée à résidence depuis des années, a été conduite dimanche à la prison d’Insein, 24 heures après être apparue devant sa résidence pour saluer les moines qui défilaient, a-t-on déclaré de source bien informée.

La journée de mardi pouvait rappeler certains aspects des jours sombres de 1988, durant lesquels 3.000 personnes avaient été massacrées.

La 22e division  aurait été déployée dans Rangoon
Des véhicules équipés de mégaphones ont parcouru Rangoon en diffusant des menaces d’intervention, en vertu d’une loi qui autorise l’armée à disperser les manifestations illégales.

L’enquêteur de l’Onu sur les droits de l’homme chargé du Myanmar, Paulo Sergio Pinheiro, a dit craindre "une répression très sévère". "Il y a urgence", a-t-il dit, en estimant que la Chine était une puissance de la région à même de jouer un "rôle positive" pour désamorcer la tension au Myanmar.

Malgré les menaces diffusées par haut-parleurs, des manifestants sont descendus dans les rues de Rangoon, avec à leur tête 10.000 bonzes scandant le mot de "Démocratie! Démocratie!" En signe de défi, certains manifestants agitaient le drapeau rouge du "paon combattant", emblème des syndicats étudiants qui s’étaient placés à la pointe du mouvement insurrectionnel de 1988.

A Taunggok, ville côtière à 400 km au nord-ouest de Rangoon, des milliers de moines et de civils sont là aussi descendus dans les rues mardi, ont rapporté des témoins.

Des rebelles karen, actifs près de la frontière thaïlandaise, ont quant à eux déclaré à Reuters que des soldats de la 22e division avaient été dépêchés à Rangoon. Cette division avait joué un grand rôle dans les massacres de 1988 et cette information donne un poids certain aux menaces lancées par le ministre des Cultes, le général Thura Myint Maung.

Celui-ci, cité par la radio nationale, a dit en début de semaine que des mesures seraient prises à l’encontre de la hiérarchie des moines bouddhistes si ceux-ci ne contrôlaient pas leurs subordonnés en les empêchant de participer à des manifestations fomentées par des "extrémistes politiques".

vendredi 28 septembre 2007, 16h07

Birmanie: la junte étouffe manifestations et communications

 

                                     

    La junte militaire birmane a continué vendredi d’étouffer un mouvement de protestation populaire en dispersant par la force de nouvelles manifestations et en coupant la principale liaison à l’internet.

    Malgré deux jours de répression de la part des autorités, plusieurs milliers de personnes sont encore descendues dans les rues de Rangoun, la plus grande ville de Birmanie .

    Comme mercredi et jeudi, elles ont fait face à des charges policières et des tirs de sommation.

    Les nouvelles violences se sont produites notamment près de la pagode Sule, dans le centre-ville. Selon des témoins, les forces de sécurité ont intimé l’ordre par haut-parleur à quelque 10.000 protestataires, en majorité des jeunes, de quitter les lieux avant de les chasser à coups de matraque. Elles ont aussi tiré en l’air.

    Rangoun était quadrillée depuis le matin par la police et l’armée et la plupart des magasins et des commerces étaient fermés.

    Des moines bouddhistes, qui avaient été le fer de lance de la contestation avant d’être interpellés par centaines, étaient rares dans les rues vendredi.

    "Les moines ont accompli leur tâche et, désormais, nous devons poursuivre le mouvement", affirmait un leader étudiant.

    La répression visant les bonzes s’est poursuivie. Des témoins ont indiqué que quatre d’entre eux avaient été arrêtés dans un raid contre un monastère dans la banlieue de Rangoun.

    Cette opération dans la localité d’Okkalapa a provoqué des échauffourées entre des partisans des moines et des forces de sécurité.

    Vendredi, en liaison avec la brutalité de certaines actions entreprises contre des bonzes, des diplomates occidentaux faisaient état d’informations de "plusieurs sources" concernant des "actes d’insubordination" au sein de l’armée.

    "Nous avons entendu que certains militaires auraient refusé d’obéir à des ordres et que d’autres se seraient même rangés du côté des manifestants", a dit un diplomate.

    Des milliers de jeunes ont aussi manifesté sur des deux-roues vendredi à Mandalay, la deuxième ville de Birmanie. Ils se sont dispersés quand des soldats du régime ont procédé à des tirs de sommation.

    Des témoins encore choqués ont, par ailleurs, raconté vendredi comment des soldats birmans avaient tué la veille huit manifestants, en ouvrant le feu à l’arme automatique.

    Les huit morts jeudi faisaient partie d’une foule de plusieurs milliers de personnes qui protestaient contre une attaque menée contre un monastère.

    "Des gens ont commencé à lancer des pierres en direction des soldats", a déclaré à l’AFP un témoin.

    Pendant une trentaine de minutes, la foule a conspué les militaires qui ont semblé, à un moment, céder à la panique et ont commencé à tirer à l’arme automatique.

    Outre ces huit tués, un vidéo-reporter japonais a été tué par balle dans un autre quartier. Ces neuf morts avaient été annoncés jeudi soir par les médias officiels.

    Une chaîne de télévision japonaise, Fuji TV, a affirmé images à l’appui vendredi que le reporter a été abattu délibérément et à bout portant, d’une balle dans le coeur, par un soldat.

    La veille, quatre personnes -un civil et trois bonzes- avaient été tuées et une centaine d’autres blessées lors des premières violences.

    Mais vendredi, l’ambassadeur australien en Birmanie Bob Davis a affirmé que le nombre de personnes tuées depuis le début des manifestations était bien plus élevé.

    Par ailleurs, la principale liaison internet en Birmanie a arrêté de fonctionner vendredi, selon un responsable birman des télécoms qui a attribué le problème à "un câble sous-marin endommagé".

    Une source occidentale fiable à Rangoun a indiqué que la coupure aurait été ordonnée par la junte qui cherche à empêcher la diffusion, hors de Birmanie, d’informations, de photos et de vidéos sur la répression en cours.

    L’émissaire de l’ONU pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, était attendu samedi en Birmanie. Une session extraordinaire du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies doit se tenir mardi prochain à Genève.

    RANGOUN – 29/09/07 09:17

    Bimanie: la junte étouffe manifestations et communications, l’émissaire de l’ONU attendu

    La junte militaire birmane a continué vendredi d’étouffer un mouvement de protestation populaire en dispersant par la force de nouvelles manifestations et en coupant la principale liaison à l’internet.
    Depuis mercredi, au moins treize personnes, dont un vidéo-journaliste japonais, ont été tuées, selon des sources officielles. Mais le Premier ministre britannique a estimé vendredi que le nombre de tués est "bien plus important" que le bilan officiel.
    Des militants pro-démocratie ont fait part de leur intention de descendre à nouveau dans les rues samedi, jour où était attendu en Birmanie l’émissaire spécial de l’ONU Ibrahim Gambari.
    "Nous sommes prêts à descendre dans la ville à nouveau. Nous recommencerons encore et encore. Et nous avons bon espoir que les choses s’intensifient ces prochaines heures", a déclaré un militant impliqué dans les rassemblements de ces derniers jours, réprimés par la force par les forces de sécurité birmanes.
    ‘émissaire de l’ONU pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, qui a quitté samedi Singapour à destination de la Birmanie, a déclaré samedi avant son départ qu’il espérait "une visite très fructueuse" en Birmanie, où la junte militaire réprime un mouvement de protestation populaire.
    M. Gambari a indiqué à des journalistes qu’il allait "apporter un message du secrétaire général (de l’ONU, Ban Ki-moon,) au pouvoir en Birmanie, un message correspondant à la position du Conseil de sécurité (de l’ONU) et de l’Asean (Association des Nations du Sud-Est asiatique)".
    "Et j’espère vraiment que cette visite sera très fructueuse de façon à ce que je puisse rapporter des progrès dans tous les domaines", a-t-il aussitôt ajouté.
    Interrogé sur le fait de savoir s’il rencontrerait ou non la figure de proue de l’opposition birmane, Aung san Suu Kyi, il a répondu : "j’espère pouvoir rencontrer toutes les personnes que je dois rencontrer".
    ‘itinéraire de M. Gambari en Birmanie n’a pas été précisé mais lors de précédentes visites il avait rencontré à plusieurs reprises le chef du régime militaire, le généralissime Than Shwe, et une fois l’opposante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, assignée à résidence.
    Le diplomate nigérian a la tâche délicate d’essayer de convaincre le régime birman de régler pacifiquement la crise politique en cours.
    Rangoun, première ville de Birmanie, était quadrillée samedi matin par les forces de l’ordre et les axes menant aux principales pagodes étaient barrés. Une vingtaine de véhicules militaires étaient positionnés dans le quartier de la pagode Sule, théâtre de violences ces derniers jours.
    Les avenues étaient désertes, la plupart des magasins et des commerces étaient fermés et la circulation automobile était considérablement ralentie,
    La junte militaire birmane a continué vendredi d’étouffer un mouvement de protestation populaire en dispersant par la force de nouvelles manifestations et en coupant la principale liaison à l’internet.
    Malgré deux jours de répression de la part des autorités, plusieurs milliers de personnes sont encore descendues dans les rues de Rangoun, la plus grande ville de Birmanie . Comme mercredi et jeudi, elles ont fait face à des charges policières et des tirs de sommation.
    La junte militaire a nié cette mobilisation. Les médias officiels ont compatbilisé vendredi 120 manifestants.
    Les nouvelles violences se sont produites notamment près de la pagode Sule, dans

         

    le centre-ville où la plupart des commerces étaient fermés. Selon des témoins, les forces de sécurité ont intimé l’ordre par haut-parleur à quelque 10.000 protestataires, en majorité des jeunes, de quitter les lieux avant de les chasser à coups de matraque. Elles ont aussi tiré en l’air.
    La principale liaison internet en Birmanie a brutalement arrêté de fonctionner vendredi, officiellement à cause d’un "câble sous-marin endommagé".
    Mais selon une source occidentale fiable à Rangoun, la coupure aurait été ordonnée par la junte qui cherche à empêcher la diffusion, hors de Birmanie, d’informations, de photos et de vidéos sur la répression en cours.
    L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a estimé que le régime tentait "d’imposer un huis clos".
    Des moines bouddhistes, qui avaient été le fer de lance de la contestation avant d’être interpellés par centaines ces derniers jours, étaient rares vendredi dans les rues de Rangoun, quadrillées depuis le matin par la police.
    "Les moines ont accompli leur tâche et, désormais, nous devons poursuivre le mouvement", affirmait un leader étudiant.
    Des témoins ont indiqué que quatre bonzes avaient encore été arrêtés dans un raid contre un monastère dans la banlieue de Rangoun.
    Cette répression aurait provoqué des "actes d’insubordination" au sein de l’armée, selon des sources diplomatiques. "Nous avons entendu que certains militaires auraient refusé d’obéir à des ordres et que d’autres se seraient même rangés du côté des manifestants", a dit un diplomate.
    Des milliers de jeunes ont aussi manifesté sur des deux-roues vendredi à Mandalay, la deuxième ville de Birmanie. Ils ont été dispersés par des soldats du régime.
    Des témoins encore choqués ont, par ailleurs, raconté vendredi comment des soldats birmans avaient tué la veille huit manifestants, en ouvrant le feu à l’arme automatique, dans une foule de plusieurs milliers de personnes qui protestaient contre une attaque menée contre un monastère.
    "Des gens ont commencé à lancer des pierres en direction des soldats", a déclaré à l’AFP un témoin.
    Pendant une trentaine de minutes, la foule a conspué les militaires qui ont semblé, à un moment, céder à la panique et ont commencé à tirer à l’arme automatique.
    Le vidéo-reporter japonais a été tué dans un autre quartier. Une télévision japonaise, Fuji TV, a affirmé images à l’appui vendredi que le reporter avait été abattu délibérément et à bout portant, d’une balle dans le coeur, par un soldat.
    Les pressions internationales se sont poursuivies vendredi avec notamment un appel conjoint du président américain George W. Bush et le Premier ministre britannique Gordon Brown à la junte pour qu’elle cesse de réprimer par la force les manifestations.
    Le département d’Etat a désigné par ailleurs près d’une quarantaine de nouveaux responsables gouvernementaux et militaires ainsi que leurs familles comme inéligibles à l’obtention de visas pour voyager aux Etats-Unis", a déclaré un porte-parole du département d’Etat, Tom Casey.
    Mais la Russie, qui comme la Chine, dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité de l’Onu, a jugé vendredi "prématuré" de parler de sanctions contre la Birmanie, par la voix de son président Vladimir Poutine.
    Une session extraordinaire du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies doit se tenir mardi prochain à Genève.

    MER CASPIENNE ( Kashagan )

    La découverte en mer Caspienne de l’un des plus gros gisements au monde, au mois de mai, confirme l’énorme potentiel de la région.
    "L’univers impitoyable" des barons du pétrole envahit la Caspienne.
    D’Atyrau (Kazakhstan) à Bakou (Azerbaïdjan) en passant par Turkmenbashi (Turkménistan), au cœur des nouvelles républiques musulmanes héritées de l’ex-URSS, la quête de l’or noir attise toutes les convoitises des adorateurs du "dieu dollar".

     

    Mer Caspienne : résultat positif sur Kashagan Est-2, au Kazakhstan


    22 Oct. 01


     TotalFinaElf* annonce que le puits Kashagan Est-2 (KE-2) a été foré et testé avec succès. Ce puits est situé sur la structure de Kashagan, à 75 kilomètres au sud d’Atyrau, dans le nord-est de la Mer Caspienne.

    Kashagan Est-2 a été foré à une profondeur de 4 142 mètres et a produit un débit de 7 400 barils d’huile par jour pendant le test. Ce débit a été limité afin de satisfaire aux contraintes applicables aux opérations de test. Ce troisième forage sur la structure de Kashagan est le premier puits d’appréciation après la découverte de l’année passée sur Kashagan Est-1.

    Une fois les opérations terminées sur le puits KE-2, la plate-forme Sunkar poursuivra la campagne de forages d’appréciation sur Kashagan Est, nécessaire à l’évaluation du potentiel du gisement.

    Le résultat de ce premier puits d’appréciation marque une étape très importante dans la connaissance de la structure de Kashagan. Il constitue un signe très positif pour le Groupe qui entend poursuivre sa politique d’exploration et de développement dans une région qui offre des perspectives prometteuses.

     

                                          

    Bingo sous la mer Caspienne ! L’or noir dort bien là, comme prévu, par 4 500 mètres de profondeur. A 75 kilomètres au large des côtes kazakhes, le site de Kashagan dévoile l’un des plus gros gisements de pétrole au monde jamais découvert. Le jackpot pèse 30 milliards de barils selon les estimations, de quoi nourrir à lui tout seul, quatre ans et demi de la consommation américaine, la plus gourmande au monde. Kashagan remporte la palme du plus important forage actuel en mer avec plus de 5 milliards de francs investis par l’OKIOC (Offshore Kazakhstan International Operating Company), un consortium composé des plus grandes multinationales. Cette découverte récente et la convoitise de nombreux autres sites placent la Caspienne au cœur d’un "Grand échiquier", métaphore géostratégique employé par le politologue américain Brzezinski dans son livre phare sur la région. Bill Clinton l’a déclaré "zone d’intérêt stratégique pour les Etats-Unis". De leur côté, Vladimir Poutine et ses généraux russes jouent les va-t’en guerre, refusant de voir leur ancien empire se réduire comme une peau de chagrin. Face à eux, des chefs rebelles du Caucase, sous couvert d’un islamisme radical, se battent comme des chiens de guerre pour leur indépendance envers Moscou. Dans ce "war game" qui n’a rien d’une simulation, le pétrole de la Caspienne devient l’acteur principal.

    Un monde sans pitié

     

                                          

    La ruée vers l’or noir a déferlé sur la région dans les années 90. En Azerbaïdjan, l’euphorie bat son plein avec la signature de contrats pétroliers pour un montant total de 60 milliards de dollars. De triste centre pétrolier soviétique, Bakou, la capitale, renoue avec le dynamisme d’une ville en pleine mutation. Les hommes d’affaires et la jet set se retrouvent dans les bars et les cafés branchés de la ville. Les téléphones portables sonnent de partout et les gros moteurs V12 de Mercedes et autres 4X4 aux vitres teintées boivent l’essence comme du petit lait. Mais, comme dans toutes les anciennes républiques de l’ex-URSS, la corruption et la notion de clan gangrènent le pays. Une élite d’anciens apparatchiks et d’oligarques se taillent la part du lion des pétrodollars pendant que la population attend encore les lendemains qui chantent et qui sentent le pétrole. "Perdus au milieu de nulle part", les puits turkmènes naissent au cœur d’un paysage lunaire où les chameaux coupent la route des camions soviétiques tout droit sortis d’un film de Mad Max. Des pétroliers voient le Turkménistan comme le "futur Koweït" d’Asie centrale, en partie grâce à ses ressources en gaz. Ses pipelines filent, plongent et surgissent comme des vers de terre géants dans le désert de Karakoum où défilaient autrefois les caravanes de la route de la soie. A Turkmenbashi, la raffinerie cinquantenaire rend l’âme à petit feu dans des derniers soupirs de monstre malade à bout de souffle. D’épais brouillards de vapeur s’échappent des tuyaux percés, dans un concert de sifflements rauques de moteur d’avion. Juste derrière, la relève est assurée par un Mécano flambant neuf d’installations modernes dont la construction s’achève.

    Les forçats du pétrole

                                        

    Au Kazakhstan, pendant que les puits de Makat et Dossor se vident de leurs dernières gouttes d’hydrocarbures, épuisés après des dizaines d’années de bons et loyaux services, Tengiz stocke à ciel ouvert trois millions de tonnes de soufre jaune canari sous forme de blockhaus longs comme des stades olympiques et hauts comme un immeuble de deux étages. Alors qu’au large, Kashagan confirme l’avenir pétrolier du pays.
    Sur le site azéri de Bibi Heybat percé comme un gruyère, les pompes "tête de cheval" se balancent comme des métronomes, ahanent de façon monotone et aspirent inlassablement le sous-sol. Au cœur des forêts de derricks, les forçats du pétrole pataugent dans des mares d’huile et bricolent avec un matériel hors d’âge comme au temps de Staline. Sur ces mêmes étendues désolées, les oubliés de l’or noir sont cantonnés dans des quartiers de fortune, faits de taudis délabrés et rafistolées de patchwork de tôles et de planches de bois récupérées, digne d’un squat en attente d’un bulldozer. Un décor apocalyptique bien réaliste que l’agent secret James Bond traverse dans son dernier film "Le monde ne suffit pas". En mer, Neft Dachlari est un voyage dans le temps. «Si nous avions été dans un système capitaliste, cette cité n’aurait certainement jamais vu le jour» raconte Chahin Ismaïlov, l’ingénieur en chef sur ce site. Dans les années 60, les Rochers du pétrole représentaient le fleuron des gisements offshore de l’URSS. Aujourd’hui, son réseau de routes sur pilotis tombe en ruine en pleine mer. La cité pompe pourtant toujours le sous-sol, après 50 ans d’activité et des dizaines de morts.

    Main basse sur les routes de l’or noir

                                    

    Entre parcours du combattant et casse-tête géopolitique, la guerre des pipelines de la Caspienne se joue à coups de milliards de dollars. «Nous devons pouvoir modifier les voies de nos exportations très facilement, juste comme ça» résume d’un claquement de doigts sec, Mike Kangas, de Tengizchevroil au Kazakhstan. Que ce soit par convoi de wagons-citernes d’un kilomètre de long, par pipelines ou en bateau, les majors doivent disposer de voies économiquement rentables et politiquement stables. A chacun la sienne. Les Américains soutiennent un axe transcaspien et surtout le projet d’oléoduc Bakou-Ceyhan via le couloir transcaucasien. En débouchant sur le port turc en Méditerranée, il évite la Russie et l’Iran. La voie iranienne, dite du sud, reste encore inconcevable pour Washington même si elle ouvre sur le Golfe Persique. Une route où les Européens, les Français en tête, prennent déjà leur marque. Quant à la voie nord par la Russie, elle transportera courant 2001 le pétrole kazakh de Tengiz jusqu’au port russe de Novorossïisk sur la mer Noire.

    Une poudrière balkanique

                                                                             

    «Un pipeline est une zone de chantage» résume clairement le conseiller économique de l’ambassade de France au Kazakhstan qui «n’est jamais à l’abri d’un attentat». L’exemple de la Tchétchénie où les Russes se sont jetés corps et âme dans un bourbier sanglant, le montre bien. La région de la mer Caspienne, perçue comme une alternative au poids lourd Moyen-Orient, concentre tous les symptômes d’une poudrière balkanique. Et ses diversités ethnique et religieuse peuvent à tout moment servir d’instrument détonateur au nom du " dieu dollar ". Une découverte colossale de gaz peut soudain changer la donne géopolitique. Le site azéri de Shah Deniz, là où l’on attendait du pétrole, réoriente la stratégie régionale autant des pétroliers que des politiques. «La mer Caspienne reste un des derniers coins au monde avec autant de potentiel et de gisements non exploités» confirme Yann Douarin d’une société parapétrolière à Bakou. Mais, «il est encore trop tôt pour parler d’eldorado».

                                      

    13 septembre 2007,
    Par Caroline Prak
    Les ONG expriment leurs graves inquiétudes concernant les impacts environnementaux, sanitaires et sociaux du développement du projet pétrolier Kashagan.

    Une coalition d’ONG qui suit les impacts négatifs du projet pétrolier de Kashagan ont demandé aujourd’hui à la Commission européenne, au gouvernement italien et aux institutions financières publiques et privées de procéder à une évaluation environnementale, sociale et sanitaire complète, avant de poursuivre son développement. Le gouvernement du Kazakhstan a suspendu les opérations en août, accusant le consortium en charge du projet de violations environnementales. Cependant, cette semaine, les compagnies pétrolières, le gouvernement italien et la Commission européenne ont poussé à un accord pour conclure la re-négociation en cours de l’accord de partage de bénéfices (PSA), et redémarrer les travaux.

     

    Le modeste ministre kazakh de l’ Ecologie s’exprime le 6 Septembre 2007 ….Et pour cause …. Un mot de lui et le cours de Bourse de plusieurs majors peut monter ou descendre . Iskakov est en effet celui qui a suspendu pour trois mois les activités du consortium exploitant le gisement pétrolier de Kashagan pour " violation de la législation sur l’environnement ".

    Avec des réserves exploitables de 7 à 9 milliards de barils brut , Kashagan faisait saliver tous les pétroliers du monde il y a quelques années.Situé dans l’ouest du Kazakhstan, en pleine mer Caspienne, sur une île artificielle baptisée D, c’est même l’une des cinq plus grandes découvertes pétrolière de ces trente dernières années.Mais l’opérateur du champ et ses associés, la quête de l’or noir de la Caspienne vire au casse-tête. …. Affaire de ( très ) gros sous. Le Chef de l’Etat espérait encaisser des royalties dès 2005 mais sont reportés à 2010 . Autres grief : la hausse vertigineuse des dépenses préparant l’exploitation ( 136 milliards de dollars contre  57 milliards prévus ); Une facture que le KAZAKHSTAN doit payer une partie. Reste le rêve du Président Kazakh : faire passer la part de son pays sur les recettes du brut de 10 à 40 % ……

    Les Amis de la Terre France, les Amis de la Terre Europe, la Campagne pour la réforme de la Banque mondiale, CEE Bankwatch et Globus viennent d’achever une mission visant à évaluer les impacts environnementaux, sociaux et sanitaires du projet. Des investigations ont été menées dans les régions d’Atyrau et de Mangistau [1], à proximité des sites des opérations continentales du consortium Agip KCO [2].

    Se basant sur les résultats obtenus et les recherches préalablement menées, les ONG sont très inquiètes concernant les impacts du développement du projet. Elles ont pu observer que les émissions de soufre et son stockage présentent des menaces sérieuses pour les communautés locales proches des infrastructures pétrolières du projet Kashagan, ainsi que pour l’environnement de la mer Caspienne. Des milliers de personnes ont déjà été déplacées dans la même région, en raison des émissions de soufre et d’autres produits hautement toxiques – tels que les mercaptans – présents dans le pétrole de la zone nord-caspienne. Le stockage ouvert de grandes quantités de soufre est également reconnu comme une des principales causes de pluies acides.

    Elena Gerebizza, de la CRBM, a déclaré que les « gouvernements et les institutions qui financent Kashagan devraient considérer la menace que le développement de ce projet pose pour les centaines de milliers de personnes qui vivent dans la région nord- caspienne. Avant de pousser à la conclusion de la renégociation de l’accord de partage des bénéfices (PSA), le Premier ministre italien Romano Prodi devrait demander à Agip KCO de rendre publiques toutes les informations disponibles sur les impacts sanitaires et sociaux que le traitement des résidus, l’émission et le stockage du soufre aura sur les habitants et les fragiles écosystèmes de la mer Caspienne. Comme le demandent les communautés, il devrait pousser à une évaluation indépendante des impacts du projet avant que les travaux ne reprennent ».

    Selon Darek Urbaniak, coordinateur de la campagne sur les industries extractives aux Amis de la Terre Europe, « le Commissaire européen pour l’énergie Andris Piebalgs est attendu à Astana pour soutenir les pétroliers européens susceptibles de graves dégâts environnementaux et de violations des lois communautaires sur l’environnement et l’accès aux informations. Il n’est pas acceptable que la sécurité énergétique de l’Union passe avant le droit à la qualité de la vie et de l’environnement pour l’ensemble de la zone caspienne et ses habitants ».

    Pour Gwenael Wasse, chargé de la campagne pour la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre France, « alors que l’attention des médias est concentrée sur ENI en tant qu’opérateur du projet, les autres partenaires du consortium partagent également une lourde responsabilité quant à ses impacts potentiellement catastrophiques. Par exemple, Total devrait être conscient que sa participation au projet Kashagan est contradictoire avec son approche non-contraignante en termes de développement durable, ne serait-ce qu’au regard d’une transparence et d’une évaluation environnementale insuffisantes ».

    Pour Galina Chernova de Globus, « sur le long-terme, les risques potentiels de ce projet pour les populations locales et l’environnement ne sont pas connus par les compagnies ; les besoins et inquiétudes des habitants de la région ne sont toujours pas considérés ».

    Pour Manana Kochaldze de CEE Bankwatch, la « base logistique marine d’Atash-Bautino, financée par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), est plus qu’une simple infrastructure. Les émissions de soufre et de mercaptans issues du traitement des eaux usées et des déchets qui y seront transportés depuis la base offshore de Kashagan peut avoir des impacts graves pour les milliers de gens qui vivent dans la région. La BERD devrait cesser le financement de ce projet, jusqu’à ce qu’une évaluation indépendante des impacts sanitaires et environnementaux soit menée ».

    La demande par les ONG d’un rendez-vous à Agip KCO afin d’obtenir des informations récentes sur les impacts des opérations a été rejetée, malgré le respect des procédures du consortium.

    Accident Vasculaire Cérébral ( A V C )

    Les accidents vasculaires cérébraux

    Les accidents vasculaires cérébraux représentent dans les pays industrialisés une cause de mortalité très fréquente.

    Il s’agit :

    • Soit d’hémorragies cérébrales: un vaisseau éclate ;
    • Soit d’ischémies cérébrales : un vaisseau se bouche.

     Causes et facteurs de risque

    Ils sont dus à l’athérosclérose, aux embolies d’origine cardiaque (rétrécissement mitral) , à l’hypertension artérielle et aux ruptures de malformations vasculaires congénitales (angiomes, anévrismes), aux dissections des artères cervicales et cervicocrâniennes.

    Les thromboses veineuses cérébralessont une cause d’accidents vasculaires cérébraux qui touchent surtout le sujet jeune, et sont dues soit à des infections locales, locorégionales ou générales, soit des atteintes locorégionales (chirurgie, explorations, tumeurs, malformations, etc.) ou générales (grossesses, contraception orale, certains médicaments, etc. Les symptômes sont peu typiques, mais associent généralement des céphalées et des symptômes neurologiques (crises d’épilepsie, troubles de la vigilance).

    L’imagerie par résonance magnétique cérébrale permet le diagnostic. Le traitement utilise les anticoagulants et soigne la cause.

     Mécanismes

    Le sang parvient au cerveau par quatre grands axes artériels: les 2 artères carotides internes et les deux artères vertébrales. Ces quatre grands axes sont reliés entre eux à plusieurs étages notamment à la base du cerveau par le polygone de Willis. Ce cercle anastomotique fonctionne comme un système de sécurité. Si un des axes se montre déficient, l’apport sanguin des trois autres compense cette diminution.

    De ce cercle anastomotique naissent les artères cérébrales principales.

    Conduite à tenir

    En cas d’accident vasculaire cérébral, le patient doit être adressé dans un centre spécialisé.

    Les accidents vasculaires cérébraux nécessitent un bilan et un traitement en urgence absolue, c’est-à-dire en moins de 6 heures.

    La différence entre l’hémorragie et l’infarctus est faite actuellement très rapidement grâce au scanner qui détecte la présence de sang en cas d’hémorragies. Cette différence est fondamentale car les traitements vont être très différents.

    Le traitement se fait en centre spécialisé.

    La récupération du malade est souvent longue et difficile nécessitant une rééducation prolongée.

     

                       

                                            

    1 – Qu’est-ce qu’un accident vasculaire cérébral ?
    Un accident vasculaire cérébral (AVC), ou "attaque cérébrale" est dû à une perturbation soudaine de l’irrigation du cerveau. On en distingue de deux sortes :

    • l’accident ischémique cérébral ou infarctus cérébral, dû à l’obstruction d’un vaisseau sanguin irriguant le cerveau par un caillot,
    • et l’accident hémorragique cérébral ou hémorragie cérébrale, dû à l’éclatement d’un vaisseau dans le cerveau.

    L’infarctus cérébral est 4 fois plus fréquent que l’hémorragie cérébrale.
    Les deux types d’accident entraînent une mauvaise irrigation des cellules cérébrales qui vont ainsi manquer de l’oxygène et des composés nutritifs dont ils ont besoin et vont mourir. Les parties du corps contrôlées par la région endommagée ne pourront alors plus fonctionner correctement, risquant d’entraîner des conséquences divers : survenue brutale d’une paralysie ou de troubles de la sensibilité plus ou moins complète d’un ou de plusieurs membres, perte de la parole, de la vue, de l’audition, de l’équilibre, etc., voir décès.
    2 – Comment arrive t-il ?
    Les caillots sanguins (ou embole ou thrombus) à l’origine d’un infarctus cérébral peuvent se former à différents niveaux : venir du cœur en cas de maladie cardiaque (embolie cardiaque), venir d’une lésion de la paroi d’une grosse artère cervicale comme la carotide, ou se former localement dans une petite artère cérébrale. Dans ces deux derniers cas, la lésion de l’artère est le plus souvent un rétrécissement (sténose) induit par l’athérosclérose (formation de lésions dans la paroi artérielle) ou l’hypertension artérielle.
    Dans environ 20% des cas, le caillot ne reste pas bloqué dans le vaisseau et se délite de lui-même rapidement. La partie du cerveau atteinte peut alors re-fonctionner normalement et les déficits disparaissent en général spontanément en moins d’1 heure : c’est ce qu’on appelle un accident ischémique transitoire (AIT). Un tel accident est un signal d’alerte d’un AVC constitué, et justifie une hospitalisation en urgence afin de débuter le traitement qui évitera une récidive qui pourrait ne pas être transitoire. Si le caillot reste bloqué dans l’artère, les symptômes neurologiques (paralysies, troubles de la parole…) vont persister.
    Un certain nombre de symptômes neurologiques d’apparition brutale peuvent alerter et amener à consulter en urgence même s’ils disparaissent spontanément : faiblesse musculaire, perte de la sensibilité, trouble du langage ou de la vision, perte de l’équilibre, maux de tête inhabituels, etc..
    Quant à l’hémorragie cérébrale, elle est le résultat de la rupture soudaine d’une artère cérébrale. Le sang s’échappe du vaisseau et se répand dans le tissu cérébral avoisinant, formant un hématome.
    3 – Quelles sont les facteurs de risques ?
    Avec 120 à 150 000 cas par an dont 15 à 20% de décès à 1 mois et des séquelles définitives chez 75% des survivants, l’AVC est la 1ère cause d’handicap de l’adulte en France. Les facteurs de risque d’infarctus cérébral sur lesquels on peut agir sont :

    • l’hypertension artérielle,
    • la sédentarité,
    • le diabète,
    • certaines maladies du cœur,
    • le tabac,
    • un taux élevé de cholestérol ou de triglycérides,
    • l’abus d’alcool,
    • la surcharge pondérale.

    Les AVC hémorragiques sont essentiellement liés à l’hypertension artérielle, parfois à des troubles de la coagulation, en particulier lors d’un traitement anticoagulant, ou encore à la rupture d’une malformation vasculaire cérébrale.

    4 – Comment se fait le diagnostic ?
    Le diagnostic d’AVC à partir des symptômes et d’un examen clinique se confirme par un scanner (tomodensitométrie) ou une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique). Ces examens indiquent aussi le type d’AVC (ischémique ou hémorragique).

    5 – Quels sont ses traitements ?
    Un AVC est une urgence absolue. Le traitement doit être immédiat car le déficit neurologique risque de s’aggraver dans les premières heures. Une hospitalisation est toujours indispensable.
    Lorsqu’un infarctus cérébral est pris en charge très rapidement après le début des troubles (moins de 3 heures), il est quelquefois possible de tenter de détruire le caillot sanguin à l’aide d’un médicament spécifique : le "fibrinolytique". Les autres traitements ont pour but d’éviter l’extension du caillot et l’aggravation des lésions et de prévenir les complications. Les rééducations kinésithérapiques et orthophoniques doivent être débutées très rapidement.
    A la sortie de l’hôpital, un traitement pour empêcher les plaquettes de s’agglutiner et diminuer le risque de formation d’un nouveau caillot est mis en place. Il consiste en des médicaments anti-agrégeant plaquettaire comme l’aspirine, à prendre sur une durée illimitée.
    Pour un AVC hémorragique, le traitement est le plus souvent médical mais lorsque c’est possible, une évacuation chirurgical de l’hématome peut être envisagée.

    6 – Existe-t-il un traitement préventif ?
    Oui ! La modification du mode de vie : arrêt du tabac, diminution de la consommation d’alcool, équilibre de son alimentation (moins de beurre ou de viandes grasses, plus de poissons, fruits et légumes), pratique régulière d’exercice physique et perte de poids, sans oublier de corriger l’hypertension artérielle, le diabète et l’hypercholestérolémie.
    La moitié des AVC pourrait être évitée par l’adoption de ces mesures.

    Pacte écologique NICOLAS HULOT

     

                               

     

    En signant le Pacte écologique comme près de 750 000 autres citoyens, vous avez signifié votre volonté de placer l’écologie au centre des préoccupations économiques et des choix politiques. Vous avez
    ainsi contribué à faire bouger les choses.

    Aujourd’hui, votre engagement se traduit par un premier résultat

    La prise en compte de l’impératif écologique constitue l’enjeu du Grenelle de l’environnement pour lequel toutes les forces vives de la société (Etat, collectivités territoriales, organisations professionnelles et patronales, syndicats, associations) sont mises à contribution.
    En signant le Pacte écologique, vous avez aussi voulu appuyer un certain nombre de mesures qu’il contenait. Ces propositions sont plus que jamais d’actualité. Elles sont au programme des négociations du Grenelle et la Fondation Nicolas Hulot va les défendre en tant que partie prenante de ce rendez-vous de la société.

    Nous proposons six grandes mesures « structurantes»

    Si elles sont adoptées, au moment de la table ronde finale avec le gouvernement, fin octobre, ces mesures permettront dès à présent des changements majeurs dans la société et la vie de tous les jours : l’énergie, le transport, le logement, l’alimentation, l’urbanisme, la santé, l’économie, la fiscalité, l’éducation, la démocratie…

    Le Pacte écologique pourrait donc commencer à entrer dans les faits.

    À condition que nous soyons entendu.
    À vous de nous aider ! Appuyez ces mesures, faites les connaître autour de vous, mobilisez vos proches, multipliez les initiatives ! Participez aux débats régionaux du Grenelle qui vont se dérouler à partir du 5 octobre ! Investissez le Net ! Soyez avec nous les porte-paroles de l’urgente nécessité de la mutation écologique. Les propositions que nous défendrons à la table des négociations finales, fin octobre, ne s’imposeront que si elles rencontrent un maximum d’écho dans le pays.

    LA CHARENTE et son COGNAC

    Le cognac, élaboré depuis le XVIIe siècle dans les Charentes

     

                                 Distillation charentaise traditionnelle

          

                                       

                                       

     

    Les vins charentais sont depuis longtemps transformés en alcool par distillation simple. Ce n’est qu’au XVIIe siècle que commence à être élaboré le cognac tel qu’on le connaît actuellement, grâce à deux rectifications successives, c’est-à-dire deux passages de chauffe dans l’alambic.
    Les procédés n’ont guère varié depuis lors.

    Les premiers importateurs de ce produit sont des Anglais et des Hollandais, qui créent des comptoirs à Cognac et dans sa région. Ces maisons de commerce se concentrent le long de la Charente, en raison de l’ouverture qu’offre le fleuve vers la mer et le port de La Rochelle.
    Devant le succès des exportations, les plantations de vigne augmentent et couvrent au XIXe siècle toutes les terres de Charente et Charente-Maritime appropriées à cette culture. Le commerce du cognac apporte alors une très grande prospérité à ces départements.

    La crise du phylloxéra et l’essor industriel

     

     

    Dans les années 1880, l’épidémie de phylloxéra met un terme provisoire à la production de cognac. Si elle est surmontée par les négociants munis de stocks importants, cette crise ruine les petits exploitants bouilleurs de cru qui ne travaillent que leur propre récolte. L’organisation de la production en est profondément transformée : les maisons de commerce créent leurs propres distilleries et la distillation industrielle se développe rapidement au détriment de la distillation agricole.

    Le gros de la production passe alors aux mains de grandes maisons de commerce telles Hennessy, Martell, Robin, Hardy et Hine ; quelques petites entreprises, fermes-distilleries, demeurent cependant.

    Certaines des grandes firmes cofinancent la construction d’établissements de distillerie : elles concluent alors des contrats pour la commercialisation du cognac et imposent leurs méthodes de fabrication. Ainsi, dans les années 1970, la maison Martell, tout en possédant en propre cinq distilleries, a un contrat d’exclusivité avec treize distilleries indépendantes de Charente et de Charente-Maritime et un contrat libre avec cinquante-sept autres.
    Certains propriétaires indépendants possèdent aussi des distilleries dans les deux départements, comme Théophile de Laage de Meux, qui fonde son entreprise à Cognac vers 1856 et crée une annexe, vers 1875, lors de l’ouverture de la voie de chemin de fer.

     

    La particularité des domaines viticoles saintongeais

     

     

    En Saintonge, à partir des années 1890, la distillerie industrielle participe à la mise en valeur des domaines agricoles, au même titre que l’élevage. C’est là que se créent alors les ateliers de distillation les plus évolués.
    Dans les années 1900, la distillerie Mounier de Saint-Hilaire-de-Villefranche possède dix alambics et distille de 8 à 10 000 hectolitres de vin dans une saison. Elle compte huit à neuf salariés : cinq distillateurs, deux ou trois personnes pour la réception des vins et le lavage des barriques, une pour le transport en charrette de l’eau-de-vie à Cognac.

     

    119 établissements, pour la plupart concentrés dans le Cognaçais

                                           

     

    Cent dix-neuf distilleries d’eau-de-vie de cognac ont été étudiées dans la région, dont près des deux tiers sont situées en Charente et un tiers en Charente-Maritime.

    La plupart de ces établissements assurent l’ensemble de la chaîne de production : vinification, distillation, vieillissement et commercialisation. Ce sont généralement de grands ensembles bâtis, qui juxtaposent distillerie, chais, bureau, logement patronal, logement d’ouvriers et parfois tonnellerie, atelier de mise en bouteilles, magasin d’expédition…

     

    Les différents crus et l’implantation des distilleries

     

                                         

                                                   

    L’implantation des distilleries correspond à la carte des crus – appellations d’origine contrôlée – du cognac. Cette carte, tracée entre 1909 et 1936, délimite ces appellations de façon concentrique autour des villes de Cognac et de Segonzac. L’aire de production s’étend sur la quasi totalité de la Charente-Maritime, une grande partie sud-ouest de la Charente et quelques communes des Deux-Sèvres et de Dordogne.

                                              

    Les distilleries sont d’autant plus nombreuses dans une zone que le cru y est prestigieux. La seule ville de Cognac compte près du quart des usines étudiées.

                                               

     

    Des établissements implantés à l’origine dans les centres des villes, non loin du fleuve Charente

     

                                                

     

    Pour des raisons pratiques de transport, les distilleries industrielles se sont implantées plutôt au centre des villes, comme à Cognac, Jarnac, Châteauneuf-sur-Charente ou Saintes… et à proximité du fleuve Charente ou de son affluent la Boutonne.
    Des contraintes de place et de sécurité liées aux risques d’incendie entraînent, surtout après les années 1930, le déménagement de la plupart d’entre elles à l’extérieur des agglomérations, souvent par la transformation d’anciennes distilleries artisanales ; le centre de la ville de Cognac, qui comptait plusieurs dizaines de distilleries à la fin du XIXe siècle, n’en accueille plus que quatre en activité dans les années 1990.

     

    Des distilleries créées surtout à la fin du XIXe siècle

     

    Les plus anciennes distilleries industrielles de la région datent des années 1850-1870, mais elles sont peu nombreuses. La distillation industrielle ne se développe réellement qu’après la crise du phylloxéra. C’est donc à la fin du XIXe siècle que s’installe le plus grand nombre de ces établissements, dont la création donne lieu à des constructions nouvelles. Ce développement se poursuit dans la première moitié du XXe siècle, en moindre proportion. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, les transformations portent essentiellement sur les ateliers de distillation qui sont reconstruits pour les rendre plus performants.

     

    De grands ensembles bâtis

     

    L’élaboration et le commerce du cognac ont généré d’importants complexes architecturaux. Ils se caractérisent par de longues façades scandées par de nombreuses ouvertures. Les murs sont noircis sous l’effet d’un champignon microscopique, le « torula compniacensis », qui se nourrit des vapeurs d’alcool s’échappant naturellement et dénommées « part des anges ». Tous sont de construction soignée et certains d’une grande qualité architecturale.

     

    Les activités liées à la distillerie

    L’essor de la distillerie industrielle s’est accompagné du développement de nombreuses activités liées au conditionnement (tonnellerie, verrerie, cartonnerie…), au transport, à la vente ou à la transformation du produit des vignerons .

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