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Dans ce lieu de mémoire ouvert au public depuis 1974.Venez vous aussi être le témoin de cette sombre période que fut 1939-1945

 

                                    

Le Blockhaus d’Eperlecques est le plus grand blockhaus du nord de la France, et sert de témoin à cette sombre période que fut 1939-1945. Il est classé Monument Historique en 1985.

Hitler décide de construire une base de lancement de fusées V2  

C’est le 22 décembre 1942, que le Général Dornberger fut convoqué avec le Ministre Speer à une réunion au Ministère de l’Armement à Berlin, pour y recevoir l’ordre d’Hitler de construire dans le Nord de la France un Blockhaus pour l’assemblage et le lancement de fusées du type V2 pour l’attaque de l’Angleterre.

Cette décision était la conclusion d’un grand nombre de rapports qui avaient été faits par Dornberger, Von Braun et les services techniques de Peenemünde sur le développement de la fusée V2.

Une longue discussion avait eu lieu entre les partisans du lancement des fusées à partir de bunkers fortement protégés ou au contraire, à partir d’unités de tirs, légères et mobiles, faciles à dissimuler dans des forêts.

Le Blockhaus fortement protégé fut choisi car le réglage de la fusée avant son départ
demandait de nombreux contrôles assez délicats, plus facile à exécuter à l’abri plutôt que dans la nature. Les techniciens de Peenemünde construirent donc une maquette.

                                

                                Maquette du Blockhaus d’Eperlecques

  Les plans de la nouvelle base de lancement des fusées V2  

                              

Un premier projet, dont on a trouvé un croquis et des photos de la maquette, comportait à l’intérieur d’un blockhaus tous les éléments permettant d’effectuer le montage des fusées, de les vérifier et ensuite de les élever par un ascenseur sur le toit, où elles auraient été mises à feu et expédiées vers leurs objectifs.

Un autre projet très semblable prévoyait, au lieu de sortir la fusée par le toit,
de la déplacer verticalement à l’intérieur du blockhaus, de la sortir par
des portes latérales et de la faire partir de plates-formes satellites
situées à l’extérieur du blockhaus principal.

Il ne restait plus en fait qu’à trouver un emplacement qui puisse permettre la réalisation d’un tel projet.

C’est à l’Oberstleutnant Thom qu’a été confié cette recherche.
Les mesures prévues pour l’édifice sont les suivantes :

216 m de long

95 m de large

33 de haut

  Où construire la base de V2 ?  

Il y avait un certain nombre de critères importants à satisfaire :

Il fallait une accessibilité relativement facile par voie ferrée et éventuellement par voie fluviale à cause de l’apport considérable de matériaux qu’allait exiger la construction d’un blockhaus de cette taille.

Après avoir examiné un certain nombre d’emplacements, c’est la région d’ Eperlecques qui fut retenue.

En effet, il y avait une voie ferrée double qui réunissait Saint-Omer à Calais, un canal navigable pour des péniches à grand gabarit, une situation dans une forêt à contrepente par rapport à l’Angleterre, une alimentation en électricité très favorable avec des lignes à hautes tensions qui passaient dans ce secteur, et enfin un réseau routier très satisfaisant dans toute la région.

En mars 1943 les travaux commencent alors…

                               

 Le chantier débute en 1943  

Les Allemands décident donc de construire une base de V2 dans le nord de la France à Eperlecques.

Les travaux débutent en mars 1943, ils avancent d’ailleurs à grands pas. De nombreuses nationalités sont présentes sur cet énorme chantier.

                              

27 août 1943 : le premier bombardement  

 

 De nombreux hectares de forêt sont alors déboisés, la RAF (Royal Air Force) prend des clichés aériens. A Londres on ignore la nature de la construction mais lorsque celle ci est découverte les bombardements vont commencer.

Entre août 1943 et août 1944, il y aura eu 25 bombardements sur Eperlecques.

       

  La modification des plans après le 27 août 1943  

                           

Une série de plans retrouvés dans les archives allemandes montre le blockhaus d’Eperlecques. Un croquis ci-joint de M. Y. Delefosse montre l’état actuel du Blockhaus par rapport au projet initial.

Il s’agissait essentiellement d’une véritable usine de montage pour les fusées V2, celles-ci étaient assemblées dans la partie située au nord, comme on peut le voir sur le plan (dessins de M. Y. Delefosse).

Cette partie était desservie par deux voies ferrées, réunissant Calais – Saint-Omer.

Entre ces deux voies se trouvait un garage pour les véhicules routiers qui accédaient à ce même blockhaus et pouvaient s’y décharger. Ce côté du bâtiment, quoique très endommagé par les bombardements ultérieurs, est encore visible aujourd’hui. Plus au sud, se trouvait le hall d’assemblage et de vérification des fusées V2, et dans la dernière partie était prévue l’installation de cinq groupes compresseurs de fabrication d’oxygène liquide.

une fois dressée verticalement dans la galerie, la fusée était transférée et remplie de ses combustibles et comburants. La fusée ainsi équipée était prête à être expédiée, elle traversait alors le couloir et la porte pivotante de 17.5 mètres de haut, dont on voit encore l’emplacement puis avait lieu la mise à feu.

Il est à remarquer qu’il existe des chicanes sur les parois latérales de ce couloir. Ces chicanes sont encore visibles, elles étaient destinées certainement à rompre l’onde de choc qui devait pénétrer dans le couloir au moment du départ de la fusée.

Après le bombardement du Blockhaus d’Eperlecques le 27 août 1943, les autorités militaires allemandes prirent conscience de la vulnérabilité de leur chantier. Il était en effet devenu impossible d’utiliser le Blockhaus d’Eperlecques comme base unique pour assembler et envoyer des fusées.

  Novembre 1943 : les travaux reprennent  

                            

D’autre part, il fallait trouver d’urgence une solution pour en terminer la réalisation, du moins la partie sud du bâtiment qui avait pratiquement échappé aux bombes alliées.

L’ingénieur Floss eut alors l’idée extraordinaire de poursuivre cette construction par la méthode, dite de la tortue : c’est-à-dire de fabriquer une carapace de béton de 5 mètres d’épaisseur, de la couler au niveau où les constructions étaient arrivées à ce moment, et ensuite de soulever cette carapace par des vérins hydrauliques, ce qui mettait le chantier à l’abri des bombardements, et permettait de construire tranquillement les murs.

Grâce à cette technique le Blockhaus actuel fut construit. Le toit réalisé en plusieurs secteurs a été soulevé par paliers successifs, et on peut encore voir aujourd’hui les strates de béton qui ont été coulées après chaque élévation pour former le mur extérieur. Cette partie du blockhaus fut montée ainsi jusqu’à une hauteur de 28 mètres, ce qui créa à l’intérieur un volume suffisant pour, non seulement installer l’usine d’oxygène liquide, mais aussi servir d’abri pour le personnel et de point de stockage pour les éléments des fusées, des comburants et des combustibles nécessaires à leur fonctionnement.

Les Allemands n’abandonnent pas…  

On peut supposer que les techniciens Allemands n’avaient pas entièrement renoncé à utiliser le blockhaus d’Eperlecques, même dans sa forme réduite, comme base entièrement autonome pour l’assemblage et le lancement de quelques fusées, tout en n’étant, d’après les recommandations officielles, plus qu’une usine de fabrication d’oxygène liquide.

La présence d’une série d’ouvertures dans le haut du couloir de sortie des fusées pour permettre, sans doute, l’évacuation des gaz qui risquaient de s’accumuler dans ce couloir, corrobore ce point de vue. C’est vers la même époque que devant l’impossibilité de réaliser à Eperlecques un bâtiment unique permettant en même temps de monter des fusées et de fabriquer de l’oxygène liquide il fut décidé de transférer ces ateliers de montage et de lancement sous la coupole de Wizernes, un ancienne carrière de calcaire ainsi les usines ou base de lancements étaient à l’abri des bombardements alliés.

  …malgré les bombes  
   

Une bombe tallboy tomba directement sur la façade Nord du bâtiment, une autre tomba à 27 mètres de la façade Sud.

                                                
Sur la façade Nord on peut voir encore la trace de l’impact à l’intérieur, mais la bombe ne fit pratiquement pas de dégâts au bâtiment, elle l’ébranla sans doute, et le cratère fait dans le béton fut rapidement réparé par les Allemands, car au moment de la libération par les troupes alliées le coffrage qui avait été utilisé pour cette réparation était encore en place.

DE LA GUERRE A L’ESPACE  

                       

Le 3 octobre, premier tir réussi d’un V2 à Peenemünde, Hitler avait coupé les crédits depuis déjà 2 ans, ne croyant pas à cette technologie.

 

                                                                       

Devant cette réussite, il veut utiliser le V2 comme arme révolutionnaire et donne de gros moyens de façon à récupérer le temps perdu et exige de les protéger dans de gros Blockhaus, étant fasciné par les Blockhaus qu’il a pu voir quand il était caporal pendant la première guerre mondiale.

Les ingénieurs demandent au Führer de pouvoir continuer des recherches sur des lancements mobiles; il accepte mais maintient l’exigence de gros Blockhaus pour protéger cette arme. En 1942, il faut 7h pour installer un V2 prêt à décoller.

Le Blockhaus d’Eperlecques est bombardé pendant sa construction le 27 août 1943 et les recherches sur les lancements mobiles ont évolué au point où tous les véhicules sont construits en petite série.

Il suffit d’un peu plus d’une heure pour préparer un V2 sur un pas de tir mobile.

Les Allemands ont compris qu’ils n’ont pas besoin de Blockhaus pour le lancement de fusées V2, mais ils ont besoin d’usines de production d’oxygène liquide , comburant indispensable au V2.

Les Allemands hésitent à recommencer un Blockhaus à 3 km, mais réflexion faite, ils optent de terminer uniquement l’usine d’oxygène liquide et décident de réaliser 3 grandes dalles de béton un peu plus grandes qu’un terrain de tennis sur le plateau de la forêt d’Eperlecques pour installer des pas de tirs mobiles pour les fusées V2.

A l’autre extrémité de ce massif forestier se trouve une rampe de V1.

               

                                    

                                     

La forêt d’Eperlecques est le premier emplacement sélectionné pour recevoir une rampe de V1 une base de V2 et 3 pas de tirs pour les lancements mobiles de V2, le seul lieu ayant regroupé les armes auto propulsées, une façon de contourner le traité de Versailles ne prévoyant pas qu’une arme pourrait être autonome.

Le V1, petit avion bombe sans pilote est la première utilisation du pulsoréacteur de façon industrielle.

Le V2, première fusée bombe sans cosmonaute, dépassant de 4 fois la vitesse du son. Cette fusée ouvrira l’air de la conquête spatiale!

Afin de répondre favorablement aux demandes du Führer, la partie base de lancement, devant être construite à Eperlecques, sera délocalisée sur le site de stockage de V2, à Helfaut : la constrcution d’une gigantesque coupole de béton sera à même le sommet de la carrière de gypse, aucune fondation lui est nécessaire, étant convaincu que ce seront les lancements mobiles qui seront utilisés pour le lancement des fusées V2.

La coupole permettra d’attirer les bombardiers "comme des mouches sur du miel" afin de créer une diversion!

                          

Il faudra attendre qu’Hitler reconnaisse que le lancement mobile, est la meilleure solution à partir de juillet 1944, la majorité des V2 sera tirée de l’avenue principale de la Haye en Hollande.

 Plus de 3 170 V2 seront tirés. Contre 22 384 V1 dont on estime qu’environ 59% atteignirent les zones visées.

  La fin de la guerre  

 A la fin de la guerre, les experts alliés inspectent les laboratoires et ateliers de développement des industriels ou les centres d’expérimentation de l’armée et sont abasourdis par ce qu’ils découvrent en Allemagne : des projets incroyables que les alliés vont s’approprier.

Dans les usines allemandes

les Américains se saisissent de 250 fusées V2

les Britanniques obtiennent 75 V2

les Soviétiques auront le reste et les projets inachevés des Allemands.

Les Soviétiques vont donc remettre en route la production de l’usine de Nordhausen en 1945, un an plus tard 30 fusées y seront assemblées.

Ils vont par la suite délocaliser l’usine en URSS avec tous les experts allemands et leur famille qui leur sont nécessaires, c’est entre 6 000 et 7 000 personnes qui seront déportées. Alors que les Américains n’emportent que les experts seuls dans de pressants départs.

Tandis que les Américains accordent la citoyenneté aux Allemands (ex: Von Braun naturalisé en avril 1955), les Soviétiques les cachent et les renvoient par la suite.

  En route pour la conquête spatiale 

Les américains vont offrir des postes clés aux allemands pour le projet "Apollo", qui enverra des hommes marcher sur la lune.

Du côté russe, Korolev travaille sur les plans d’une fusée et en août 1949 l’URSS fait exploser sa première bombe atomique.

Les anciens projets découverts par les alliés à la fin de la guerre, ainsi que les connaisssances des allemands servent aujourd’hui à aller dans l’espace.

                   

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Commentaires sur: "Le Blockhaus d’Eperlecques dans le Nord – Pas-de-Calais" (2)

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  2. ROSE FREMAUX Monique a dit:

    Bonjour,
    Simplement pour vous dire qu’ils en avaient déjà beaucoup dans la tête en ce temps là, les Allemands, pour avoir construit les bases V2, et pour avoir fabriquer une usine de fabrication d’oxygène liquide pour le lancement des fusées V2, et ce n’est certainement pas par hasard. J’ai visité le Blockhaus d’EPERLECQUES, situé dans le PAS-DE-CALAIS, il est vrai que c’est on ne peut plus saisissant.

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